Famille Jouvenel des Ursins

La famille Jouvenel des Ursins ou Juvénal des Ursins est une famille noble française éteinte depuis le milieu du XVIIe siècle.

Hôtel que se fit reconstruire, après l'incendie de 1524, la famille Jouvenel des Ursins à Troyes.

Elle a donné un prévôt des marchands de Paris en 1388, un chancelier de France en 1445, ainsi que Jean, évêque de Beauvais puis de Reims, qui présida le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456.

Jouvenel des Ursins est un nom de famille repris au XIXe siècle par Léon Jouvenel (1811-1886), expert géomètre, et par ses descendants sans avoir aucun lien généalogique avec la famille éteinte.

Origine

La famille Jouvenel des Ursins, anonyme français, Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge, vers 1445-1449.
La famille derrière Jean et Michèle de Vitry, relevé de Roger de Gaignières de la chapelle des Ursins en Notre-Dame de Paris.

La généalogie de cette famille commence avec Pierre Jouvenel des Ursins et dame d'Assenay, parents de Jean Jouvenel des Ursins, prévôt de Paris en 1388. Son grand-père était marchand drapier à Troyes en Champagne. Il épousa en 1386 Michelle de Vitry, nièce de Jean Le Mercier, conseiller des finances du gouvernement des Marmousets sous le règne de Charles VI.

La famille Jouvenel des Ursins est originaire de Champagne : Pierre Jouvenel est attesté comme marchand drapier à Troyes en 1360. Son fils Jean fut le protagoniste d’une éclatante ascension sociale.

Né entre 1350 et 1360, après avoir achevé les études en droit à Orléans et à Paris, Jean Jouvenel fut avocat à Troyes, conseiller au Châtelet (1381) et avocat au Parlement de Paris (1384). En 1386 il épousa Michèle de Vitry, fille de Michel de Vitry et nièce de Jean Le Mercier, conseiller du gouvernement des Marmousets sous le règne de Charles VI. L’année 1388 représente un tournant décisif dans la carrière de Jean Jouvenel : Charles VI établit la charge de garde de la prévôté des marchands de la ville de Paris, qui avait été supprimée après la révolte des Maillotins en 1383, et Jean fut nommé garde prévôt des marchands. Il occupa brillamment cette fonction, parvenant à rétablir une partie des privilèges parisiens révoqués en 1383. En 1400 il laissa cette charge et fut nommé avocat du roi au Parlement. Anobli en 1407, il fut chancelier du dauphin Louis (1413) et président de la Cour des aides (1417). Proscrit par les Bourguignons qui prirent le pouvoir à Paris (1418), Jean Jouvenel s’enfuit à Poitiers avec le nouveau dauphin Charles (le futur Charles VII). Là, il devint en 1419 président du Parlement de Paris (établi à Poitiers) et ensuite de celui de Languedoc à Toulouse (1420), jusqu'à sa mort en 1431.

En 1436, Michelle de Vitry et leurs onze fils revinrent à Paris, qui était de nouveau sous le contrôle royal. Le fils aîné Jean II Jouvenel des Ursins (1388-1473) fut évêque de Beauvais (1432), évêque-duc de Laon (1444), archevêque-duc de Reims (1449) et pair de France. Brillant historien et chroniqueur de Charles VI, il présida le procès en réhabilitation de Jeanne d’Arc (1456). Son frère Guillaume fut garde des Sceaux et chancelier de France (1445-1461 et 1465-1472). Parmi les autres fils mâles de Jean, rappelons Michel Jouvenel des Ursins (1408-1470), qui poursuivit la branche aînée de la famille, et le dernier-né Jacques Jouvenel des Ursins (1410-1457), important ecclésiastique et diplomate, archevêque de Reims (1445) et patriarche d’Antioche.

Principaux membres

Famille d'Harville

Cette famille a repris le nom et les armes de la précédente.

La maison de Harville, d'ancienne chevalerie de la Beauce, est connue par les chartes depuis Simon de Harville, chevalier, vivant en 1223.

Dès l'année 1383, Philippe de Harville était fauconnier de Louis de France, comte de Valois, depuis duc d'Orléans, frère du roi Charles VI.

Claude de Harville[note 1], seigneur de Palaiseau, vice-amiral de France, chevalier des ordres du Roi le , épouse vers 1578 Catherine Jouvenel des Ursins (décédée depuis 1643), sœur de François II 2e marquis de Trainel, et fille de Christophe Juvénal des Ursins 1er marquis de Trainel et de Madeleine de Luxembourg-Brienne, leur petit-fils, François de Harville, marquis de Palaiseau, gouverneur de Charleville et du mont Olympe, fut substitué aux noms et armes de Jouvenel des Ursins par le deuxième marquis son grand-oncle, et devint le 3e marquis de Trainel. C'est depuis cette époque que la branche de Harville-Palaiseau a fait précéder son nom de ceux de Jouvenel (ou Juvénal) des Ursins.

Il y a eu deux autres branches, celles de Beaumont et de la Grange du Bois, éteintes, la première en 1750, la seconde vers 1640[1].

Famille contemporaine ayant repris ce nom

La famille de Jouvenel, d'origine limousine, est sans lien avec la précédente. Elle commence avec Bertrand Jouvenel (+1703), notaire royal à Obazine.

C'est Léon de Jouvenel (1811-1886) qui ajouta à son nom celui de la prestigieuse lignée des Ursins[2].

Armoiries

Figure Blasonnement

Christophe Juvénal des Ursins (mort en 1588), seigneur de La Chapelle-Gauthier et de Doue, marquis de Trainel, chevalier de l'Ordre du Roi, lieutenant général au gouvernement de Paris de l'Île-de-France, chevalier du Saint-Esprit (brevet n°12, reçu le )

Bandé d'argent et de gueules de six pièces ; au chef d'argent, chargé d'une rose de gueules, boutonnée d'or, soutenue (« d'une fasce ») du même.[4]


François II de Jouvenel des Ursins (1570-1650), marquis de Trainel, seigneur de La Chapelle-Gauthier et de Doue, chevalier du Saint-Esprit (brevet n°180, reçu le 2 janvier 1599),

Bandé d'argent et de gueules de six pièces ; au chef d'argent, chargé d'une rose de gueules, soutenue d'une trangle d'or chargée d'une anguille d'azur.[4],[5]

Armes de la famille d'Harville,

De gueules, à la croix d'argent, ch. de cinq coquilles de sable.[5]

Armes de la famille d'Harville des Ursins de Trainel

De gueules, à la croix d'argent chargée de cinq coquilles de sable, dont celle du milieu est cachée (qui est Harville) ; sur le centre de la croix, un écusson bandé d'argent et de gueules ; au chef d'argent, chargé d'une rose de gueules, soutenue d'une divise d'or, chargée d'une bisse (anguille) d'azur, ondée et posée en fasce (qui est Jouvenel des Ursins)[6],[5],[7].

Armes du comte Juvénal Harville et de l'Empire

De gueules, à la croix d'argent chargée de cinq coquilles de sable, une trois et une (qui est Harville) ; quartier des comtes-sénateurs.[8]

Armes du comte d'Harville des Ursins du Tresnel, pair de France

De gueules, à la croix d'argent chargée de cinq coquilles de sable.[1]

Notes et références

Notes

  1. Cinquième aïeul du dernier comte de Harville Louis Auguste Juvénal des Ursins d'Harville.

Références

  1. Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 7, (lire en ligne)
  2. Éric Delbecque, Bertrand de Jouvenel ou le libéral désenchanté, Page 29-2003. Voir également registre Affieux 25 septembre 1811
  3. Assemblée nationale : Léon, Jacques de Jouvenel
  4. Michel Popoff et préface d'Hervé Pinoteau, Armorial de l'Ordre du Saint-Esprit : d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Paris, Le Léopard d'or, , 204 p. (ISBN 2-86377-140-X)
  5. « FranceGenWeb-Héraldique », Harville des Ursins (de), sur www.francegenweb.org (consulté le )
  6. « L'armorial des As », Blason de la famille de Harville des Ursins de Trainel, sur dechav.free.fr (consulté le )
  7. « BB/29/974 page 75. », Titre de comte accordé à Louis, Auguste, Juvénal Harville. Bayonne ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

  • Portail de la généalogie
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.