Costanzo Ciano

Costanzo Ciano (1876-1939), comte de Cortellazzo et de Buccari, est un amiral italien qui fut également ministre des Communications et président de la Chambre des fasci et des corporations (l'assemblée qui remplaça la Chambre des députés pendant le fascisme). Il est le père de Galeazzo Ciano, ministre des Affaires étrangères et gendre de Mussolini.

Costanzo Ciano

Naissance
Livourne
Décès  62 ans)
Lucques
Origine Italien
Allégeance Armée italienne
Arme Marine Royale
Grade 1901 : Lieutenant de vaisseau
1917 : Capitaine de frégate
1918 : Capitaine de vaisseau
1923 : Contre-amiral
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions 1918 : Médaille d'or de la valeur militaire
Famille Galeazzo Ciano (Fils)
Edda Mussolini (Belle-fille)

Carrière militaire

Il intègre l'Académie navale de Livourne à l'âge de 15 ans en 1891 et atteint le grade d'enseigne de vaisseau le et celui de lieutenant de vaisseau en 1901.

Il participe à la guerre italo-turque entre 1911 et 1912 comme commandant du vapeur Siracusa, un transporteur de matériel.

Durant la Première Guerre mondiale, alors que les grosses unités des flottes italienne et austro-hongroise restent dans leurs ports de l'Adriatique, barricadées par le barrage d'Otrante, se cantonnant dans un rôle de flotte en puissance (fleet in being), Costanzo Ciano, alors capitaine de corvette, est un ardent partisan de l'offensive surprise avec des moyens légers (dans l'esprit des théories très controversées de la « jeune école » de l'amiral et ministre Théophile Aube).

Commandant d'une unité de vedettes lance-torpilles MAS, ultra rapides et légères, il applique ses idées lors d'un raid audacieux mais sans résultats stratégiques sur le port militaire slovène de Bakar (Buccari en italien) qui est passé à la postérité comme la beffa di Buccari (Le camouflet de Buccari). Au cours de ce raid auquel participaient aussi le capitaine de corvette Luigi Rizzo et surtout le poète Gabriele d'Annunzio, les MAS pénètrent les défenses du port mais leurs torpilles, mal réglées, exploseront dans les quais sans couler de navires autrichiens.

Toutefois, D'Annunzio, en propagandiste habile, exploite cette action pour remonter le moral de l'armée italienne, empêtrée dans une harassante guerre de positions sur les fronts du Piave et de l'Isonzo.

Par la suite, Luigi Rizzo, commandant la minuscule MAS 15 coule l'énorme cuirassé austro-hongrois Szent Istvan devant l'île de Premuda le 10 juin 1918, tandis que son équipier, l'enseigne de vaisseau Aonzo, échoue à couler le cuirassé Teghettoff à bord duquel se trouvait l'amiral Miklós Horthy, alors commandant en chef de la flotte austro-hongroise.

À la suite de ces actions, la popularité de Costanzo Ciano, promu capitaine de vaisseau, décoré et fait comte de Buccari par le roi Victor-Emmanuel III, dans l'Italie d'après 1918 sera très grande et il la mettra au service des arditi del popolo de D'Annunzio et des fascistes de Mussolini, notamment le où, à la tête d'une bande d'émeutiers fascistes emmenés par Dino Perrone Compagni, il prendra d'assaut la mairie de Livourne pour en renverser le conseil municipal (socialiste) légalement élu.

Carrière politique

Très proche de Benito Mussolini, il fut anobli par le roi Victor-Emmanuel III. Après avoir fait partie du gouvernement Mussolini, il fut élu pour deux fois président du Parlement fasciste (la Chambre des députés, devenue Chambre des fasci et des corporations en 1939). La première fois le [1]. Il a été aussi l'éditeur du journal de Livourne Il Telegrafo.

Ses deux frères, Alessandro et Arturo, firent aussi carrière au sein de l'État fasciste en tant que hiérarques mineurs et il a été estimé que la famille Ciano se constitua un patrimoine équivalent à 700 millions d'euros actuels durant le ventennio (les vingt années de l'époque fasciste).

Une telle proéminence facilita l'ascension de son fils Galeazzo, très carriériste, vers les sommets du pouvoir, auxquels il accéda en épousant la fille de Mussolini, Edda.

Anecdotes

Connu pour sa voracité à table et sa diction hachée, Costanzo Ciano était surnommé Ganascia (la mâchoire) par les Livournais.

Sur l'île de Santo Stefano, abandonnée depuis 1943 se trouve toujours la tête de sa statue, représentée en marin et coiffée d'un suroît. La statue commandée par le gouvernement fasciste aurait dû mesurer 13 mètres et faire partie du musée de la famille Ciano près de Livourne[2].

Sources

Notes et références

  1. Didier Musiedlak, Parlementaires en chemise noire : Italie (1922-1943), Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 2007, (ISBN 978-2-84867-179-6)
  2. Dominique Auzias, Sardaigne 2009-2010, Petit Futé, (ISBN 9782746923492) (notice BnF no FRBNF41424557)
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