Neuf niveaux

Le modèle des neuf niveaux de complexité d'un système a été imaginé par Kenneth E. Boulding en 1956. Il a été repris et adapté par Jean-Louis Le Moigne en 1977.

Modèle de Boulding

Il a été présenté dans un article du Management Science d', dénommé General Systems theory - The skeleton of science. Ce titre a été traduit par J-L Le Moigne en La théorie générale des systèmes, charpente de la science.

En 1985 dans The World as a Total System, Kenneth Boulding imagina un second modèle de la hiérarchie des systèmes à 11 niveaux.

Modèles de Boulding
NiveauModèle de 1956Modèle de 1985
1CanevasSystème mécanique
2HorlogeSystème cinématique
3ThermostatSystème à rétroaction positive
4CelluleSystème créodique
5PlanteSystème reproductif
6AnimalSystème démographique
7HumainSystème écologique
8Organisation socialeSystème évolutionnaire
9Système transcendantalSystème humain
10 Système social
11 Système transcendantal

Canevas (1)

Le canevas ou la charpente sont des exemples de structure statique. À ce niveau, l'anatomie du système est décrite avec précision.

Horloge (2)

L'horloge est un exemple de structure dynamique. La cinématique, la dynamique des fluides et l'astronomie représentent ce niveau.

Thermostat (3)

Le thermostat et le régulateur à boules de Watt sont des exemples d'effet retour. La transmission d'information émerge à ce niveau. L'homéostatisme et la cybernétique représentent ce niveau.

Cellule (4)

La cellule est un exemple de système ouvert. À ce niveau, émerge le vivant. La structure auto-adaptative à son environnement représente ce niveau. non

Plante (5)

Dans l'exemple de la plante, le système voit apparaître la spécialisation des fonctions et la division des tâches.

Présentation de Bertalanffy

Ludwig von Bertalanffy a repris le modèle de Boulding et en a fait une nouvelle présentation en 1968 dans "Théorie générale des systèmes".

Hiérarchie des systèmes
NiveauDescription et exemplesThéorie et modèles
Structures statiquesAtomes, molécules, cristaux, structures biologiques du microscope électronique au niveau macroscopiqueFormules structurelles de la chimie ; cristallographie ; descriptions anatomiques
Mouvements d'horlogerieHorloges, machines conventionnelles, systèmes solairesPhysique conventionnelle (mécanique de Newton ou d'Einstein)
Mécanismes d'autorégulationThermostat, servomécanismes, mécanismes homéostatiques de l'organismeCybernétique ; théorie de la rétroaction et de l'information
Systèmes ouvertsFlamme, cellules et organismes en généralExtension à la théorie physique à des systèmes qui se maintiennent eux-mêmes par un flux de matière (métabolisme) ; stockage de l'information dans la séquence d'ADN
Organismes de bas niveauOrganismes du type végétal : différenciation croissante du système ("division du travail") ; distinction de la reproduction et de l'individu fonctionnel ("trace du germe et soma")La théorie et les modèles ont tendance à manquer
AnimauxImportance croissante du trafic de l'information (évolution des récepteurs, systèmes nerveux ; apprentissage ; début de conscience.Débuts de la théorie des automates (relations S-R), rétroaction (phénomènes régulateurs, comportement autonome (oscillations relaxées)
HommeSymbolisme ; passé et futur, moi et monde, conscience de soi. Conséquences : communication par le langageThéorie naissante du symbolisme
Systèmes socio-culturelsPopulations et organismes (humains inclus) ; communautés symboliquement déterminées (cultures) chez l'homme seulementLois statistiques et peut-être dynamique de la dynamique des populations, sociologie, économie, peut-être histoire. Début de la théorie des systèmes culturels.
Systèmes symboliquesLangage, logique, mathématiques, sciences, arts, moralesAlgorithmes symboliques (mathématiques, grammaires), "règles du jeu" comme dans les arts visuels, musique

Modèle de Le Moigne

Système passif (1)

Le premier niveau représente un "système passif", identifiable et différentiable de son environnement: il se contente d'être et l'on peut, même artificiellement, en définir les contours.

Système actif (2)

Le deuxième niveau décrit un "système actif", il est présumé faire quelque chose, agit et réagit en fonction des sollicitations de l'environnement: c'est le processeur boîte noire qui reçoit, traite et émet uniformément.

Système régulé (3)

Le troisième niveau formalise un "système régulé", et dispose en principe d'une certaine forme de régularité dans son activité. Cela suppose un mécanisme interne qui assure la stabilité, quelles que soient les perturbations de l'environnement, mais il ne traite toujours pas d'informations.

Système informé (4)

Le quatrième niveau définit un "système informé", capable de mémoriser de l'information et de l'utiliser pour modifier son comportement. Il traite l'information, ne l'interprète pas et se contente d'exécuter des commandes programmées.

Système décide (5)

Le cinquième niveau s'intéresse au "système décideur", doté non seulement d'une capacité de traitement mais aussi capable d'interpréter des situations et de décider des actions à conduire. Il y a donc échange entre le système opérant et le système de décision ce qui donne à ce système un caractère déterministe. Le niveau cinq fait émerger la nécessité de modéliser ces systèmes, machines ou êtres vivants, avec deux sous-systèmes de représentation: le sous-système d'opération et le sous-système de décision. On pénètre alors dans la cybernétique.

Système mémorise (6)

Le sixième niveau, le "système mémorisateur", agit et élabore ses décisions en fonction d'informations qu'il stocke au cours de la prise en compte et du traitement d'événements provenant de l'extérieur. Cela implique que l'on dispose dès lors d'un sous-système supplémentaire, le système d'information qui mémorise les actions et les décisions pour que le système global ait un comportement intelligible.

Système coordonné (7)

Le septième niveau postule que le "système coordonne" ses décisions d'actions en fonction des situations qui se présentent dans des activités différentiées. Dans ce cas, les processeurs décisionnels sont branchés directement sur les événements et agissent sur le système d'information pour déclencher des opérations: c'est le propre des systèmes informatisés classiques dont les capacités d'évolution sont limitées aux règles établies au départ.

Système auto-organisé (8)

Le huitième niveau très importante, le "système est intelligent", dispose d'une capacité d'imagination et élabore de ce fait de nouvelles formes d'action, conserve la trace des expériences passées et se fait comprendre. Son comportement est essentiellement heuristique, et caractérise aussi bien les animaux, les entreprises traditionnelles que les systèmes informatisés évolués tels que les systèmes experts, neuroniques ou à logique floue.

Système auto-finalisé (9)

Le neuvième niveau envisage qu'il y a conscience et que par conséquent le "système s'auto finalise": on touche alors à l'humain qui seul peut transformer les finalités ou l'identité.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • Portail des sciences
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.