Méautis

Méautis est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 647 habitants[Note 1] (les Méautichons).

Méautis

L'église Saint-Hilaire.
Administration
Pays France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Saint-Lô
Intercommunalité Communauté de communes de la Baie du Cotentin
Maire
Mandat
Murielle Larue
2020-2026
Code postal 50500
Code commune 50298
Démographie
Population
municipale
647 hab. (2018 )
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 44″ nord, 1° 17′ 54″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 29 m
Superficie 16,98 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Carentan-les-Marais
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Carentan
Législatives Première circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Méautis
Géolocalisation sur la carte : Manche
Méautis
Géolocalisation sur la carte : France
Méautis
Géolocalisation sur la carte : France
Méautis

    Géographie

    Climat

    Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[3]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[4].

    Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[5]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

    Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[3]

    • Moyenne annuelle de température : 11,3 °C
    • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 1 j
    • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 0,6 j
    • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 11,2 °C
    • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 742 mm
    • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,8 j
    • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,9 j

    Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[7] complétée par des études régionales[8] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ste Marie du Mont », sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont, mise en service en 1997[9] et qui se trouve à 12 km à vol d'oiseau[10],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 11,4 °C et la hauteur de précipitations de 913,5 mm pour la période 1981-2010[11]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 5], « Cherbourg – Maupertus », sur la commune de Cherbourg-en-Cotentin, mise en service en 1935 et à 46 km[12], la température moyenne annuelle évolue de 10,4 °C pour la période 1971-2000[13] à 10,7 °C pour 1981-2010[14], puis à 11,1 °C pour 1991-2020[15].

    Urbanisme

    Typologie

    Méautis est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[16],[17],[18].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carentan-les-Marais, dont elle est une commune de la couronne[Note 7]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[19],[20].

    Occupation des sols

    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (50,9 %), prairies (27,8 %), terres arables (19,4 %), zones urbanisées (1,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %)[21].

    L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[22].

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous la forme Meautis en 1793[23].

    La prononciation traditionnelle de Méautis est [méo'ti:], depuis que l'ancien -z final s'est amuï vers le XIIIe siècle. Elle est confirmée par François de Beaurepaire[24] et René Lepelley[25]. De nombreuses personnes prononcent [méo'tis], en se laissant abuser par la graphie. Si la prononciation erronée est attestée aujourd'hui, il n'en reste pas moins qu'elle n'a aucune raison d'être, et que la prononciation traditionnelle, qui est parfaitement régulière, doit être soulignée.

    Méautis se trouve sur une sorte de plateau bas entourée de marais.

    Histoire

    Jean de Méautis, écuyer, seigneur de Méautis, mentionné en 1408 et 1409.

    Pendant la bataille de Normandie et peu après la libération de la commune, le 840e bataillon de génie de l'air américain édifia à compter de la première quinzaine de juillet 1944 un "ALG", Advanced Landing Ground[26] un petit aéroport avec une piste initialement de 3 600 pieds (1 100 mètres) de long pour 120 (37 mètres) de large, longueur qui sera portée à 5 000 pieds (1 500 mètres) pour accueillir des chasseurs bombardiers plus lourds[26]. Entièrement terminé mi-août, ce terrain servira de base à un groupe de chasseurs P-47 du 50e Flight Squadron. Cet escadron y restera basé jusqu'à la libération de la région parisienne début septembre, période où il s'installera alors sur les terrains d'Orly[26].

    Politique et administration

    Liste des maires
    Période Identité Étiquette Qualité
    1944 1945 Robert Marguerie[27]   Agriculteur
    1945 1956 Robert Marguerie   Agriculteur
    juin 1995 mars 2008 Julien Perrine SE Négociant en matériaux
    mars 2008 En cours Marie-Christine Mette[28] SE Caissière
    Les données manquantes sont à compléter.

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[29]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[30].

    En 2018, la commune comptait 647 habitants[Note 8], en stagnation par rapport à 2013 (Manche : −0,79 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    8931 0041 1151 2181 2331 1121 1091 1151 059
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    1 002948876878868838812769783
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    769758709643646620580532562
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
    543522504548566642656651647
    2018 - - - - - - - -
    647--------
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[31].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Économie

    Le parc éolien d'Auvers-Méautis regroupe quatre turbines[32].

    L'usine des Maîtres laitiers du Cotentin, destinée à remplacer celle de Tribehou, fabriquera notamment du lait infantile à destination du marché chinois, à partir de 2017 (contrat Synutra).

    Lieux et monuments

    • Église Saint-Hilaire de style gothique avec un clocher en bâtière.
    • Chapelle de Donville (XIIIe) dédiée à saint Clément. La chapelle abrite une Vierge mutilée classée à titre d'objet[33].
    • Manoir de Donville, manoir en bauge du XVIIe, inscrit aux Monuments historiques en 2011[34].
    • Plaques commémoratives du général Théodore Roosevelt[35].
    • La Croix Capée qui porte aujourd'hui le nom de la croix de Méautis, une centaine de réfugiés civils est venue s'y cacher en juin 1944, durant la bataille de Carentan[36].

    Personnalités liées à la commune

    • Famille de Méautis, famille éteinte de la noblesse française[37]
    • Le général américain Theodore Roosevelt Junior, est mort d'une crise cardiaque dans le presbytère de cette ville dont il avait fait son quartier général, le , lors de la bataille de Normandie, après une dure journée à repousser des contre-attaques allemandes. Son corps est enterré au cimetière américain de Colleville-sur-Mer.

    Voir aussi

    Notes et références

    Notes

    1. Population municipale 2018.
    2. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
    3. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[6].
    4. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
    5. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
    6. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
    7. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
    8. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

    Références

    1. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée ».
    2. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée ».
    3. Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
    4. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
    5. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
    6. Glossaire – Précipitation, Météo-France
    7. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
    8. [PDF]« Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Normandie », sur normandie.chambres-agriculture.fr, (consulté le )
    9. « Station Météo-France Ste Marie du Mont - métadonnées », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
    10. « Orthodromie entre Méautis et Sainte-Marie-du-Mont », sur fr.distance.to (consulté le ).
    11. « Station Météo-France Ste Marie du Mont - fiche climatologique - statistiques 1981-2010 et records », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
    12. « Orthodromie entre Méautis et Cherbourg-en-Cotentin », sur fr.distance.to (consulté le ).
    13. « Station météorologique de Cherbourg – Maupertus - Normales pour la période 1971-2000 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
    14. « Station météorologique de Cherbourg – Maupertus - Normales pour la période 1981-2010 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
    15. « Station météorologique de Cherbourg – Maupertus - Normales pour la période 1991-2020 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
    16. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    17. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
    18. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    19. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
    20. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
    21. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
    22. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
    23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    24. François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 151.
    25. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 170a.
    26. 50 aérodromes pour une victoire de François Robinard, éd. Heimdal, pages 223 et 224.
    27. Nommé à la délégation municipale de Méautis par le Préfet de la Manche.
    28. Réélection 2014 : « Méautis (50500) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
    29. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    30. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    31. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
    32. Parc éolien d'Auvers-Méautis site www.thewindpower.net.
    33. Notice no PM50000638, base Palissy, ministère français de la Culture.
    34. Notice no PA50000074, base Mérimée, ministère français de la Culture.
    35. « 1944 La bataille de normandie La mémoire - Méautis Manche » (consulté le ).
    36. « Le manoir de Donville - Témoignages civils ou militaires sur la bataille de Donville » (consulté le ).
    37. Notice sur la famille de Méautis, toutefois il n'y a pas de preuves à ce jour que des familles homonymes se rattachent à cette ancienne famille noble : Jacques Demeautis ép. Marie-Madeleine Rouxelin. Père de Louis-Jacques Marie de Méautis / Demeautis (né le 2 mars 1744 à Périers - décédé à Chantilly le 11 septembre 1807), aubergiste, dentelier à Chantilly, ép. Françoise Dusignon. Père de Jacques-Guy de Méautis (2 décembre 1784 Chantilly, 30 décembre 1845 Champagney), fabriquant de dentelles, receveur buraliste, ép. le 28 juin 1807 à Paris (Mariage introuvable dans l’état civil reconstitué de Paris), Françoise Sophie Cardot (-22 décembre 1851 Bougie, Algérie). Père d'Édouard-Martial, né le 28 octobre 1815 (acte modifié par jugement du 5 février 1857, ici, voir actes de l'état civil de Pontoise en ligne). L'annuaire de la noblesse donne pourtant « Édouard Martial de Méautis, écuyer, dernier de son nom ». Famille subsistante sous le patronyme Demeautis / de Meautis. Aucune maintenue ni condamnation dans Chamillart. On suit cette famille jusqu'au milieu du XVIe siècle à Sainteny avec des professions de laboureur, une alliance avec la famille de Millières en 1616.

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