Flore (S645)

La Flore (S 645) est un sous-marin français de classe Daphné. Lancé en 1960, il est en service de 1964 à 1989. Depuis 2010, il se visite comme musée à Lorient.

Pour les articles homonymes, voir Flore (sous-marin).

La Flore

La Flore (S645) désarmée dans l'ancienne base sous-marine de Keroman à Lorient, 2006
Type Sous-marin d'attaque conventionnel de classe Daphné
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Chantier naval DCAN de Cherbourg
Lancement
Armé
Statut Retiré du service actif le
Musée naval depuis le
Équipage
Équipage 7 officiers
28 officiers mariniers
19 marins
Caractéristiques techniques
Longueur 57,75 m
Maître-bau 6,74 m
Tirant d'eau 5,25 m
Déplacement 870 tonnes en surface
1 043 t en plongée
Propulsion 2 groupes électrogènes de 450 kW SEMT Pielstick type 12PA1 ou 12PA4 - 2 moteurs électriques de 1 000 ch- 2 hélices
Vitesse 12 nœuds (22,2 km/h) en surface
15 nœuds (28 km/h) en plongée
Profondeur 300 m
Caractéristiques militaires
Armement 12 tubes lance-torpilles de 550 mm (8 à l'avant, 4 à l'arrière)
Électronique Radar DRUA 31
Sonar DUUA 2B Sonar DUUA1
Sonar passif DSUV 2
Télémètre acoustique DUUX
Rayon d'action 4 300 milles à 7,5 nœuds au schnorchel
Carrière
Indicatif S645

Historique

Construction

Le sous-marin est baptisé Flore le [1]. Il est mis en chantier à la Direction des Constructions et Armes navales (DCAN) de Cherbourg le [2],[3],[Note 1]. Il est le cinquième de la série des sous-marins à hautes performances de type Daphné.

Il est lancé le [1] et est mis à l'eau le [2].

Essais

Héritier du torpilleur du même nom, ses marins portent, par décision du [1], la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre avec olive 1939-1945[2].

Le sous-marin Flore a une mascotte de 1961 à 1963 : la chienne « Annie »[4],[5],[Note 2].

Le , le sous-marin Flore réalise sa première plongée statique dans la darse transatlantique à Cherbourg[1]. Il effectue du au sa croisière d'endurance, probablement entre Cherbourg et Toulon via Funchal (Madère) et Malaga (Espagne), sous le commandement du lieutenant de vaisseau Barbier[1].

En , il fait escale à Gênes (Italie)[1].

Le , il fait escale à Alicante (Espagne), en compagnie des sous-marins Amazone, Minerve et Galatée, ainsi que de l'escorteur d'escadre Maillé-Brézé[1].

D' à , un essai d'un système de tenue automatique de l'immersion à Toulon est réalisé au profit des futurs sous-marins nucléaires lanceur d'engins (SNLE) de classe Le Redoutable[1].

En , il fait de nouveau escale à Gênes avec l'Astrée[1].

Service actif

Tubes lance-torpilles intérieurs d'étrave du sous-marin Flore

Le sous-marin Flore est admis au service actif le et affecté à la 1re escadrille de sous-marins (ESM) à Toulon, son port base[1],[2],[6]. Sa carrière se déroule essentiellement en Méditerranée[2]. Il rejoint épisodiquement Lorient pour des périodes de grand carénage[2].

Du au , le sous-marin est en carénage à Lorient et affecté temporairement à la 2e ESM, puis il rentre à Toulon[1].

En , le sous-marin connaît un premier accident qui n'a pour conséquence principale que l'enfoncement du carénage du bulbe du sonar passif d'étrave[1],[2].

Du au , il est en grand carénage à Toulon[1].

En , le bâtiment est intégré à l'ESMED (escadrille des sous-marins de la Méditerranée) à sa création à Toulon[1].

Le , le sous-marin est victime d'une voie d'eau au large de Toulon alors qu'il était à l'immersion périscopique, à la suite du mauvais fonctionnement de l'installation d'air[1]. Le moteur est en panne (compartiment inondé) et le sous-marin est contraint de larguer ses plombs de sécurité pour remonter à la surface[1]. Il est pris en charge peu après par les remorqueurs Pachyderme et Travailleur pour être conduit jusqu'à Toulon, où il est réparé[1].

En 1974, il entre en grand carénage à Toulon et de nouveaux équipements sont installés (nouveaux sonars, amélioration des installations de détection)[1].

Le , le général Bigeard, alors secrétaire d'État à la Défense, effectue une plongée sur le sous-marin Flore[7]. À cette occasion, le général Bigeard a bu un bol d'eau de mer afin de se conformer à la tradition du baptême de sous-marinier lors de la première plongée[7].

Le , il quitte Toulon pour Cherbourg où il arrive le 20 septembre[1]. Il y entre en grand carénage ( à ), puis quitte Cherbourg le [1]. Il est de retour à Toulon le [1].

Le , l'escorteur rapide L'Alsacien est coulé en Méditerranée par le sous-marin Flore[1].

Le sous-marin Flore est placé en réserve normale en 1988. Le , il effectue sa dernière plongée en Méditerranée, puis gagne Lorient le , date à laquelle il est retiré du service actif[1],[2],[6]. La dernière levée des couleurs a lieu à Lorient le [1].

Le , il est mis en réserve spéciale[1] et est toujours ventilé afin de permettre sa conservation[8].

Le sous-marin Flore a parcouru 320 000 milles, soit près de 15 fois le tour de la Terre[4]. Il a passé 41 000 heures en plongée[4].

Musée naval

Sous-marin Flore à Lorient

Le , le sous-marin Flore est mis au sec sur le slipway de la base de sous-marins de Lorient[1],[2]. Il sera mis à l'abri provisoirement du au dans l'alvéole no 1, compte tenu de la météo, les vents forts pouvant le déséquilibrer[1].

Ensuite, le sous-marin a été entretenu par d'anciens sous-mariniers bénévoles regroupés au sein de l'association MESMAT (Musée de l'escadrille des sous-marins de l'Atlantique)[Note 3] qui a été créée pour soutenir le projet de transformation du sous-marin en musée naval[1],[2],[9],[10].

C'est en 2003 que la Marine nationale met le sous-marin à disposition de la communauté d'agglomération Cap l'Orient pour en faire un élément patrimonial ouvert au public[10]. Cap l'Orient y réalise alors pour 550 000  d'indispensables travaux conservatoires, tels que la peinture de la coque[10]. Toutefois, la priorité de Cap l'Orient est alors la réalisation de la Cité de la voile Éric Tabarly[10].

En 2008, Norbert Métairie, maire de Lorient, relance le projet d'un musée autour du sous-marin[11]. L'idée est de faire découvrir les entrailles d'un submersible, de parler de l'histoire de la base des sous marins de Lorient, ainsi que de faire connaître l'évolution de la rade et de ses enjeux stratégiques[11]. Le projet bénéficie du travail réalisé par l'équipe de bénévoles du MESMAT, notamment pour collecter du matériel et des objets liés à la vie des sous-mariniers[10]. Il s'appuie également sur les études historiques préparées par René Estienne, l'archiviste de la Marine[10].

Depuis le , le sous-marin est exposé et ouvert au public au sein de l'Espace Découverte du sous-marin Flore, à la base de sous-marins de Lorient[6],[9].

Notes et références

Notes

  1. Sur le site Net-Marine, la date suivante est également indiquée concernant le début de la construction du sous-marin : .
  2. Le nom de la mascotte a été donné en « hommage » à la chanteuse Annie Flore que l'on entendait sur les ondes dans les années 1950-1960 et qui fut un certain temps la marraine du sous-marin. Voir la photo de la mascotte sur le site des anciens de La Flore.
  3. Le MESMAT est une association loi de 1901, qui a vu le jour en 1995, date de la fermeture de la base de sous-marins de Keroman. Cette association compte plus d'une centaine d'adhérents, civils, anciens militaires et étrangers.

Références

  1. « Historique du sous-marin Flore », sur Net-Marine (consulté le )
  2. Jean-Michel Roche, « Sous-marin Flore », sur Net-Marine, (consulté le )
  3. « Flore - Tome 1 - Page 27 », sur Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges (consulté le )
  4. « Le sous-marin Flore - espace découverte du sous-marin - Les infos plus », sur www.la-flore.fr (consulté le )
  5. « Les chiens mascottes des sous-marins », sur Quai des flottilles (consulté le )
  6. « Le Sous-Marin Flore », sur France 3,
  7. Dominique Collemant, « Flore - Tome 1 - Page 20 », sur Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges, (consulté le )
  8. Dominique Collemant, « Flore - Tome 1 - Page 8 », sur Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges (consulté le )
  9. Moulin 2011
  10. Yann Lukas, « Autour de la Flore, un musée du sous-marin », Ouest-France, (lire en ligne)
  11. Gildas Jaffré, « La Flore réveille l'âme des sous-marins de Lorient », sur Ouest-France.fr, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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