Corina Casanova

Corina Lydia Casanova, née le à Ilanz (originaire de Ruschein et de Vrin[1]), est une personnalité politique suisse, membre du parti démocrate-chrétien. Elle est chancelière de la Confédération de 2008 à 2015.

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Corina Casanova

Corina Casanova en 2011.
Fonctions
13e chancelière de la Confédération suisse

(8 ans)
Élection 12 décembre 2007
Réélection 14 décembre 2011
Prédécesseur Annemarie Huber-Hotz
Successeur Walter Thurnherr
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Ilanz (Suisse)
Nationalité Suisse
Parti politique PDC
Diplômée de Université de Fribourg
Profession Avocate

Biographie

Corina Casanova grandit à Tarasp et Ruschein[2], dans une famille qui parle toujours romanche à la maison[3]. Après avoir suivi ses études dans le canton des Grisons et obtenu sa maturité de type B en 1977 à Coire, elle suit des études de droit à l'Université de Fribourg, où elle obtient une licence en 1982. En 1984, elle passe son brevet d'avocat dans les Grisons. Elle exerce pendant deux ans dans son canton avant de partir en mission comme déléguée du Comité international de la Croix-Rouge en Afrique du Sud, en Angola, au Nicaragua et au Salvador entre 1986 et 1990.

De retour en Suisse en 1992, elle est engagée au Parlement fédéral en tant que responsable du service d’information. En 1996, elle quitte son poste pour devenir membre de l'état-major de Flavio Cotti au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), puis comme collaboratrice personnelle de Joseph Deiss en 1999.

En , le Conseil fédéral la nomme secrétaire générale adjointe du DFAE, puis vice-chancelière le . Elle adhère alors au Parti démocrate-chrétien, dont elle avait selon ses propres dires toujours été proche[3]. Son élection à un des deux postes de vice-chancelier est entachée d'une controverse sur la représentation des minorités latines au sein de la Chancellerie fédérale, Corina Casanova étant « identifiée, malgré ses origines romanches et la pratique du dialecte, comme Alémanique »[4]. Le conseiller fédéral Pascal Couchepin dénonce la situation dans la presse[5],[6]. Corina Casanova déclarera plus tard que le déni de sa latinité l'a « beaucoup touchée »[3].

Le , elle est la seconde femme élue chancelière de la Confédération, en remplacement d'Annemarie Huber-Hotz, face à Nathalie Falcone-Goumaz et Markus Seiler. Elle entre en fonction le et reste à ce poste jusqu'à la fin 2015.

En 2019, elle est nommée présidente de la Fondation des médias romanches[7].

Chancelière de la Confédération

En , elle fait l'objet d'une polémique et d'une enquête de la Commission de gestion en raison du prix élevé d'un voyage de cinq jours en première classe avec son collaborateur personnel à San Francisco trois ans plus tôt[8],[9],[10]. En , elle est à nouveau critiquée[11] lorsque la Sonntagszeitung révèle la mise en place du groupe de réflexion, Democrazia Vivainta, qualifié de secret par l'hebdomadaire dominical[12] et chargé de réfléchir à l'évolution des droits populaires[13]. Selon la prise de position publiée deux jours plus tard par la Chancellerie fédérale, ce groupe de réflexion visait uniquement à « cerner les opportunités et les défis que l’avenir des droits politiques nous réserve » et l'institution d'un tel groupe de réflexion « est une pratique normale, qui n’a rien de secret »[14].

En , elle annonce qu'elle ne sera pas candidate à sa réélection par l'Assemblée fédérale le . Le jour de l'élection du nouveau chancelier de la Confédération, la présidente du Conseil national Christa Markwalder rend hommage à Corina Casanova en relevant sa compétence, sa discrétion et son intégrité. Sous sa responsabilité, la Chancellerie fédérale a mis en place un service présidentiel, a introduit la primauté de la version électronique des publications officielles du droit fédéral et a professionnalisé la communication du Conseil fédéral, désormais présent sur les réseaux sociaux[15],[16]. Le quotidien Le Temps relève pour sa part que sa réserve politique et son effacement « auraient pu l’honorer si [...] lors des deux graves crises que la Suisse a traversées en 2008-2009 - l’affaire de l'UBS, prise au piège des subprimes, et les otages suisses en Libye - cela n’avait pas conduit à sous-estimer le besoin d’un instrument de direction stratégique », allant jusqu'à s'interroger sur un « manque d’autorité et d’intérêt de la chancelière » en la matière[17].

Notes et références

  1. « Biographie de Corina Casanova », sur parlament.ch (consulté le )
  2. Le Conseil fédéral, « Corina Casanova », sur www.admin.ch (consulté le )
  3. « Corina Casanova, 51 ans », sur www.laliberte.ch, (consulté le )
  4. D.S. Miéville, « La Chancellerie devient un biotope alémanique », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  5. « Le gouvernement divisé par les langues », sur SWI swissinfo.ch, (consulté le )
  6. (de) « Ohrfeige für die Kanzlerin | NZZ », sur Neue Zürcher Zeitung, (consulté le )
  7. « Corina Casanova présidente de la Fundaziun Medias Rumantschas », sur SWI swissinfo.ch (consulté le )
  8. Magalie Goumaz, « Les conseillers fédéraux socialistes montent au front sur l’immigration », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  9. « Les excès de luxe de la chancelière fédérale Corina Casanova - Radio », sur Play RTS (consulté le )
  10. (de) « Schweizer Bundeskanzlerin genehmigt sich 17'000-Franken-Flug », Berner Zeitung, (ISSN 1424-1021, lire en ligne, consulté le )
  11. (de) « «Geheime Denkgruppe» schlägt Wellen », NZZ, (lire en ligne)
  12. (de) « Geheimgruppe will Volksrechte beschneiden », sur 20 Minuten, (consulté le )
  13. Bernard Wuthrich, « Le PDC n’exclut pas de garder la Chancellerie fédérale », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  14. Chancellerie fédérale, « Prise de position de la Chancellerie fédérale du 24.06.2014, relative à l’article de la SonntagsZeitung, intitulé «Geheimgruppe des Bundes will Volksrechte abbauen» », sur www.bk.admin.ch, (consulté le )
  15. ATS, « Suisse – Hommage à Corina Casanova », 24 heures, (ISSN 1424-4039, lire en ligne, consulté le )
  16. (de) « Würdigung Bundeskanzlerin Corina Casanova », sur www.parlament.ch (consulté le )
  17. Yves Petignat, « Le 8e conseiller fédéral », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )

Annexes

Liens externes

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