Abbaye Sainte-Catherine de Laval

L'abbaye ou prieuré Sainte-Catherine de Laval est une ancienne abbaye cistercienne située sur la paroisse de Grenoux, commune rattachée en partie au XIXe siècle à Laval en Mayenne. Ses armes sont d'azur à une Sainte Catherine d'or.

Pour les articles homonymes, voir Sainte-Catherine.

Abbaye Sainte-Catherine de Laval
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Cîteaux
Début de la construction 1224
Géographie
Pays France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Ville Laval

Histoire

Avoise de Craon

Le prieuré de Sainte-Catherine est fondé le , par Avoise de Craon, veuve de Guy V de Laval[1]. Avoise achète en 1224 de Pierre Johet, ou suivant d'autres versions, Pierre Jehan (Petrus Johannes), un terrain voisin de Laval. Elle fonde un lieu consacré à la prière (oratorium) ; elle le dédia à Dieu et à la Vierge Marie et le met sous le patronage de Sainte Catherine.

Il est soumis par le titre de fondation à la juridiction de l'abbaye de la Réal en Poitou, abbaye célèbre alors, et qui compte alors plusieurs maisons de chanoines réguliers sous sa dépendance. Elle le donna à l'abbaye de la Réal en Poitou avec la condition d'y avoir toujours quatre chanoines réguliers prêtres chargés de faire l'office divin[2].

La même année, Maurice, évêque du Mans, approuva la fondation de Sainte-Catherine et conjointement avec les chanoines de Saint-Julien du Mans, il donna des statuts aux religieux envoyés par L'abbé de la Réale pour desservir le prieuré.

Avoise de Craon n'avait pu voir s'achever l'église du prieuré qu'elle avait fondé en l'honneur de Sainte-Catherine; elle était morte en 1230[3] et avait été inhumée dans l'église de l'abbaye de Bellebranche, dont elle était bienfaitrice.

Armes de la Famille de Mathefelon : De gueules aux six écus d'or ordonnés 3, 2 et 1.

Une dame de Mathefelon, dont le nom n'est pas indiqué, est bienfaitrice du prieuré de Sainte-Catherine de Laval. Elle était représentée dans une des vitres du chœur de l'église[4].

Consécration

Emma de Laval prit soin de faire consacrer cet édifice. Ce ne fut qu'en 1247 que l'église de Sainte-Catherine de Laval est achevée. Michel Ier Villoiseau, évêque d'Angers, vint en faire la consécration le , du consentement et en présence de Geoffroy de Loudon, évêque du Mans, qui, de son côté, consacra l'autel d'une chapelle existant sous l'église (). Emma confirma, en 1251, tous les dons que sa mère avait faits au prieuré de Sainte-Catherine. Ses libéralités continuèrent envers les chanoines.

Dons et usages

En 1265, elle leur donna l'usage du bois dans sa forêt de Concise[5]. Les droits d'usage des chanoines dans la forêt furent souvent sujets à contestation avec les seigneurs de Laval[6]. Elle leur donna aussi une maison plus rapprochée de la ville appelée la maison de l'Angle, pour faire un anniversaire en faveur de son fils Guy VII de Laval.

Guy VII, plus tard, confirma les dons de sa mère. Il reprit la maison de l'Angle et en compensation il donna aux chanoines, à perpétuité, la peschairie du refoul de la Chiffolière, dans la rivière de la Mayenne depuis le gué du Bourg-Chevreau jusqu'à l'écluse de Boz, pour y pescher et faire pescher, excepté, cependant, les rets dormans, avec pouvoir de tendre dans cet endroit un congrier[7].

Les chanoines de Sainte-Catherine comptèrent Jeanne de Laval, reine de Sicile, femme du roi René Ier d'Anjou, au nombre de leurs bienfaiteurs[8].

Le prieur de Sainte-Catherine était en grande considération près des seigneurs de Laval. On trouve fréquemment son nom, en qualité de témoin, dans les actes les plus solennels de cette maison. Guy VII choisit le prieur de Sainte-Catherine pour un de ses exécuteurs testamentaires. En 1480 il prétendit au titre de curé-prieur, et en cette qualité s'arrogea le droit de tenir une école publique pour y instruire les enfants de son fief. Il eut un long procès à soutenir contre les chanoines de Saint-Tugal auxquels seuls, par leur charte de fondation, appartenait ce droit concédé par les seigneurs de Laval.

Abbaye

Grâce à l'influence de François Lesné, ce dernier trouve moyen de faire ériger en abbaye le prieuré de Sainte-Catherine de Laval, et de lui faire annexer les prieurés du Port-Ringeard et d'Olivet. Cet établissement, il est vrai, ne dura pas.

En 1484, le prieuré de Sainte-Catherine dont les revenus ont augmenté, jouit d'une telle réputation, qu'il est à cette époque érigé en abbaye à la réquisition de Charles VII, par Sixte IV. François Lesné obtient, il est vrai confirmation, en 1493, du pape Alexandre VI, une bulle érigeant[9] en abbaye son prieuré de Sainte-Catherine de Laval, par l'annexion des prieurés d'Olivet et du Port-Ringeard ; mais, malgré le visa donné à la bulle par le cardinal Philippe de Luxembourg, évêque de Mans, chaque maison garda son indépendance.

Différend

Un différend étant survenu entre l'abbé de la Real et le nouvel abbé de Sainte Catherine, détermine le premier à troubler celui-ci dans l'usage des honneurs et des prérogatives attribués à sa dignité. L'abbé de la Réal prétendait n'avoir jamais consenti à l'érection du prieuré en Abbaye, et il en concluait que l'érection était nulle, parce que son consentement était indispensable pour que la bulle eut son exécution ; l'abbé de Sainte-Catherine assurait qu'il avait obtenu un consentement verbal, mais enfin qu'il avait consenti : l'affaire fut portée devant le parlement de Paris, qui ordonna que l'abbé de Sainte-Catherine serait reçu à serment[10]. Pendant sa vie, François Lesné jouit cependant de son titre.

Commende

L'abbé de la Real, pour éviter toute nouvelle discussion avec un successeur régulier, nomma un séculier au prieuré de Sainte-Catherine, et depuis ce temps jusqu'au commencement du XVIIe siècle, ce prieuré eut des prieurs commendataires séculiers parmi lesquels on a compté des évêques de Rennes et de Dol, comme François de Laval par exemple. Il parait par tous les actes, que le prieur titulaire jouissait de la totalité des revenus de Sainte-Catherine, et qu'il donnait aux religieux des pensions en argent, vin, grain, cidre, bois, etc., etc.

Concordat

De ces prétentions naquirent des procès entre les religieux et le prieur commendataire.

Il y eut en 1596 un concordat ou transaction sur un procès commencé, par lequel le prieur titulaire est maintenu dans le droit de régir et de jouir de l'universalité des revenus et d'en avoir la jouissance, à condition de continuer aux religieux ce qui leur avait été donné jusqu'alors[11]. Le prieur titulaire se chargeait d'acquitter les charges, y compris les réparations[12]. Ce concordat est constamment observé pendant les deux siècles où les titulaires sont séculiers[13].

Maladies

Dans les temps de maladies contagieuses, assez fréquentes à Laval aux XVIe siècle et au XVIIe siècle, le prieur de Sainte-Catherine rendit, comme les autres communautés de la ville, les plus grands services aux habitants. On élevait des tentes dans la cour, sur le préau, devant l'église où des secours de toute nature étaient distribués.

Réforme

La congrégation des chanoines réguliers de France prenait naissance au XVIIe siècle, à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis, sous les auspices du cardinal de la Rochefoucaud. Trois religieux, Charles Favre, Beaudouin et Branchu, formèrent le dessein de ramener leurs frères à l'étroite observance de la règle. La réforme faisait de grands progrès, elle ne tarda pas à être introduite au prieuré de Saint-Catherine ; ce ne fut néanmoins que du consentement du prieur titulaire, qui ne voulut adopter son introduction qu'à condition que les religieux seraient soumis au même traitement qu'auparavant. Les lettres-patentes ne turent sollicitées et le Roi ne les octroyer qu'à ce titre.

La portion du revenu laissée par le prieur titulaire aux religieux conventuels était faible. En 1686, les chanoines réguliers de Sainte-Catherine demandent à leur prieur titulaire un accroissement d'entretien, François Lefebvre de Caumartin[14], alors prieur de cette maison, les renvoie au concordat de 1596 et à l'arrêt qui les a mis en possession du prieuré conventuel, lequel arrêt les soumet aux clauses et stipulations du concordat[15].

Génovéfain

En 1706, François Lefebvre de Caumartin résigna ce prieuré à un chanoine régulier nommé Rodoger[16]. La résignation de François Lefebvre de Caumartin fit rentrer la maison sous le gouvernement d'un prieur régulier et cesser la commende. Les choses changèrent de face et revinrent à l'esprit de la congrégation des chanoines réguliers et aux corps réguliers, c'est-à-dire que tout fut confondu. Devenus réguliers, les prieurs en usèrent à l'instar des abbés réguliers[17].

Bénéfice

Le prieuré de Sainte-Catherine avait tous les caractères d'un titre réel et d'un vrai bénéfice[18]. Les prieurs de Sainte-Catherine avaient obtenu le droit et étaient dans l'usage de porter la croix pastorale et la mosette: la congrégation a constamment reconnu les droits et prérogatives соmme attachés au titre et à la personne des prieurs.

En 1734, M. Ménager résigna ce prieuré à son neveu avec l'agrément de l'abbé de Sainte-Geneviève, il se réserva seulement une pension; il est dit dans l'acte, qu'il est de notoriété publique que le prieuré de Sainte-Catherine avait au moins mille écus au prieur titulaire, toutes charges acquittées; on observa qu'alors le revenu du prieuré ne s'élevait qu'à 7 000 francs.

En 1790, la prieur possède ce bénéfice par la résignation du sieur Lasnier[19]. Les prieurs de Sainte-Catherine ont toujours eu le droit et l'ont constamment exercé d'habiter leur maison, de la gouverner, de l'administrer au temporel, sans aucune intervention du chapitre de la communauté. Le prieur titulaire en 1706, étant assistant du supérieur général de la congrégation fut obligé d'attendre l'époque d'un chapitre pour se retirer dans son prieuré.

Abbaye en commende ?

On pouvait considérer le prieuré de Sainte-Catherine, comme un bénéfice en commende, ou comme une Abbaye, régulière, puis qu'il a été possédé pendant deux cents ans en commende, et que ce n'est qu'au commencement du XVIIe siècle, qu'il est rentré dans les mains des réguliers[20].

Ce prieuré fut érigé en Abbaye sur la fin du XVe siècle[21].

Bâtiments

Les bâtiments du prieuré n'offraient rien de remarquable. L'église était garnie de boiseries du haut en bas. Suivant la chronique de Guillaume Le Doyen, elle aurait été construite, ainsi que le cloitre et le réfectoire, à la fin du XVe siècle. Elle fut démolie en 1790. Son entrée était en face du portail existant au XIXe siècle. Au-dessous il paraît qu'il y avait une chapelle souterraine ou crypte. À l'entrée de la cour, on voyait encore au XIXe siècle le logement que le prieur occupait lorsqu'il résidait dans son prieuré[22].

Vers la fin du XVIIe siècle, il y avait à Sainte-Catherine quatre chanoines réguliers de la congrégation de France[23]

Les immeubles qu'il possédait par l'acte de fondation se montaient suivant les déclarations de 1790 à la somme de 5 300 livres[24]. Les chanoines relevaient de la chàtellenie de Laval au divin service.

On remarque, parmi les immeubles que le prieuré devait à la libéralité d'Avoise, deux closeries, dans les paroisses de Grenoux et de la Trinité, dont l'une devait fournir par redevance « douze bons fromaiges de lait ou douze plats de crème battue » une autre « six bons fromaiges de lait ou un plat de bon lait battu. » Le seigneur de Champfleury, en Arquenay, devait sur le domaine de la Buffetière « deux livres de cire et 28 sols en argent, » en raison d'un anniversaire, célébré en l'église de Sainte-Catherine, pour le repos de l'âme du seigneur d'Arquenay et pour le pain et la paille que le prieur doit fournir aux chiens et le logement du chiennetier, quand le seigneur de Champfleury alloit chasser au Daviet, paroisse de Chailland..

Révolution française (1790-1791)

Lorsque la Révolution française éclata, il n'y avait plus que deux religieux à Sainte-Catherine avec le prieur claustral. Au commencement de 1791, ils partirent, emportant avec eux le mobilier de leurs chambres et les effets à leur usage personnel que la municipalité de Grenoux leur abandonna.

Le , la vente du mobilier fut faite. On avait, dès les premiers jours de ce mois, fait partir pour Paris et adressé au directeur de la Monnaie, une caisse d'argenterie, sortant des communautés de la ville. Il était parti du trésor de Sainte-Catherine[25].

Prieurs, et Abbés

Séminaire

Après avoir essayé d'installer le séminaire du diocèse de Laval dans le pensionnat des Ursulines, le directoire du département, par un arrêté, le plaça provisoirement dans la maison de Sainte-Catherine. Il eut pour supérieur Louis Guilbert.

Au commencement, plus de 20 étudiants étaient dans cet établissement; mais beaucoup renoncèrent à leurs études ecclésiastiques. Villar a effectué plusieurs ordinations. Il a ordonné plusieurs prêtres[27]. Quelques élèves du séminaire de Laval seront ordonnés au Mans, par Prudhomme de la Boussinière, évêque de la Sarthe.

Hôpital, puis vente

Louis Guilbert apostasie à la fin de 1793.

Lorsque le culte est aboli, on y établit un hôpital militaire qui porta le nom d' Hospice de la Fraternité. Ce fut ensuite une caserne de vétérans. Enfin en 1793, Sainte-Catherine fut vendu nationalement. On démolit l'église; la municipalité, dans sa séance du , délégua un de ses membres, pour faire acquisition de ce qui pourrait, dans la boiserie, convenir à décorer l'église de la Trinité, convertie en temple de la Raison.

Le prieuré est converti en loge de francs-maçons. Toutes les propriétés qui dépendaient de ce prieuré furent confisquées et vendues au profit de l'État ; les bâtiments et jardins devinrent également propriétés particulières et furent affermés à différents locataires jusque vers 1820

XIXe siècle

En 1820, Marie Letourneur de Laborde[28] fonda dans cette maison une communauté religieuse de femmes sous le titre de monastère de Sainte-Catherine, de Notre-Dame de la Trappe de l'ordre de Citeaux.

Un bref de Pie VII approuva le rétablissement du monastère de Notre-Dame de Grâce des religieuses de l'observance de la Trappe réformée de Mr de Rancé. Ces religieuses venaient du monastère de l'Éternité, à Darfeld. Les religieuses y furent établies sous le gouvernement d'une abbesse. Un décret spécial du général de l'ordre de Citeaux plaça cette maison sous la juridiction de l'abbé du Port-du-Salut.

Prieurs et abbés

Notes et références

  1. Elle avait épousé en secondes noces un des gentilshommes de son mari, nommé Yves le Franc.
  2. Pour assurer leur existence, elle leur fait don d'un pré, d'une vigne, d'un pressoir et d'une grange avec tous les droits de pressoirage (pressoragium) qui existaient dans le fief : elle leur donna la maison qu'elle venait d'acheter pour leur servir de logement. Elle ajouta encore des métairies dans les paroisses de Montigné et de Nuilié, un moulin sur la rivière du Vicoin dans la paroisse de Montigné, des vignes près Château-Gontier auprès du bourg de Bazouges, avec une rente de 40 sols mançais sur la terre de Moncenault et 20 sols sur la taille de la chàtellenie de Montigné, payable chaque année à l'Angevine. Si à l'épouqe dite, les rentes n'étaient pas payées, les détenteurs de ces fiefs devaient être condamnés à dix Sols d'amende envers les chanoines. Ils eurent, en outre la faculté d'acheter tout ce qu'ils voudraient, dans ses fiefs de Moncenault et dans la terre qu'elle venait d'acheter de Pierre Johet, et d'en jouir paisiblement '.
  3. Le temps de sa mort et le lieu de sa sépulture sont diversement rapportés par les généalogistes de la maison de Laval. Charles Maucourt de Bourjolly, d'après la chronique de Sainte-Catherine, malheureusement perdue, prétend que cette dame mourut en 1224, l'année qu'elle fondait Sainte-Catherine et qu'elle fut enterrée dans l'église de ce prieuré. Il en donne pour preuve le portrait d'une dame que l'on voyait dans une verrière, au chœur des chanoines, ayant un écusson qui paraissait devoir être : de gueules à six coquilles d'argent, posées 3. 2, 1, qu'il dit avoir été les armes de l'ancien Laval ; à côté se voyait un autre écusson portant gueules à trois lozanges d'or. Jacques Le Blanc de la Vignolle, plus instruit sur la maison de Laval, et dont les recherches sur cette famille sont antérieures à Bourjolly d'un demi-siècle, mérite plus d'attention. Il ne met la mort d'Avoise que six années plus tard en 1230, et dit qu'elle fut enterrée, avec Yves son mari, dans l'église de l'abbaye de Bellebranche. Il ajoute que dans le chœur de Sainte-Catherine, sur une vitre, une figure de femme représentait une dame de Mathefelon avec ses armes : de... à 6 écussons de... 3, 2, 1. Ces armes ont été aisément prises pour des coquilles et ont pu induire en erreur Bourjolly. Du temps d'Avoise, les coquilles n'étaient plus depuis longtemps les armes de Laval, si jamais elles l'ont été...
  4. Jacques Le Blanc de la Vignolle.
  5. Pour leur chauffage, celui de leurs domestiques, pour la cuisson de leur pain, de même que pour édifier et réédifier les maisons de leurs enclos « viridenemus ad edlficandum et reedifficandum pro dicto loco quantum necesse fuerit. » Le ségrier de la forêt devait leur marquer le bois.
  6. Une transaction de l'année 1494, entre Guy XV de Laval et le prieur et les religieux, règle les droits honorifiques et utiles qui peuvent appartenir au prieuré. Il y est dit « que à l'avenir le prieur et les religieux jouiront de leur usage dans la forêt sans en abuser c'est à savoir à bois mort el à mort bois et bois dérincé pour leur chauffage ainsi que bois vert pour les réparations et entretenement de Leur maison. » .Une autre sentence rendue à la table de marbre du Palais de Paris, entre Guy XIX de Laval et Geoffroy Vincent, prieur de Sainte-Catherine, les maintient dans leur droit, et ordonne que « délivrance sera faite de bois dans la forêt de Concise, suivant les anciens droits qui leur ont été accordés ». Charlotte de Nassau, duchesse de la Trémoille, procuratrice de son fils, comte de Laval, fait le 11 juillet 1629 un reniement portant» qu'il sera délivré aux religieux de Sainte-Catherine 24 cordes de bois, la corde réglée à 8 pieds de long, le bois coupé de 4 pieds de longueur, chaque corde bien et dûment remplie ».
  7. Sorte de filet de pèche.
  8. Elle leur donna une très belle relique de leur honorée patrône, Sainte Catherine. À la fin du XVIIe siècle les religieux en étaient encore possesseurs. Le portrait de Jeanne était peint dans une des verrières du chœur des chanoines.
  9. Les titres qui constataient cette érection, furent brûlés dans l'incendie qui arriva à Sainte-Catherine en 1776 ; ce qui est prouvé par le procès-verbal des officiers de justice de Laval rédigé le lendemain de ce sinistre et qui est pareillement consigné dans le registre des actes capitulaires de cette maison.
  10. Mais celui-ci qui était très-âgé et fort infirme et que cette contestation tourmentait beaucoup, mourut d'une attaque d'apoplexie au moment où il se disposait à partir pour satisfaire à l'injonction du parlement. L'abbé de la Réale, pour éviter de nouvelles contestations, profita de cet événement et au lieu d'envoyer à Sainte-Catherine un prieur régulier, c'est-à-dire vivant sous la règle et habitant le prieuré conventuel, il s'empressa de nommer un prieur séculier, pour posséder ce bénéfice en commende. Depuis ce temps la maison fut sous le pourvoir d'un prieur commendataire, ne résidant plus : source de nouveaux débats.
  11. A la charge par son fermier général de donner aux religieux ce qui avait été fourni jusqu'alors et toutes charges acquittées y compris les réparations; le fermier rendait au prieur titulaire qui était alors M. Duffour conseiller clerc au parlement, la somme de 2 500 francs.
  12. Il recevait à cette époque, obligations déduites, La somme de 2 500 livres de revenu de son prieuré.
  13. Lorsque la congrégation fut introduite dans le prieuré de Sainte-Catherine les reformés se soumettent au traitement que les anciens reçoivent du prieur titulaire, celui-ci ne consent à leur introduction et les lettres patentes ne sont demandées et octroyées par le Roi, homologuées au parlement, qu'à cette condition.
  14. Mort évêque de Blois.
  15. L'affaire n'a point de suites et le prieur claustral comme fondé de procuration de François Lefebvre de Caumartin, renouvelle le bail du prieuré à la charge par le fermier de fournir aux religieux ce qui était convenu dans le concordat.
  16. Prieur de l'abbaye de Sainte-Geneviève et assistant du supérieur général de la congrégation de France dont les moines sont appelés les génovéfains.
  17. I n'y eut aucun partage entre le prieur et la communauté, seulement le prieur régissait seul les biens de la maison sans aucune intervention du chapitre de la communauté. Ils paraissaient seuls en nom dans tous les actes, soit en demandant, soit en défendant et ils ne rendaient point de compte à la communauté : lorsqu'ils ne résidaient pas, comme cela avait lieu quelquefois ; les prieurs claustraux avaient besoin d'une procuration de leur part pour administrer le temporel et c'était en leur nom seul qu'ils agissaient.
  18. Le prieur titulaire avait un taux de décime à part, et une quittance particulière; il payait 1 070 francs et la communauté 230 francs; ils administraient seuls quand ils étaient sur les lieux. À leur avènement au prieuré, ils pouvaient lorsqu'ils le jugeaient à propos résilier les baux faits par leur prédécesseur et forcer les fermiers d'en recevoir de leur part ; les bulles de cour de Rome ainsi que les sentences de l'officialité du Mans enjoignaient aux religieux de Suinte-Catherine de leur rendre l'obéissance comme à leur supérieur. L'arrêt du parlement les envoyait ni possession des revenus, droits, et émoluments du prieuré; ils prenaient possession comme les abbés et prieurs en titre, de l'autel, de la première place du chœur, de la maison pastorale qui était distincte de la communauté à raison de l'ancienne érection de ce prieuré en Abbaye.
  19. Le résignant s'est réservé une pension de 4 000 francs ; c'est avec l'abbé de Sainte-Geneviève qu'il a traité des conditions de la résignation. Les bulles de Rome revêtues de lettres patentes sont homologuées au parlement, ainsi que la pension d'après un certificat signé de douze à quinze notables habitants de Laval, qui attestent qu'ils ont connaissance que le prieuré de Sainte-Catherine vaut au titulaire au moins 8 000 francs de revenu par an. Il résulte donc de l'exposé ci-dessus que l'on peut justifier par des titres et des actes authentiques, que le prieuré de Sainte-Catherine était un vrai titre, un bénéfice réel qui en avait tous les caractères, et qu'on ne peut l'assimiler à ces bénéfices claustraux, qui étaient des dépendances des maisons, et dont les titulaires selon les lois de la Congrégation sanctionnées par des édits et arrêts du conseil, n'avaient jamais joui et même en la faculté d'administrer.
  20. M. Lasnier, dernier prieur titulaire, avait le droit de le résigner à un séculier : le collecteur, s'il eut vaqué par décès, pouvait également y nommer un ecclésiastique séculier.
  21. Les titres en existaient à Sainte-Catherine, mais ils furent brûlés en 1776, le procès-verbal d'incendie consigné dans le registre capitulaire de cette maison en fait mention ; il existait beaucoup d'actes qui donnaient ce titre au prieuré de Sainte-Catherine. Il est dit dans ces actes et titres, qu'un prieur de Sainte-Catherine avait obtenu pour lui et ses successeurs, l'usage de la croix et de l'anneau pastoral ainsi que de la mozette. Le prieuré de Sainte-Catherine avait en 1789, un revenu d'environ 15 000 francs, y compris les subsides et les clauses ménagères : il y avait en outre des profits de fiefs ou lots et rentes ; quelques parties de bois, qui n'étaient pas en assez grande quantité dans chaque lieu, pour être mises en coupes réglées, mais qui étaient dans le cours de dix ans une ressource assez importante. Les charges du prieuré consistaient dans une redevance de 103 boisseaux de seigle envers l'hôpital de Laval. Cette maison ne devait rien. En 1789, elle était en bon état de réparation ; sa situation est agréable, ses jardins sont vastes et très bien plantés.
  22. Il se compose d'un corps de logis avec deux pavillons latéraux, construction paraissant appartenir au XVIe siècle. Le pavillon de droite est carré avec un second étage formant saillie. L'autre, de gauche, est octogone. Le reste des bâtiments servait au logement de la communauté. Le cloitre fut, pour la plus grande partie, reconstruit en 1693, suivant une demande adressée par Le prieur claustral au seigneur de Laval en délivrance de bois propre à bâtir et à édifier deux côtés du cloître. Sur le rapport du nommé Meignan, charpentier-expert, il fut délivré à Nicolas Simon, prieur claustral, procureur du père Rodoyer, prieur commendataire, quatorze pieds de chênes pour La réparation du cloître: on lui donna en outre soixante-huit pieds de fouteaux et fouterelles, creux et corbellés, faisant en tout trente charretées de bois pour le chauffage de l'année. L'enclos était étendu ; auprès de L'église, du côté de la ruelle qui allait à La Croix-Rouge, était un préau planté de grands arbres, dont le public avait la jouissance.
  23. Suivant Julien Le Clerc du Flécheray la mense valait 1 200 livres, et le prieur titulaire jouissait d'un revenu de 2 000 livres. La suite du temps avait formé autour du prieuré un fief qui s'étendait dans les paroisses de Grenoux, de la Sainte-Trinité de Laval, Avesnières, Changé, Louverné, Chàlons, Gennes et Saint-Berthevin. Son produit moyen pouvait s'évaluer à la somme de 62 livres 13 sols 4 deniers.
  24. Outre ces immeubles dus à la munificence des seigneurs de Laval, d'autres, relevant de plusieurs seigneuries, leur avaient été donnés par divers particuliers. Ils étaient affermés par baux, en 1790, la somme de 7 615 livres. En totalité le revenu du prieuré pouvait être évalué à la somme de 12 915 livres.
  25. Il y avait : Un bras d'argent doré. Un bassin d'argent doré, relevé en bosse avec la tète de Saint-Jean-Baptiste en relief. Un ostensoir en vermeil garni de pierreries. Un reliquaire d'argent doré, en forme de statue représentant Sainte Catherine.
  26. Provient d'une notice, parue le 6 décembre 1843 dans le Mémorial de la Mayenne, t. III, p. 205.
  27. Les abbés Ruffin et Laigre ; Durand qui, en 1791, était serpent à l'église de la Trinité; Coutard, d'Andouillé; Le Bâtard Razelière, de Lassay, nommé, aussitôt après son ordination, curé de Meslay; Thomas-Bernard-Émilien Touroud , mort en 1838, curé de Saint-Jean-du-Bois à l'âge de 84 ans; et Nicolas Auvray, qui fut ensuite successivement vicaire de Lassay et de la Chapelle-Moche. Ce dernier avait reçu de Monseigneur de Gonssans la tonsure cléricale, mais il reçut de Villar tous les ordres mineurs et majeurs.
  28. Fille de Gilles Mathurin Letourneur de la Borde et de Marguerite-Marie Foureau
  29. Chanoine de Paris, prieur titulaire. Indemnise les religieuses de Patience pour le don de la Mellerie fait par Ambroise Amy.
  30. Doit avoir été prieur claustral. On le retrouve encore en 1623.
  31. Conseiller clerc au parlement, prieur titulaire. En 1596, il fait avec la communauté le concordat concernant la régie et la jouissance de La totalité des revenus.
  32. Prieur claustral.
  33. Assistant supérieur de la congrégation de Sainte-Geneviève, fut prieur titulaire par résignation du précédent.
  34. Il résigne à son neveu en 1734 avec l'agrément de l'abbé de Sainte-Geneviève, se réservant seulement une pension. L'acte dit qu'il est de notoriété publique que le prieuré de Sainte-Catherine de Laval vaut au moins mille écus au prieur titulaire, toutes charges acquittées. La totalité du revenu se montait à 7000 livres.
  35. Prieur titulaire par résignation du précédent : il fait aveu le 9 octobre 1746 au comté de Laval pour ce qu'il tient du seigneur.
  36. Prieur titulaire.
  37. Nommé en 1776 prieur titulaire. Il résigne en 1778, retenant une pension de 4000 livres. Quinze notables habitants de Laval attestent que les revenus du prieuré valent 8000 livres au prieur titulaire. Cette attestation fut nécessaire pour que les bulles de résignation, obtenues de Rome, fussent homologuées au Parlement.
  38. Chanoine régulier. Assistant général de l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris. Il prend possession le 13 février 1789, et donne procuration à Pierre Arnold Bartholyns, prieur claustral, pour faire la déclaration demandée des biens du prieuré, par le décret de l'Assemblée Constituante.
  39. Prieur claustral ; était en même temps prieur commendataire de l'Abbaye Saint-Romain d'Aussenaye-la-Haye au diocèse de Nevers. Il n'adhéra point au schisme au moment de la révolution et quitta Laval.
  40. Il quitta Laval et n'adhéra point au schisme
  41. Ancien prieur d'une maison de l'ordre et ancien curé. Resta à Laval jusqu'en 1792 et enfermé aux Capucins. Sans doute déporté.

Voir aussi

Bibliographie

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