Sécurisexe

Le sexe sans risque (SSR), sexe à moindre risque (anglais safe sex, safer sex) ou sécurisexe[1] est un mode de relations sexuelles qui minimise les risques de contracter une infection sexuellement transmissible (en particulier le SIDA).

Pour les articles homonymes, voir SSR.

Les techniques du sécurisexe vont de l'utilisation du préservatif à la limitation du nombre de partenaires, en passant par des pratiques sexuelles n'impliquant pas de pénétration, comme l'axilisme.

Moyens de réduction des risques

Il existe plusieurs façons, pouvant le plus souvent être associés, permettant de réduire de façon variable le risque de transmission des IST.

Réduction du nombre de partenaires

  • La masturbation solitaire (y compris le « sexe par téléphone » et le cybersexe) est sans risque de transmission d'IST si elle n'utilise pas d'objets ayant déjà été utilisé dans ce but par d'autres personnes.
  • La monogamie et par extension la fidélité permet aussi la réduction des risques. Il s'agit de réduction de risque (et non de suppression du risque) en raison tout d'abord de la possibilité d'infidélité cachée du ou de la partenaire, mais aussi par l'existence éventuelle d'IST contractée au préalable par l'autre partenaire, sans présence obligatoire de symptômes.
  • La connaissance du partenaire, particulièrement son statut face aux infections transmissibles sexuellement (ITS ou IST) est donc utile en complément de la monogamie et réalisable par exemple en pratiquant des tests de dépistage des IST.
  • La communication avec le partenaire. Il s'agit d'être ferme en affirmant ce que l'on accepte ou non dans sa relation avec l'autre. Ceci inclut la discussion à l'avance de ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, afin d'éviter les « décisions dans le feu de l'action ».

Éviter les substances psychotropes

L'utilisation de drogues récréatives, y compris les boissons alcoolisées facilite en effet la prise de risques, notamment dans les pratiques sexuelles.

Éviter le contact entre muqueuses, et avec les liquides biologiques

Le contact avec le sang, les sécrétions vaginales, le liquide séminal et le sperme peut être évité par diverses méthodes :

  • Les barrières physiques :
    • Les préservatifs, utilisés du début à la fin de la pénétration, peuvent être masculins si employés pour couvrir le pénis pendant l'activité sexuelle ou féminins s'ils sont à insérer dans le vagin (et parfois utilisés pour les rapports anaux en enlevant l'anneau interne) et qui ont l'avantage de couvrir la vulve. Le préservatif masculin est le plus couramment fait en latex, avec l'inconvénient de parfois déclencher des réactions allergiques. Les préservatifs féminins et certains préservatifs masculins sont produits à partir d'autres substances, comme le polyuréthane, qui ont les avantages d'être plus résistant que le latex et qui ne provoquent pas d'allergie[réf. nécessaire]. Cependant, son efficacité est moins documentée que pour le latex. Les préservatifs (en particulier en latex) sont parfois accusés d'être fragiles ; à ce propos, leur utilisation doit répondre à des règles simples mais impératives qui sont les suivantes : ne pas ouvrir la pochette avec des ciseaux, ne pas le manipuler avec les ongles (utiliser la pulpe des doigts), ne pas employer de lubrifiants à base d'huile ou de matières grasses avec des préservatifs en latex (ce qui les rend poreux) et appliquer régulièrement du lubrifiant en particulier lors d'un rapport anal. Il ne faut jamais mettre deux préservatifs l'un par-dessus l'autre (frottements latex contre latex pouvant provoquer la déchirure), réutiliser un préservatif usagé et toujours s'assurer que le préservatif n'a pas dépassé la date limite d'utilisation. Ils ne doivent pas non plus être conservés dans un porte-monnaie ou une poche de pantalon, afin d'éviter que les frottements ne les altèrent. Il existe des préservatifs fabriqués à partir de peau ou d'intestin animal, tel que le Trojan NaturaLamb, qui ne sont pas considérés comme fiable du fait de leur porosité et du passage possible de virus tels que le VIH.
    • La digue dentaire est une feuille de latex (utilisée par les chirurgiens dentistes pour isoler les dents en cours de traitement) qui est typiquement employée comme barrière entre la bouche et le vagin pendant le cunnilingus ou entre la bouche et l'anus pendant l'anulingus. En alternative d'une digue dentaire si celle-ci n'est pas disponible, un morceau de pellicule en plastique (telle que le Saran Wrap) peut également être employé comme barrage dentaire, mais les pellicules en plastique conçues pour four à micro-ondes sont trop poreuses. On peut également improviser une protection en découpant des préservatifs ou des gants de vinyle ou de latex.
    • Les gants médicaux, fabriqués à partir de latex, de vinyle, de nitriles ou de polyuréthane peuvent être employés en lieu et place des barrages dentaires pendant le sexe oral ou pour protéger les mains pendant la masturbation mutuelle. Les mains peuvent avoir des blessures invisibles à l'œil nu qui peuvent laisser passer les virus et les microbes pathogènes qui se trouvent dans le sperme ou les fluides vaginaux. Bien que le risque d'infection de cette manière soit estimé comme bas, les gants procurent une précaution supplémentaire. Les gants rendent également la masturbation mutuelle plus confortable en empêchant les ongles pointus de griffer accidentellement les organes génitaux.
  • Le spermicide nonoxynol-9 a été prétendu réduire la probabilité de la transmission d'IST. Toutefois plus de preuves sont nécessaires pour vérifier ceci et il ne peut pas être recommandé à cette fin en 2008.[réf. nécessaire] Nonoxynol-9 est irritant et peut produire des déchirures microscopiques dans les parois muqueuses, ce qui porte à croire que la transmission d'IST soit facilité par le passage d'agents infectieux au travers de ces muqueuses.
  • Une autre manière d'éviter le contact avec le sang et le sperme est l'outercourse, c’est-à-dire une activité sexuelle n'impliquant pas la pénétration. Bien que la méthode soit efficace, elle n’est que rarement mentionnée par les éducateurs de sécuri-sexe.
  • Fausses croyances et méthodes inefficaces :
    • La plupart des méthodes de contraception (pilule contraceptive par exemple) qui fonctionnent autrement qu'en mettant une barrière physique entre les organes sexuels des deux partenaires, ne sont pas efficaces pour empêcher la transmission des IST.
    • « Se retirer » (dans le sens où le pénis est extrait du vagin, de l'anus ou de la bouche avant l'éjaculation) n'est pas du sexe sûr : la transmission d'IST est possible par simple contact entre muqueuses et entre une muqueuse et les autres sécrétions que le sperme (sécrétion vaginales chez les femmes ; liquide séminal chez les hommes, constituant lui aussi un lubrifiant naturel, produit lors de l'excitation et émis sans contrôle avant même l’éjaculation).

Changements en terminologie

Comme le risque de la transmission des IST dans diverses activités sexuelles est un continuum plutôt qu'une dichotomie simple de risqué/sécurisé, le personnel sanitaire en Amérique a commencé à parler de « sexe plus sûr » (safer sex) plutôt que de « sexe sûr » (safe sex). Cependant, dans la plupart des autres pays, y compris le Royaume-Uni et l'Australie, le terme « sexe sûr » continue d’être employé par les éducateurs de sexologie. Peut-être parce que par une adhérence stricte à ces techniques les risques les plus dangereux d'attraper les IST sont estimés par certains comme négligeables ou du moins socialement acceptables. Le Canada utilise le terme plus neutre de « sécurisexe[1] ».

Polémiques

Quelques conservateurs s'opposent au mouvement de « sexe plus sûr » parce qu'il favorise ce qui, selon eux, est un comportement immoral et à haut risque, c’est-à-dire le sexe et la promiscuité en dehors du mariage. Ces opposants prédisent des augmentations plutôt que la diminution de risque de contracter une IST. Selon eux, la meilleure manière d'éviter la maladie sexuelle est l’abstinence avant le mariage suivi de la fidélité mutuelle perpétuelle.

Aux États-Unis, certains[Qui ?] ont proclamé que les préservatifs étaient inefficaces contre la transmission de VIH, en particulier pendant le sexe anal. Ces affirmations ont été contestées par beaucoup de chercheurs médicaux[Qui ?], qui estiment que les préservatifs, utilisés correctement, sont une protection efficace.

Ceux qui soutiennent le sécuri-sexe précisent qu'il faut éduquer les gens à un âge jeune pour être efficace, une notion qui réveille encore une opposition plus lourde des conservateurs, étant donné le tabou de sexualité des enfants.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. « Le menu sécurisexe », sur Réseau Santé en français de la Saskatchewan (consulté le 2 juillet 2015)
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