Planification familiale

La planification familiale, ou le planning familial, est l'ensemble des moyens qui concourent au contrôle des naissances, dans le but de permettre aux familles de choisir d'avoir un enfant.

Pour l’article homonyme, voir mouvement français pour le planning familial.
Un centre de planification familiale en Malaisie, en 2005.

Les centres de planification familiale sont les lieux qui mettent à disposition ces moyens et qui informent sur leur mise en œuvre.

Les prestations du planning familial peuvent varier selon les pays. Les centres de planification informent sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse (dans les pays où elle est autorisée), orientent vers les médecins et partenaires, pratiquent des tests de grossesse, réalisent des examens gynécologiques ainsi que la prise en charge des infections gynécologiques. La prescription d'une contraception (pilule, stérilet, implant, etc.) est possible grâce à la présence d'un médecin ou d'une sage-femme.

À la différence de la planification familiale, le mouvement français pour le planning familial est une association. Comme d'autres associations (par exemple CLER Amour et Famille, le Centre national d’Information sur les droits des femmes et des familles, l'Association française des centres de consultation conjugale...[1]), elle peut dans certains départements être chargée de l'accueil dans les centres de planification.

Historique de l'appellation

L'appellation « planning familial » est la francisation partielle de l'anglais family planning. Cet emprunt semble avoir été introduit de manière officielle dans les années 1930 où le British National Birth Control Association (association britannique pour le contrôle des naissances) prit le nom de Family Planning Association, appellation à la connotation plus positive[2].

En 1953, à la conférence de Stockholm en Suède, est fondée l'International Planned Parenthood Federation (Fédération Internationale des planning familiaux)[3].

La planification familiale dans le monde

En République populaire de Chine

Article détaillé : Politique de l'enfant unique.

Instaurée par la République populaire de Chine en 1979 pour réduire la croissance rapide de la population, la politique de l'enfant unique contraint les femmes à ne pas avoir plus d'un seul enfant, sous peine de sanctions financières et de non-reconnaissance de la part du gouvernement des enfants excédentaires. Les minorités ethniques, vivant principalement dans des régions rurales moins densément peuplées, bénéficient généralement d'une application plus souple de la politique de l'enfant unique. À la suite du vieillissement rapide de la population, la Chine a progressivement assoupli la politique de l'enfant unique à partir du début des années 2000[4], les couples dont l'un des conjoints est enfant unique étant autorisés à avoir deux enfants[5], puis l'a aboli en octobre 2015.

Depuis l'instauration de la planification familiale sous contrôle étatique en 1979, la Chine estime que plus de 400 millions de naissances ont été évitées[6]. Par ailleurs entre 1971 et 1980, 330 millions d'avortements ont été pratiqués[7].

Selon Amnesty international, lorsque le nombre d'enfants autorisés est dépassé, des sanctions sont applicables comme des « lourdes amendes, des sanctions au travail, la perte d’avantages liés aux transports, aux crèches, à l’emploi, aux allocations de logement ou de santé, l’avortement forcé ou la stérilisation »[8].

En novembre 2013, la politique de l'enfant unique est assouplie une nouvelle fois[9]. En effet, quand au moins un des membres du couple est un enfant unique, deux enfants seront autorisés pour ce couple[10]. La règle, qui est entrée en vigueur dans plusieurs provinces au premier trimestre 2014, toucherait 10 millions de couples en plus alors même que près de 40 % de la population échappe déjà à la politique de l’enfant unique en raison de précédents assouplissements accordés aux minorités nationales (non concernées, en théorie, par la planification familiale) et aux couples dont les deux membres, étant chacun enfant unique, sont autorisés depuis le début des années 2000 à avoir un second enfant[11].

Le 29 octobre 2015, le gouvernement Chinois a officiellement annoncé la fin de cette politique, généralisant à l'ensemble des chinois le droit d'avoir deux enfants[12].

En France

La loi permet aux mineures un accès libre et gratuit à la contraception. Les centres de planification familiale agréés sont appelés « Centres de Planification et d'Éducation Familiale » (CPEF)[13].

Il en existe un peu partout en France. Ils sont particulièrement pratiques pour les mineures qui peuvent y aller sans être accompagnées d'un adulte et sans payer. Le secret et l'anonymat sont respectés.

Tous les sujets peuvent y être abordés sans tabous : s'informer sur la sexualité, la contraception, l'IVG, les infections sexuellement transmissibles (IST), dont le Sida ; parler de toute forme de violence (conjugale, sexuelle…).

La loi du 23 janvier 1990 (dite « loi Calmat ») permet à ces centres de dépister les IST et de délivrer les traitements nécessaires gratuitement aux mineures et aux personnes qui n'ont pas de Sécurité Sociale[14].

La plupart des centres de planification en France font partie des services de solidarité des conseils départementaux.

Mouvement français pour le planning familial

Article détaillé : Mouvement français pour le planning familial.

Il s'agit d'une association à but non lucratif fondée en 1956 dont le premier objectif fut d'obtenir le droit à la contraception (interdite jusqu'en 1967).

Le MFPF est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics en matière de droit des femmes et de sexualité. Il est essentiellement financé par des subventions et c’est vers lui que les femmes ou jeunes filles mineures sont orientées par les services sociaux ou éducatifs . Certains centres de planification sont gérés par le MFPF.

En 2005, le MFPF signe l'appel pour un nouveau combat féministe, lancé par le mouvement « Ni putes ni soumises ».

En Iran

Article détaillé : Planning familial en Iran.

Point de vue religieux

Église catholique

Dans l'encyclique Humanae Vitae, l'Église catholique affirme « le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal : union et procréation »[15], et exclut donc l'utilisation de moyens de contraception artificiels.

La même encyclique encourage le recours à la planification familiale naturelle dans le cadre d'une « paternité responsable » qui « s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance »[16].

Ces réflexions ainsi que la doctrine de Jean-Paul II sur la sexualité sont détaillées par Yves Semen dans l'ouvrage La Sexualité selon Jean-Paul II[17].

Sur l'avortement

Article détaillé : Pro-vie.

L'Église catholique considère que la vie humaine commence dès la conception. De ce fait, elle estime que l'avortement est un infanticide qui s'oppose donc au sixième commandement des Tables de la Loi. Ce point de vue est partagé par le Judaïsme et l'Islam qui, cependant, date la création factuelle d'un être humain (L'apport d'une âme par Dieu) à partir du quarantième jour de gestation.

L'argumentation principale du mouvement pro-vie consiste à dire qu'un fœtus est un être vivant, et même autonome à partir d'une certaine date en deçà de la durée légale où l'avortement est permis. Ainsi, certains fœtus peuvent vivre à moins de vingt-deux semaines de gestation et donc, de ce point de vue, les avorter reviendrait donc à un infanticide[18].

Notes et références

  1. Les organismes de planification, de conseil et d'éducation familiale : un bilan, rapport de l'Inspection générale des affaires sociales, 2011
  2. (en) LA Hall, Perspectives, Historical Keyword : Family planning, Lancet, 2008; 371:805
  3. Bibia Pavard, De la salle à manger aux salons de la République. La place des réseaux féminins et masculins dans l’itinéraire de la cause contraceptive (1956-1967), Genre & Histoire, 12-13, Printemps-Automne 2013, texte intégral.
  4. Images économiques du monde 2015 (Livre numérique Google), ss la dir. de François Bost et al., Armand Colin, 2014, 400 pages (pp. 110-111, Une « nouvelle » vague de réformes).
  5. Chine naître et ne pas être Arte.tv,
  6. La Chine assouplit sa règle de l'enfant unique L'Express, 28 décembre 2013
  7. 330 millions d'avortements en quarante ans en Chine Le Figaro, 16 mars 2013
  8. Chine : enfant unique et violations des droits reproductifs en Chine Amnesty International, 23 mai 2013
  9. Chine, la fin de l'enfant unique? La croix, 14 février 2014
  10. La Chine assouplit le dogme de l'enfant unique Le Monde, 15 novembre 2013
  11. Images économiques du monde 2015 (Livre numérique Google), ss la dir. de François Bost et al., Armand Colin, 2014, 400 pages (pp. 110-111, Une « nouvelle » vague de réformes).
  12. La fin de l’enfant unique en Chine : une décision qui s’imposait, Le Monde, 29 octobre 2015.
  13. Article L2311 du Code de la santé publique
  14. Article L2311-5 du Code de la santé publique
  15. Humanæ vitae, point 12.
  16. Humanæ vitae, point 10.
  17. Yves Semen, La sexualité selon Jean-Paul II, Presses de la Renaissance, 2004, (ISBN 978-2-7509-0036-6).
  18. L'infanticide se pratique encore aux États-Unis.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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