Union sportive marocaine

L'Union Sportive Marocaine (en arabe : الإتحاد الرياضي المغربي), plus couramment abrégé en USM de Casablanca, est un ancien club marocain de football fondé le [4] et disparu en 1958.

US Marocaine
Généralités
Nom complet Union Sportive Marocaine de Casablanca
Surnoms l'USM
Le Coq
Al Yassam
Le Monstre
Fondation
Disparition 1958
Statut professionnel depuis 1913
Couleurs Rouge, noire et bleu
Stade Stade Philippe[1]
(25 000 places)
Siège Casablanca
Palmarès principal
National[2] Ligue du Maroc (15)[3]
Coupe de la Guerre (1)
Coupe Gil (10)
International[2] Championnat d'Afrique du Nord (5)
Coupe d'Afrique du Nord (3)

Maillots

Domicile

Considéré comme l'instigateur du mouvement sportif au Maroc, l'Union Sportive Marocaine (abrégé en USM) a été fondé le , ce qui fait en lui parmi les premiers clubs de football créé au Maroc après l'équipe casablancaise CA marocain fondée en 1902.

Fondé un an après l'avènement du protectorat français du Maroc et soit deux ans avant la création de la première ligue régionale dans le pays, l’USM a forgé ses succès grâce à des joueurs de classe internationale. Dans ses rangs ont évolué des légendes comme Larbi Benbarek, Just Fontaine et même le champion du monde de boxe Marcel Cerdan. Le club fut surnommé le Monstre.

Histoire

Au début du XXe siècle, la gouvernance mondiale n'est pas clairement définie, la première guerre mondiale n'ayant pas encore pris fin...

La France se fait envahir par les troupes de l'armée allemande. Les militaires français constatent la faiblesse de leurs soldats, l'état décida alors d'investir dans le sport, plus spécialement dans les jeux plein air. L'objectif était de former des athlètes capables de renforcer à tout moment les rangs de l'armée. Cette stratégie s'étendit sur toutes les colonies françaises à travers l'Afrique. Le Maroc n'a pas échappé à cette décision qui concernait principalement les résidents français de l'empire chérifien.

C'est ainsi que les premières associations sportives ont vu le jour au Maroc sous l'égide de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques, une décennie avant l'apparatition des fédérations sportives françaises.

L'Union Sportive Marocaine (abrégé en USM) a été fondé le , mais selon certaines sources, le club ne commence ses activités qu'en 1915 reposant sur le Dahir de 1914.

Quoi qu’il en soit, l’année 1913 connaît la création des tout premiers clubs sportifs et, parmi eux, l’Union Sportive Marocaine de Casablanca (USM) qui va, à lui seul, symboliser toute une époque, celle du football colonial. Créé par Louis Andrieux, le club doyen bâtit toute son organisation sur le modèle des clubs français. En effet, l'USM n'était autre qu'une représentation française au Maroc.

Aussitôt, que Andrieux a pu attiré autour de lui un cercle de familles françaises et de la communauté européennes à Casablanca, l'USM grandit et donna l'exemple à plusieurs initiatives dans d'autres villes comme Fès, Rabat et Marrakech. L'apport de la famille philippe n'est pas des moindre puisqu'elle offrit au club un terrain pour en profiter pleinement. C'est l'emblématique Stade Philippe. En plus de cette enceinte, l'USM disposait d'une deuxième infrastructure sportive, il s'agit du Stade de l'aviation, pour les entraînements. Quant au siège du club, il fut localisé au niveau de la rue du Léon Africain (où se trouve actuellement la CTM).

Le club était une vraie association omnisports dont le modèle économique reposait sur trois volets: les subventions des services municipaux de la ville de Casablanca, les cotisations et les dons des membres et un pourcentage de 10% de billeterie percu auprès de tous les clubs qui utilisaient le stade philippe pour leurs matchs de championnat.

Mario Zatelli joueur de l'USM entre 1929 et 1935.

En 1916, le coup de sifflet est donc donné pour le démarrage de la première compétition officielle, la Ligue du Maroc.

Pour la première édition, c'est le CA de Casablanca, le premier rival de l'USM, qui remporte le titre, devenant ainsi le premier champion de l’histoire du Maroc colonial. Une année plus tard, commence le règne de l’USM qui réussira à rafler trois titres d’affilée. Après la fin de la Première Guerre mondiale, la supériorité des clubs casablancais cesse pour un certain temps, puisque c’est l’Olympique Marocain, un club rbati, qui domine la Ligue pendant quatre années de suite. On devait attendre jusqu'à 1932 pour voir de nouveau l'Union sportive de Casablanca champion du Maroc et cette fois pour quatre années d'affilée.

Cette décénie marque une nouvelle étape dans l'histoire des clubs coloniales marocains. Après avoir rejoint le Championnat d’Afrique du Nord en 1926, les clubs du royaume avait l’occasion de se mesurer chaque saison à leurs homologues d’Algérie et de Tunisie. En 1932, et dès sa première participation, l’USM de Casablanca devient le premier club marocain à remporter cette épreuve, après une domination totale des clubs algériens.

Entre 1938 et 1944, l'USM sera le champion de la Ligue du Maroc sept fois d'affilée (record absolu). L’année du départ du Père Jégo 1952 est également celle où le Wydad perd le titre, et c’est l’USM, qui lui succède en championnat en décrochant par la même occasion son 15e titre, un record. 

L'Union Sportive Marocaine de Casablanca est le club plus titré du Maroc avant l'indépendance, avec notamment 49 titres. Vainqueur de plusieurs titres, le club casablancais obtient 16 fois le titre de champion du Maroc, il a été également vainqueur de la Coupe de la Guerre 5 fois, l'US Marocaine remporta aussi à 11 reprises la Coupe Gil ainsi que d'autres tournois qui n'existent plus actuellement comme la Ligue du Chaouia 7 fois et la Coupe du Chaouia 3 fois. Au niveau nord-africain, l'USM a remporté le Championnat d'Afrique du Nord 5 fois et la Coupe d'Afrique du Nord à deux reprises.

Au niveau international, les compétitions africaines n'étaient pas encore créées à cette époque, donc l'USM se contentait des rencontres des compétitions nord-africaines ainsi que des matchs amicaux avec les grands clubs européens. En raison de sa domination du football marocain, le club a été surnommé par Le Monstre du football en Afrique du Nord.

Just Fontaine, joueur de l'équipe entre 1950 et 1953

Plusieurs star du football mondial du vingtième siècle ont évolué au sein de l'Union sportive de Casablanca, en ce qui concerne les joueurs français nés au Maroc lors Protectorat on trouve l'ancien international français Mario Zatelli qui a joué six ans au club casablancais entre 1929 et 1935 et qui a été parmi les titulaires indiscutables de l'USM. Surnommé le bombardier marocain, Marcel Cerdan qui a vécu pendant longtemps à Mers Sultan lui aussi était un footballeur du club en 1941 et 1942 avant de devenir un des grands boxeurs de tous les temps[5]. La légende française Just Fontaine était également un des meilleurs avant-centre qui ont évolué au club depuis le début des années cinquante jusqu'à 1953 avec un excellent bilan de 62 buts inscrits juste en 48 rencontres, ce dernier a été transféré du SA Marrakech[6] et il est également le meilleur buteur de tous les temps sur une seule phase finale de la Coupe du monde grâce à ses 13 réalisations en six matchs lors de la Coupe du monde 1958.

L'USM de Casablanca n'était pas composé uniquement de joueurs français nés au Maroc, mais l'équipe formait un mélange franco-marocain, et on pouvait distinguer plusieurs talents marocain ayant évoluer au club. La perle noir Larbi Ben Mbarek est considéré comme un des emblèmes éternels de cette équipe, Pelé dit ainsi : « Si je suis le roi du football, alors Ben Barek en est le Dieu[7] ». Ce footballeur qui est resté toute sa vie de nationalité marocaine est l'auteur de la plus longue carrière en équipe de France (seize ans), il joue d'abord avec l'équipe réserve avant de rejoindre l'équipe première en 1936, deux ans après il quitte le club de l'USM afin d'aller en France pour jouer à l'Olympique de Marseille, et c'est en 1940 que Benbarek décidera de revenir à l'Union où il passera cinq ans d'exploit dans sa carrière entre 1940 et 1945[8]. Aussi, le milieu de terrain Abderrahman Mahjoub a été formé par l'US Marocaine le club où il joue entre 1948-1951 avant de rejoindre le RC Paris ainsi que plusieurs clubs français, ce footballeur surnommé le Prince du Parc est le premier joueur du club à disputer une Coupe du monde en 1954[9].

Palmarès et statistiques

Palmarès


Compétitions nationales Compétitions régionales

Botola Pro1 (15)

  • Champion : 1917, 1918, 1919, 1932, 1933, 1934, 1935, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1946, 1952.
  • Vice-champion : 1931, 1936 et 1953.

Coupe du Maroc (LMFA) (1)

  • Vainqueur : 1936.

Supercoupe du Maroc (LMFA) (10)

  • Vainqueur : 1934, 1935, 1936, 1938, 1939, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945.

Coupe d'Ouverture de la Saison (2)

    • Vainqueur : 1944, 1950

Coupe de Casablanca (4)

    • Vainqueur : 1940, 1941, 1942, 1943

Ligue du Chaouia (4)

  • Champion : 1940, 1941, 1942, 1944.

Championnat d'Afrique du Nord (5)

  • Champion : 1932, 1933, 1934, 1942, 1952
  • Vice-champion : 1938, 1939, 1946

Coupe d'Afrique du Nord (2)

  • Vainqueur : 1947, 1953
  • Vice-champion : 1932, 1933, 1934, 1935


Compétitions amicaux

  • Tournoi de Noel (3)
    • Vainqueur : 1937, 1939, 1943
  • Tournoi de l'Armistice (1)
    • Vainqueur : 1943
  • Coupe du Travail (1)
    • Vainqueur : 1944
  • Coupe de l'Entr'aide (1)
    • Vainqueur : 1944
  • Tournoi d'Alger (1)
    • Vainqueur : 1945
  • Tournoi de Sixte (1)
    • Vainqueur : 1947
  • Tournoi Wolfel (1)
    • Vainqueur : 1949

Personnalités

Entraîneurs

  • Regan

Joueurs emblématiques

L'USM a vu passer les ténors du football mondial et assurait le tremplin vers les championnats européens. Et ce n'est pas pour rien que le club au coq gaulois comptait à son palmarès plusieurs titres. L'équipe était composée de joueurs européens, les trois premiers marocains à évoluer au sein de l'équipe première sont la triplette Trembo, Hmida et Mohamed Naoui. Puis Larbi Benbarek, Oueld Yizza et Abdellah Didi.

Infrastructure

Stade Philippe

Le principal stade du club où se disputaient tous les matchs officiels était le Stade Philippe (nommé actuellement Stade Larbi-Benbarek) qui est selon plusieurs historiens le premier stade de football à Casablanca. Inauguré en 1920, c'est l'un des plus anciens stades encore existants au Maroc, il est situé au quartier Sidi Belyoute, entre le Bd Mohamed Smiha et rue Pierre Parent.

Stade Philipp est élevé sur une superficie de 1,5 hectare, aujourd’hui, il est quasiment délaissée. Seule une tribune en pierre, envahie de lichens et de tags, rappelle que plusieurs joueurs se sont émancipés ici.

Au milieu des années 1980 ce stade a fait l’objet d’une grande constestation de la part du Wydad de Casablanca qui reclame le droit d’exploitation du stade. Le complexe a été transformé en une école de formation de gardiens gérée par le Wydad dans le cadre d’une convention de partenariat avec l’arrondissement de Sidi Belyout.

En 1995, la décision de le rénover est tombée. Une succession d’événements multiplia les difficultés de réaliser les travaux, qui se prolongèrent jusqu’en septembre 1997, c’est-à-dire pendant deux ans et demi, sans être terminés. Le stade n'ouvre plus ses portes. Devenu un gouffre financier, envahi de mauvaises herbes, il a été laissé en friche. 

Stade de l'aviation

Le Complexe de l'Aviation était le centre sportif d’entraînement du club où l'équipe A et les autres catégories de jeunes effectuaient leur entraînements. Après la dissolution du club, le terrain a été attribué au Raja Club Athletic.

Image et identité

En 1950, le club a été surnommé le monstre vu le nombre de victoires et de titres remporté par cette équipe. Les joueurs du club de l'USM ont envoyé en 2016 des lettres à des responsables cherchant à ouvrir une enquête sur ce qu'ils ont appelé "le vol de biens du club". Dans leurs lettres, les joueurs ont révélé les conditions sordides du club (avant sa démolition) malgré son ancienne existence, telle qu'il a été établie depuis le début du siècle dernier, le club qui était disponible en plusieurs types de sport avec sept sections, des joueurs, depuis la période coloniale, en plus des médailles, coupes et certificats relatant les réalisations du club. Selon certains anciens joueurs du club, les dernières accusations sont comme frapper le dernier clou dans le cercueil de l'ancien club, qui récoltait différents titres dans tous les sports pendant la période de protectorat[10].

Autres sports

De l'Aviron au Football en passant par le Rugby, l'Athlétisme et le Tennis de table, l'USM comptait une vingtaine de disciplines.

Tennis

Cette section a vu le jour en 1937, le club de tennis légendaire sous l'ère du président Mohamed Majid, le club est encore en activité, et ce fut même une annexe de la Fédération Royale Marocaine de Tennis pour la tenue de ses assemblées générales, des rencontres de la Coupe Davis et autres compétitions internationales et continentales. L'USM avait un rôle dans le développement du tennis marocain en alimentant l'équipe national par plusieurs joueurs et parmi les figures emblématiques du club : Bouchaïb Chamoumi, Mohamed Dlimi, Rachid Sebti, Rachida Ennajmi et Soumiya Islam.

Basket-ball

L'USM était un club omnisports composé de sections, après la disparition du club, la section de Basketball est resté en activité jusqu'à présent. Actuellement, l'équipe joue dans la dernière classe amateur. L'Union sportive de Casablanca était champion du Maroc six fois, quatre fois consécutivement de 1952 au 1955, et deux fois de plus en 1957 et 1959.

Palmarès national :

  • Botola Pro (6)
    • Champion : 1952, 1953, 1954, 1955, 1958, 1959

Références

  1. « Le stade "Philip", un grand gâchis », sur Le360.ma (consulté en )
  2. Seuls les principaux titres en compétitions officielles sont indiqués ici.
  3. « Football - USM Casablanca », sur les-sports.info
  4. « US-Marocaine », sur football-the-story.com (consulté le )
  5. Cerdan, l'immortel bombardier marocain (lesfousdusport.net)
  6. « Just Fontaine par François Thébaud », sur www.miroirdufootball.com [auteur=François Thébaud, (consulté le )
  7. Comme le bon vin, fifa.com, .
  8. Faouzi Mahjoub, « Larbi Ben Barek, la perle noire », sur om4ever.com, (consulté le ).
  9. « MAR : Le monument Mahjoub est mort », sur footafrique.com (consulté le )
  10. (ar) « Clubs de Casablanca, l'histoire oublié », Assabah (consulté le ).
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