Shōjo Club

Shōjo Club (少女クラブ, shōjo kurabu) est un magazine de presse féminine japonais dédié à un public d'adolescentes. Édité par Kōdansha de 1923 à 1962, il propose des articles, nouvelles, illustrations, poèmes et mangas. Kōdansha le remplace en 1963 par le Shōjo Friend.

Shōjo Club
(ja)少女倶楽部
(ja)少女クラブ

Numéro de

Pays Japon
Langue Japonais
Périodicité Mensuelle
Genre Littérature, manga
Date de fondation 1923
Date du dernier numéro 1962
Éditeur Kōdansha

Histoire

Avant-guerre

Haha no ai (母の愛) par Yamakawa Shūhō, peinture pour le numéro de du Shōjo Club.

Les premiers magazines féminins dédiés à un public adolescent apparaissent au début du XXe siècle dans le cadre d'une augmentation de la popularité de la presse au Japon et de la fragmentation du marché qui s'ensuit[1]. C'est dans ce contexte que la société Kōdansha lance en 1923 le mensuel Shōjo Club (少女倶楽部, shōjo kurabu), aux côtés d'autres magazines comme par exemple le Kōdan Club (1911) ou le Shōnen Club (1914)[2],[3].

Le magazine adopte une ligne éditoriale conservatrice marquée par l'idéologie de la bonne épouse, sage mère ; les articles du magazine sont principalement de nature éducationnelle[1] et alignés sur le cursus scolaire des jeunes filles[4]. Outre les articles, le magazine publie de la littérature comme les nouvelles esu de Nobuko Yoshiya[5], des illustrations comme celles de Kashō Takabatake[3] ou encore des mangas comme ceux de Suihō Tagawa[6].

Sa ligne éditoriale conservatrice lui permet d'être populaire auprès des parents des jeunes filles ; avec 67 000 copies vendues en 1923 et 492 000 copies vendues en 1937[7], il est le magazine pour adolescentes qui se vend le plus[1]. Mais si le magazine est populaire auprès des parents, les filles lui préfèrent son principal concurrent, Shōjo no tomo, moins conservateur et qui met en avant les contributions des lectrices, alors que Shōjo Club ne propose que très peu de pages dédiées aux contributions des lectrices[8].

Avec la Seconde Guerre mondiale, le contenu des magazines japonais est soumis à la censure gouvernementale ; les magazines féminins sont de plus en plus critiqués pour leur « sentimentalité », ainsi la littérature esu est attaquée et les magazines font évoluer leur contenu pour mettre en avant le patriotisme[9]. Avec la guerre s'installe en outre une pénurie de papier qui atteindra son paroxysme en 1945 ; les magazines les moins en phase avec le gouvernement sont forcés de s'arrêter ; en s'alignant ainsi sur le gouvernement, Shōjo Club et son principal concurrent Shōjo no tomo seront publiés tout au long de la guerre[9].

Après-guerre

En 1946, après la défaite du Japon face aux États-Unis, le magazine opère un important changement de ligne éditoriale, où le patriotisme laisse place au pacifisme. Pour accompagner ce changement, la graphie du titre change de Shōjo Club (少女倶楽部) à Shōjo Club (少女クラブ), avec des katakana pour marquer l'utilisation de mots étrangers[10]. En outre, le Shōjo Club, comme ses concurrents, abaisse l'âge de son lectorat cible pour passer des collégiennes et lycéennes aux élèves d'école primaire. Les nouvelles esu sophistiquées laissent alors place aux histoires autour de la famille[11].

Au contraire le manga prend de plus en plus de place au sein du magazine, particulièrement après la publication de Princesse Saphir d'Osamu Tezuka entre 1953 et 1956 au sein du Shōjo Club, qui lance commercialement le shōjo manga[12]. Le magazine gagne notamment une mascotte manga en 1957 avec Fuichin-san par Toshiko Ueda[13].

Mais la télévision commence à sérieusement concurrencer les magazines mensuels, et les mangas des librairies de prêt sont beaucoup plus populaires que les mangas de magazines. Ce contexte provoque une hécatombe des magazines mensuels pour la jeunesse, qui sont remplacés par des revues hebdomadaires ; le Shōjo Club s'arrête ainsi en 1962 ; l'année suivante Kōdansha lance l'hebdomadaire Shōjo Friend afin de remplacer le Shōjo Club[14].

Annexes

Bibliographie

Notes et références

  1. Shamoon 2012, p. 48.
  2. Poupée 2013, p. La littérature populaire, un produit bon marché.
  3. Shamoon 2012, p. 64.
  4. Shamoon 2012, p. 50.
  5. Shamoon 2012, p. 78.
  6. Xavier Hébert, « L'esthétique shôjo : de l'illustration au manga », dans Le manga au féminin : Articles, chroniques, entretiens et mangas, Versailles, Éditions H, coll. « Manga 10 000 images » (no 3), (ISBN 978-2-9531781-4-2), p. 10.
  7. (ja) Erika Imada, 「少女」の社会史, Keisōshobō, (ISBN 978-4-326-64878-8).
  8. Shamoon 2012, p. 52.
  9. Shamoon 2012, p. 56.
  10. Poupée 2013, p. Magazines et théâtre ambulant pour enfants.
  11. Shamoon 2012, p. 84.
  12. Poupée 2013, p. Du manga pour enfants au manga pour filles.
  13. Poupée 2013, p. Le temps des -san, -chan et -kun.
  14. Poupée 2013, p. Shojo manga : le monde du manga se féminise.
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