Ndouna Dépénaud

Dieudonné Pascal Ndouna Okogo, dit Ndouna Dépénaud, est un écrivain, poète, dramaturge, éducateur et diplomate gabonais, né le à Akiéni dans la province du Haut-Ogooué au sud-est du pays et mort assassiné le à Libreville.

Biographie

Formation

Il a effectué une partie de ses études primaires et secondaires à Brazzaville en République du Congo. En 1955, il obtient son BEPC au centre de Libreville. La même année, il gagne le concours pour intégrer l'École Normale Mitzic dans le nord du Gabon. L'année suivante, en 1956, il obtient son certificat de fin d'études. Il est ensuite affecté comme élève instituteur-adjoint à Batouala dans la province de l'Ogooué-Ivindo au nord-est du Gabon. Le le jeune instituteur est titularisé pour le compte de l'administration territoriale.

Carrière

Au cours de l'année scolaire 1960-1961 il est nommé directeur de régionale de Makokou et professeur au collège d'enseignement général de la même ville.

De 1966 à 1968 il effectue un stage de formation à l'École normale supérieure d'Abidjan en Côte d'Ivoire. En , de retour dans son pays, il est affecté comme professeur en collège d'enseignement général. Au mois de , il est nommé directeur de l'enseignement du premier degré concomitamment avec ses fonctions d'enseignant à l'École normale supérieure et à l'École Nationale d'Administration de Libreville.

En , il embrasse une carrière diplomatique. Il est nommé premier conseiller à l'ambassade du Gabon en Israël. L'année suivante, il est nommé ambassadeur du Gabon en Guinée équatoriale.

En il réintègre l'éducation nationale comme directeur du Centre de formation des instituteurs d'Oyem après avoir occupé les fonctions de chef de la circonscription scolaire du Woleu-Ntem et après avoir été nommé inspecteur de l'Éducation nationale.

Mort

Ndouna Dépénaud est assassiné le [1] près de son domicile au quartier Akébé à Libreville. Selon Pierre Péan, Ndouna Dépénaud aurait épousé en premières noces selon la coutume Joséphine Kama Dabany dite Patience Dabany, future épouse d'Omar Bongo, président du Gabon[2]. Pour le journaliste français, la mort du poète gabonais serait liée à cette ancienne liaison avec l'épouse d'Omar Bongo. Bien que l'assassinat de Ndouna Dépénaud reste encore non élucidé[3], il aurait été « assassiné de sang-froid » par trois agents de la garde présidentielle. Placide Ondo fait part également de cette rumeur d'un crime passionnel[4]. Le magazine Jeune Afrique indique que Ndouna Dépénaud était un opposant au régime d'Omar Bongo[5].

À sa mort, Ndouna Dépénaud laisse une veuve et six enfants[6] dont sa fille Flore Andréa Ndouna Dépénaud qui continue de faire vivre la mémoire de son père par l'organisation d'événements et ateliers culturels pour faire connaître l'œuvre du poète.

Œuvres

Ndouna Dépénaud a publié deux recueils de poésie :

  • Passages. Essais poétiques, Libreville, Institut pédagogique national, 1969[7].
  • Rêves à l'aube, Libreville, Institut pédagogique national, 1975.

Ces deux recueils ont été réédités aux éditions Raponda-Walker[8].

Il a également publié une pièce de théâtre en quatre actes, La Plaie[9].

À sa mort, il laisse plusieurs projets en attente d'édition : un roman Le Gouverneur des lacs ; une pièce de théâtre Elle ne l'épousera pas , des contes et proverbes Les miettes du passé.

Ndouna Dépénaud disait son amour pour l'écriture et singulièrement pour la poésie en ces termes : « Je ne puis dire comment et pourquoi je suis venu à la poésie. Une formation essentiellement littéraire, un goût particulier pour le merveilleux et une nature très sensible, ont dû m'amener à la poésie ...Pourquoi la poésie? C'est tout simplement parce que j'ai une âme foncièrement nègre, or la poésie est la forme littéraire qui convient à l'expression de l'âme nègre, tout imprégnée de sensibilité »[6].

Dans son anthologie des poètes gabonais, Eric Joël Bekale note que Ndouna Dépénaud était « l'écrivain gabonais le plus connu des années soixante-dix »[10].

L'œuvre de Ndouna Dépénaud est très présente dans les anthologies de la littérature gabonaise. Pour sa part, le critique littéraire Fortunat Obiang note que « Ndouna Dépénaud privilégie des thèmes qui indiquent suffisamment que son écriture est marge du lyrisme de revendication inhérent à la Négritude »[11].

Notes et références

  1. Eric Joël Bekale, Les grandes figures de la poésie gabonaise. De 1960 à 2015, Achères, Editions Dagan, , 185 p. (ISBN 978-2-919612-69-7)
  2. Pierre Péan, Affaires Africaines, Paris, Fayard, , 188 p. (ISBN 2-213-01324-1)
  3. Loic Ntoutoume, « Ces assassinats jamais élucidés », Gabonreview, (lire en ligne)
  4. « Le président Bongo aurait ainsi fait assassiner en 1977 le poète Ndouna-Depenaud, à qui il aurait ravi Joséphine Nkama » : Placide Ondo, « Le « kongossa » politique ou la passion de la rumeur à Libreville. Un mode de participation politique », Politique Africaine, no 115, , p. 75-97 (lire en ligne)
  5. François Soudan, « Vivre (et mourir) au pouvoir », Jeune Afrique, (lire en ligne).
  6. « M. Ndouna Dépénaud n'est plus », L'Union, no 472, , p. 5
  7. Blaise Nicolas et P. Prévost, Livret pédagogique pour l'étude de "Passages" de Ndouna-Dépénaud, Libreville, Ministère de l'éducation nationale, 1978, 56 p.
  8. Ndouna Dépénaud, Rêves à l'aube suivi de Passages, Libreville, Editions Raponda-Walker, , 85 p.
  9. (en) David E. Gardinier et Douglas A. Yates, Historical dictionary of Gabon, Lanham, Scarecrow Press, , 455 p. (ISBN 978-0-8108-4918-1), p. 236-237.
  10. Eric Joël Bekale, Les grandes figures de la poésie gabonaise : de 1960 à 2015, Archères, Dagan Edition, , 187 p. (ISBN 978-2-919612-69-7), p. 101
  11. Fortunat Obiang Essono 1991.

Annexes

Bibliographie

  • « M. Ndouna Dépénaud n'est plus », L'Union, no 472, , p. 5.
  • Fortunat Obiang Essono, « Lire Ndouna Dépénaud », Notre Librairie, no 105, , p. 112-113.

Liens externes

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