Merry-Joseph Blondel

Merry-Joseph Blondel né à Paris le et mort dans la même ville le est un peintre néoclassique français.

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Biographie

Énée portant son père Anchise (1803), huile sur toile, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.

Plus jeune fils du peintre et décorateur, membre de l’Académie de Saint-Luc, Joseph-Armand Blondel et de Marie-Geneviève Marchand, Merry-Joseph Blondel entre chez un notaire à l’âge de 14 ans[2]. Après un premier apprentissage, deux plus tard, à la manufacture de porcelaines Dihl et Guerhard, où il est l’élève d’Étienne Charles Leguay[3], il étudie la peinture auprès de Jean-Baptiste Regnault[4]. En l’espace d’un an, il remporte le prix du meilleur torse, celui de la figure la plus expressive et plusieurs autres qui lui valent le surnom de « Monsieur Cinq-Prix » parmi ses condisciples[2]. Son Énée portant son père Anchise lui vaut le prix de Rome en peinture de 1803[4] mais personne n’étant envoyé à Rome cette année-là, il devra attendre 1809 avant de pouvoir partir, avec le soutien de Regnault[2].

De 1809 à 1812, il passe trois ans à la villa Médicis à Rome au lieu des quatre en usage[2]. En 1809, Ingres, alors à la villa Médicis pour sa 3e année, y exécuta son portrait[1]. De retour à Paris, il envoie plusieurs tableaux au Salon du Louvre[4]. Il obtint une médaille d’encouragement en 1816[4], remporta une médaille d’or pour sa Mort de Louis XII au Salon de 1817 et la Légion d’honneur en 1824[4].

Il entama alors une carrière de décorateur et obtint de nombreuses commandes d’État. En 1827 et 1828, il fut chargé de grands travaux à exécuter au palais du Louvre, notamment celui de la galerie d'Apollon et dans le grand escalier, dans la salle Henri II, et dans les anciennes salles du Conseil d’État au premier étage de l’aile Lemercier (actuellement département des objets d’art). Le plafond de la grande salle représente la France recevant la charte constitutionnelle. Également au Louvre, Blondel a peint une autre composition, La France victorieuse à Bouvines, pour la salle de la donation Thiers et, dans la salle de Henri II, La Dispute de Minerve et de Neptune[4]. Un troisième plafond, dans la salle de la donation Camondo, représente La France reçoit de Louis XVIII la charte constitutionnelle, au milieu des rois législateurs et des jurisconsultes français. En 1938, les trois compartiments du plafond que Blondel avait peint pour la salle Henri II du palais du Louvre furent déposés et remplacés en 1953 par une composition de Georges Braque[5].

Dans la salle du palais Brongniart, il a peint plusieurs camaïeux[4]. Dans la galerie de Diane au château de Fontainebleau, il a peint 21 tableaux relatifs à la déesse de la chasse et, dans le salon voisin, plusieurs compartiments où se trouvent des scènes sur le thème de cette déesse[4]. Il a également œuvré à Notre-Dame de Lorette et Saint-Thomas-d’Aquin[2]. C’est à partir de ses dessins que Joseph Dufour réalisa la série Psyché de papier peint panoramique en 1815[6],[7],[8].

Proche de Charles Percier, architecte et décorateur, un des principaux représentants et inventeurs du style Empire, il en fit un premier portrait en 1839, repris ensuite dans une version agrandie commandée en 1840 par le roi Louis-Philippe, pour le musée historique de Versailles[9], nous laissant une de ses rares représentations connues avec celle par Robert Lefèvre. Il peint Napoléon visitant le Palais-Royal, conservé dans la salle des pas perdus au Palais-Royal, alors siège du Tribunat[10]. En 1840, il réalisa la série de tableaux Richard Cœur de Lion, Raymond IV de Toulouse, Jean de Joinville, etc. dans la salle dite des Croisades au musée de l'Histoire de France du château de Versailles[11].

En 1825, Blondel, qui avait été nommé au poste de professeur à l’École des beaux-arts de Paris l’année précédente[2], se vit préférer Ingres, lorsqu’il tenta d’intégrer l’Académie des beaux-arts. Il devra attendre 1832 avant d’être reçu[2]. Après avoir été exposés à Paris, plusieurs des tableaux de Blondel furent envoyés dans les musées ou dans les églises de Dijon, Toulouse, Bordeaux et Rodez[12]. L’un de ses derniers ouvrages, un tableau de chevalet représentant Michel-Ange aveugle cherchant à reconnaitre la beauté des formes du torse antique au toucher, sujet traité précédemment en sculpture par Pierre-Charles Bridan, a été exposé au salon de 1831[4]. En mars 1839, remarié à la fille du portraitiste Pierre-Maximilien Delafontaine, Blondel prit le chemin de Rome où, Ingres, alors directeur de l’École, l’accueillit, avec sa jeune femme, pendant les quatre mois que dura son séjour[2]. En mai, il entreprit un voyage dans les Marches et l’Ombrie, dont il ramena une série de croquis, aujourd’hui conservés au musée Ingres de Montauban[2]. En 1841, lorsque s’acheva la mission d’Ingres à la villa Médicis, Blondel sollicita son poste, mais se vit préférer Jean-Victor Schnetz[2].

Artiste fécond[11], Blondel n’a jamais réussi à briser le moule de son époque, mais il a œuvré au sein de son école avec habileté et assurance[2]. Il fut, comme bien d’autres de ses contemporains, touché par l’esprit du romantisme, l’expression du déchaînement des passions et des éléments naturels. Il demeure l’un des meilleurs représentants de la peinture d’histoire de la première moitié du XIXe siècle.

La Circassienne au bain

La Circassienne au bain (XIXe siècle), lithographie de Pierre-Joseph Tavernier d'après l'œuvre de Blondel disparue sur le Titanic en 1912.

Blondel débute au Salon de 1814 avec une huile sur toile représentant un nu féminin se baignant dans un cadre idéalisé de l'antiquité classique, cataloguée « peinture no 108, Une Baigneuse ». Des références à la peinture confirmeront plus tard le titre donné par Blondel : La Circassienne au bain[13].

En janvier 1913, l’homme d’affaires suédois Mauritz Hakån Björnström-Steffansson, survivant du naufrage du Titanic, dépose une plainte contre la White Star Line, demandant réparation à hauteur de 100 000 $[14] pour le préjudice financier résultant de la perte du tableau La Circassienne au bain, montant qui reflète la cote de Blondel à cette époque et qui en fait, de loin, la perte la plus importante de ce naufrage. [15].

Collections publiques

États-Unis
France
  • Dijon :
  • Fontainebleau, château de Fontainebleau : salon et galerie de Diane.
  • Gray, musée Baron-Martin :
    • La Mort d'Hyacinthe, 1810, huile sur toile, 230 × 151 cm ;
    • La Mort de Sapho, huile sur toile, 24 × 19 cm, dépôt du musée du Louvre ;
    • La Vérité tenant un miroir, huile sur toile, 62 × 46 cm, dépôt du musée du Louvre ;
    • La Vérité présentant la charte de 1830, huile sur bois, 32 × 23 cm, dépôt du musée du Louvre ;
    • Moïse exposé sur les eaux(d'après Poussin), huile sur toile, 26 × 38 cm ;
    • La Charité, mine de plomb, 14 × 10 cm ;
    • Naples et le Vésuve, 1881, mine de plomb, 20 × 51 cm ;
    • Sapho évanouie, pierre noire, 24 × 41 cm ;
    • La Cène, huile sur toile, 30 × 56 cm ;
    • L'Espérance, 1836, huile sur toile, 82 × 66 cm, dépôt du musée du Louvre ;
    • Portrait d'Eudoxie Blondel, 1838, huile sur toile, 129 × 88 cm.
  • Paris :
    • palais Brongniart : plafond.
    • musée du Louvre :
      • La France au milieu des rois législateurs et des juriconsultes français reçoit de Louis XVIII la Charte constitutionnelle, 1827.
      • La France victorieuse à Bouvines, 1828.
    • Palais-Royal : Napoléon visitant le Palais-Royal.
  • Versailles, musée de l'Histoire de France, salle des Croisades :
    • Richard Cœur de Lion, 1840 ;
    • Raymond IV de Toulouse, 1840 ;
    • Jean de Joinville, 1840.

Galerie

Notes et références

  1. Graphite, 1809, 17,6 × 14 cm, signé et daté en bas à gauche : « Ingres / a rome 1809 », New York, Metropolitan Museum of Art. Legs de Grace Rainey Rogers, 1943. 43.85.8 New York only N54. Provenance : Merry-Joseph Blondel (1781-1853), Paris ; Mme Merry-Joseph Blondel, née Louise-Émilie Delafontaine, sa veuve, Paris, jusqu’à 1882 ; Mme Alfred Wittersheim, née Louise-Émilie Blondel, sa fille, jusqu’à 1920 ; Mlle Marie Wittersheim, sa fille, sa vente, Paris, Hôtel Drouot, salle 1,  ; acquis d’un collectionneur inconnu par la galerie Wildenstein à Paris, 1936 ; acquis chez Wildenstein & Co., New York, par Mrs. Grace Rainey Rogers (1867-1943), New York, 1940 ; son legs au Metropolitan Museum of Art, New York, 1943 (Lire en ligne. Consulté le ).
  2. Philip Conisbee, Gary Tinterow et Hans Naef, Portraits by Ingres : image of an epoch, New York, Metropolitan Museum of Art, , 596 p. (ISBN 978-0-87099-890-4, lire en ligne).
  3. Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l’Empire : fabrication, commerce, étude topographique des immeubles ayant abrité des manufactures de porcelaine, Genève, Droz, 1985, 239 p., p. 28.
  4. Étienne Achille Réveil et Jean Duchesne, Musée de peinture et de sculpture : Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l’Europe, Paris, Audot, .
  5. Nadine Pouillon, Isabelle Monod-Fontaine, Braque : œuvres de Georges Braque, 1882-1963, Paris, Centre Georges Pompidou, 1982, 223 p., p. 212.
  6. Notice no 07660015859, base Joconde, ministère français de la Culture
  7. (fr) Notice no 07660015861, base Joconde, ministère français de la Culture.
  8. Notice no 07660015860, base Joconde, ministère français de la Culture.
  9. J. Bauer, Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, Paris, Armand Colin, 1935, p. 84.
  10. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, no 29, Paris, Éditions du CTHS, 2002, (ISSN 0997-5322), p. 161.
  11. Paule-Cécile Minot, Versailles à travers ces grandes familles, no 29, Paris, Éditions du CTHS, 2002, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1994, 228 p., (ISBN 978-2-72330-490-0), p. 42.
  12. Répertoire d’art et d’archéologie, vol. 59-60, Université de Paris. Bibliothèque d’art et d’archéologie, Comité international d’histoire de l’art, Comité français d’histoire de l’art, 1955, p. 269.
  13. Livret du Salon du Louvre Explication des ouvrages de peinture, sculpture, Architecture et Gravure exposes au musee royal des arts, le , p.11.
  14. Équivalant à 2 400 000 $ de 2014.
  15. (en) « Titanic Survivors Asking $6,000,000 », New York Times, , p. 28.
  16. Notice du musée impérial de Versailles, 1859, page 280.

Annexes

Bibliographie

  • (en) Philip Conisbee, Gary Tinterow et Hans Naef, Portraits by Ingres : image of an epoch, New York, Metropolitan Museum of Art, , 596 p. (ISBN 978-0-87099-890-4, lire en ligne).
  • Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l’Empire : fabrication, commerce, étude topographique des immeubles ayant abrité des manufactures de porcelaine, Genève, Droz, 1985, 239 p.
  • Étienne Achille Réveil et Jean Duchesne, Musée de peinture et de sculpture : Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l’Europe, Paris, Audot, .
  • Désiré Raoul Rochette, Funérailles de M. Blondel : Discours de M. Raoul-Rochette le lundi 13 juin 1853, Paris, Didot, 1853, 8 p.

Article connexe

Liens externes

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