Honoré d'Urfé

Honoré d'Urfé, comte de Châteauneuf, marquis du Valromey, seigneur de Virieu-le-Grand, né en à Marseille et mort le à Villefranche-sur-Mer, est un écrivain français et savoisien, auteur du premier roman-fleuve de la littérature française, L'Astrée.

Pour les autres membres de la famille, voir Famille d'Urfé.

Honoré d'Urfé
Portrait d'Honoré d'Urfé en frontispice de L'Astrée (1619).
Nom de naissance Anne Claude Jacques Christophe Honoré d'Urfé
Naissance
Marseille,  Royaume de France
Décès
Villefranche-sur-Mer,  Comté de Nice
Activité principale
Auteur
Mouvement Préciosité, Baroque
Genres

Œuvres principales

Biographie

Honoré d'Urfé.

Anne Claude Jacques Christophe Honoré d'Urfé naît à Marseille, en février 1567[1]. Le jour de la naissance n'est pas connu précisément. Selon l'universitaire Claude Longeon (de), il serait né entre le 10 et le 11 du mois[2]. Norbert Bonafous, auteur d'un ouvrage sur l'écrivain, indique en note qu'il fut baptisé le , publiant notamment l'acte de baptême « Le 11 février 1567, par moy soussigné, a été baptisé Honoré, fils de noble prince et magnifique seigneur monseigneur d'Urphé (Jacques Ier d'Urfé), et de madame très-puissante princesse de Savoye (Renée de Savoie-Tende), mariés. »[3] La cérémonie se déroula dans l'église Notre-Dame-des-Accoules. Cette date est d'ailleurs communément prise comme date de naissance dans les différentes notices.

Issu donc en lignée paternelle d'une famille de l'aristocratie du Forez (son grand-père est Claude d'Urfé), apparenté à la maison de Savoie par sa mère Renée de Savoie-Tende — venue alors à Marignane en 1567 pour traiter de ses affaires avec sa tante par alliance Jeanne Françoise de Foix, femme d'Honorat II, maréchal et amiral de France : d'où la naissance de son fils benjamin en Provence — Honoré d'Urfé fait ses études chez les jésuites. Homme d'action, il prend parti pour la Ligue catholique, et reste à jamais fidèle au duc de Nemours et de Genevois.

Le , le duc de Savoie-Nemours prend Montbrison (actuellement dans le département de la Loire). Honoré se remet alors au service du duc et rompt avec son frère Anne d’Urfé, bailli du Forez, qui tente dès lors de pacifier la province. À sa sortie de prison, le , Nemours nomme Honoré « lieutenant-général au gouvernement de Forez ».

En 1600, le 15 février, Honoré revient en Forez pour épouser Diane de Châteaumorand (1558-1626), qui fut sa belle-sœur jusqu'à l'annulation de son mariage avec Anne d'Urfé.

Auteur d'un poème pastoral, sans doute écrit vers 1604, Le Sireine, il défend les théories platoniciennes de l'amour dans les Épîtres morales (1603).

Il fonde, vers 1606/1607, avec ses amis Antoine Favre, François de Sales et Claude Favre de Vaugelas baron de Pérouges, l'Académie florimontane, la première société savante du duché de Savoie.

Il est surtout connu pour son roman précieux L'Astrée, roman d'amour en partie autobiographique paru entre 1607 et 1633. Cette œuvre inachevée, publiée en quatre parties entre 1607 et 1627, s'inscrit dans la tradition des romans hellénistiques, de Virgile et des poètes courtois.

L'Astrée comporte plus de 5 000 pages, soit cinq parties divisées chacune en 12 livres. Les trois premières parties sont publiées en 1607, 1610, et 1619, et, lorsque Urfé meurt en 1625, son secrétaire Balthazar Baro aurait achevé la quatrième partie et lui aurait donné une suite (1632-1633).

Selon Larousse (1863), les cinquième et sixième parties auraient été composées par Pierre Boitel, sieur de Gaubertin, et éditées en 1626. C'est l'un des plus considérables succès du siècle, qui n'aura pas de postérité véritable dans le genre du roman pastoral, mais une influence considérable sur le roman, le théâtre (Molière), l'opéra et les mentalités. L'impact de ce roman se fait encore sentir aujourd'hui, puisque les porcelaines à glaçure verte, à l'origine venant de Chine et de Corée, sont encore appelées céladons de nos jours, en souvenir du nom du second personnage de ce roman, lequel était toujours en habits ornés de rubans vert tendre. Cette influence s'exerce aussi dans le monde anglo-saxon.

Les épisodes de ce roman d'amour ont été nourris des quelques années passées en région forézienne, où la famille des Raybe, seigneurs d'Urfé — d'abord installée vers l'an 1000 au Pays d'Urfé dans les Monts de la Madeleine où leur farouche forteresse montagnarde des Cornes d'Urfé trône au-dessus de Champoly — était deux ou trois siècles plus tard descendue jusqu'au bord du Lignon dans l'aimable plaine du Forez, pour édifier du XVe au XVIe siècle le célèbre Château de la Bastie d'Urfé, devenu le premier des châteaux dits « Renaissance » grâce à Claude, le grand-père d'Honoré.

Il a également laissé un recueil de poèmes, la Savoysiade (1609), une pastorale en cinq actes, La Sylvanire ou la Morte-vive (1625). Une citation célèbre de ce lettré et esthète forézien, perdure chez les gens d'esprit : « Dieu, en créant les femmes, nous les a proposées en terre pour nous attirer par elles au ciel. »

Il meurt au cours d'une campagne militaire, en 1625, au cours de laquelle il mène les troupes savoyardes du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie contre les Espagnols (on voit là que, gentilhomme savoisien autant que français, il avait conservé des liens étroits, des fidélités, avec ses parents de la famille ducale de Savoie, alors que pour le Valromey, entré dans l'obédience française par le traité de Lyon de 1601, il avait dès lors dû l'hommage au roi de France Henri IV).

Œuvres

Page de garde d'une édition de L'Astrée du XVIIe siècle.

Références

  1. Henri de Panisse-Passis, Les comtes de Tende de la maison de Savoie, Librairie Firmin-Didot et Cie, , 386 p. (lire en ligne), p. 71.
  2. Claude Longeon, Les écrivains foréziens du XVIe siècle : répertoire bio-bibliographique, vol. 1, Centre d'études foréziennes, coll. « Thèses et mémoires », , 456 p., p. 212.
  3. Norbert Bonafous, Études sur L'Astrée et sur Honoré d'Urfé, F. Didot, , 282 p. (lire en ligne), p. 16.

Voir aussi

Bibliographie

  • Olivier Boura, Dictionnaire des écrivains marseillais, Marseille, éditions Gaussen, 2017.
  • Honoré d'Urfé, chevalier de Malthe, dans Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, chez Antoine Dezallier, 1700, tome 2, p. 39-40 [lire en ligne].

Articles connexes

Liens externes

Édition critique du roman (2007-2019) [lire en ligne].

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