Habit vert

L’habit vert, ou habit d'académicien, est l'habit des membres de l’Institut de France, porté lors des réunions solennelles et des cérémonies officielles.

L'habit vert de nos jours, version masculine.

Historique

L’Institut de France demandant officiellement un costume simple et décent, sa composition fut décidée par un arrêté du Consulat du , puis amendée au fil des siècles. Il consistait en un grand costume (habit, gilet ou veste, culotte ou pantalon noirs, brodés en plein d’une branche d’olivier en soie vert foncé, chapeau à la française) et un petit costume (habit plus sobre n’ayant de broderie qu’au collet et aux parements de la manche avec une baguette sur le bord de l’habit[1].

Friedrich Max Müller en habit vert, 1898

Victor Hugo inaugure en 1848 une nouvelle mode à l'origine de l'évolution de l'habit, le frac à la place de la redingote, le jabot transformé en plastron et cravate blanche et le port du pantalon en remplacement de la culotte et des bas de soie. Le peintre Édouard Détaille y adjoindra une cape en 1892[2].

À l'origine en deux versions, le petit costume tomba rapidement en désuétude, seul le grand costume subsiste encore de nos jours[1]. Le vert originel, dont l’échantillon est conservé aux Archives nationales, a subi aussi des évolutions, le journaliste Henri Lavedan faisant déjà remarquer à cette époque que chacun choisissait la nuance correspondant à son caractère[3].

Il est actuellement composé d'un chapeau bicorne, d'un gilet et d'un pantalon en drap noir ou bleu foncé, et non plus vert foncé comme à l'origine, brodés de branches d'olivier vertes et or, d'une cape et d'une épée[1],[2].

Remise de l'épée d'Antoine de Lévis-Mirepoix en 1953.

Les ecclésiastiques sont dispensés du port de l'épée ainsi que de l'habit.

L'arrêté de 1801 ne prévoyait pas de tenue féminine ; une certaine liberté vestimentaire est donc accordée aux femmes[2].

Si le port de la tenue est obligatoire et sa confection très codifiée, il n'en est pas de même pour l'épée. Les ecclésiastiques et, en principe, les femmes n’en reçoivent pas. Jacqueline de Romilly porte un sac à main brodé assorti à sa cape, mais Hélène Carrère d'Encausse, Florence Delay, Assia Djebar, Simone Veil, Danièle Sallenave et Dominique Bona choisissent d'en porter une. Son origine est liée à l'Institut d'Égypte et rappelle les usages de l'Ancien Régime. Véritable objet d'art, l'épée constitue l'attribut personnel de l'académicien et revêt une haute charge symbolique. Elle lui est généralement offerte par ses amis et collègues, réunis dans un « Comité de l'épée », et lui est remise lors d'une cérémonie privée quelques jours avant sa réception. Œuvre originale conçue avec beaucoup de liberté par des artistes joailliers, elle est offerte au récipiendaire dans le cadre d'une souscription, elle peut aussi être une arme ancienne (une épée de cour par exemple)[2].

L'habit peut coûter jusqu'à 35 000  s'il est « conçu dans les règles de l'art »[4], ce qui peut prendre six mois[5] ; l'épée est offerte grâce à une souscription auprès des amis du futur académicien[6],[7]. Si l'académicien en question n'a pas suffisamment de moyens, il peut en emprunter une à l'Académie[8].

Notes et références

  1. Institut de France, L'habit fait l'académicien
  2. Académie française, L'habit vert et l'épée
  3. L'habit fait l'académicien
  4. https://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20140221.OBS7296/academies-institut-de-france-une-zone-de-non-droit.html
  5. Visites privées, « Les coulisses de l'Académie française - Visites privées », (consulté le ).
  6. « Académie française : être Immortel, combien ça coûte ? », Europe1.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  7. Tout sur tout le petit dictionnaire de l'insolite et du sourire, de Claude Gagnière aux éditions France Loisir.
  8. Visites privées, « Les épées des académiciens - Visites privées », (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

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