Groupe Louis-Dreyfus

Le groupe Louis-Dreyfus (en anglais Louis Dreyfus Company B.V., abrégé en LDC) est un groupe multinational de négoce fondé par Léopold Louis-Dreyfus en 1851. À l'origine basé en Alsace (aujourd'hui à Amsterdam), le groupe, spécialisé dans les matières premières agricoles, est présent dans 53 pays. Il fait partie des « ABCD »[3], c'est-à-dire des quatre plus grosses entreprises de négoce de céréales au monde : les trois autres, américaines, sont Archer Daniels Midland (ADM), Bunge et Cargill.

Pour les articles homonymes, voir Louis Dreyfus.

Ne doit pas être confondu avec LDC (entreprise).

Louis Dreyfus Holding

Création
Fondateurs Léopold Louis-Dreyfus
Personnages clés Robert Louis-Dreyfus, Gérard Louis-Dreyfus
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Amsterdam
 Pays-Bas
Direction Margarita Louis-Dreyfus, président-directeur général
Directeurs Margarita Louis-Dreyfus
Activité négoce de grains, construction maritime, transport maritime, télécommunications
Société mère Louis Dreyfus Holding BV[1]
Effectif 10 000
Site web www.louisdreyfus.com

Chiffre d'affaires 33,564 milliards $ (2020) [2]
-2.3%
Résultat net 383 millions $ (2020) [2]
+68%

Histoire

De la fondation au début du XXe siècle

C'est Louis Dreyfus, père de Léopold Louis-Dreyfus (né à Sierentz près de Mulhouse en Alsace), qui a donné son prénom et son nom au groupe. Sa postérité est présente dans le monde des affaires, des médias, la société civile, les arts et la politique. Il fut associé dans un premier temps à son frère cadet Joseph (Louis-)Dreyfus, armateur, négociant et banquier de Victor-Emmanuel II, roi d'Italie.

En 1851, Léopold Louis-Dreyfus commença le négoce de blé en Alsace pour le revendre sur le marché de Bâle en Suisse allemande. Dans les années 1860, il achetait dans le bassin du Danube et en Russie en réponse à la progression de la demande des villes industrialisées d'Europe du Nord. Il établit son siège à Paris dans les années 1870, et s'y trouve encore aujourd'hui.

En 1904, la famille Dreyfus a participé au premier tour de table du quotidien L'Humanité. La famille « Dreyfus » est devenue « Louis-Dreyfus » par décret en Conseil d'État.

En 1905, Louis-Dreyfus possédait une flotte commerciale significative et avait établi une banque. Le groupe avait ouvert un réseau international de bureaux en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Algérie, en Afrique du Sud (un premier bureau est ouvert au Cap en 1924[4]), en Inde, en Indochine, en Chine, en Australie et spécialement en Russie, où 114 établissements étaient recensés en 1906.

Le Groupe Louis-Dreyfus est à cette époque le numéro un mondial de la distribution céréalière.

XXe siècle

Avril 1941 : le Commissariat général aux questions juives s’installe dans les locaux de l'ancienne banque Léopold Louis-Dreyfus, place des Petits-Pères à Paris.

La croissance du groupe a continué tout au long du xxe siècle.

Ses premiers bureaux en Amérique ont ouvert en 1909, et le groupe a étendu sa présence aux États-Unis durant la Première Guerre mondiale en Europe.

En 1915, après la mort du fondateur du groupe, ses deux fils, Charles Louis-Dreyfus (1870-1929) aux côtés de son frère aîné Louis Louis-Dreyfus (1867–1940), deviennent coprésidents du Groupe. En 1917, le groupe perd tous ses actifs situés en Russie du fait de la révolution, et, conséquemment, se redéploie encore plus à l'international.

En 1924, une filiale est ouverte en Afrique du Sud. C'est aussi à cette époque que la multinationale commence à s'équiper de sa propre flotte maritime, qui deviendra LD Lines.

Toutefois, au cours de la Seconde Guerre mondiale, les biens et actifs demeurés en France de la famille Louis-Dreyfus ont été confisqués par le régime de Vichy complice des forces d'occupations allemandes : du fait des lois sur le statut des Juifs, un certain nombre de membres de cette famille se sont donc réfugiés aux États-Unis[5].

Grand résistant et champion automobile, Pierre Louis-Dreyfus, le fils de Charles, devient président du Groupe de 1967 à 1975.

XXIe siècle

Dans les années 1990 et 2000, le Groupe Louis-Dreyfus se diversifie dans le secteur des télécommunications en devenant l'actionnaire de référence du groupe Neuf Cegetel, via sa filiale LDCom, opérateur à la croissance importante dirigée par Jacques Veyrat et Robert Louis-Dreyfus. La cession de Neuf Cegetel à SFR en 2008 met fin à cette entreprise.

En 2007, l'activité de transport maritime est cédée à Philippe Louis-Dreyfus, cousin germain de Robert Louis-Dreyfus et fondateur avec Jacques Veyrat de LDCom devenu Neuf Cegetel.

Très présent dans le secteur des grandes cultures, le groupe se positionne depuis peu également dans la transformation industrielle des biocarburants, avec l'ouverture de la plus grande usine de bioéthanol au monde dans le village de Claypool (en) (Indiana, États-Unis).

Il est également présent dans la distribution d'électricité, étant actionnaire principal de l'opérateur français Direct Énergie[6].

La société Ressources Forestières contrôlée par le Groupe Louis-Dreyfus investit dans le développement durable et la production et la distribution d’énergie renouvelable autour des massifs forestiers dont elle fait l’acquisition et c'est à ce titre qu'elle a acquis en la forêt de Lanouée qui avec près de 3 800 hectares de superficie constitue le 2e plus grand massif forestier de Bretagne après la forêt de Paimpont.

Le , Robert Louis-Dreyfus a annoncé qu'il a augmenté sa participation à Ressources Forestières de 16,7 % à entre 51 et 55 %.

En 2009, Louis Dreyfus Commodities acquiert 60 % de Santelisa Vale, pour la regrouper avec Louis Dreyfus Commodities Bioenergia, sous le nom temporaire de LDC-SEV[7],[8],[9].

En , le groupe Dreyfus acquiert Imperial Sugar Company, une entreprise américaine de production de sucre pour 78 millions de dollars en plus d'une reprise de dette de 125 millions de dollars[10].

En 2017, l'entreprise est impliquée dans le scandale des Paradise Papers.

Fin , le groupe annonce la nomination de Michael Gelchie en tant que nouveau directeur général délégué en remplacement d'Andrea Maserati[11],[12].

En novembre 2020, Abu Dhabi Development Holding prend une participation de 45 % dans Louis Dreyfus Company Holdings, pour un montant non dévoilé. Cet accord inclut un accord d'approvisionnement pour les Émirats arabes unis[13],[14].

En février 2021, Raízen annonce l'acquisition de Biosev, la filiale dédiée au sucre et à éthanol de Louis Dreyfus pour 670 millions de dollars[15]. En mars 2021, Louis Dreyfus annonce la vente Imperial Sugar à US Sugar pour un montant non dévoilé[16].

Activités

Le groupe Louis-Dreyfus est un groupe familial, multinational, créé par Léopold, arrière-grand-père de Robert Louis-Dreyfus. La société s'est toujours refusée à publier ses comptes, sauf pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque le groupe a été partiellement saisi par l'Allemagne nazie[17].

Aujourd'hui, c'est l'un des plus grands groupes de négoce (grains, transport maritime, énergie, immobilier…), employant plus de 30 000 personnes dans plus de 53 pays.

Le groupe n'est pas coté en bourse et reste entièrement détenu par les héritiers des fondateurs. Il annonce un chiffre d'affaires proche de 27 milliards de dollars en 2005, l'un des plus élevés de France et le groupe est valorisé à 4 milliards d'euros en 2007.

Ses filiales historiques incluent le négoce de grains, la construction maritime et le transport maritime. Il fait partie du club des « Big 5 » du négoce, aussi appelé « ABCD Group », avec ADM, Bunge, Cargill, et Glencore[18].

Dirigeants

Margarita Louis-Dreyfus est la dirigeante du conseil de surveillance de la holding LDC BV, compose de 6 membres[19]. La veuve de Robert-Louis Dreyfus contrôle également la fondation Akira, qui représente les intérêts de leurs 3 enfants, dont les 96% du capital de la société[20].

Branches

Le groupe produit, transforme, négocie et distribue en vrac principalement des céréales, des oléagineux, du sucre, de l'éthanol, du café et du coton - et ce dans le monde entier. Le groupe est devenu actif dans l'industrie des biocarburants, du fret maritime et des instruments financiers[21].

Matières premières

Le négoce de matières premières, qui représente l'essentiel des activités du groupe, est rassemblé au sein de l'entité Louis-Dreyfus Company.

Céréales, oléagineux, sucre, éthanol, café, coton, lait, métaux, engrais, canne à sucre, agrumes, sont les principaux produits de Louis-Dreyfus Commodities.

En 2012, le groupe annonce avoir traité plus de 70 millions de tonnes de marchandises (ce qui représenterait à lui seul 9 % des échanges mondiaux de matières premières), pour un bénéfice net record de 1,1 milliard de dollars. En 2019, le chiffre est passé a 357 millions de dollars[22].

Transport maritime

Le groupe Louis-Dreyfus détient également une filiale consacrée au transport maritime, appelée Louis Dreyfus Armateurs[23].

Controverses

Soupçons d'évasion fiscale

En 2011, le groupe Louis-Dreyfus est accusé par les autorités argentines, aux côtés d'ADM, Bunge et Cargill, d'avoir fait de fausses déclarations fiscales et d'avoir sous-évalué les bénéfices réalisés en Argentine par des prix de transferts abusifs et des sociétés écrans[24],[25].

En 2017, le groupe Louis-Dreyfus est mis en cause dans le scandale des Paradise Papers[26]. Les documents ayant fuité mettent en évidence le fait que le groupe possède avec le géant du soja Amaggi une coentreprise, détenant elle même une filiale aux îles Caïmans, qui servirait à faire échapper à l'imposition le chiffre d'affaires généré au Brésil[27].

Voir aussi

Liens externes

Références

  1. Localisation du Holding à Amsterdam
  2. https://www.ldc.com/wp-content/uploads/LDC_FR2020_Hires_Spreads_Secured.pdf
  3. (en-GB) Felicity Lawrence, « The global food crisis: ABCD of food – how the multinationals dominate trade | Felicity Lawrence », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  4. Présentation zone Europe-Moyen-Orient-Afrique sur le site LDC .
  5. Mira Wilkins, The History of Foreign Investment in the United States, 1914-1945, Harvard University Press, 2004, p. 479.
  6. Groupe direct énergie Sur le site groupe.direct-energie[source insuffisante]
  7. Louis Dreyfus Commodities acquiert Santelisa Vale, Agra Alimentation, 12 novembre 2009.
  8. Louis Dreyfus acquiert 60 % de Santelisa Vale et crée un géant mondial, 28 octobre 2009.
  9. Dreyfus takes over Brazil's Santelisa, plans IPO, Reuters, 27 octobre 2009.
  10. Louis Dreyfus to take Imperial Sugar private in $78 million deal, Reuters, 1 mai 2012.
  11. Le Figaro avec Reuters, « Louis Dreyfus remanie sa gouvernance », sur Le Figaro.fr, (consulté le )
  12. L'Usine Nouvelle, « Louis Dreyfus remanie sa gouvernance, nouveau COO - Infos Reuters », L'Usine nouvelle, (lire en ligne, consulté le )
  13. Neil Hume, Emiko Terazono et Simeon Kerr, « Louis Dreyfus sells stake to Abu Dhabi sovereign wealth fund », sur Financial Times,
  14. Hélène Dupuy, « Louis Dreyfus vend 45 % de ses parts au fonds souverain d'Abou Dhabi », sur Les Echos,
  15. (en) Roberto Samora et Marcelo Teixeira, « Brazil's Raizen to buy Louis Dreyfus sugar and ethanol unit Biosev », sur Reuters,
  16. (en) Marcelo Teixeira, « U.S. Sugar to buy Imperial Sugar from Louis Dreyfus - statement », sur Reuters,
  17. Le Groupe Louis-Dreyfus, un géant sur lefigaro.fr, 6 juillet 2009.
  18. (en) Marubeni to take on big five crop traders Sur le site longshoreshippingnews.
  19. « Supervisory Board », sur www.ldc.com (consulté le )
  20. « Comment Margarita Louis-Dreyfus a racheté les parts de la famille », sur Les Echos, (consulté le )
  21. (en) aperçu des activités Sur le site louisdreyfus.com.
  22. « Financial highlights - Louis Dreyfus Company », sur www.ldc.com (consulté le )
  23. (en) « Louis Dreyfus Armateurs SASU - Company Profile and News », sur Bloomberg.com (consulté le )
  24. (en) « Argentina accuses world's largest grain traders of huge tax evasion », sur the Guardian, (consulté le )
  25. (en) « Grain Exporters Owe Argentina Almost $1 Billion in Taxes », Bloomberg.com, (lire en ligne, consulté le )
  26. « VIDEO. Paradise Papers : le groupe Louis-Dreyfus à son tour englué dans l'affaire », sur Franceinfo, (consulté le )
  27. « "Paradise Papers": "Cash Investigation" s'attaque à Dassault et Glencore », sur Challenges (consulté le )
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