Goma

Goma est une ville de l'est de la République démocratique du Congo située sur la rive nord du lac Kivu et à 1 500 mètres d'altitude dans la vallée du Rift, elle est le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La ville touristique est bâtie sur d'anciennes coulées de lave issues de la chaîne volcanique de Virunga, et principalement sur celles du volcan Nyiragongo, situé à 14 km au nord, qui la domine à près de 2 000 mètres. En 2002, lors de sa dernière éruption, la lave a dévalé sur Goma et l'a détruite en grande partie.

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Goma

Goma et le lac Kivu en 2015.
Administration
Pays République démocratique du Congo
Communes Goma, Karisimbi
Province Nord-Kivu
Députés de la ville 4
Maire François Kabeya
Démographie
Gentilé Gomatracien, Gomatracienne
Population 2 100 000 hab. (2021[1])
Densité 2 333 hab./km2
Géographie
Coordonnées 1° 41′ 36″ sud, 29° 13′ 31″ est
Superficie 90 000 ha = 900 km2
Divers
Langue nationale swahili
Langue officielle français
Localisation
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
Goma
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
Goma

    Histoire

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    En 1894, l’explorateur Gustav Adolf von Götzen suivait les traces d’un missionnaire en provenance de la côte orientale d’Afrique. Pendant qu’il se rendait au Rwanda, il découvre un petit village de pécheurs appelés Ngoma qui signifie tam tam en swahili, par déformation il écrivit Goma. Ngoma devint un poste belge en face de celui de Rubavu (au Rwanda) habité par les Allemands. Au début, la cohabitation entre ces deux postes n’était pas facile. À un certain moment, les chefs coutumiers du Rwanda, en complicité avec les Allemands attaquent les Belges de Goma. Ces derniers se réfugient à Bukavu et laissent les envahisseurs occuper la ville. Après des négociations, les Allemands replient vers le Rwanda et les Belges reprennent leur position initiale comme poste colonial. L’afflux des colonisateurs dans ce village joue un rôle important dans son évolution pour devenir une grande agglomération. Les colonisateurs venaient d’installer le chef lieu du district Belge à Rutshuru où vivait l’administrateur colonial. Le chef-lieu passera de Rutshuru à Goma.

    A ce moment-là, Goma reste un poste de transaction lacustre avec Bukavu qui était une ville minière. Plus tard, des villes comme Rutshuru, Masisi, Kalehe et Gisenyi déverseront leurs populations dans Goma, qui sont à la recherche d'un emploi auprès des colonisateurs. C’est en cette période que vit le jour le quartier Birere (un bidonville de Goma) autour des entrepôts, bureaux et habitations des colons. Le nom Birere (littéralement feuilles de bananier) vient du fait qu’à l’époque, les gens y construisaient en feuilles de bananiers.

    La ville fut la base arrière de l'opération Turquoise organisée en 1994 à la fin du génocide des Tutsi au Rwanda. La ville et ses environs abriteront dans des camps environ 650 000 réfugiés hutus, de 1994 jusqu'à la chute du Zaïre, dont certains supposés anciens génocidaires. Selon des ONG, l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo procède à des massacres dans les camps entre 1996 et 1997[2].

    De 1998 à 2002-2003, la ville, sous contrôle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) pro-rwandais échappe au contrôle du gouvernement congolais.

    De nombreux viols, massacres et crimes de guerre y ont été perpétrés entre 1996 et 2006 par les troupes des généraux rebelles de la RCD, essentiellement sous les généraux Nkundabatware et Mutebusi.

    Vue de Goma.

    En 2002, le Nyiragongo, volcan situé à environ 14 km au nord, entre en éruption, et une coulée de lave atteint le centre de la ville[3]. La lave n'a pas atteint le lac Kivu fort heureusement, car ce lac est un lac méromictique et un changement brutal de chaleur aurait des conséquences graves, soit possiblement une éruption limnique. Toutefois, la ville est à ce moment en grande partie détruite par la coulée de lave en provenance du Nyiragongo. De nombreux bâtiments du centre-ville ainsi que l'aéroport de Goma sont touchés. Environ 1 250 000 habitants de la ville ont dû fuir et plusieurs centaines de personnes sont mortes[3], de nombreux réfugiés restés sans abri avaient construit des abris d'urgence en bordure des champs de lave.

    Débordant de populations fuyant les violences, Goma compte en 2012 plus de 400 000 habitants. Ceux qui ne peuvent pas trouver d'abri remplissent les camps de réfugiés, où l'ONU et les ONG se débattent pour leur fournir nourriture, eau et combustible. Une nouvelle éruption du Nyiragongo en mai 2021 ravage les quartiers nord de la ville et fait fuir les deux tiers des habitants[3].

    Géographie

    La ville doit son nom au volcan éteint autour duquel elle s'est installée, le mont Goma, qui lui-même doit son nom au mot swahili « ngoma » qui signifie « tambour », dénomination due à sa forme et, peut-être, à la résonance particulière des lieux. Le cratère du mont Goma, envahi par les eaux du lac Kivu avec lequel il communique, abrite le port de la ville fréquenté quasi exclusivement par la navette, fret/passagers, Goma/Bukavu.

    Ville frontalière, elle côtoie Gisenyi, à l'est, petite ville rwandaise aux plages de mica blanc étonnement scintillantes.

     Relevés météorologiques à Goma (altitude 1 530 m)
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 14,4 15 12,2 15 14,4 13,9 12,8 14,4 13,9 13,9 13,9 14,4 14,03
    Température maximale moyenne (°C) 26,1 25,6 25,6 25 25 25 25,6 26,1 25,6 26,1 25 25,6 25,5
    Précipitations (mm) 117 71 102 155 142 51 20 66 140 157 124 112 1 257
    Source : www.weatherbase.com[4]

    Subdivisions

    La ville est constituée de deux communes urbaines, divisées en quartiers administratifs :

    Communes Population
    (2016)
    Quartiers
    Goma319 351Les Volcans, Mikeno, Mapendo, Katindo, Himbi, Keshero, Lac Vert
    Karisimbi622 105Kahembe, Katoyi, Majengo, Mabanga-Nord, Mabanga-Sud, Kasika, Murara, Virunga, Ndosho, Mugunga, Bujovu
    Goma941 456

    Culture

    Au mois de mars, une course de tshukudu[5] est organisée par les Volontaires des Nations unies et la MONUSCO et à travers cet événement les jeunes s'épanouissent et acquièrent de nouvelles connaissances. Cette activité n'est plus organisée[6].

    Le deuxième week-end de février est organisé chaque année un festival international de musique et de danse : le Festival Amani. Chaque année, ce sont plus de 30 000 festivaliers qui se rendent à Goma pour voir Lokua Kanza, Tiken Jah Fakoly, Jose Kameleon, Akon, Nneka, Ismaël Lô, Werrason, etc. Il est organisé par le Foyer culturel de Goma et plus de 650 bénévoles.

    Les activités théâtrales étaient très développées dans la ville au cours de la décennie 1970 avec des troupes de théâtre bien organisées comme : AMIKI avec Kembo et Mazingi, CLB avec Tshiaba, Kainos et Robert De Souza, NGOMA avec Mpozayo Jean-Paul, etc... Les spectacles se déroulaient dans la salle du Ciné Palace en ville. L'Institut de Goma organisait aussi une troupe scolaire sous l'impulsion du préfet d'alors Lumaya Ombwel avec des élèves acteurs talentueux comme Robert De Souza dit Kablan ou Gilima alias Detty et Mwamba alias Ringo.

    Éducation

    Les institutions scolaires les plus connues sont l'I.S.G. (Institut Saint-Joseph), l'Institut Mwanga de Goma, le lycée Amani, Complexe Scolaire Teresa Mira, Metanoia, l'Institut Majengo, l'Institut Mikeno, Mama Mulezi et l'Institut Bakanja. Quant à l'enseignement supérieur et universitaire, les universités sont: ISC-GOMA, ULPGL, UNIGOM, ISIG, ISTou et UCNDK.

    Les plus anciennes écoles secondaires prestigieuses de la ville sont Athenée de Goma (actuellement Instigo), Collège Saint-Sauveur (actuellement Institut Mwanga) et l'école technique ETSO (actuellement ITIG). Les écoles primaires historiques sont Saint-André, EPOV, EPOQ et CHIPUKO (pour les fillettes).

    Sports

    Personnalités liées

    • Innoss'B (né en 1997), chanteur, rappeur, danseur, et auteur-compositeur-interprète congolais
    • El Weezya Fantastikoh (né en 1992), chanteur et auteur-compositeur-interprète congolais
    • Aiglon Makasi, (né en 1990), chanteur et auteur-compositeur-interprète congolais

    Notes et références

    1. Rapport de Human Rights Watch
    2. « Au-dessous du volcan, Goma tremble », Courrier International, no 1596, , p. 24, traduit d'un article publié dans The Economist le 23 mai 2021
    3. (en) (en) « weatherbase Goma, Democratic Republic of the Congo », sur www.weatherbase.com (consulté le )
    4. festival Amani
    5. « Goma: 120 personnes participent à la course de vélos en bois, «Tshukudu» », Radio Okapi

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

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