Chooz

Chooz ([ʃo][1], en wallon Tchô) est une commune française située dans le département des Ardennes, en région Grand Est. La commune de Chooz est surtout connue pour sa centrale nucléaire.

Chooz

La mairie de Chooz.
Administration
Pays France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Intercommunalité Communauté de communes Ardenne rives de Meuse
Maire
Mandat
Jean-Marie Barreda
2020-2026
Code postal 08600
Code commune 08122
Démographie
Gentilé Calcéens, Calcéennes
Population
municipale
745 hab. (2018 )
Densité 57 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 06′ 15″ nord, 4° 48′ 28″ est
Superficie 13,08 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Givet
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Givet
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Chooz
Géolocalisation sur la carte : Ardennes
Chooz
Géolocalisation sur la carte : France
Chooz
Géolocalisation sur la carte : France
Chooz

    Géographie

    Situation

    Chooz se situe dans la vallée de la Meuse et au cœur du massif ardennais, au nord de la pointe de Givet.

    Au XIXe siècle elle avait comme écarts :

    • La Briqueterie, sur le chemin de Ham à Givet ;
    • Les Trois fontaines, presque à l'entrée de Givet où l'on extrayait des pierres bleues ;
    • Le Bâtis ;
    • Le Hayaumé ;
    • La chapelle Saint-Roch.

    Communes limitrophes

    Communes limitrophes de Chooz
    Foisches Givet Rancennes
    Ham-sur-Meuse Charnois
    Ham-sur-Meuse Hargnies Landrichamps

    Urbanisme

    Typologie

    Chooz est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Givet, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 11 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[5],[6].

    Occupation des sols

    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (53,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (53,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (53,8 %), prairies (10,8 %), zones agricoles hétérogènes (8,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,4 %), eaux continentales[Note 3] (7,5 %), zones urbanisées (4,6 %), terres arables (3,3 %), mines, décharges et chantiers (2,7 %)[7].

    L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

    Histoire

    Dès 860 le village était la propriété de l'abbaye de Landrichamps. Un record de 1741 fait le point sur les possessions du comte d'Egmont, l'abbaye et le baron de Hierges[9]. Le village dépendait donc de la principauté de Liège, doyenné de Chimai et archidiaconé de Famenne.

    Lors de la bataille de France, des Allemands de l'Aufklärung-Abteilung 32, unité de reconnaissance de la 32. Infanterie-Division de Franz Böhme, franchissent la Meuse et s'infiltrent dans la boucle de Chooz le [10]. La rive gauche est défendue par les Français du 62e régiment d'infanterie du lieutenant-colonel Le Barillec, mais elle ne le semble que faiblement aux Allemands du fait de leurs infiltrations réussies ; ceux-ci espèrent alors pouvoir faire franchir en force la Meuse à leur 32e division d'infanterie le jour même[10]. Mais lorsque la division arrive à son tour sur les bords de la Meuse, l'artillerie française du 18e régiment d'artillerie et du fort de Charlemont ouvre le feu sur les concentrations de troupes allemandes sur la rive droite, et les Allemands constatant alors la présence de défenses solides, repoussent alors leur traversée au lendemain[10]. Malgré les pertes infligés par la défense des rives par le II/62e régiment d'infanterie (chef de bataillon Dardant) qui ont dû se passer de l'aide de l'artillerie, les Allemands réussissent à passer le fleuve et s'emparent de Chooz le [11].

    Toponymie

    Sous les formes de Calcum, Chaud, Chos, Choz et Chou.

    Économie

    La commune de Chooz est connue pour sa centrale nucléaire.

    • 1962 : Début de la construction du premier réacteur REP français (sous licence américaine Westinghouse) Le réacteur est bâti dans les installations souterraines creusées par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
    • 1967 : mise en service du réacteur de 305 MW.
    • Années 1980 : conflit relatif à la construction de deux nouveaux réacteurs PWR en prévision du remplacement de la première tranche de 305 MW. Violents affrontements en 1982. Plusieurs blessés parmi les habitants du village de Vireux, ainsi que parmi les forces de l'ordre. Le gouvernement socialiste engage les travaux de deux réacteurs de 1450 MW en 1984.
    • 1991 : arrêt de la tranche de 305 MW après 28 ans de fonctionnement. Mise sous cocon en attente d'un démantèlement futur.
    • 1997 - 1998 : mise en service des deux nouveaux réacteurs de 1450 MW chacun.
    • 2009 : La candidature de Chooz pour un EPR, déposée par le Conseil général est rejetée par le président de la République le 28 janvier.

    Politique et administration

    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    Les données manquantes sont à compléter.
      1876 Sohet[12]    
    1877   Devaux[13]    
    1977 1989 Claude Fiolin[14]    
    1989[15] 2014[15] Michèle Marquet PS Conseillère générale du canton de Givet (2001-2008)
    mars 2014[16] juillet 2020 Gérard Saint-Maxin    
    juillet 2020 En cours Jean-Marie Barreda [17]   Ancien cadre

    Chooz a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[18].

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[20].

    En 2018, la commune comptait 745 habitants[Note 4], en diminution de 1,59 % par rapport à 2013 (Ardennes : −3,23 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    486449495549570611641667681
    1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
    681680719712718687696684668
    1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
    677569578582604556634630655
    1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013 2018
    809802803749762764766757745
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Lieux et monuments

    Personnalités liées à la commune

    Voir aussi

    Notes et références

    Notes

    1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
    2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
    3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
    4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

    Références

    1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters, (lire en ligne), p. 104.
    2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
    4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
    5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
    6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
    7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
    8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
    9. Dr Halkin, Inventaire des titres de l'abbaye, Liège, 1897, pièce N°519.
    10. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 258 à 260
    11. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 335 (carte)
    12. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1876, p207.
    13. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p239.
    14. « « Le Carnet » », L'Ardennais, no 24387, , p. 28.
    15. F.A., « « Le maire prend tout » : Les maires de demain sont en voie de disparition. Ça pourrait pourtant être une très belle fonction… » Il a fallu cependant un peu de temps à Michèle Marquet pour dire ce qu’elle avait sur le cœur. À la question de savoir pourquoi elle avait décidé de raccrocher, cette femme engagée dans la vie publique depuis 37 ans - dont quatre mandatures en qualité de maire - avait d’abord répondu de façon lapidaire », La Semaine des Ardennes, no 234, , p. 3.
    16. « Liste des maires du département des Ardennes » [PDF], Préfecture des Ardennes, (consulté le ), p. 3.
    17. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le )
    18. Création du PNR des Ardennes
    19. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
    20. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
    21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
    22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
    23. Bureau d'études Greisch : pont de Chooz
    24. Jacques Joseph Haus, « Rapport sur la notice biographique de Sohet », dans Observations sur l'ouvrage de Sohet, (lire en ligne)

    Bibliographie

    • Jean d'Ardenne, Guide du touriste en Ardennes, TI, p167-168.
    • Almanach Matot-Braine, Notice historique sur le canton de Givet, dom ALbert Noel, 1909, p146-150.
    • C.-G. Roland, Les anciennes propriétés de l'Abbaye de Stavelot-Malmedy dans les Ardennes françaises, §. IV : Chooz, dans la Revue historique ardennaise, vol. 5, publiée par Paul Laurent, Paris : Librairie Alphonse Picard et fils, 1898, pp. 68-77

    Liens externes

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