Valerien Ostroga

Valerien Karlovitch MroczkowskiWalery Karłowicz Mroczkowski est un photographe d'origine polonaise, exerçant sous le pseudonyme de Walerian Ostroga, dit Valerien Ostroga, également connu pour ses activités anarchistes.

Ne doit pas être confondu avec Stanisław Julian Ostroróg.

Biographie

Jeunesse

Carte de la Pologne en 1838 divisée entre le Royaume de Prusse et l'Empire russe.

Walery Mroczkowski nait à Kiev en 1840[1]. Il commence des études de médecine, (Chirurgie), à l'Université de Varsovie[2].
Indépendantiste convaincu, il quitte Varsovie et rejoint en 1861 l'école militaire polonaise de Coni[3] qui vient d'être créée, sous l'impulsion de la toute nouvelle "Société de la jeunesse polonaise", pour assurer la formation des cadres d'une prochaine insurrection .
De retour en Pologne, dès 1862 à la demande du Comité central national, sous couvert d'une activité de journaliste, il organise des unités de rébellion d'abord à Augustów et ensuite à Grodno.
Dès le début Il prend une part active à l'insurrection de 1863. Il est présent aux combats de Czysta Buda ()[4],[5], Podlipki (pl) (), Kazlų Rūda (1er avril), Lokajcie (), Pozlawanty (), Buda () et Olita le [6]. En novembre 1863 présent en Prusse-Orientale, il est arrêté et emprisonné à Poznan , après sa libération en 1865 il doit s'exiler.

Anarchiste

La Baronata à Locarno

Avant son exil, Mroczkowski était considéré surtout comme un démocrate et « l'apôtre de l'émancipation des serfs »[7].

En 1865 à Florence il rencontre Bakounine dont il devient l'ami. Sur l'invitation de Bakounine il le suit à Naples où celui-ci lui présente la princesse Zoë Soumarokoff (née en 1828)[8],[9] qui deviendra sa maitresse. Séparée de son mari le prince Obolensky depuis 1863, elle y vit avec ses cinq enfants accueillant dans son entourage des révolutionnaires de diverses nationalités dont elle partage les idées.

Lors d'un séjour à Ischia en 1866 avec Bakounine, c'est avec celle qui partage maintenant sa vie qu'il rédige en français le Catéchisme révolutionnaire texte fondateur[10] de la "société internationale secrète de la révolution" qu'ils envisagent. En 1867, ils s'installent en Suisse séjournant à Vevey, puis Genève, il fait la connaissance de[11] Élysée Reclus (dont la fille vivra en union libre avec son fils Félix). Membre de la première fraternité internationale, puis du comité central de la Ligue de la paix et de la liberté, après la scission du congrès de Berne en 1868[12], il fonde avec Bakounine un groupe opposé aux idées de Karl Marx.

Il est aussi l'auteur des plans de La Baronata[13] maison de retraite construite à la demande de Carlo Cafiero[14] sur les rives du Lac Majeur.

En 1869 le couple quitte la Suisse pour Londres où il rejoint la communauté des militants polonais, dont Walery Wroblewski[15],[16].

Photographe

Le prince Obolenski ayant récupéré de force ses enfants en 1869, les revenus de Zoë baissent considérablement et après avoir quitté la Suisse, et l'épisode londonien, le couple réside à Menton en 1871 où Walery ouvre un studio de photographe spécialisé en portraits rue Partouneaux sous le nom de « Walerian M. Ostroga » ou sous la marque « Photographie W M Ostroga ». Par la suite, il partage l'année entre Trouville-sur-mer l'été, et Menton l'hiver. Cette double résidence lui permettant de justifier ses nombreux déplacements et de couvrir ses activités anarchistes. Son métier de photographe lui permet également de subvenir aux besoins de sa famille, car vivant en union libre avec sa compagne et leurs deux enfants Félix (1867-1936) et Léonie (1871-1947) la nécessité d'un revenu d'appoint s'impose.

Ils se marient finalement après le décès de Alexei Vasilievitch Obolensky, l'époux de la princesse, en 1884 et font alors l'acquisition à Menton de la villa Les Mouettes qui devient la « villa Ostroga ».

Valerien Ostroga meurt le à Paris[17]et est inhumé à Menton au cimetière du Vieux-Château [18]

Pseudonyme

Les cartes-photo sont signées W.M.Ostroga (W= Walerian, M= Mroczkowski)

Son nom de guerre pendant l'Insurrection de Janvier 1863 fut Wincenty Kamiński[19]. Par la suite, son pseudonyme Ostroga[20], est un de ceux le désignant pendant l'insurrection polonaise (Il utilise également Mroczek). Arrivé en France il l'adopte professionnellement, afin d'éviter la difficulté de prononciation de son nom de famille d'origine[21] et change aussi son prénom en Valerien. Sa descendance conservera Ostroga comme patronyme, dont son fils Félix Ostroga centralien, ingénieur puis compositeur et directeur du philharmonique de Genève et sa petite fille Yvonne Ostroga [22] secrétaire de Paul Bourget, connue comme écrivain de livres pour enfants[23].

Bakounine appelait Ostroga par un diminutif affectueux "Mrouk". En polonais "mruk" signifie grognon ou silencieux[24].

Varia

Bibliographie

  • Mroczkowski Walery (1840-1889) powstaniec 1863, emigrant. Polski Słownik Biograficzny t. 22 p. 185
  • Laskowski, Piotr. (2016) "Jedyny wybitny bakuninowiec"- Walerian Mroczkowski (1840-1889) dans Studia z Dziejów Anarchizmu (2) w Dwusetleciu Urodzin Michała Bakunina.' Red. Skrzycki, Radosław. Szczecin: Wydawnictwo Naukowe Uniwersytetu Szczecińskiego. (ISBN 978-83-7972-056-9) p.81-122. Étude approfondie du rôle notable de Mroczkowski en tant qu'unique Bakuninien, par rapport à la question du nationalisme
  • Un quatrième Walery photographe Blog de Hugues Fontaine
  • Arbre généalogique sur pierfitgeneanet

Notes et références

  1. Kiev d'après son acte de décès, cependant sur l'acte de naissance de sa fille à Menton en 1871 il se dit né à Olonets. Cette origine semble peu probable et ne correspond pas à la nationalité polonaise. De plus pourquoi dans ce cas aller faire des études à Kiev. Une explication plus rationnelle serait qu'en 1871 Walery reste prudent sur ses origines réelles.
  2. Voir "Wincenty Kamiński", no. 48473, agent du Comité et étudiant de médecine. Le site avertit que les données entre parenthèses relatives à "Walery Kamiński", no. 46733, ne sont pas fiables. http://www.genealogia.okiem.pl/powstanies/index.php?nazwisko=Kamiński
  3. École militaire polonaise Coni.
  4. Note: Avant les trois partitions de la République des Deux Nations à la fin du XVIIIe siècle, les bourgs en Lithuanie portaient aussi des noms polonais
  5. Récits des combats Journal des débats politiques et littéraires
  6. Liste des participations aux combats N°46733 genealogia.okiem
  7. Laskowski, Piotr. (2016) « Jedyny wybitny bakuninowiec »- Walerian Mroczkowski (1840-1889) dans Studia z Dziejów Anarchizmu (2) w Dwusetleciu Urodzin Michała Bakunina.' Réd. Skrzycki, Radosław. Szczecin: Wydawnictwo Naukowe Uniwersytetu Szczecińskiego. (ISBN 978-83-7972-056-9) p.82
  8. Lettres de famille Obolenski Harward.edu
  9. M.C. Rintoul, Dictionary of Real People and Places in Fiction, Routledge, 2014, page 713.
  10. Le Catéchisme révolutionnaire atelierdecreationlibertaire
  11. Berne 1868 florian-pennec.net
  12. Discours de Berne dans Kolokol du 1er décembre 1868 (p. 218)
  13. La Baronata James Guillaume- l'internationale
  14. La Baronataatelierdecreationlibertaire
  15. Próchnik, Adam. (1933). "Początki socjalizmu polskiego", dans Księga Jubileuszowa PPS 1892-1932, rédigé par Krieger, A., Maliniak, J., Wasilewski, L. et Zaremba, Z. Varsovie: "Robotnik" Éditeur. https://sbc.org.pl/Content/84093/ii25240.pdf p. 9 (Textes pour l'anniversaire de la fondation du Parti socialiste polonais 1892-1932)
  16. L'Autre Bakounine monde-nouveau.net (cf. note p. 128-129)
  17. Acte décès archives Paris Ve (p. 29/31)
  18. Tombe Menton tombeauxpolonais.eu
  19. Jaśkiewicz, Andrzej. (2014) "Ogrody Wspomnień" https://www.ogrodywspomnien.pl/index/showduf/75429#f
  20. Signifiant éperon ou aiguillon ce pseudonyme est également celui du major Alexandre Poradowski, parent de Joseph Conrad
  21. Ostroga La Princesse de Bakounine
  22. née d'une union libre de Félix avec Jeanne fille d'Élisée Reclus
  23. Yvonne Ostroga idref
  24. Lettre de Bakounine archive.org

Articles connexes

Liens externes

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