Serge Dalens

Serge Dalens, nom de plume d'Yves Marie Paul Raoul (comte) de Verdilhac, né le à Albertville en Savoie et mort le à Saint-Cloud, est un écrivain et magistrat français[1].

Magistrat de profession, il est surtout connu pour ses nombreux romans, pour la plupart destinés à la jeunesse, et pour son rôle de directeur de la collection « Signe de piste » (1954). L'auteur a également utilisé les pseudonymes de François Thervay et de Mik Fondal, collectif avec Jean-Louis Foncine (Pierre Lamoureux)[1]. Serge Dalens comme Jean-Louis Foncine ont décidé d'être inhumés au petit cimetière de Malans (Haute-Saône) où leurs sépultures sont régulièrement honorées par les scouts en visite dans le Pays Perdu.

Biographie

Fils de Joseph de Verdilhac qui est officier de l'armée française sous la Troisième République puis sous le régime de Vichy, il connaît un grand nombre de déménagements. Il découvre le scoutisme peu après la Première Guerre mondiale, alors que son père est en garnison à Mayence. Études au lycée français de la ville, proche de la citadelle de Mayence. Il ne quittera plus le mouvement scout. En 1925, il arrive à Montpellier, passe son bac à seize ans et obtient le premier prix du concours général de littérature. Il s'oriente vers le droit, obtient sa licence en 1932, et, sur les conseils de son père, choisit la magistrature. Pour ce faire, il doit d'abord effectuer un stage comme avocat. Il prête serment à Nancy en 1932, y reste jusqu'en 1935, puis va à Strasbourg, où il est inscrit au Barreau du au . Il quitte le Barreau à cette date et devient magistrat.

Il fait la connaissance de Pierre Joubert en 1933, alors que celui-ci fait son service militaire dans le régiment que commande le colonel de Verdilhac. Ils élaborent ensemble le scénario du Bracelet de vermeil. En 1935, à l'occasion de la toute première représentation du "Jeu de Ayacks à Paris, il rencontre Jean-Louis Foncine car en levé de rideau se joue la pièce de Dalens intitulée "Le génie de la forêt". Son livre est publié en 1937 par les éditions Alsatia, une maison d'édition à Colmar (Haut-Rhin). Jeune magistrat à Dieppe, il visite régulièrement l'hôpital pour y rencontrer médecins et jeunes malades. Il en tirera l'inspiration des Contes du bourreau.

Au déclenchement de la guerre, il est mobilisé comme sous-lieutenant. Il obtient la Croix de Guerre. Démobilisé à la fin 1940, le Ministère de la Justice le détache au Ministère de la Jeunesse. Il est chargé de mission pour l'Enfance irrégulière et la Délinquance : Les Voleurs s'inspireront de cette expérience. Durant cette période, Yves se lie d'amitié avec un instituteur nommé Robert Jospin et il profite de sa fonction pour ne faire partir de nombreux jeunes au Service du travail obligatoire que sur le papier.

Il continue à écrire, publie La Mort d'Éric en 1943 et prévient son jeune lecteur dans une préface :

« Il ne s'agit plus d'un roman mais bien d'un récit. La fiction s'efface devant la réalité. L'histoire n'est qu'un fil doré, rehaussant l'indifférente tapisserie des faits. Le livre se termine mal. Le Prince n'est pas vengé, le lecteur n'est pas consolé. Les « grandes personnes » seront probablement mécontentes, car ces pages sont tristes, tristes comme la guerre qu'elles perdirent. Sans doute prétendront-elles que ce livre « n'est pas pour les enfants ». Or, je pense, moi, qu'un garçon de quinze, seize, dix-sept ans, est un garçon. C'est-à-dire un homme. Je pense qu'il n'y a pas de raison de le traiter à la paix autrement qu'à la guerre. De le traiter dans sa maison autrement qu'en ces jours de 40 où il courait dans les champs. De lui cacher la vérité. »

En 1945, il retrouve ses fonctions au ministère de la Justice et s'installe à Paris. Il poursuit sa carrière de magistrat, substitut du procureur au tribunal de Compiègne dans l'Oise pendant de longues années. Il terminera premier substitut du procureur de la République à Nanterre en 1983. Il devient responsable de la collection Signe de piste avec Jean-Louis Foncine en 1954. Il le restera dans toutes les maisons d'éditions qui reprirent cette collection.

En 1985, il participe à la rédaction du programme du FN en vue des élections législatives de l'année suivante, intitulé Pour la France[2],[3]. Il fut président de la Commission de discipline et secrétaire de la Commission Justice et Sécurité du Front National.

Il épouse, le à Paris, Marie-Odile Amiet (, Strasbourg - 30 aout 2008, Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)) et ont six enfants : Françoise, Philippe, Renaud, Emmanuelle, Isabelle et Rémi.

Thèmes majeurs

On doit notamment à Serge Dalens la saga du Prince Éric, qui parut en 6 volumes entre 1937 et 1992. Chaque ouvrage de cette fameuse série fut un best-seller. Sans cesse rééditée depuis sa toute première parution, les quatre premiers tomes, publiés aux Éditions Alsatia dans la collection Signe de piste entre 1937 et 1946, ont totalisé le chiffre exceptionnel de 4,5 millions d'exemplaires vendus. Les deux tomes suivants, publiés en 1984 ont fait des scores plus modestes mais tout à fait remarquables (T 5 : 450 000 exemplaires) et 1992 (T 6 : 80 000 exemplaires). Une adaptation en bandes dessinées des trois premiers romans a été publiée en 1966 et 1967 dans l'hebdomadaire J2 Jeunes, avec des scénarios de Serge Dalens et des illustrations d'Alain d'Orange remplaçant les illustrations mythiques de Pierre Joubert.

Ses romans exaltent les valeurs traditionnelles de la chevalerie comme le courage, la fidélité, l'honneur, l'amitié ou le combat pour la justice. Perfectionniste, selon les dires de son ami Jean-Louis Foncine, ses romans s'ancrent dans un contexte solidement bâti, qu'il soit historique ou social. Le scoutisme occupe une grande place dans son œuvre. Dans ses romans, il a beaucoup utilisé son expérience de magistrat s'intéressant à la délinquance juvénile (Les Voleurs), aux ravages de la drogue (La Blanche) ou à la machine judiciaire (Les Enquêtes du Chat-tigre).

Œuvres

  1. Le Bracelet de vermeil, 1937
  2. Le Prince Éric, 1940
  3. La Tache de vin, 1945
  4. La Mort d'Éric, 1947
  5. Éric le magnifique, 1984
  6. Ainsi régna le Prince Éric, 1992
  1. Les Prisonniers, 1959
  2. Les Lépreux, 1959
  • Les Voleurs, romans (Signe de piste, réédition Éditions de la Licorne)
  1. Les Enfants de l'Espérance, 1954
  2. Le Juge avait un fils, 1967
  3. Jimmy, 1977
  • 2 et 2 font… 5, roman d'espionnage, 1969, Signe de piste, réédition Fleurus
  • Les Contes du bourreau, 1943, Signe de piste, réédition Fleurus
  • La Plume verte et autres contes pour Roland, 1957, Signe de piste, réédition Fleurus
  • La Couronne de pierres, roman, 1982 (éditions Résiac)
  • La Blanche, roman, 1987 (Prix de la P.E.E.P.), Éditions du Triomphe
  • L'Affaire Balzac, roman policier, 1967, Albin Michel, réédition Éditions Alain Gout

En collaboration avec Jean-Louis Foncine :

  • Les Fils de Christian, contes et récits, 1977 Signe de piste, rééditions Fleurus
  • Le Jeu sans frontière, roman, 1947 (Signe de piste, Fleurus)
  • Les Enquêtes du Chat-Tigre, romans policiers (13 titres), Signe de piste, rééditions Éditions du Triomphe et Éditions Delahaye.

En collaboration avec Louis Simon :

  • Les Aiglons de Montrevel, roman historique, 1959, Signe de piste, réédition Elor

En collaboration avec Dachs :

  • 6 foulards verts, roman, 1995, Elor

Prix et décorations

  • Prix Renaissance des lettres 1976[4]
  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Croix de Guerre 1939-1945.
  • Grand officier de l’ordre de Saint-Georges.

Notes et références

  1. « Notice d'autorité personne », sur catalogue.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  2. Brigitte Slee, Le Front national et le jeu parlementaire (thèse de doctorat en science politique), Loughborough, université de Lougborough, , 233 p. (lire en ligne), p. 44, n. 2.
  3. notice BnF no FRBNF34871898.
  4. « Prix Renaissance (lettres) », sur cerclerenaissance.info.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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