Roger de Damas d'Antigny

Roger, comte de Damas, est né à Paris en 1765, fils cadet du marquis Jacques François de Damas et de Zéphyrine de Rochechouart, frère de Charles César, duc de Damas. Officier français, colonel dans l'armée de Russie, lieutenant général puis député de la Haute-Marne, il meurt en 1823 au château de Cirey. Il est un cousin germain de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

Biographie

Son oncle le duc de Châtelet, ancien ambassadeur en Angleterre, commande le régiment du Roi, véritable école d'application où sont formés les futurs cadres des armées . Roger de Damas d'Antigny entre fort jeune comme officier dans le régiment du Roi. Capitaine en second en 1784, il met fin à l'affaire de la rose par un duel avec le duc de Broglie en 1787 puis il accomplit un voyage à Berlin pour son instruction militaire. Absent de France de 1787 à 1790, il reçoit son brevet de colonel du Roi en , ayant combattu contre l'Empire ottoman comme officier français au service du Saint-Empire pendant la guerre austro-turque de 1788-1791. Peu satisfait du service autrichien, il décide de rejoindre les armées russes sur le Danube en 1787 pour continuer la guerre contre les Turcs. Il combat sous l'uniforme blanc de sa patrie la France, aux côtés des prince de Ligne et de Nassau, puis à partir de la Révolution sous l'uniforme vert de la Russie aux côtés de Potemkine. De sa propre initiative, il prend d'assaut le vaisseau amiral turc et offre à l'impératrice Catherine II de Russie son trophée : le drapeau amiral turc. Il participe à la prise d'Otchakov en 1788, puis à celle d'Ismaïl. Il reçoit deux croix de Saint Georges en 1788 et en 1791[1].

Il fait un séjour en France en 1789-1790 pendant la Révolution, mais la quitte pour retourner au service de la Russie. Il rejoint l'émigration royaliste et prend le commandement de la Légion noire de Mirabeau qui prendra le nom de Légion de Damas lorsque la vicomtesse de Mirabeau lui vendra le titre. Il réalise dans les armées des Princes et de Condé plusieurs campagnes de 1794 à 1798. Il est propriétaire et colonel de la légion, à charge pour lui de verser chaque année, pendant dix ans, 3 000 livres à Victor Claude, fils de Mirabeau lequel parvenu à vingt-trois ans pourra redevenir propriétaire du corps. L'ancienne armée de Condé est prise à la solde de la Russie[2],[3].

En 1798, avec l'assentiment de l'empereur Pauler de Russie, il entre au service du royaume de Naples. Il participe à la campagne contre l'armée française de Jean-Étienne Championnet pendant la guerre de la Deuxième Coalition, sous les ordres du général autrichien Karl Mack, puis à la guerre de l'Armée de la Sainte Foi, fidèle aux Bourbon de Naples, contre la République napolitaine. De 1804 à 1806, il devient lieutenant général et inspecteur général des armées du royaume de Naples et commande de nouveau contre l'armée française en 1806 pendant la guerre de la Troisième Coalition[4],[5].

Sous la Restauration, de 1814 à 1817, il est nommé gouverneur de la Lorraine (4e Nancy), de l'Alsace (5e Strasbourg) et des Trois-Évêchés (3e Metz), puis gouverneur de la 19e division militaire, ainsi que grand-croix de Saint-Louis, chevalier de la Légion d'honneur et député de la Haute-Marne.

Littérature

Dans Dialogues des carmélites, Georges Bernanos en fait le meilleur ami du chevalier de la Force et un prétendant à la main de la sœur de ce dernier et personnage central de la pièce, Blanche de La Force.

Notes et références

  1. Memoirs of the Comte Roger de Damas (1787-1806), Jacques Rambaud, traduction de Rodolph Stawell, Chapman and Hall Ltd., Londres, 1913, p. 1 à 108.
  2. Mirabeau
  3. Memoirs of the Comte Roger de Damas (1787-1806), Jacques Rambaud, traduction de Rodolph Stawell, Chapman and Hall Ltd., Londres, 1913, p. 109 à 241.
  4. Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français : depuis le onzième siècle jusqu'en 1822, tome cinquième (Coss-Exc), Imprimerie De Plassan, 1822, p. 132
  5. Memoirs of the Comte Roger de Damas (1787-1806), Jacques Rambaud, traduction de Rodolph Stawell, Chapman and Hall Ltd., Londres, 1913, p. 242 à 389.

Articles connexes

Liens externes

Sources

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