Ratu

Ratu est un mot qu'on retrouve dans de nombreuses langues austronésiennes. Une autre forme de ce mot est datu ou datuk. Il est vraisemblable qu'à l'origine, ce mot désignait le chef [1].

Philippines

Aux Philippines, Datu était le titre des chefs, princes souverains et monarques[2] dans les régions de Visayas[3] et Mindanao[4].

Indonésie

Dans différentes langues d'Indonésie, ratu a le sens de « roi » ou « prince. »

Datuk (dato en Malaisie) est un titre honorifique.

Fidji

Aux Fidji, ratu est un titre de noblesse porté par les individus ayant un rang de chef. L’équivalent féminin est Adi (prononcé [andi])[5].

La noblesse fidjienne comprend environ soixante-dix chefs. Chacun d'entre eux appartient à une famille qui a traditionnellement gouverné une partie du pays. Il existe une hiérarchie entre les différents rangs de chefs. Le clan Mataiwelagi est parfois considéré comme étant celui qui occupe le plus haut rang; ses membres descendent de Seru Epenisa Cakobau, le premier chef à avoir unifié les îles Fidji et à les avoir placées sous son autorité en 1871.

Au XIXe siècle, le ratu Udre Udre, un chef cannibale d'un peuple fidjien vivant dans le nord de l'île de Viti Levu, se fait connaître par sa cruauté. Selon les chiffres, le bilan de ses victimes s'élèverait de 872 à 999 personnes[6], même si des chiffres inférieurs ont été avancés[7].

Pendant l'époque coloniale, les Britanniques s'appuient sur les chefs traditionnels, et obtiennent leur soutien. Ils créent le Grand Conseil des Chefs.

À la suite de l'indépendance, en 1970, les chefs fidjiens continuent à exercer une influence sur la vie politique du pays. Certains se lancent en politique dans le cadre d'un système électoral démocratique hérité des institutions britanniques. Le Grand Conseil des Chefs, lui, a pour fonction principale de nommer le président, tandis que le premier ministre est issu du Parlement élu.

Parmi les Ratu célèbres, citons Ratu Seru Epenisa Cakobau, Ratu Josefa Iloilovatu, Ratu Sir Kamisese Mara, Ratu Tevita Momoedonu ou encore Ratu Sir Lala Sukuna.

Notes et références

  1. Robert Cribb, Historical Atlas of Indonesia, Curzon, Richmond, Surrey (2000), p. 73
  2. Pour plus d'informations sur le système social de la société philippine indigène avant la colonisation espagnole, voir Barangay dans Enciclopedia Universal Ilustrada Europea-Americana, Madrid: Espasa-Calpe, S. A., 1991, Vol. VII, p. 624 : « Los nobles de un barangay eran los más ricos ó los más fuertes, formándose por este sistema los dattos ó maguinoos, principes á quienes heredaban los hijos mayores, las hijas á falta de éstos, ó los parientes más próximos si no tenían descendencia directa; pero siempre teniendo en cuenta las condiciones de fuerza ó de dinero ».
  3. « También fundó convento el Padre Fray Martin de Rada en Araut- que ahora se llama el convento de Dumangas- con la advocación de nuestro Padre San Agustín...Está fundado este pueblo casi a los fines del río de Halaur, que naciendo en unos altos montes en el centro de esta isla (Panay)...Es el pueblo muy hermoso, ameno y muy lleno de palmares de cocos. Antiguamente era el emporio y corte de la más lucida nobleza de toda aquella isla...Hay en dicho pueblo algunos buenos cristianos...Las visitas que tiene son ocho: tres en el monte, dos en el río y tres en el mar...Las que están al mar son: Santa Ana de Anilao, San Juan Evangelista de Bobog, y otra visita más en el monte, entitulada Santa Rosa de Hapitan. » Gaspar de San Agustin, O.S.A., Conquistas de las Islas Filipinas (1565-1615), Manuel Merino, O.S.A., ed., Consejo Superior de Investigaciones Cientificas: Madrid 1975, pp. 374-375.
  4. À Mindanao, il y a eu plusieurs sultanats. Parmi ceux que l'histoire a le plus retenus figurent le sultanat de Maguindanao, le sultanat de Sulu, et la Confédération des sultanats de Lanao (en). Cf. http://www.royalsocietydignitariesgroup.org/royal-house-of-sultan-council.php
  5. Andi est un titre de noblesse dans le Sulawesi du Sud
  6. Daniel Pardon, « Udre Udre, l’homme qui en mangea 872 autres ! », sur Tahiti infos,
  7. « 99 pleasures of the flesh », Ottawa Journal, (lire en ligne, consulté le )
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