Pont du Diable (Schöllenen)

Le pont du Diable (en allemand : Teufelsbrücke) est un pont en pierre — ou plus précisément trois ponts en pierre s’étant succédé au même endroit — dans le canton d'Uri en Suisse.

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Pont du Diable

Les deuxième et troisième ponts du Diable en 2004. Le reste d’un pilier du premier pont est visible devant le contrefort du pilier de droite du deuxième.
Géographie
Pays Suisse
Canton Uri
Commune Andermatt
Coordonnées géographiques 46° 38′ 51″ N, 8° 35′ 24″ E
Fonction
Franchit Reuss
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Géolocalisation sur la carte : canton d'Uri
Géolocalisation sur la carte : Suisse

Situation

Sur la route du col du Saint-Gothard, il enjambe les gorges des Schöllenen où coule la Reuss.

Histoire

Les gorges dans leur partie amont constituaient un obstacle redoutable. Au début du XIIIe siècle, un cheminement y a été ouvert à l’aide de passerelles suspendues par des chaînes et un pont en bois datant de 1230.

En 1595, le pont en bois a été remplacé par un pont en pierre, nommé pont du Diable. Une réplique de ce premier pont en pierre se trouve depuis 1837 au parc Klein-Glienicke (de) à Berlin.

Au cours de la guerre de la deuxième coalition, en 1799, la région des gorges des Schöllenen fut le théâtre de combats entre les troupes napoléoniennes sous le commandement de Claude-Jacques Lecourbe et les troupes russes commandées par le général Alexandre Souvorov. Le pont du Diable fut alors gravement endommagé et rendu impraticable. À proximité du pont, le mémorial de Souvorov a été érigé en 1899 en souvenir de la bataille.

Après les guerres de coalitions, les difficultés économiques régnaient dans le canton d'Uri. Faute de moyens, le pont et le sentier ne pouvaient plus être rénovés et le trafic vers le sud s’est de plus en plus détourné vers le col du Splügen. C’est seulement en 1820 qu’un contrat a pu être établi pour la construction d’un deuxième pont, lequel sera achevé en 1830, après dix ans de travaux.

Après l’achèvement du deuxième pont, le premier pont est laissé à l’abandon. Il s’effondrera finalement le . Sur la rive gauche, ses fondations sont encore visibles.

Au milieu du XXe siècle, le deuxième pont devenant trop étroit au vu du trafic toujours croissant, un troisième pont, plus large, prolongé d’un tunnel, a été construit à proximité entre 1955 et 1956.

Art

Le diable peint sur la muraille.

Une représentation du diable exécutée à la peinture à l’huile par le peintre uranais Heinrich Danioth (de) orne la paroi rocheuse, juste à gauche de l’entrée du tunnel prolongeant le troisième pont.

Les réalisateurs suisses Nag et Gisèle Ansorge lui ont consacré un film d'animation en 1959[1]. Réalisé grâce à des poupées, Le pont du diable a été présenté au Festival d'Annecy en 1960 (sélection officielle).

Légende

L'origine du pont est associée à une légende. Les habitants voulaient construire un nouveau pont en pierre. Un étranger se proposa pour ce labeur mais exigea en échange la vie de la première âme qui traverserait l'ouvrage. Les habitants acceptèrent et le pont fut construit en trois jours mais personne ne l'emprunta : les gens s'étaient rendu compte qu'ils avaient eu affaire au diable. Quelqu'un envoya alors un bouc pour traverser le pont. Le diable, hors de lui, voulait jeter un rocher pour détruire le pont et punir les Uranais mais il manqua sa cible. Une variante de l'histoire dit qu'une femme pieuse traça une croix sur la pierre ce qui découragea le diable qui prit la fuite en lâchant le bloc. Le rocher roula dans toutes les gorges et s’arrêta en dessous de Göschenen, où la « Pierre du diable » est toujours visible.

La pierre du Diable

La « pierre du Diable »

Le bloc d'environ 2 200 tonnes et 12 mètres de haut fut déplacé de 127 mètres en 1977 afin de laisser la place au chantier de l’autoroute du Gothard, l'opération coûta 300 000 francs suisses. La légende persiste puisque l'augmentation du nombre d'accidents au kilomètre 16 de l'autoroute est attribuée par certains à la « Pierre du Diable ».

Cette pierre est utilisée comme symbole de la suisse en 1657.

Références

  1. Chloé Hofmann, Les poupées de Nag et Gisèle Ansorge (1958-1963): Techniques et pratiques, Lausanne, Mémoire de master,


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