Lucien Gagnon

Lucien Gagnon, né le à La Prairie (Bas-Canada) et mort le [2],[3] à Champlain (New York), aussi nommé Julien Gagnon, fut un agriculteur et un partisan patriote du Bas-Canada. Il prit part à la rébellion des Patriotes et participa à la création de l'Association des frères chasseurs.

Biographie

Né à La Prairie, au Bas-Canada, Gagnon fut un agriculteur prospère à la Pointe-à-la-Mule, dans la paroisse de Saint-Valentin[4]. Le 23 octobre 1837, il participa à l'assemblée des six-comtés à Saint-Charles[5]. Selon Laurent-Olivier David, c'est en quittant ce rassemblement qu'il devint convaincu de la nécessité d'une insurrection au Bas-Canada[6].

En novembre 1837, avec Cyrille-Hector-Octave Côté, Édouard-Étienne Rodier et Ludger Duvernay, il traversa la frontière avec les États-Unis et rejoignit la ville de Swanton, au Vermont. À la fin de novembre, Gagnon retourna au Bas-Canada et se rendit à Saint-Valentin et dans les paroisses environnantes pour y recruter des sympathisants. Avec une soixantaine d’hommes, il revint à Swanton. Le 6 décembre, Gagnon et ses hommes tentèrent une nouvelle incursion, à Moore’s Corner. Cette bataille fut une défaite pour le camp patriote. Gagnon en sortit blessé, mais réussit à s’enfuir et se réfugier à Swanton. Il fut bientôt rejoint par sa femme et ses huit enfants, qui avaient été chassés de leur ferme incendiée par des volontaires rattachés à l’armée britannique[7].

Le 28 février, il tenta d'entrer au Bas-Canada accompagné de Cyrille-Hector-Octave Côté, Robert Nelson et d'un groupe de 300 à 400 hommes[7]. Ils furent alors arrêtés à la frontière par des troupes américaines et jugés pour avoir enfreint les lois sur la neutralité, mais ils furent rapidement libérés par le jury parce qu'ils seraient entrés au Bas-Canada sans armes[2]. C'est à la suite de cet échec que Côté, Nelson et Gagnon fondèrent l’Association des frères chasseurs, une organisation paramilitaire secrète.

Au printemps et à l'été 1838, Gagnon parcourut les comtés de La Prairie, Chambly, Beauharnois et L'Acadie pour y mettre sur pied des loges des Frères chasseurs, en préparation d'un soulèvement en automne. En novembre 1838, il participa à certaines opérations militaires, dont la bataille d'Odelltown du 9 novembre. Celle-ci s'avéra un autre échec, ce qui força Gagnon à retourner se réfugier aux États-Unis. Atteint de la tuberculose[7], il y décéda le 7 janvier 1842.

Notes et références

  1. Georges Aubin, « La prison du Pied-du-Courant », Bulletin d'histoire politique, vol. 6, no 2, , p. 126 (lire en ligne)
  2. Laurent-Olivier David, Les patriotes de 1837-1838, Montréal, E. Senécal & fils, , 297 p. (lire en ligne), p. 108
  3. Alain Messier, Dictionnaire encyclopédique et historique des patriotes, 1837-1838, Montréal, Guérin, , 497 p., p. 350-351
  4. Patrick Beaulieu, « Gagnon, Lucien (1793-1842) », sur http://www.1837.qc.ca/, (consulté le )
  5.  « Gagnon, Lucian », dans J. G. Wilson, J. Fiske, Appletons' Cyclopædia of American Biography, New York, D. Appleton,
  6. Laurent-Olivier David, Les patriotes de 1837-1838, Montréal, E. Senécal & fils, , 297 p. (lire en ligne), p. 105
  7. Richard Chabot, « Gagnon, Lucien », sur http://www.biographi.ca/ (consulté le )
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