Lettres à Madeleine

Lettres à Madeleine est un recueil de lettres envoyées de 1915 à 1916 par Guillaume Apollinaire à sa fiancée Madeleine Pagès.

Lettres à Madeleine
Auteur Guillaume Apollinaire
Genre correspondance
Éditeur Gallimard
Date de parution 2005

Éditions

De nombreuses publications clandestines des poèmes d'Apollinaire circulent depuis la guerre. En 1952, Madeleine Pagès accepte une première édition (encore incomplète) des lettres de son fiancé (Tendre comme le souvenir, collection Blanche, Gallimard). Une deuxième édition voit le jour en 1966. Ce n'est que depuis 2005 que l'intégrale des lettres est éditée[1].

Description

Le , Guillaume Apollinaire prend le train à Nice pour rejoindre après une courte permission son 38e régiment d'artillerie de campagne à Nîmes. Dans le compartiment, il rencontre une jeune fille de 22 ans, Madeleine Pagès. Elle est professeur de lettres à Oran, et est venue passer ses vacances de Noël à Nice et reprend le bateau le soir même.

La conversation s'installe rapidement entre le poète et la jolie jeune fille. Ils se quittent à Marseille, non sans avoir échangé leurs adresses. Apollinaire lui écrit sa première lettre plus de 3 mois plus tard, le . Le poète est alors artilleur sur le front, dans le nord de la France. Très rapidement le dialogue s'installe timide, puis audacieux et franchement passionné entre l'auteur des Onze mille verges et sa correspondante qui lui avoue rapidement sa virginité.

Sans avoir revu Madeleine, Apollinaire demande sa main à sa mère le , qui l'accepte. Les poèmes s'invitent dans les lettres, certains fort érotiques depuis les fiançailles épistolaires (Les neuf portes de ton corps). Il ne commence à la tutoyer que le .

La permission tarde, est constamment remise à plus tard. Finalement elle arrive fin . Apollinaire traverse la Méditerranée pour passer 15 jours à Oran chez Madeleine.

Après son retour au front, l'enthousiasme épistolaire retombe peu à peu et Apollinaire s'excuse régulièrement auprès de sa fiancée de sa faible assiduité postale, écrivant par exemple que « je t’adore, mais n’ai ni loisir ni expression pour l’exprimer. » L'enthousiasme revient cependant en certaines lettres, comme celle du [2].

Après une grave blessure à la tête le , les lettres d'Apollinaire se font de plus en plus rares, et ce malgré l'amélioration progressive de son état. Les dernières lettres sont datées de .

Allusions

L'histoire d'Apollinaire et de Madeleine est racontée sans citer le nom du poète dans le film Jules et Jim de François Truffaut.[réf. nécessaire]

Liens externes

Notes et références

  1. Guillaume Apollinaire, Lettres à Madeleine, édition revue et augmentée par Laurence Campa, éditions Gallimard 2005
  2. « C'est absolument fou mon amour [...] Mon amour chéri [...] Mais je t'adore mon petit Madelon chéri console-toi. Vois-tu dès que je suis plus libre plus tranquille comme maintenant que je suis grippé et ne vais pas à l'exercice je t'écris longuement comme quand j'étais artilleurs. Tu es mon amour chéri, ne t'affole pas, toi surtout ne t'affole pas, sois calme, je t'en prie. Tu es ma mignonne, tu le sais. Je t'adore, sois gentille, sois mignonne. Je t'embrasse de toutes mes forces mon petit amour exquis. Sois calme et gentil. Mon amour chéri, je ferai l'impossible pour t'écrire longuement [...] Mon amour, tu es calme maintenant [...] Je t'embrasse partout mon petit Madelon très chéri et te câline bien longtemps pour que tu n'aies plus le cœur gros. »
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