Karel van de Woestijne

Karel van de Woestijne, né à Gand le et mort à Zwijnaarde le , est un écrivain belge d'expression néerlandaise, frère aîné du peintre Gustave van de Woestijne.

Karel van de Woestijne
Karel van de Woestijne par Henri Van Straten (bois, 1937).
Nom de naissance Carolus Petrus Eduardus Maria van de Woestijne
Alias
Carlo
Beaat uut den Hove
Erik Monck
Naissance
Gand (Belgique)
Décès
Zwijnaarde (Belgique)
Auteur
Langue d’écriture néerlandais
Mouvement symbolisme
Genres
poésie, prose

Œuvres principales

  • Het vaderhuis (1903)
  • Janus met het dubbele voorhoofd (1908)
  • De gulden schaduw (1910)

Biographie

Premières années

Le père des Van de Woestijne, un industriel gantois, meurt en 1890. Issu d'une famille bourgeoise, Karel van de Woestijne fait ses études secondaires à l'Athénée royal de Gand, situé à l'Ottogracht. Rétif à y suivre les cours à l'Université de Gand, insoucieux de diplômes mais plus que quiconque assoiffé d'étude, il y étudie cependant la philologie germanique. Il y entre en contact avec le symbolisme français.

Laethem-Saint-Martin

Karel van de Woestijne (par Ramah, 1920)

Son frère Gustave (17 ans) auquel il est très lié, relève de maladie et doit aller en convalescence à la campagne. Leur mère prend l'initiative d'installer, en 1899, ses fils à Laethem. Leur premier logement est une petite maison toute pareille à celle qu'occupe déjà le ménage voisin des Minne. Il y a une autre raison à cette fuite hors de Gand : Karel, pacifiste intransigeant, a horreur de servir dans la garde civique; or, s'il reste en ville, il devra s'astreindre à cette manière de service militaire. Sa retraite pourrait bien être en partie une escapade de réfractaire [1]. Le charme du village agissant, le séjour des deux frères, qui n'était prévu que pour quelques mois, se prolonge. D' à et d' à , Karel réside donc à Laethem-Saint-Martin. Il raconte : « Nous occupions notre propre maison sous la garde d'une servante sévère, imposée par la vigilance de notre maman qui voulait nous éviter une bohème facile et menaçante parce que inspiratrice de paresse. Tout était chez nous propre et ordonné comme chez une vieille bigote. À des heures régulières nous mangions une nourriture soignée et bourgeoise ».

L'un et l'autre sont des esprits raffinés et rares, des êtres d'exception, hypersensibles et naturellement inventifs. Ce sont deux jeunes gens maigres, aux mains longues et fines , aux cheveux bouclés et en désordre, au regard un peu perdu. Gustave est un doux qui a des gestes obliques, des perplexités et des timidités de séminariste. Karel est maladif; il est frileux et squelettique. Tout jeune qu'il est, son visage est déjà ridé ; il a de grosses lèvres pâles, des yeux lourds et cernés.

L'atmosphère lénifiante de Laethem, le silence et un compagnonnage exaltant font plus que jamais oublier à Karel ses cours et ses examens de philologie ; il les abandonne tout de bon et se laisse absorber par ses lectures et ses travaux de poète. Son frère Gustave, qui depuis ses quatorze ans suivait à Gand certains cours de l'Académie, se met à peindre en dehors de tous préceptes [2].

Portrait

Déjà au physique le personnage est étrange : chevelure broussailleuse, grands yeux proéminents et cernés, lèvres charnues, visage fripé. Même jeune, il porte en lui quelque chose d'âgé : on le croirait chargé d'une longue et douloureuse vie antérieure. Élancé et décharné, il a l'aspect de quelque lord anglais et (...) d'un dandy. il souffre d'une maladie de peau dont il n'est jamais parvenu à se guérir; son épiderme est sec, grisâtre; il se desquame.

À l'époque où il élit domicile à Laethem, c'est un artiste à cheveux longs, à barbiche et à moustaches fines, mais plus tard il montre une face glabre, basanée, où l'amertume et la fatigue de vivre se sont inscrites en rides profondes. Quand il tend la main  une main osseuse et extraordinairement longue, à la peau rêche  on a l'impression de serrer un oiseau prêt à se débattre et à s'envoler. Toujours il semble se trouver ailleurs que là où il est. Sa voix vient de loin.

C'est un ascète, émacié, qui tremble éternellement de froid. Il est distrait, secret, plongé dans ses études et ses rêveries. Sa chambre de travail est surchauffée, pour travailler il s'enveloppe de plaids, ferme en plein jour les volets de sa chambre et allume sa lampe à pétrole. C'est un homme de nuit [3].

Son parcours

Gustave van de Woestyne - Portrait de Karel van de Woestyne (1878-1929) - Bibliothèque Royale de Belgique - S.IV 485
1896-1901 : collabore à la revue d'art Van Nu en Straks (deuxième série)
En 1902, s'ouvre à Bruges une exposition intitulée Les Primitifs flamands, de van Eyck à Breughel[réf. nécessaire] qui impressionnera durablement George Minne et les artistes du premier groupe. De cette manifestation Karel Van de Woestijne fait un compte-rendu qui attire sur lui l'attention des artistes et des lettrés ; d'autre part, il publie ses Laethemsche brieven over de lente[4].
1903 : publie son premier recueil de poèmes, Het vaderhuis[5]. Il collabore au magazine Vlaanderen (1903-1907).
1905 : publie De boomgaard der vogelen en der vruchten[6].
1906 : quitte Laethem pour Ixelles. Il devient le correspondant du Nieuwe Rotterdamsche Courant à Bruxelles. Il est secrétaire de rédaction du magazine "Vlaanderen".
1908 : publie Janus met het dubbele voorhoofd[7].
1910 : publie Kunst en geest in Vlanderen[8] et De gulden schaduw[9].
1912-1914 : Interludiën I en II
1913 : entreprend la rédaction d'un roman épistolaire à clefs, De leemen torens[10]; plusieurs de ses compagnons de Laethem lui servent de modèles.
1918 : publie De bestendige aanwezigheid[11] et Goddelijke verbeeldingen[12].
1920 : publie De modderen man[13]. Après avoir été fonctionnaire au ministère des Beaux-Arts, il enseigne à Gand, entre 1920 et 1929, l'histoire de la littérature néerlandaise.
1924 : publie Zon in de rug[14].
1925 : publie Beginselen der chemie.[15].
1926 : publie Het menschelijk brood[16], God aan zee[17]. et Het zatte hart[18].
1928 : publie Het bergmeer[19], De schroeflijn [20] et Opstellen over plastische en literaire kunst[21]. Gustave Van de Woestijne dessine un portrait de son frère Karel.
1929 : Ayant à peine dépassé la cinquantaine, Karel Van de Woestijne meurt à Zwijnaarde[22].

Œuvres

Prose

  • Janus met het dubbele voorhoofd
  • Afwijkingen
  • Goddelijke verbeeldingen
  • De bestendige aanwezigheid

Poésie symbolico-impressionniste

  • Het vaderhuis
  • De boomgaard der vogelen en der vruchten
  • De gulden schaduw

Triptyque spiritualiste

  • De modderen man
  • God aan zee
  • Het bergmeer

Critiques d'art et essai littéraire

  • De Vlaamsche primitieven : hoe ze waren te Brugge
  • Kunst en geest in Vlaanderen
  • Over schrijvers en boeken (1933-1936)

Poésie épique

  • Interludiën I en II
  • Zon in de rug

Roman épistolaire en collaboration avec Herman Teirlinck

  • De Leemen Torens. Vooroorlogse kroniek van twee steden

Récompenses et distinctions

Traductions

Adaptation cinématographique

En 1963, Emile Degelin a réalisé une adaptation cinématographique de la nouvelle De boer die sterft La Mort du paysan ») extraite du recueil De bestendige aanwezigheid.

Notes et références

  1. Plus tard, quand il jouera un rôle de premier plan dans la littérature flamande, il dira aussi qu'il a été attiré au village de Laethem par la présence de George Minne envers qui il nourrissait une déférente admiration.
  2. Paul Haesaerts 1982, p. 69-70
  3. Paul Haesaerts 1982, p. 73/120
  4. Lettres printanières de Laethem.
  5. La maison paternelle.
  6. Le verger aux oiseaux et aux fruits.
  7. Janus au double front
  8. Art et esprit en Fandre.
  9. L'ombre dorée.
  10. Les tours d'argile.
  11. La présence perpétuelle (traduit du néerlandais par Pierre Brachin, dans Anthologie de la prose néerlandaise. Belgique I, Aubier, 1966).
  12. Images du divin.
  13. L'homme de boue.
  14. Soleil dans le dos
  15. Principes de base de chimie.
  16. Le pain de l'Homme.
  17. Dieu aux océans.
  18. Le cœur ivre
  19. Le lac des montagnes
  20. L'hélicoïde.
  21. Écrits sur l'art plastique et littéraire.
  22. Paul Haesaerts 1982, p. 19-24

Voir aussi

Bibliographie

  • Paul Haesaerts, Laethem-Saint-Martin : Le village élu de l'art flamand, Anvers, Fonds Mercator, , 523 p.
  • André De Ridder, Laethem-Saint-Martin, colonie d'artistes, Bruxelles, Lumière, , 381 p.

Articles connexes

Liens externes

Sources

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