Jacques Alleman

François-Jacques Laussus Marie Alleman, dit Jacques Alleman, né le à Bordeaux, mort le à Nœux-les-Mines, est un architecte français.

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Béthune, l'ancien beffroi, et l'Hôtel de ville construit par Jacques Alleman

Marqué d'abord par le régionalisme, il s'est affirmé comme un architecte Art déco, avec un goût prononcé pour un symbolisme probablement lié à son appartenance à la franc-maçonnerie.

Biographie

Jacques Alleman est originaire de Bordeaux, il est le frère aîné de Jeanne Alleman (1885-1938), dite Jean Balde, et le petit-neveu de l'érudit gascon Jean-François Bladé (1827-1900).

Il fait ses études à l'école des beaux-arts de Bordeaux, puis de Paris, dans l’atelier de Jean-Louis Pascal, jusqu'en 1909, puis il réside à Lausanne jusqu'en 1914 où il est mobilisé au 418e régiment d'infanterie suivant le décret du . Il sert aux armées de 1915 à 1919 et connaît les champs de bataille d'Ypres, de Verdun, des batailles de la Somme et de l'Aisne.

Le , il est démobilisé. Sergent de réserve dès 1906, il reçoit la croix de guerre, la médaille de la victoire et la médaille commémorative pour ses actions héroïques pendant la Grande Guerre

En 1919, il s'installe, avec ses confrères Léon Guthmann et Marcel Gillon, dans le Pas-de-Calais à Béthune puis à Nœux-les-Mines, région dans laquelle il a combattu et où il se marie avec Marie-Joséphine-Germaine Lafon, originaire de Saint-Puy (Gers), dont il a deux enfants.

Il participe à la reconstruction de Béthune[1] sous la direction de Louis Marie Cordonnier. On lui doit notamment l'hôtel de ville de Béthune et un certain nombre de maisons particulières de la Grand'Place. Il adopte un style régionaliste et expressionniste[2]. Il obtient plusieurs médailles à l'exposition des arts décoratifs de Paris, qui lance le style du même nom. Son œuvre est toujours marquée par une symbolique ésotérique, inspirée par la franc-maçonnerie.

Parallèlement, et certainement en relation avec son appartenance à l'Union nationale des combattants (UNC), principale organisation d'anciens combattants, il construit de très nombreux monuments aux morts. Notamment, il édifie presque tous les monuments commémoratifs de la ville de Lille où il s'installe en 1931. Il participe alors activement au programme des grands travaux lancé la même année par Roger Salengro.

Il y dessine en particulier un projet de lycée à bâtiments dispersés, qui aurait dû remplacer le lycée Faidherbe, et qui aboutit à la construction de l'Institut Diderot, vaste ensemble qui réunit l'école pratique César-Baggio et l'école primaire supérieure Benjamin-Franklin. Il s'est associé à Émile Dubuisson pour participer au concours de la cité hospitalière de Lille.

Sa dernière œuvre connue est l'église Notre-Dame-des-Arts, bâtiment éphémère destiné à l'exposition du Progrès Social, organisée à Lille en 1939. La seconde période de son activité est marquée par le style Art déco.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie à Bordeaux. Probablement déjà gravement malade, il rejoint Nœux-les-Mines où il meurt peu de temps après, le .

Œuvres

Motif décoratif, institut Diderot à Lille (aujourd'hui lycée Baggio)

Reconstruction de Béthune :

  • Immeuble 24 place du Beffroi, 1921 [3]
  • Immeubles 8-10 place du Beffroi, 1920 [4]
  • Ancienne librairie Fournier 34 rue Grosse-Tête ; 2, 4 rue des Treilles 1923 [5]
  • Hôtel de Ville, 1928 [6]
  • Monument aux morts, 1928[7]

Monuments commémoratifs de la Grande Guerre à Lille[8] :

Autres projets

Notes et références

Sources

  • Jacques Monférier, Jean Balde, Bordeaux, Mollat, 1997

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, Marie-Madeleine Lauprete, Nathalie Serin, Frédéric Paillot, Gilles Durand, Escapades autour de Lille (architectures)

Liens externes

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