Herz und Mund und Tat und Leben

Le cœur et la bouche et l'action et la vie

Cet article concerne également le choral « Jésus que ma joie demeure ». Pour le roman de Jean Giono, voir Que ma joie demeure. Pour le spectacle d'Alexandre Astier, voir Que ma joie demeure !.

Cantate BWV 147
Herz und Mund und Tat und Leben
Titre français Le cœur, et la bouche, et l'action, et la vie
Liturgie Visitation de la Vierge Marie
Date de composition 1723
Auteur(s) du texte
Salomon Franck 1717
6 et 10: Martin Jahn 1661
Texte original
Traduction de J-P. Grivois, note à note

Traduction française interlinéaire

Traduction française de M. Seiler
Effectif instrumental
Soli : S A T B
chœur SATB
Trompette, hautbois I/II, hautbois d'amour, hautbois da caccia I/II, violon I/II, alto, continuo
Partition complète [PDF]

Partition Piano/Voix [PDF]
Informations et discographie (en)
Informations en français (fr)

Commentaires (en)

Herz und Mund und Tat und Leben (Le cœur, et la bouche, et l'action, et la vie) (BWV 147) est une cantate religieuse de Jean-Sébastien Bach jouée à Leipzig le vendredi à l'occasion de la fête de la Visitation de la Vierge Marie.

Le choral qui conclut les deux parties de cette cantate bénéficie d'une notoriété particulière : son thème est connu pour avoir été transcrit à de multiples reprises, notamment au piano sous les nom de Jésus que ma joie demeure.[1].

Structure et instrumentation

Elle existait déjà dans une version légèrement différente, référencée BWV 147a, datant de l'époque de Weimar et exécutée le dimanche , en la chapelle du château ducal. La pièce est écrite pour trompette, deux voix de hautbois, deux voix de violons, un hautbois d'amour, deux voix de hautbois da caccia (ou « hautbois de chasse »), une viole, une basse continue, quatre solistes et un chœur à quatre voix mixtes (soprano, alto, ténor et basse). Elle est composée de dix mouvements, dont le dernier constitue la pièce la plus célèbre : le chœur « Jesus bleibet meine Freude », connu en français sous le nom « Jésus, que ma joie demeure » alors qu'il s'agit d'un contresens : le sens littéral correspond à l'affirmation : « Jésus demeure [reste / continue à être / restera toujours] ma joie »[2].

  • Première partie
    • 1. Chœur : Herz und Mund und Tat und Leben (« Le cœur et la bouche et les actes et la vie »)
    • 2. Recitativo : Gebenedeiter Mund! (« Ô lèvres bénies ! »)
    • 3. Aria : Schäme dich, o Seele nicht (« N'aie point honte, ô mon âme »)
    • 4. Recitativo : Verstockung kann Gewaltige verblenden (« L'endurcissement peut aveugler les puissants »)
    • 5. Aria : Bereite dir, Jesu, noch itzo die Bahn (« Prépare-toi la voie, ô Jésus, dès maintenant »)
    • 6. Chœur : Wohl mir, daß ich Jesum habe (« Quel bonheur que Jésus soit avec moi »)
  • Seconde partie
    • 7. Aria : Hilf, Jesu, hilf, daß ich auch dich bekenne (« Aide-moi, Jésus, aide-moi, pour qu'à ton retour je te confesse »)
    • 8. Recitativo : Der höchsten Allmacht Wunderhand (« La main miraculeuse de la plus haute puissance »)
    • 9. Aria : Ich will von Jesu Wundern singen (« Je chanterai les miracles de Jésus »)
    • 10. Chœur : Jesus bleibet meine Freude, Meines Herzen Lust und Saft (« Jésus demeure ma joie, Consolation et sève de mon cœur »)

Fichier audio
Jesus bleibet meine Freude
Jesus bleibet meine Freude, interprété par l'Orchestre Gli Armonici
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Musique

Le chœur d'ouverture restitue l'ensemble du texte en trois sections, la troisième étant une reprise de la première, la deuxième n'étant elle-même pas très différente de caractère. Une sinfonia instrumentale se fait entendre au début et à la fin et aussi, légèrement modifiée, dans les trois sections avec le chœur. De façon très contrastée, les trois sections se concluent avec une partie accompagnée du seul continuo. Les première et troisième sections commencent avec une fugue et les instruments colla parte. Le sujet de la fugue souligne le mot « Leben » d'un mélisme couvrant trois mesures. La soprano entame le thème, l'alto entre juste une mesure plus tard, le ténor deux mesures plus tard, puis la basse une mesure plus tard, la rapide succession entraînant une musique animée comme une bonne image de la vie. Dans la troisième section, le modèle des entrées est le même mais il part des voix les plus basses au plus aigües.

Les trois récitatifs sont écrits différemment, le premier accompagné d'accords des cordes, le deuxième par le continuo, le troisième comme un récitatif accompagnato des deux hautbois da caccia qui ajoutent un motif expressif durable, seulement interrompu par l'annonce des mouvements de l'enfant dans le ventre (« Hüpfen ») qu'ils sont précisément en train de représenter.

Les trois arias de la cantate originale sont écrites pour voix et instruments solo (3, 5) ou seulement continuo alors que la dernière aria qui rapporte les miracles de Jésus est accompagnée de tout l'orchestre.

Les mouvements de choral 6 et 10 qui terminent les deux parties de la cantate ont la même musique basée sur la mélodie de Johann Schop, « Werde munter, mein Gemüthe », une mélodie que Bach a aussi utilisée dans sa Passion selon saint Matthieu sur les mots « Bin ich gleich von dir gewichen » (#40). Le simple choral à quatre voix est inséré dans une disposition de tout l'orchestre, dominé par un motif pastoral de triolet dérivé de la première ligne de la mélodie du choral[3]. Ce mouvement est très largement connu de par plusieurs arrangements et transcriptions, notamment pour le piano, quoi que le titre fréquemment employé, "Jésus, que ma joie demeure!", est en fait erroné, transformant l'affirmation de l'original ("Jésus demeure ma joie") et un voeu.[4]

Source

Notes et références

  1. Alexandre Sorel, « Travailler "Jésus, que ma joie demeure..." », La Lettre du Musicien - Supplément Piano 2011-2012, (lire en ligne)
  2. Cantagrel 2010, p. 1141.
  3. Lemaître 1992, p. 95.
  4. Cantagrel 2010, p. 1139-1141.

Voir aussi

Bibliographie

  • Marc Honegger, « Herz und Mund und Tat und Leben... », dans Marc Honegger et Paul Prévost (dir.), Dictionnaire des œuvres de la musique vocale, t. II (G-O), Paris, Bordas, , 2367 p. (ISBN 2040153950, OCLC 25239400, notice BnF no FRBNF34335596), p. 873–874.
  • Edmond Lemaître (dir.), Guide de la musique sacrée et chorale, l'âge baroque 1600–1750, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 828 p. (ISBN 2-213-02606-8, OCLC 708322577, notice BnF no FRBNF36654339), p. 94–95.
  • Gilles Cantagrel, Les Cantates de J.-S. Bach : textes, traductions, commentaires, Paris, Fayard, , 1664 p. (ISBN 978-2-213-64434-9, OCLC 690686903), p. 1134–1141.

Articles connexes

Liens externes

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