Chromobacterium violaceum

Chromobacterium violaceum est un coccobacille anaérobie facultatif non sporulé à Gram négatif présent naturellement dans l'eau et le sol des régions tropicales et subtropicales du globe. Il produit un antibiotique naturel appelé violacéine, qui pourrait avoir des applications contre des cancers, notamment le cancer du côlon[2].

Chromobacterium violaceum
Culture sur gélose de C. violaceum.
Classification
Règne Bacteria
Embranchement Proteobacteria
Classe Betaproteobacteria
Ordre Neisseriales
Famille Neisseriaceae
Genre Chromobacterium

Espèce

Chromobacterium violaceum
Bergonzini 1880[1]

Synonymes

  • Chromobacterium manilae
    (Krasil'nikov) Leifson 1956
  • Chromobacterium laurentium
    (Migula) Leifson 1956
  • Chromobacterium janthinum
    (Zopf) Ford 1927

Cette bactérie se développe facilement sur l'agar-agar en produisant de petites colonies lisses et convexes aux reflets violets sombres en raison de la production de violacéine. Son génome complet a été publié en 2003[3]. Elle est capable de dégrader les dépôts de goudron[4].

Elle peut fermenter le glucose, le tréhalose, la N-acétylglucosamine et le gluconate, mais pas le L-arabinose, le D-galactose et le D-maltose. Elle présente une résistance élevée à de nombreux antibiotiques.


"Quorum sensing"

C. violaceum possède la capacité des détecter ("sensing") les particuliers conditions environnementales qui l'entourent comme la disponibilité des nutriments et la densité de la communauté bactérienne ("quorum") parmi des molécules diffusibles appelées auto-inducteurs. Le quorum sensing est un élément fondamental dans la production de violacéine, depuis que la synthèse de ce pigment est une adaptation dynamique déclenchée par l’acyl-HSL, un auto-inducteur produit surtout par des bactéries Gram-négatifs (par exemple la souche PAO1[5] de Pseudomonas aeruginosa).

L’étude du quorum sensing est très importante dans le domaine médical e pathologique, puisque ce mécanisme est souvent utilisé par des bactéries initialement inoffensives qui attendent seulement de détecter une densité suffisamment élève de leur communauté pour commencer à exprimer des phénotypes virulentes, en étant capable de combattre le système immunitaire de l'hôte.

Notes et références

  1. (en) Référence NCBI : Candidatus Chromobacterium violaceum (taxons inclus)
  2. (en) Liudmila L. Kodach, Carina L. Bos, Nelson Durán, Maikel P. Peppelenbosch, Carmen V. Ferreira et James C.H. Hardwick, « Violacein synergistically increases 5-fluorouracil cytotoxicity, induces apoptosis and inhibits Akt-mediated signal transduction in human colorectal cancer cells », Carcinogenesis, vol. 27, no 3, , p. 508-516 (lire en ligne) DOI:10.1093/carcin/bgi307 PMID 16344270
  3. (en) Brazilian National Genome Project Consortium, « The complete genome sequence of Chromobacterium violaceum reveals remarkable and exploitable bacterial adaptability », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 100, no 20, , p. 11660–11665 (lire en ligne) DOI:10.1073/pnas.1832124100 PMID 14500782
  4. (en) A. Y. Itah et J. P. Essien, « Growth Profile and Hydrocarbonoclastic Potential of Microorganisms Isolated from Tarballs in the Bight of Bonny, Nigeria », World Journal of Microbiology and Biotechnology, vol. 21, nos 6-7, , p. 1317-1322 (lire en ligne) DOI:10.1007/s11274-004-6694-z
  5. Charles F. Sio, Linda G. Otten, Robbert H. Cool et Stephen P. Diggle, « Quorum quenching by an N-acyl-homoserine lactone acylase from Pseudomonas aeruginosa PAO1 », Infection and Immunity, vol. 74, no 3, , p. 1673–1682 (ISSN 0019-9567, PMID 16495538, PMCID PMCPMC1418629, DOI 10.1128/IAI.74.3.1673-1682.2006, lire en ligne, consulté le )

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