Carrare (Italie)

Carrare (en italien Carrara) est une ville d'environ 65 000 habitants, située dans la province de Massa-Carrara en Toscane, située entre le nord et le centre de l'Italie.

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Carrare
Noms
Nom italien Carrara
Administration
Pays Italie
Région Toscane 
Province Massa-Carrara 
Maire Angelo Andrea Zubbani
Code postal 54033
Code ISTAT 045003
Code cadastral B832
Préfixe tel. 0585
Démographie
Gentilé Carrarini (en dialecte)
Carraresi
Carrarais/e (en français)
Population 65 573 hab. (31-12-2010[1])
Densité 924 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 00″ nord, 10° 06′ 00″ est
Altitude Min. 100 m
Max. 100 m
Superficie 7 100 ha = 71 km2
Divers
Saint patron San Ceccardo
Fête patronale 16 juin
Localisation

Localisation dans la province de Massa-Carrara.
Géolocalisation sur la carte : Toscane
Carrare
Géolocalisation sur la carte : Italie
Carrare
Géolocalisation sur la carte : Italie
Carrare
Liens
Site web SIte officiel

    La ville de Carrare est mondialement connue pour ses carrières de marbre exploitées depuis l'époque romaine.

    Géographie

    Localisation

    Vue aérienne de Carrare, photo prise à 35 000 pieds.

    Située sur le flanc des Alpes apuanes, entre les Apennins et la mer Ligure, la ville s'est développée entre son centre-ville historique et le bord de mer industrialisé et touristique.

    De haut en bas, sur la photographie :

    • le massif montagneux avec les affleurements de marbre dus aux carrières ;
    • la ville traversée par le torrent Carrione ;
    • la Marina de Carrare sur le bord de mer.

    Hameaux

    Les frazioni de Carrare sont Avenza, Bedizzano, Bergiola, Castelpoggio, Codena, Colonnata, Fontia, Fossola, Gragnana, Marina di Carrara, Miseglia, Noceto, Sorgnano et Torano.

    Communes limitrophes

    Les communes attenantes à Carrare sont : Fivizzano, Fosdinovo, Massa, Ortonovo (La Spezia) et Sarzana (La Spezia).

    Histoire

    Préhistoire et époque romaine

    Les premières traces d'occupation humaine du territoire remontent au IXe siècle av. J.-C.. La région est habitée par les Apuani et est soumise par les Romains au IIe siècle av. J.-C., sous le commandement de Publius Cornelius Cethegus et de Marcus Baebius Tamphilus. Les Romains établissent le port de Luna, en partie pour transporter le marbre des carrières de Torano (Carrare) (it), Miseglia (it), et Colonnata (Carrare).

    Époque médiévale

    Le territoire de la commune est possession byzantine, puis lombarde, avant d'être donné en 963 par Otton Ier à l'évêché de Luni. Au XIVe siècle, la ville passe successivement sous contrôle des républiques de Pise, Lucques, Florence, et finalement aux Visconti jusqu'en 1402[2].

    De la Renaissance au XXe siècle

    Palais Cybo Malaspina.

    À la fin du XVe siècle, Carrare passe aux Malaspina qui prennent le titre de seigneurs de Carrare. Dans les années qui suivent, par le jeu des alliances et des mariages, Carrare fait partie du duché de Massa et Carrare. Au milieu du XVIIIe siècle, la jeune souveraine Marie-Thérèse Cibo de Malaspina se consacre aux réformes économiques et au développement culturel de la ville, avec en particulier la fondation de l'Académie des beaux-arts de Carrare.

    En 1796, les villes de Carrare et Massa sont annexées par Napoléon à la République cispadane, à la République cisalpine en 1797, à la République italienne en 1802, et au royaume d'Italie en 1805. En 1806, le duché de Massa et Carrare passe sous le contrôle de la principauté de Lucques et Piombino, donnée par Napoléon à sa sœur Élisa Bonaparte et à son mari. À la suite du congrès de Vienne (1815), Carrare redevient principauté avec à sa tête Marie-Béatrice d'Este, duchesse de Massa et princesse de Carrare. En 1829, à la mort de cette dernière, le petit état est annexé au duché de Modène et Reggio, possession de son fils François IV de Modène.

    En 1861, avec l'unification italienne, Carrare fait partie du royaume d'Italie (1861-1946), puis, en 1946, de la République italienne.

    Mouvement syndical, anarchisme et fascisme au XXe siècle

    Monument à Alberto Meschi, place Antonio-Gramsci à Carrare.

    À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les ouvriers des carrières de marbre sont parmi les premiers en Europe à s’organiser pour obtenir de meilleures conditions de travail. En 1913, les carriers, soutenus par le syndicaliste et anarchiste Alberto Meschi (it), obtiennent une réduction de leurs heures de travail journalier de douze à six heures et demie. Le texte du piédestal du monument à Alberto Meschi, place Antonio-Gramsci, rappelle son rôle dans les luttes ouvrières de la ville :

    « Nessuno di noi dimentichi che questo marmo tribolato / ha nome libertà fratellanza fede di / Alberto Meschi / anarchico e sindacalista / costruttore di tempi migliori / magnifico operaio fra operai e reietti / cuore aperto alle ferite dell'uomo e della società / conquistò per cavatori e minatori / la riduzione della giornata lavorativa / sulle nostre terre / e per i puri all'alba della sua onestà / irradia da qui un sole che non vedrà mai tramonti / il popolo di Carrara. »

    La chute des commandes en raison de la Première Guerre mondiale et l’absence de reconversion en industrie de guerre met la population ouvrière de Carrare dans une situation particulièrement précaire[3]. En , la camera del lavoro (organisation syndicale) demande une augmentation de salaire pour les ouvriers du marbre. L'augmentation est accordée après la grève du [4].

    Parallèlement au développement de l'organisation syndicale, le mouvement anarchiste s'implante à Carrare à la fin du XIXe siècle, le premier en Italie[5]. En 1894, les actions du mouvement donnent lieu à de violentes confrontations avec les autorités[6], qui se poursuivent au XXe siècle pendant la période fasciste.

    La fin de la Première Guerre mondiale est marquée par le retour de l'activité syndicale et par l'arrivée du mouvement fasciste dans la région. En , un groupe fasciste est créé à Carrare, dirigé par Renato Ricci (it), natif de la ville, et soutenu par les chefs d'entreprise[4]. S'ensuit une série de conflits entre les groupes fascistes d'une part et les socialistes, communistes et anarchistes d'autre part. Les locaux syndicaux sont saccagés, les documents brûlés, les anti-fascistes attaqués ou assassinés. En 1922, la camera del lavoro est supprimée. En novembre de la même année, le parti fasciste gagne les élections municipales.

    Démographie

    Évolution de la population de Carrare de 1861 à 2011
    1861 1871 1881 1901
    18 34423 32630 14341 919
    1911 1921 1931 1936
    49 49253 29258 76959 031
    1951 1961 1971 1981
    62 28764 90167 75868 702
    1991 2001 2011 -
    67 19765 03464 689-
    (Source : I.Stat)

    Administration

    Les maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    2002 2007 Giulio Conti    
    2007 En cours Angelo Zubbani SDI  
    Les données manquantes sont à compléter.

    Jumelages

    Économie

    Carrières de marbre de Carrare.

    L'économie de la ville repose sur l'exploitation de ses carrières de marbre, très blanc et à grain fin, utilisé en sculpture et en architecture depuis l'Antiquité romaine.

    Culture

    • Une de ses frazioni, nommée Colonnata, produit une charcuterie connue sous la dénomination de Lardo di Colonnata, qui bénéficie depuis 2004 du label européen IGP.
    • La biennale internationale de sculpture s'y est déroulée de 1957 à 2010, attirant des artistes du monde entier pour venir sculpter le marbre local[7].
    • La ville se situe à km de la cité antique de Luni, port important sous l'Empire romain par où transitait le marbre.

    Monuments et patrimoine

    Place Alberica.
    • Le Duomo, édifice roman-gothique (XIe siècle-XIVe siècle) construit en marbre de Carrare, d'influence pisane : il présente des arcades et une splendide rosace au centre de la façade[8].
    • Le Palais Cybo Malaspina (it), siège de l'Académie des beaux-arts depuis 1810, sur décision d'Élisa Bonaparte[9].
    • La place Alberica (it) avec la fontaine du Lion surmontée de la statue de Marie-Béatrice d'Este[10].
    • La place Antonio-Gramsci (it).
    • Les carrières de marbre : on peut en visiter certaines notamment celle de Fantiscritti. Nombre d'œuvres et de monuments mondialement connus proviennent de ces carrières, comme le David de Michel-Ange ou la tour de Pise[11].

    Sports

    Personnalités liées à Carrare

    Personnalités nées à Carrare
    Personnalités ayant vécu à Carrare et ayant contribué à l'essor de la ville
    • William Walton (1796-1872), entrepreneur anglais, arrivé à Carrare en 1840 et ayant introduit de nouvelles méthodes de traitement du marbre[12].

    Notes et références

    1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
    2. (it) « Carrara », sur Encyclopédie Treccani (consulté le ).
    3. (it) « Sindacalismo, anarchismo e lotte sociali a Carrara dalla prima guerra mondiale all’avvento del fascismo », sur https://www.academia.edu, (consulté le ).
    4. (it) « Cronologia Fascismo e Antifascismo a Massa Carrara », sur http://www.istitutostoricosocialeapuano.it (consulté le ).
    5. (it) Ugo Fedeli, Anarchismo a Carrara e nei paesi del marmo, dall’Internazionale ai moti del 1894, Carrare, La Cooperativa Tipolitografica Editrice, , 256 p..
    6. (en) « A Stronghold of Anarchists; Italy's Action in Respect to Carrara Fully Justified. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
    7. (it) « La storia dell'ultima Biennale è in mostra a Carrara, nelle sale di Vôtre », sur https://www.finestresullarte.info, (consulté le ).
    8. (it) Claudio Pesci, Toscana: guida completa della Regione, Bonechi Edizioni "il Turismo", 240 p. (ISBN 978-88-7204-491-9), p. 127
    9. (it) « Storia - Cenni storici », sur www.accademiacarrara.it (consulté le ).
    10. Site officiel.
    11. (it) Claudio Pesci, Toscana: guida completa della Regione, Bonechi Edizioni "il Turismo", 240 p. (ISBN 978-88-7204-491-9), p. 128
    12. Carraraonline (en italien)

    Annexes

    Articles connexes

    Liens externes

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