Afre d'Augsbourg

Afre d'Augsbourg, en allemand Afra († 304 à Friedberg) est une martyre du IIIe siècle qui vivait dans l'actuelle Bavière. Elle est depuis 1064 une sainte de l'Église catholique commémorée le 5 août.

Le contexte religieux

Le christianisme ne se propagea que lentement dans l'Imperium Romanum. Les chrétiens entrèrent bientôt en conflit avec les autorités romaines parce qu'ils refusaient de s'adonner au culte de l'empereur. La persécution des chrétiens connut plusieurs phases sous l'Empire romain, et ne prit une fin définitive en 313 qu'avec l'édit de Milan. Les dissidents religieux juifs et chrétiens, lorsqu'ils pouvaient être confondus, étaient condamnés à mort. Pour autant, le christianisme gagnait les provinces de l'empire. C'est ainsi qu'au IIIe siècle, on trouvait des chrétiens jusque dans les villes d'Augsbourg (Augusta Vindelicorum) et de Ratisbonne (Castra Regina), en Germanie supérieure.

Hagiographie

Il n'y a pratiquement rien d'assuré concernant la vie d'Afre d'Augsbourg, car tout ce qu'on sait d'elle repose sur une tradition orale. Après l'assassinat de son mari, un roi de Chypre, une femme, révérée par la suite comme sainte Hilaire d'Augsbourg[1], quitta le pays avec sa fille Afre. Destinée par ses origines chypriotes à devenir prêtresse de la déesse Vénus, Afre, vivant comme prostituée, prit le chemin d'Augsbourg en passant par Rome. L'évêque Narcisse, qui aurait échappé aux persécutions anti-chrétiennes en se réfugiant chez elle, l'aurait initiée à la nouvelle religion. Afre se convertit au christianisme et elle est baptisée par l'évêque. Sa conversion est bientôt révélée et elle est jugée. Afre ayant confirmé son adhésion à la religion dissidente, elle est condamnée au bûcher. L'exécution aurait eu lieu sur une île de la Lech. Selon une autre tradition, Afre aurait été attachée à un arbre et décapitée. En 1993, Bernhard Schimmelpfennig a démontré que le nom d'Afre résulte d'une transcription incorrecte du nom masculin Afer.

Hommages

Sarcophage du Bas-Empire, dit de sainte Afre, entreposé dans l'ancienne basilique bénédictine Saint-Ulrich-et-Afre (Augsbourg, Bavière Souabe).

L'église Sainte-Afre des Champs de Friedberg, aux portes d'Augsbourg, a été édifiée à l'endroit même où, selon la tradition, Afre fut exécutée. Venance Fortunat, le célèbre poète mérovingien, évoque vers 572 sainte Afre comme un sanctuaire et un pèlerinage franc. L'église fut détruite lors d'un raid des Magyars en 955 (cf. l'article Ulrich d'Augsbourg pour plus de détails).

Afre fut canonisée en 1064. Elle est fêtée le 7 août par les catholiques. Sainte Afre est la patronne de la ville et du diocèse d'Augsbourg (avec saint Ulrich et saint Simpert). Elle est invoquée par les pénitentes, les filles de joie repenties et en cas d'incendie.

Iconographie

Afre est généralement représentée couronnée avec la palme des martyrs, attachée à un poteau sur un bûcher. Ses attributs sont le poteau et le feu. Dans de rares cas, on y adjoint aussi une pomme de pin.

Son martyre est représenté sur l'autel Sainte-Afre de la basilique Saint-Ulrich-et-Sainte-Afre d'Augsbourg, œuvre de Hans Degler et Elias Greither (1607).

Reliques

Une relique est conservée à l'intérieur d'une statue de près d'un mètre de haut dans l'église Saint-Jean d'Ebringen-im-Hegau ; mais on ignore comment le culte de sainte Afre gagna Ebringen. Il y a également une fontaine Sainte-Afre ainsi qu'une chapelle Sainte-Afre abandonnée à mi-chemin en allant vers Gottmadingen.

Notes et références

  1. Ökumenisches Heiligenlexikon : Hilaire d'Augsbourg Ökumenisches Heiligenlexikon

Sources

  • Bernhard Schimmelpfennig, War die Heilige Afra eine Römerin?, Cologne-Vienne-Weimar, Vera Lex Historiae. Studien zu mittelalterlichen Quellen. Festschrift für Dietrich Kurze zu seinem 65. Geburtstag, , p. 277 - 303
  • Martha Schad: Afra, Bilder einer Heiligen. Augsbourg 1993; (ISBN 978-3-929246-03-2).
  • Hl. Afra, Katalog zur Ausstellung, Augsburg 2004, (ISBN 978-3-89870-186-0)

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Portail du christianisme
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.