Thomas Erastus
Thomas Erastus ( à Baden - à Bâle) était un médecin et théologien suisse qui soutenait que seul l'État détenait une juridiction et que l'Église ne pouvait en exercer.
Ses thèses dites érastiennes furent soutenues par Hugo Grotius.
Biographie
Erastus étudia la philosophie et la médecine neuf ans. Il fut invité en 1557 par le Prince-Électeur Othon-Henri du Palatinat à devenir professeur de la faculté de médecine de l'Université de Heidelberg. Il y acquit une grande réputation en tant que médecin et enseignant.
Il publie en quatre volumes Disputationes de medicina nova Philippi Paracelsi (1571-1573) où il réclame la peine de mort pour les paracelsiens. Il les dénonce comme hérétiques, magiciens, et empoisonneurs[1].
Fervent défenseur de la Réforme prônée par le théologien suisse Ulrich Zwingli, Erastus fut étroitement associé à son introduction sous le règne de Frédérick III du Palatinat (1559–76).
Dans le débat sur l'Eucharistie, il défendit la thèse de Zwingli selon laquelle la présence du corps du Christ n'est que symbolique dans le pain du sacrement au contraire de Luther qui affirmait sa présence réelle.
La controverse centrale dans la vie d'Erastus vint de son opposition aux calvinistes du Palatinat qui souhaitaient établir un système de discipline de l'Église comparable à celle établie par Jean Calvin à Genève
Quand en 1568 les thèses presbytériennes de gouvernement de l'Église et de pratique de l'excommunication furent présentées à Heidelberg par George Withers, Erastus les réfuta par 75 thèses. Malheureusement pour lui, le Prince soutenait les thèses presbytériennes et ce système fut adopté par décret en 1570.
Pour prix de son opposition, Erastus fut excommunié pour deux années et fut contraint de quitter Heidelberg. À son retour à Bâle il fut nommé professeur de médecine en 1580 puis professeur d'éthique en 1582.
Utilisation polémique du terme
Le terme érastianisme fut utilisé pour la première fois en Angleterre en 1643 par des presbytériens. Il fustige les Églises qui « prostitue[nt] [leur] vertu spirituelle à la raison d'État et au pouvoir temporel »[2].
Érastianisme est aussi un terme polémique pour décrire l'attitude des Églises des sept conciles à l'égard de l'État.
Œuvre
- Thomas Erastus: Repetitio disputationis de Lamiis seu strigibus, Bâle, 1578 (Pouvoir des sorcières et punition qu'elles méritent)
- (la) De cometis, Basel, Peter Perna, (lire en ligne)
Biographie
- (de) Wilhelm Gaß, Albert Schumann, « Erast, Thomas », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 6, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 180-182
- (de) Ruth Wesel-Roth, « Erast, Thomas », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 4, Berlin 1959, Duncker & Humblot, p. 560 (original numérisé).
- « 1472 » dans Johann Heinrich Zedler, Universal Lexicon, vol. 8, Leipzig, (lire en ligne), p. 767
- Friedrich Wilhelm Bautz, « ERASTUS (Lüber), Thomas » dans Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (BBKL), vol. 1, Hamm, (ISBN 3-88309-013-1), col. 1532–1533
Notes et références
- Didier Kahn, Le fixe et le volatil Chimie et alchimie, de Paracelse à Lavoisier, CNRS éditions, , 236 p.
- Edward Palmer Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, Gallimard-Le Seuil, Paris, 1988, p. 36.
Liens externes
- Notices d'autorité :
- Fichier d’autorité international virtuel
- International Standard Name Identifier
- Bibliothèque nationale de France (données)
- Système universitaire de documentation
- Bibliothèque du Congrès
- Gemeinsame Normdatei
- Bibliothèque nationale d’Espagne
- Bibliothèque royale des Pays-Bas
- Bibliothèque nationale de Pologne
- Bibliothèque nationale d’Israël
- Bibliothèque universitaire de Pologne
- Bibliothèque nationale de Catalogne
- Bibliothèque nationale de Suède
- Bibliothèque nationale tchèque
- Bibliothèque nationale du Portugal
- WorldCat Id
- WorldCat
- « Eraste, Thomas » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
- Portail du protestantisme
- Portail du christianisme
- Portail de la Suisse du Nord-Ouest