Turquerie

Une turquerie désigne une œuvre d'art issue de la mode orientaliste développée en Europe de l'Ouest entre les XVIe et XVIIIe siècles, qui représente ou imite différents aspects de l'art et de la culture turques.

Madame de Pompadour peinte en femme turque en 1747 par Charles André van Loo.
Portrait du sultan Mehmed II par Gentile Bellini (vers 1480).

De nombreux pays d'Europe occidentale ont développé à cette période une fascination pour la culture exotique et encore relativement peu connue de la Turquie, qui était au centre de l'Empire ottoman, ce dernier — dans sa globalité — constituant la seule puissance extérieure capable d'exercer une menace militaire sur l'Europe.

L'Occident a vu croître un intérêt pour les produits et les arts en provenance de Turquie, notamment la musique, les beaux-arts et l'architecture. Ce phénomène de mode s'est encore accru à mesure des relations commerciales et diplomatiques entre les Ottomans et les nations européennes, comme en témoigne l'alliance franco-ottomane de 1536. Les ambassadeurs et les négociants, de retour chez eux, racontaient souvent des souvenirs de lieux exotiques mêlés de leurs aventures romancées[1].

L'art européen a souvent reflété cette tendance : la musique, la peinture, l'architecture et les objets artisanaux se sont inspirés des styles turc et ottoman, ainsi que des méthodes de production. Les toiles en particulier représentaient les Ottomans avec des couleurs éclatantes et des forts contrastes, suggérant ainsi leur nature exotique[2].

Histoire du mouvement

Avec les grandes découvertes, entre les XVe et XVIIIe siècles, le nombre de produits exotiques disponibles a explosé, tandis que les Européens pouvaient commencer à imaginer et explorer le monde sur papier à partir des nouvelles cartes géographiques. La tendance à l'exotisme accordait également de la valeur aux choses d'origines lointaines, alors que les Européens tout comme les Ottomans prenaient conscience de leur identité à l'aune du monde extérieur[3]. Progressivement, les Ottomans cessaient d'être perçus par les Européens comme une menace militaire, en dépit de leur occupation continue des Balkans et de campagnes militaires comme le siège et la bataille de Vienne en 1683.

De nouveaux modes de consommation apparaissaient, en particulier depuis que les bateaux de commerce capables de contourner l'Afrique rendaient plus abordables certaines denrées auparavant particulièrement coûteuses. D'autre part, la consommation était également un moyen d'afficher sa position financière, sociale et culturelle[4]. Le café est un tel exemple de production rendue plus populaire par sa “découverte” par les Européens en pays ottoman.

Les turqueries dans la musique

Références

  1. The Metropolitan Museum of Art, p. 236.
  2. Breskin, Isabel. "Amédée Van Loo's Costume turc: The French Sultana." The Art Bulletin, Vol. 78, No. 3. (Sep., 1996), p. 430.
  3. Meyer, Eve R. "Turquerie and Eighteenth-Century Music." Eighteenth-Century Studies, Vol. 7, No. 4. (Summer, 1974), p. 475.
  4. Breskin, "On the Periphery of a Greater World." p. 97.

Sources

Liens externes

  • Portail de la Turquie
  • Portail des arts
  • Portail de l’histoire de l’art
  • Portail de la culture
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.