Tignous

Bernard Verlhac, dit Tignous [tiɲus][1], est un caricaturiste et dessinateur de presse français, né le à Paris[2] et mort assassiné lors de l'attentat contre Charlie Hebdo le , à Paris[3].

Pour les articles homonymes, voir Verlhac.

Biographie

Tignous signifie « petite teigne » en occitan. Ce surnom aurait été choisi par sa grand-mère[4].

Tignous étudie le dessin à l'école de la rue Madame, puis à l'école Boulle[5] avant de commencer à dessiner pour la presse écrite au milieu des années 1970, notamment dans le journal Antirouille destiné aux collégiens et étudiants[6],[7], après un détour par la bande dessinée. Puis il passe dans L'Idiot international de Jean-Edern Hallier (1990), avant de rejoindre La Grosse Bertha, et entre à L'Événement du jeudi[8] (1987-1998). Il collabore à L'Humanité et à L'Humanité Dimanche (1990-2000)[9]. Il dessine pour de nombreuses autres revues et magazines dont les quelques titres suivants donnent l'étendue de ses domaines d'intervention : Antirouille, Charlie Mensuel (1982), Que Choisir ?, Phosphore, La Croix (1981-1995), L'Équipe Magazine, Lire, Alternative libertaire, Télérama, Science et Vie junior, Politis, Rouge, etc.[10]

Par la suite, il devient l'un des collaborateurs de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, où il entre en 1992, de Marianne et de Fluide glacial. Il est également actif dans le milieu du jeu de rôle, réalisant notamment les illustrations de la première édition (celle de la NEF dirigée par Marc Laperlier) du jeu Rêve de dragon, de la première édition de MEGA, et plusieurs illustrations pour le magazine Casus Belli (dirigé par Didier Guiserix)[11],[12].

Fin 2007, avec le journaliste politique et judiciaire Dominique Paganelli, il couvre le (premier) procès d'Yvan Colonna pour le journal Charlie Hebdo[13]. Tous deux en tireront l'année suivante la bande dessinée Le Procès Colonna. L'ouvrage obtient le prix France Info de la bande dessinée d'actualité et de reportage 2009[14].

Père de quatre enfants[15], il meurt le , assassiné par des terroristes se réclamant d'« Al-Qaïda au Yémen », lors de l'attentat contre Charlie Hebdo à Paris.

Il est inhumé au Père-Lachaise le [16] (division 95). Auparavant, le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf a joué au cours de la cérémonie d'hommage qui lui était rendue dans la grande salle de la mairie de Montreuil. Puis ses amis caricaturistes survivants, notamment Khan et Corinne Rey ont recouvert son cercueil de dessins humoristiques au feutre afin que sa passion pour les caricatures le suive sous terre[17].

Par arrêté du , la mention « Victime du terrorisme » est inscrite sur son acte de décès[18].

Hommages

  • En 2016, Oscar Castro et le théâtre Aleph d'Ivry-sur-Seine créent Tignous, hasta siempre !, « une pièce “sans début et sans final”, remplie de “scènes de l'absurde”, qui veut s'“approcher des bandes dessinées qu'[il] nous a offertes dans sa vie” »[19],[20].
  • En 2017, la ville de Montreuil crée un « prix Tignous » en hommage au dessinateur[21].
  • En 2017, une séquence lui est consacrée dans le film Satire dans la campagne de Marc Large et Maxime Carsel.

Publications

Caricature de Tignous en Une d'Alternative libertaire en 2008.

Autres

Notes et références

  1. Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API.
  2. Vidéo de la cérémonie d'hommage à la mairie de Montreuil
  3. « Attentat à Charlie Hebdo : Tignous, discret mais féroce », Le Parisien, (lire en ligne)
  4. « Cabu, Tignous, Charb... l'hommage de la Bnf vu par le dessinateur Jean Dobritz », sur Le Figaro (consulté le ).
  5. Marion Dubreuil, « « C'est l'homme qu'il était qui faisait le dessinateur », confie l'épouse de Tignous », sur rtl.fr, (consulté le ).
  6. Lancêtre, « Antirouille : un journal pour les jeunes... », sur mediapart.fr, (consulté le ).
  7. Old Paplard', « Antirouille, mensuel pour les djeunes - À la mémoire de Tignous, assassiné par deux abrutis », sur vieux-papiers.over-blog.com, (consulté le ).
  8. « Cabu, Tignous, Wolinski, Charb, Honoré, 5 dessinateurs victimes du terrorisme », L'express, (lire en ligne).
  9. Dico Solo, Plus de 5000 dessinateurs de presse & 600 supports en France de Daumier à l'an 2000, AEDIS, Vichy, 2004, notice « Tignous », p. 834-835.
  10. Dico Solo, ibid. Solo, lui-même dessinateur de presse, liste pour la période 1977-2000 plus de 60 titres de presse où Tignous a été publié.
  11. Olivier Caïra, Jeux de rôle : les forges de la fiction, CNRS éd., 2007 (ISBN 227106497X et 9782271064974), p. 16.
  12. Voir sur legrog.org.
  13. « Yvan Colonna : un procès, un condamné, une BD », article du journal Corse Matin, du 12 juin 2008.
  14. Lauréats du prix France Info, site de la radio France Info, du 10 août 2014.
  15. Yann Plougastel, « Tignous, dessinateur à l'imagination fertile et corrosive », Le Monde, (consulté le ).
  16. Ouest-France, édition du 13 janvier 2015.
  17. Claire Courbet, « Charlie Hebdo: les dessinateurs «taguent» le cercueil de Tignous », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le )
  18. Arrêté du 11 mai 2015 portant inscription de la mention « Victime du terrorisme » sur un acte de décès, JORF no 114 du 19 mai 2015, p. 8440, texte no 33, NOR JUST1510650A.
  19. Voir sur leparisien.fr du 15 janvier 2016.
  20. Tignous, hasta siempre !, site du Théâtre Aleph
  21. « Montreuil crée un "prix Tignous", deux ans après l'attentat contre Charlie Hebdo », L'Indépendant, (lire en ligne).
  22. « Tignous récompensé au festival des jeux de Cannes », Alternatives économiques, 7 mars 2015.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

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