Thibaud Maistrier

Thibaud Maistrier, né à Dijon vers 1629 et mort en 1675 à Toulouse, est un sculpteur français.

Pour les articles homonymes, voir Maitrier.

Il a réalisé des retables et des compositions religieuses baroques pour les édifices religieux de Toulouse et de Cahors.

Biographie

D'une famille originaire de Langres, Thibaud Maistrier est le fils de Pierre Maistrier, maître menuisier et sculpteur établi à Dijon et de Claudine Le Blanc[1]. Pierre Maistrier avait sculpté des décors de la chapelle de la Sainte Hostie, dans la Sainte-Chapelle ducale[2].

Après son arrivée à Toulouse, Thibaud Maitrier travaille sur des dessins d'Antoine Frédeau dans l'atelier de Pierre Affre, puis en 1660 il succède à Pierre II Legoust, fils de Georges Arthus Legoust. Il est dit en 1656 "Mestre sculpteur de Toulouse" dans la commande qui lui est faite de réaliser un tabernacle pour l'église des Cordeliers de Septfonds, diocèse de Cahors[réf. souhaitée].

Il épouse Antoinette Frédeau, fille de Jehan Frédeau (mort en 1644), architecte et sculpteur[3] et d'Antoinette de Morizot, elle-même fille du plus grand sculpteur de Toulouse[4], le à l'église Saint-Jacques de Toulouse, paroisse de leur domicile, 9, rue Boulbonne, dans le quartier Saint-Étienne. Au moment de son mariage, Thibaud Maitrier était veuf de la fille de Georges Legoust, sculpteur toulousain. Sa seconde épouse, Antoinette Frédeau, était aussi d'une famille d'artistes, petite fille d'Antoine Morizot ; Antoine Frédeau, son grand-père, maître menuisier à Paris, fournit à Thibaud Maistrier le , les projets pour le retable de Sainte-Ursule de Toulouse[5]. Ils eurent de nombreux enfants[1] dont Marie, Jehan le , Marguerite le de la même année, et une autre Marie le [6].

Descendance

Jehan Maitrier, sculpteur, sans doute son fils, devint après son décès procureur et juré de la communauté de métier des menuisiers à Dijon[7].

Antoine Maistrier, son fils[8], né à Toulouse vers 1671, est maître peintre, membre de l'Académie de Saint-Luc à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, puis près du pont Notre-Dame, marié le à Paris avec Geneviève Petit, veuve de Mathieu Frary, peintre, mort le . Il est mort avant le , puisqu'à cette date elle est dite veuve d'Antoine Maistrier, maître peintre, demeurant sur le pont Saint-Michel, et elle vend leur maison de plaisance : « une maison carrée à porte cochère, avec une terre et un jardin clos de murs d'un arpent chaque, et dans l'enclos un pavillon avec un jeu de billard, située à Gentilly sur la grand route conduisant au moulin d'Arcueil » et en donne quittance à Jean-Sylvain Cartaud, architecte du roi, pour la somme de 6 000 livres payées pour son beau-frère René Frémin, professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, sculpteur du roi d'Espagne où il réside[9]. Elle reçoit en 1729 une quittance de Marie-Nicole Courtois, veuve de Jacques Guillemot, sieur d'Alby, avocat au parlement[10]. À la même date, une autre quittance faite par Maistrier à Jean Pironoi se trouve en Tchécoslovaquie[11].

Œuvres

  • Beaune, Hospices de Beaune : tabernacle à dais d'exposition du maître autel, selon un marché passé en 1704[12] qui est une vaste composition ornementale baroque.
  • Cahors, la Congrégation de la Mission et le Supérieur du Séminaire de Cahors ont passé contrat devant notaire le avec le « Sr Thibaud Maistrier, sculpteur et architecte de la ville de Tholose » pour « la faction de deux tabernacles, l'un de même grandeur, largeur et hauteur que celui qu'il a fait pour le Collège de l'Esquile avec autant d'autres figures et ornements nécessaires ; et marqué dans sa boutique de hauteur de huit paumes (1,796 mètre) sans (compter) l'image de la Résurrection et autant de largeur, avec quatre figures outre celle de la porte, lesquels tabernacles seront faictz et parfaits et dorés selon l'art dans six mois prochains moyenant la somme de Cent soixante cinq livres pour le premier (autel) et cent cinquante livres pour le second [...]»[13].
  • Dijon, abbaye Saint-Bénigne : travaux décoratifs signalés par une mention de « Jean Maistrier, sculpteur, demeurant à Dijon »[14].
  • Montaigut-sur-Save, église Notre-Dame d'Alet : retable en bois doré, et Pietà, 1680.
  • Paris :
    • Plusieurs dessins d'antiquités mentionnés dans Miscellanea eruditœ autiquitatis, notis illustrationi, ou la Recherches d'antiquités y exécutées pour Jean du Tilliot, 3 volumes : tomes I, II et IV (tome III manquant). Des explications ou dissertations accompagnent les dessins de ces trois volumes. Quelques dessins représentant les curiosités du cabinet sont signés de Nicolas Guenegault (ou Venevault), Maistrier, ainsi que du calligraphe et dessinateur Jean Piron[15],[16].
    • Représentation de la tombe de Childebert (mort en 558) à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, mentionnée comme source iconologique[17],[18].
  • Toulouse :

Notes et références

  1. Pierre Salies, op. cit., p. 126.
  2. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Volumes 1 à 2, Archives départementales de la côte-d'Or, Dijon, Imprimerie Durantière, 1903.
  3. Frère du peintre Ambroise Frédeau.
  4. Et non « Monrizot », fille d'Antoine Morizot, maître menuisier reçu à Toulouse en 1605, lequel avait réalisé les sculptures des stalles de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, celles de l'église des Pénitents Noirs, ainsi qu'en 1619 celles des chœurs de l'abbaye de Capelle, « de la même grandeur et du même modèle que celle des Pères Chartreux de Toulouse», et de l'abbaye de Grandselve (33 chaires hautes et 44 basses). Pascal Julien, « Les stalles de l'abbaye de Grandselve », in Bulletin de la Société archéologique du Tarn-et-Garonne, volume 119, Montauban, 1994, pp. 85-96.
  5. XVIIe siècle, volume 8, 1956. Article repris in Histoire de l'Ordre des ursulines en France : les monastères d'ursulines sous l'Ancien-Régime, Éditions Saint-Paul, 1958, p. 58.
  6. Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 15e série, I, 1960, p. 126-127.
  7. Henri Hauser, Le compagnonnage d'arts et métiers à Dijon aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, Dijon, Damiot, 1907 (réédition par Jacques Laffitte, 1979).
  8. « Antoine Maistrier, peintre à Paris, rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Séverin, fils de Thibaut Maistrier, défunt marchand sculpteur à "Thlé" près de Toulouse et d'Antoinette de Frédeau, présent au mariage de la fille de Geneviève Petit, veuve de Mathieu Frary, maître peintre à Paris, demeurant aussi rue Saint-Jacques. Parmi les témoins : Guillaume Pointou, sculpteur à Paris, ami de la future épouse. » — Mireille Rambaud, Documents du Minutier central concernant l'histoire de l'art (1700-1750), Tome II, 1971, Minutier central, avril 1699-juin 1699, ET/II/6.
  9. Mireille Rambaud, Documents du Minutier central concernant l'histoire de l'art (1700-1750), Tome II, pp. 30 et 97, 1971, Minutier central, 1728, MC/ET/X/340.
  10. Daniel Wildenstein, Documents inédits sur les artistes français du XVIIIe siècle conservés au minutier central des notaires de la Seine, aux Archives nationales, Paris, Les Beaux-Arts, 1966, no 1038.
  11. Vestnik, Ceskoslovenské Zemědělské Muzeum, 1929.
  12. Mémoires de la Société d'archéologie de Beaune, 1941.
  13. Georges Costa « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au XVIIe siècle » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, 2e fascicule 1978, p. 257-258.
  14. Bernard Prost, « Le trésor de Saint-Bénigne de Dijon: inventaires de 1395, 1519, 1789-1791 », in Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, 1894.
  15. Henri Martin, Catalogue de la bibliothèque de l'Arsenal, tome Ve, Manuscrits, cote no 24.
  16. Henri martin, Histoire de la bibliothèque de l'Arsenal, 1990. no 5052, 5053, 5054, 5055.
  17. Alain Erlande-Brandenburg, « Le Roi est mort, étude sur les funérailles, les sépultures et les tombeaux des rois de France jusqu'à la fin du XIIIe siècle », Bibliothèque de la Société française d'archéologie, no 7, p. 176.
  18. "Maitrier, Bibl. Arsenal, ms. 5054, fol. 5 (1718)".
  19. Georges Costa, « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au XVIIe siècle » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, 2e fascicule 1978, pp. 257-258.
  20. Ce couvent des catherinettes ou des Dames noires, situé rue Lafayette, était l'hôpital fondé en 1603 pour accueillir les orphelines, et qui a accueilli ses douze premières pensionnaires en 1622. Il a été détruit à la Révolution. Les douze premières arrivent en 1622.
  21. Pour 1 000 livres. in L'âge d'or de la sculpture : artistes toulousains du XVIIe siècle, Somogy, 1996, pp. 137, 99 et 112.
  22. Adjugée comme bien national pour une superficie de 74 m2 et un prix de 110 000 livres à Mamignard et Joulia, négociants élus, puis détruite. La Vierge noire a été conservée.
  23. Jean Chalette, Ambroise Frédeau, Toulouse, Musée des Augustins, 1974.

Annexes

Bibliographie

  • Pascal Julien, « Retables du chœur et des chapelles de l'église Notre-Dame d'Alet diocèse de Toulouse », Mémoires de la société archéologique du midi de la France, tome LIV, page 154, 1994.
  • Alain Mousseigne, Jean Chalette, Ambroise Frédeau, peintres à Toulouse au XVIIe siècle, Toulouse, Musée des Augustins, 1974.
  • Smogy, L'âge d'or de la sculpture: artistes toulousains du XVIIe siècle, Smogy, 1996, 215 p.
  • Musée Paul Dupuy, Le Dessin baroque en Languedoc et en Provence, 1992, 173 p.
  • Fabienne Sarthe, « La sculpture toulousaine dans la première moitié du XVIIIe siècle », Mémoires de la société archéologique du midi de la France, vol. 61, 2001, p. 165-194 [lire en ligne]
  • Pierre Salies, « Ambroise Frédeau, religieux augustin du Couvent de Toulouse, peintre, sculpteur et miniaturiste », in Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, vol. 123, Toulouse, Hôtel d'Assézat, 1961, p. 126-127.
  • Georges Costa, « Les commandes de tabernacles à Toulouse pour les églises du Quercy au XVIIe siècle » in Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques, volume XCIX, 2e fascicule 1978, p. 257-258.
  • Henri Martin, Catalogue de la bibliothèque de l'Arsenal, tome Ve, Paris, 1889, Plon et Nourrit, "Manuscrit no 24",
  • Bernard Prost, « Le trésor de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon: inventaires de 1395, 1519, 1789-1791 », in Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, Volume 10, Dijon, 1894.
  • Louis de Gouvenain, Inventaire sommaire des archives communales de Dijon antérieures à 1790, Dijon, 1892.

Liens externes

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