Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus

Le Sacré-Cœur est une dévotion au cœur de Jésus-Christ, en tant que symbole de l'amour divin par lequel Dieu a pris la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes[1]. Cette dévotion est particulièrement présente au sein de l'Église catholique mais aussi, quoiqu'à moindre échelle, dans l'Église anglicane et dans certaines Églises luthériennes. Elle met l'accent sur les concepts d'amour et d'adoration voués au Christ. La solennité du Sacré-Cœur a été instituée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue à toute l'Église catholique par le pape Pie IX en 1856.

« Sacré-Cœur » redirige ici. Pour les autres significations, voir Sacré-Cœur (homonymie).

L'image la plus célèbre du Sacré-Cœur de Jésus, par Pompeo Batoni (1767), Église du Gesù (Rome).

L'extension de cette dévotion dans l'Église catholique à partir du XVIIe siècle vient des révélations d'une visitandine de Paray-le-Monial, Marguerite-Marie Alacoque, qui a affirmé l'avoir reçue du Christ lui-même lors de différentes apparitions entre 1673 et 1675[2]. Plus tard, à partir du XIXe siècle, elle provient des révélations d'une autre religieuse catholique, la mère supérieure du couvent de la congrégation du Bon Pasteur de Porto, Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering, qui a demandé au pape Léon XIII qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cœur de Jésus.

La tradition catholique associe le Sacré-Cœur aux actes de réparation dédiés au Christ. Dans son Encyclique Miserentissimus Redemptor, Pie XI a indiqué : « L'esprit d'expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus ». La dévotion au Sacré-Cœur est parfois pratiquée au sein des Églises orthodoxes, où elle reste un point de controverse, étant perçue comme un exemple de latinisation liturgique.

Le Sacré-Cœur est souvent représenté, dans l'art chrétien, sous la forme d'un cœur enflammé brillant d'une lumière divine, saignant car ayant été percé par la lance du soldat romain Longinus, entouré d'une couronne d'épines et surmonté d'une petite croix. Parfois, le cœur est centré sur le corps du Christ, avec ses mains transpercées dirigées vers lui, comme s'il allait l'offrir à la personne qui se tient devant lui. Les blessures et la couronne d'épines font allusion aux conditions de la mort de Jésus-Christ, alors que le feu symbolise le pouvoir transformateur de l'amour.

Un enfant venant au Sacré-Cœur de Jésus.

Histoire

L'apôtre Jean reposant son visage sur le Cœur de Jésus, sculpture en bois de chêne, Souabe - lac de Constance, début XIVe siècle.

Origines

Le culte du cœur renvoie à des pratiques et des croyances anciennes. En Égypte, lors de la momification on enfermait les viscères (le cœur n’en faisait pas partie) baignés dans divers liquides dans les vases canopes qu’on disposait aux quatre angles du cercueil. Dans les multiples pratiques autour du cadavre du roi de France, pour le conserver le plus longtemps possible, on extrayait et conservait le cœur à part des viscères et on procédait à différentes opérations, comme l'utilisation de la saumure.

La tradition du Sacré-Cœur trouve son origine textuelle avec l'apôtre saint Jean qui a reposé sa tête sur le Cœur de Jésus durant la Cène (Évangile selon St Jean 13,23), et qui a vu son Cœur transpercé lors de la Passion (Jn 19,34-37). Par la suite, de nombreux saints ont parlé du Cœur du Christ, tels Catherine de Sienne, Gertrude d'Helfta, François de Sales, des Chartreux... Les premiers à s'exprimer sur l'importance du cœur sont Cyprien de Carthage : « Que Celui qui habite à l'intérieur de notre cœur soit présent en personne dans nos paroles ! »La prière du Seigneur, 3 ; puis Augustin d'Hippone dont l'un des enseignements majeurs est le lien entre cœur et grâce[3]. Au IXe siècle, Smaragde de Saint-Mihiel écrit que la prière « est l'œuvre du cœur, non des lèvres, car Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur de l'orant »Le diadème des moines, 1 (Diadema Monachorum)[4].

Du XIe au XVIe siècle

Les saints Ignace de Loyola et Louis Gonzague en adoration devant le Sacré-Cœur, José de Páez (v. 1770), Mexique.

Pendant les dix premiers siècles du christianisme, rien n'indique qu'un culte ait été rendu au Sacré-Cœur de Jésus. Les premières indications de la dévotion au Sacré-Cœur se trouvent à partir du XIe siècle dans l'atmosphère fervente des monastères bénédictins et cisterciens.

Le renouveau de la vie religieuse et l'activité fervente de saint Bernard de Clairvaux au XIIe siècle, ainsi que l'enthousiasme des croisés revenant de Terre sainte, ont donné naissance à une dévotion à l'égard de la Passion de Jésus-Christ et notamment par des pratiques en l'honneur des plaies sacrées. Saint Bernard disait que la pénétration du côté du Christ révélait sa bonté et la charité de son Cœur pour les hommes. L'hymne la plus ancienne connue exprimant le Sacré-Cœur, Summi regis cor aveto, a été écrite par le bienheureux Arnulf de Louvain (mort en 1250) de Cologne en Allemagne. L'hymne commence ainsi : « Cœur du Roi suprême, salutations, Je te salue d'un cœur joyeux, T'embrasser me ravit et c'est ce que mon cœur désire... ». Un cycle de sept cantates fut composées par Dietrich Buxtehude, Membra Jesu nostri, déplorant chacune l'une des plaies du Christ.

Entre le XIIIe et le XVIe siècle, la dévotion se répand sans s'établir officiellement. Elle était pratiquée par des particuliers et par différentes congrégations religieuses, comme les Franciscains, les Dominicains et les Chartreux. Chez les Franciscains, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a ses figures majeures : saint Bonaventure, notamment par sa Vitis Mystica (Vigne mystique), Jean de Fermo et le tertiaire saint Jean Eudes.

XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, Jean Eudes (1601-1680) mit en place les éléments d'un culte dédié au Cœur Immaculé de la Vierge Marie, puis au Sacré-Cœur de Jésus, en les unissant ensemble à partir de 1634, approuvé par plusieurs évêques en 1672 et célébré au sein de sa Congrégation de Jésus et Marie[5].

L'Église catholique se trouva confortée dans l'instauration de ce culte à la suite des apparitions que Marguerite-Marie Alacoque (plus tard proclamée sainte) dit avoir reçues de Jésus à partir de 1673 à Paray-le-Monial : « Et il me fit voir qu’il fallait honorer (le Cœur de Dieu) sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait que l’image soit exposée et portée sur soi et sur le cœur, pour y imprimer son amour et le remplir de tous les dons dont il était plein et pour y détruire tous les mouvements déréglés. Et que partout où cette sainte image serait exposée pour y être honorée, il répandrait ses grâces et bénédictions »[6]. Saint Claude La Colombière a aidé Marguerite-Marie Alacoque à répandre ce culte du Sacré-Cœur. L'image qu'elle propage, entouré de rayons d'or et de flammes de feu, comporte au centre le mot « caritas » c'est-à-dire charité (dans le sens catholique de "amour").

En 1689, Marguerite-Marie Alacoque affirme devoir délivrer quatre demandes particulières à l'intention du pouvoir temporel. Celles-ci auront des répercussions politiques et religieuses et seront successivement réalisées sous les régimes royaux, impériaux et républicains français.

XVIIIe siècle

Sœur Anne-Madeleine Rémusat (1696-1730) fut une propagatrice de la dévotion au Sacré-Cœur. Pour arrêter la peste à Marseille, Mgr de Belsunce, sous l'inspiration de cette religieuse, plaça la ville de Marseille et son diocèse sous la protection du Sacré-Cœur, lors d'une messe célébrée le [7].

Sacré-Cœur vendéen.

Marie Leszczyńska, initiée à cette dévotion par la Visitation de Varsovie, obtient des évêques de France que la fête du Sacré-Cœur soit étendue à toute la France, ainsi que l'office, et propage ce culte à la cour et dans la famille royale[8]. Son fils, le dauphin, demanda un autel du Sacré-Cœur dans la chapelle du château de Versailles[9], ville d'une des premières confréries du Sacré-Cœur[10].

Guerre de Vendée

En France, durant la guerre de Vendée, les membres de l'Armée catholique et royale de Vendée, opposée aux troupes républicaines envoyées par la Convention nationale, arborent régulièrement le Sacré-Cœur pour montrer leur foi, face à l'absence de références catholiques de la Première République[11].

Pie IX

En 1856, le pape Pie IX étend la Fête du Sacré-Cœur à Église catholique. Trois Encycliques confirment l'attachement de l'Église à cette dévotion : Annum Sacrum (Léon XIII - 1899), Miserentissimus Redemptor (Pie XI - 1928) et Haurietis Aquas (Pie XII - 1956). Le , il béatifie Marguerite-Marie Alacoque, puis il bénit le projet d'édification de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre[12].

Consécrations au Sacré-Cœur

Dans sa bulle pontificale Auctorem Fidei, le pape Pie VI loua la dévotion au Sacré-Cœur. Finalement, le pape Léon XIII consacra, par son Encyclique Annum Sacrum (le ), chaque être humain au Sacré-Cœur. L'idée de cet acte, que Léon XIII surnomma le « grand acte » de son pontificat, lui avait été soumise par la bienheureuse Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering, une religieuse supérieure de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto, en Portugal, qui prétendait l'avoir surnaturellement reçue du Christ lui-même. Depuis le milieu du XIXe siècle, des groupes, des congrégations et même des États se sont consacrés au Sacré-Cœur.

La France a été consacrée le par un groupe d'une cinquantaine de parlementaires lors d'un pèlerinage à Paray-le-Monial conduite par Gabriel de Belcastel. Le , sur pétition remis au président Gabriel García Moreno, l'Équateur fut le premier pays du monde ainsi consacré[13], accomplissant enfin ce que Dieu avait demandé à Marie-Madeleine un peu moins de deux mille ans auparavant, selon la vulgate chrétienne[11].

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

Le Sacré-Cœur de Jésus, mosaïque de Luc-Olivier Merson réalisée par l’Atelier Guilbert-Martin (1922), abside de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre est dite Vœu national. Elle est déclarée d'utilité publique par une loi votée le 24 juillet 1873 par l'Assemblée nationale de 1871. Le , l'archevêque de Paris, le cardinal Guibert pose la première pierre de la basilique, honorant après deux cents ans jour pour jour, la quatrième demande rapportée par Marguerite-Marie Alacoque, le [14].

XXe siècle

Au début du XXe siècle, Saint Pie X afin de clore chaque messe quotidienne ajoute aux prières dites prières léonines, une louange au Sacré-Cœur, le Cor Jesu Sacratissimum, invoquée trois fois.

Le , le pape Pie XI officialise la composition d'une nouvelle messe et d'un nouvel office liturgique du Sacré-Cœur[15]. La Fête du Sacré-Cœur est établie comme Solennité et dès lors célebrée le troisième dimanche après la Pentecôte[16] afin de « compenser à l'égard de l'amour incréé, l'indifférence, l'oubli, les offenses, les outrages qu'il subit »[17]. Dans ce nouvel office liturgique, le Saint-Siège fait pour la première fois explicitement mention du lien entre le message de Paray-le-Monial et la fête du Sacré-Cœur, corroborant ainsi la quatrième demande mentionnée par Marguerite-Marie Alacoque[18].

Depuis 1931, la continuation de la dévotion au Sacré-Cœur est la Miséricorde Divine[19].

Les promesses du Sacré-Cœur

Promesses particulières

La révélation la plus significative se produit le , jour de la Fête-Dieu. À la demande expresse de ses supérieurs et à la suite de ces apparitions[6], Marguerite-Marie Alacoque rédige de nombreuses lettres, cent trente cinq au total, pour transmettre les messages du Sacré-Cœur. L'ensemble de ces lettres connut un remaniement et un abrégé constituant dès lors une liste de douze promesses.

Peinture de la bienheureuse Marie du Divin Cœur (Maria Droste zü Vischering) et de sainte Marguerite-Marie Alacoque, les deux en adoration au Sacré-Cœur de Jésus.

On ignore encore quand et par qui ces faveurs furent fixées en cette forme qui nous est connue aujourd'hui. Ces promesses ne furent répandues que bien après la mort de la sainte de Paray, et ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle qu'elles connurent une diffusion mondiale. En 1882, Kemper, modeste commerçant de Dayton aux États-Unis, entreprit de les diffuser partout ; il les fit traduire en plus de 238 langues et imprimer sur des images du Sacré-Cœur, qu'il répandit par millions à travers le monde[20].

En 1890, le Cardinal Adolph Perraud déplore la circulation de ces promesses sous pareille forme dont il préférerait une publication usant de mots sens et expressions employés dans les écrits révélés de Sainte Marie-Marguerite[20].

  1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.
  2. Je mettrai la paix dans leur famille.
  3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.
  4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
  5. Je répandrai d'abondant bénédictions sur toutes leurs entreprises.
  6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l'océan infini de la miséricorde.
  7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.
  8. Les âmes ferventes s'élèveront à une grande perfection.
  9. Je bénirai moi-même les maisons où l'image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.
  10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
  11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé.
  12. Je te promets, dans l'excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

Promesses publiques

Drapeau orné de médailles pieuses que portait sur lui l'appelé Francis Frémond durant la Première Guerre mondiale[21].
Le Sacré-Cœur au centre du drapeau de Carillon proposé par Jules-Paul Tardivel en 1902[22] suivant la troisième demande publique adressée à Marguerite-Marie Alacoque.

Aux promesses s’adressant à la dévotion personnelle, il faut ajouter trois lettres écrites les et au mois d’, lettres qui auront par la suite des répercussions importantes sur les politiques publiques[23] et par lesquelles Jésus par le truchement de sa servante demande un culte justement public du Sacré-Cœur[6].

  1. Le premier message s’adresse aux rois : « Il désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des Rois, pour y être honoré, autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion... Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Cœur de son divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre veut établir son empire dans le cœur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l’exécution de ses desseins ».
  2. Le deuxième message est de « faire construire un édifice où sera le tableau de ce divin Cœur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l’empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ ».
  3. Le troisième message demande au Roi : « d’être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Église ».

Ces messages explicites ne varieront pas au cours des siècles suivant et seront successivement suivis des faits : une église dédiée au Sacré-Cœur pour consacrer la France, le Sacré-Cœur sur les drapeaux[24].

Le est honoré la deuxième demande rapportée par Marguerite-Marie Alacoque par l’intermédiaire du Cardinal Guibert. L’Archevêque de Paris pose la première pierre de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre conçue comme Vœu national par la loi du [14].

Promesses adressées à Sœur Marie du Divin Cœur

Sœur Marie du Divin Cœur Droste zü Vischering née le en Allemagne et décédée à Porto le , rapporte de ses oraisons une demande émise par Jésus Christ afin de construire un lieu de pèlerinage dédié à son Sacré-Cœur[25]. L’Église du Sacré-Cœur de Jésus appelée aussi Église du Bon Pasteur ou Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus fut construite entre le et le à Ermesinde au nord du Portugal et consacrée au Sacré-Cœur accomplissant le vœu évoqué par la religieuse. Le corps de Sœur Marie du Divin Cœur retrouvé sans corruption lors sa première exhumation repose depuis dans une Tombe-reliquaire au sein de l’Église d’Ermesinde.


Les prières

Le Cœur rayonnant de Jésus-Christ peint vers 1630 dans une chapelle privative de l'église Saint-Gervais de Paris.
Le Sacré-Cœur est souvent représenté, dans l'art chrétien, sous la forme d'un cœur enflammé brillant d'une lumière divine.

Il existe plusieurs prières dédiées au Sacré Cœur de Jésus, en voici quelques-unes[26] :

  • « Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en vous. Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à vous, faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de vous ; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire, et une plus grande impuissance d’en venir à bout sans une lumière et un secours très particuliers que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur; je m’y oppose, je le sens bien, mais je voudrais bien ne pas m’y opposer : c’est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus-Christ, vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il »[27].
  • « Seigneur Jésus, Tu es notre Sauveur et notre Dieu !

Fais que notre regard ne se fixe jamais sur d’autre étoile que celle de l’Amour et de la Miséricorde qui brille sur ta poitrine.
Que ton Cœur soit donc, ô notre Dieu, le phare lumineux de la foi, l’ancre de notre espérance, le secours toujours offert dans notre faiblesse, l’aurore merveilleuse d’une paix inébranlable, le soleil qui éclaire nos horizons.
Jésus, nous nous confions sans réserve à ton Divin Cœur. Que ta grâce convertisse nos cœurs. Par ta miséricorde soutiens les familles, garde-les dans la fidélité de l’amour.
Que ton Evangile dicte nos lois. Que tous les peuples et les nations de la terre se réfugient en ton Cœur très aimant et jouissent de la Paix que Tu offres au monde par la Source pure, d’amour et de charité, de ton Cœur très miséricordieux. Amen »[28]

  • « Dieu notre Père, Tu n’es pas indifférent à nous, à ce que nous vivons. Tu portes chacun de nous dans ton Cœur. Tu nous connais par notre nom et Tu prends soin de nous. Tu nous cherches même quand nous T’abandonnons. Chacun de nous T’intéresse, car ton Amour T’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Touche notre cœur ! Ouvre notre cœur, afin qu’il soit revêtu de ta Bonté et de ta Miséricorde, pour devenir en ton Fils Jésus, serviteurs des hommes. Seigneur Jésus-Christ, guéris-moi de la dureté de mon cœur. Rends mon cœur semblable au Tien : fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer sur lui-même et qui ne tombe pas dans le piège de la mondialisation de l’égoïsme et de l’indifférence. Ainsi soit-il. »[29].

Spiritualité du cœur de Jésus

Dans le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, publié le , la Congrégation pour le culte divin rappelle le sens du culte rendu au cœur de Jésus : « L'expression "Cœur de Jésus", entendue dans le sens contenu dans la divine Écriture, désigne le mystère même du Christ, c'est-à-dire la totalité de son être, ou le centre intime et essentiel de sa personne : Fils de Dieu, sagesse incréée ; Amour infini, principe du salut et de sanctification pour toute l'humanité. Le "Cœur du Christ" s'identifie au Christ lui-même, Verbe incarné et rédempteur (...) »[30].

Dans l'Encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, Pie XII définit le mystère du cœur de Jésus comme le mystère de l'amour miséricordieux du Christ et de la Trinité tout entière, Père, Fils et Saint-Esprit, envers l'humanité[31].

Le mois de juin lui est consacré, mois pendant lequel a lieu la Fête du Sacré-Cœur qui est célébrée dans toute l'Église catholique depuis 1856. Cette solennité est célébrée 19 jours après le dimanche de Pentecôte, soit un vendredi.

Saints et saintes liés au culte du Sacré-Cœur de Jésus

La bienheureuse Marie du Divin Cœur (1863-1899) était une religieuse de la Congrégation des Sœurs du Bon-Pasteur qui a demandé, au nom du Christ lui-même, au pape Léon XIII qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cœur de Jésus.

Congrégations dévolues au culte du Sacré-Cœur de Jésus

Sacré-Cœur de Jésus, Amsterdam.
Le Sacré-Cœur de Jésus (San Pablo Cathedral) San Pablo, Philippines.

Au XIXe siècle, un très grand nombre de congrégations en lien avec la spiritualité du Sacré-Cœur de Jésus ont été fondées. Cette liste n'est donc pas exhaustive.

Représentations et lieux de culte dans la piété populaire

Le Sanctuaire du Christ Roi est un grand monument religieux en Almada, Portugal, dédié au Sacré-Cœur de Jésus où existe une chapelle avec des reliques de sainte Marguerite-Marie Alacoque, de saint Jean Eudes, de sainte Faustine Kowalska et de la bienheureuse Marie du Divin Cœur.

Allemagne

Belgique

Canada

États-Unis

France

Inde

Liban

Ouzbékistan

Portugal

Russie

Suisse

  • Église du Sacré-Cœur de Genève

Thaïlande

Annexes

Bibliographie

  • Edouard Glotin, La Bible du Cœur de Jésus, Éd. Presses de la renaissance, 2007 (ISBN 978-2-7509-0306-0)
  • Jean-Claude Prieto de Acha, Le Sacré Cœur de Jésus : Deux mille ans de miséricorde, Pierre Téqui Éditeur, 2019 (ISBN 9782740314548)
  • Jean Ladame, Marguerite-Marie : la sainte de Paray, Éditions Résiac, 1994 (ISBN 2-85268-118-8)
  • Jean Ladame, Les Faits mystiques de Paray, Éd Resiac, 1991 (ISBN 2-85268-215-X)
  • Anne Sauvy, Le Miroir du cœur : quatre siècles d’images savantes et populaires, Paris, Cerf, 1989 (ISBN 2-204-03008-2)
  • Barbara Hryszko, Identification d’un tableau d’Alexandre Ubeleski : l’un des premiers exemples d’iconographie du Sacré-Cœur, „Barok”, XXV/XXVI, (45/46), 2016, pp. 197-207.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Cf décret Instantibus de la Sacrée Congrégation des Rites paru sous l'approbation de Clément XIII le 6 février, in A. Hamon, Histoire de la Dévotion au Sacré-Cœur, tome II, Paris, Beauchesne, 1925
  2. Jean Ladame, Marguerite-Marie, La sainte de Paray, Éditions Resiac, 1994 (ISBN 2-85268-118-8)
  3. Le cœur et la grâce chez saint Augustin. Distinction et correspondance
  4. Catéchèse du pape Benoît XVI sur saint Cyprien de Carthage (06/06/2007)
  5. Paul Milcent, Saint Jean Eudes : un artisan du renouveau chrétien au XVIIe siècle, Paris, Cerf, , 589 p. (ISBN 2-204-04486-5)
  6. Marguerite-Marie Alacoque, Sainte Marguerite-Marie Alacoque : Sa vie par elle-même, Paris-Fribourg, Saint-Paul, , 152 p. (ISBN 2-85049-153-5)
  7. Olivier Andurand, La Grande affaire. Les évêques de France face à l'Unigenitus, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 398 p. (ISBN 978-2-7535-5390-3), p. 175-194
  8. Barbara Hryszko, Identification d’un tableau d’Alexandre Ubeleski : l’un des premiers exemples d’iconographie du Sacré-Cœur, „Barok”, XXV/XXVI, (45/46), 2016, pp. 197-207.
  9. Sous la direction de Jean-Clément Martin, Dictionnaire de la Contre-Révolution, Bernard Hours, « Contre-révolution avant 1789 », éd. Perrin, 2011, p. 199.
  10. [lire en ligne] La confrérie de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus de Notre-Dame de Versailles.
  11. Alet Victor, La France et le Sacré-Cœur, Paris, Dumoulin et Cie,
  12. Jacques Benoist, Le Sacré-Cœur de Montmartre de 1870 à nos jours, Paris, Les Éditions Ouvrières, , 1174 p. (ISBN 978-2-7082-2978-5, lire en ligne)
  13. Miguel Rodriguez, « Du vœu royal au vœu national - Une histoire du XIXe siècle », Cahier du Centre de recherches historiques, (lire en ligne)
  14. Père Jacques Benoist, Le Sacré-Cœur de Montmartre, Un vœu national, Paris, Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, , 261 p. (ISBN 2-905118-79-2)
  15. Édouard Glottin, La Bible du Cœur de Jésus, Ed. Presses de la Renaissance,
  16. «Dans le vocabulaire liturgique, la Solennité est le degré supérieur de célébration des fêtes », Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie, Éditions CLD
  17. Pie XI, Acta Apostolicae Sedis,
  18. Jean Ladame, Les faits mystiques de Paray-le-Monial, Résiac, 1970, rééd. 1991, p. 217-238
  19. Le Message du Cœur Sacré de Jésus
  20. Wenisch, Fr. Paul, Promises of Our Lord to Saint Margaret, 1920, red.16 mai 2008
  21. Francis Frémond, blessé de guerre
  22. Le drapeau Carillon Sacré-Cœur
  23. Dirigé par Raymond Darricau, Bernard Peyrous, Sainte Marguerite-Marie et le message de Paray-le-Monial, congrès de Paray-le-Monial, 1990, Desclée, , 550 p. (ISBN 978-2-7189-0607-2)
  24. Alain Denizot, Le Sacré-Cœur et la Grande Guerre, Paris, Nouvelles Éditions Latines, , 282 p. (ISBN 2-7233-0489-2, lire en ligne)
  25. Sœur Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering, Autobiographie de Sœur Marie du Divin Cœur, religieuse du Bon-Pasteur : Lettre, Lisbonne, Édition de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur,
  26. « Prières au Sacré Cœur de Jésus », sur Sanctuaire du Sacré-Cœur (consulté le )
  27. Saint Claude La Colombière
  28. Saint Jean Paul II
  29. Pape François
  30. Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 9 avril 2002, no 166
  31. Pie XII, Encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, 1956
  32. Site russe
  33. Site russe
  • Portail du catholicisme
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