République socialiste fédérative soviétique de Russie

La république socialiste fédérative soviétique de Russie (en abrégé RSFS de Russie ou RSFSR ; en russe Росси́йская Сове́тская Федерати́вная Социалисти́ческая Респу́блика, Rossiïskaïa Sovietskaïa Federativnaïa Sotsialistitcheskaïa Respoublika (Rossiïskaïa SFSR, RSFSR), littéralement « République socialiste fédérative des conseils russe »)[note 1], était l'une des quinze républiques socialistes soviétiques formant l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Elle en était de facto la république dominante tant politiquement qu'économiquement. En effet, elle représentait les trois quarts du territoire de l'Union, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et environ la moitié de sa production agricole.

République socialiste fédérative soviétique de Russie
Российская Советская Федеративная Социалистическая Республика

19171991


Drapeau de la RSFSR
de 1954 à novembre 1991
.

Emblème de la RSFSR
de 1978 à 1992
.
Devise en russe : Пролетарии всех стран, соединяйтесь!  Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »)
Hymne La Marseillaise des travailleurs ()
L'Internationale
()
Hymne de l'Union soviétique ()
Chanson patriotique ()
Localisation de la république au sein de l'URSS (pendant la guerre froide).
Informations générales
Statut République socialiste soviétique fédérale
Capitale Moscou
Langue(s) Aucune, russe de facto.
Monnaie Rouble soviétique
Fuseau horaire UTC +2 à +11.
Démographie
Population 147 386 000 hab.
Superficie
Superficie 17 075 200 km2
Histoire et événements
Création.
Création de l'URSS.
Proclamation de la souverainté.
Proclamation de la Fédération de Russie.
Dissolution de l'URSS.
Président du Soviet Suprême
(1er) 1917 Lev Kamenev
(Der) Boris Eltsine

Entités précédentes :

Création

Lors de la révolution de Février (1917), à la suite de l'abdication du tsar Nicolas II le , la Russie est dirigée par un gouvernement provisoire, présidé à partir du par Kerenski qui instaure une république. Tout en esquissant des réformes, celui-ci tente malgré tout de respecter les engagements de la Russie vis-à-vis de ses alliés (France, Royaume-Uni, etc.) en poursuivant la guerre. L'impopularité de cette dernière mesure est exploitée par le Parti bolchevique qui, le , renverse le gouvernement à Pétrograd (alors capitale de la Russie, aujourd'hui Saint-Pétersbourg) par les armes : c'est la révolution d'Octobre. La paix est signée avec les Allemands au prix d'énormes concessions territoriales (Pologne, partie de l'Ukraine, pays baltes, etc.) lors du traité de Brest-Litovsk.

Premier drapeau de la RSFSR utilisé entre 1918 et 1937.

Le , le IIIe congrès des Soviets donne à la partie de la Russie qu'il dirige le nom de république soviétique de Russie (RSR) (en 1917, après l'abdication de l'Empereur, la Russie portait le nom de République russe). Elle est dotée de la Constitution de la république soviétique fédérative socialiste de Russie, élaborée par la Commission dirigée par Sverdlov et ratifiée le par le Ve Congrès des Soviets. Une guerre civile va, ensuite, opposer pendant trois ans les Russes blancs (républicains ou monarchistes, comptant dans leur rang les généraux Krasnov, Dénikine et Kornilov), assistés par les puissances occidentales, aux bolcheviks. Après leur victoire, les bolcheviks regroupent, le , les diverses républiques soviétiques et bolcheviques au sein de l'Union des républiques socialistes soviétiques. Par conséquent, la RSFSR devient une des républiques de l'Union des républiques socialistes soviétiques.

L’ancienne république d'Extrême-Orient, proclamée indépendante de facto dès 1920 avec le soutien bolchévique contre l'ancien pouvoir impérial russe, connaît également un important conflit avec l'armée blanche, qui en reprend le contrôle en 1921 avec l'aide des Japonais, mais l'aide soviétique contre les troupes japonaises permettra à la république de reprendre brièvement son indépendance, qu’elle perd à nouveau lorsqu'elle est annexée par décret en 1922 à la RSFR, dont le territoire est alors étendu sur toutes les frontières nord de la Chine et la façade Pacifique. En compensation de l'évacuation forcée des Japonais (et aussi des Chinois dans les zones frontalières, car la Chine du gouvernement de Beiyang soutient aussi l'armée blanche contre les bolcheviks), le Japon occupe le nord de l'île de Sakhaline (l'île n'était pas encore contrôlée par les bolcheviks, mais était dans l'ancien Empire russe qui ne peut la défendre) jusqu'en 1925 où finalement il est aussi intégré à la RSFR, le sud de Sakhaline restant japonais (préfecture de Karafuto). Ni l'ancienne république d'Extrême-Orient ni Sakhaline n'auront droit à un statut d'autonomie au sein de la RSFR comme d'autres RSS voisines.

La RSFSR est ensuite plongée dans un autre conflit, la Seconde Guerre mondiale, lorsque l'Allemagne nazie envahit l'Union soviétique, le . Staline détient alors tous les pouvoirs. Et il déplace des populations européennes vers l'Orient où sont créées de nouvelles entités autonomes (républiques et oblasts).

Démographie

En 1989, la population de la RSFS de Russie était de 147 400 537 habitants[1], ce qui faisait d'elle la RSS la plus peuplée de l'Union des républiques socialistes soviétiques (elle regroupait 51,4 % de la population).

RSFSR lors de la dislocation de l'URSS

Dernier drapeau, adopté en 1991.

Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985 en prenant la tête du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) avec la volonté de réformer le régime pour combattre la stagnation économique et les reliquats du stalinisme, mais ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La perestroïka restructuration ») n'a pas atteint les objectifs escomptés ayant aggravé les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales, tandis qu'une démocratisation du régime, amorcée avec la glasnost transparence »), déclenche des conflits inter-ethniques et la montée des nationalismes, mal perçue par les Russes.

En 1989, pour la première fois depuis le début de l'ère soviétique, des élections libres ont lieu, les partis politiques sont autorisés en 1990. Cette ouverture est surtout l'occasion pour les peuples des différentes nationalités composant l'URSS de manifester leurs souhaits de souveraineté. Vers 1991, un véritable dualisme du pouvoir s'installe à Moscou. En effet, la puissance montante des structures étatiques russes libérées de la tutelle du PCUS, avec Eltsine en tête, se trouvent face aux organes du pouvoir soviétique et communiste, « archaïque » et « conservateur », essayant en vain de freiner les « réformes gorbatcheviennes » et de préserver le système soviétique. Mikhaïl Gorbatchev tente lui aussi de préserver la cohésion de l'Union soviétique, et d'affaiblir la RSFSR : en réaction, Boris Elstine fait voter sa souveraineté le par le 1er Congrès des députés du peuple de la RSFSR[2].

Le , le PCUS est dissous[3], puis la plupart des républiques qui constituent l'URSS prennent leur indépendance dans les jours ou semaines qui suivent. L'URSS cesse d'exister par l'accord de Minsk du et les accords d'Alma-Ata du [4].

La RSFSR reprend de l'URSS les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. Principale héritière de l'URSS, elle occupe désormais sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, mais assume également le passif financier de l'ancienne URSS. Une union politique et économique, la CEI, est fondée le par la RSFSR, l'Ukraine et la Biélorussie pour tenter de maintenir des liens privilégiés entre les pays issus de l'ex-URSS. Le suivant, la RSFSR est renommée Fédération de Russie. Le lendemain, l'URSS est formellement dissoute.

Subdivisions administratives de la RSFSR

La constitution de 1978 reconnaissait un certain nombre de subdivisions administratives, dont quelques-unes disposaient d'un large degré d'autonomie. Leur existence justifiait à la « Russie soviétique » son statut d'État fédéral, au sein même d'une plus vaste fédération que constituait l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques).

Au moment de la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, elle comportait notamment :

Dirigeants

Titulaires de la fonction de président du conseil des commissaires du peuple de la république socialiste fédérative soviétique de Russie ( - ) ou président du Conseil des ministres de la république socialiste fédérative soviétique de Russie ( - )
PortraitIdentitéPériodeDuréeÉtiquette
DébutFin
Lénine
(ru) Владимир Ильич Ленин
( - )
6 ans, 2 mois et 25 joursParti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik) (d)
Parti communiste bolchévique (d)
Alexeï Rykov
(ru) Алексей Иванович Рыков
( - )
5 ans, 3 mois et 16 joursParti communiste bolchévique (d)
Parti communiste de l'Union soviétique
Sergei Syrtsov (en)
(ru) Сергей Иванович Сырцов
( - )
1 an, 5 mois et 16 joursParti communiste de l'Union soviétique
Daniil Sulimov (en)
(ru) Даниил Егорович Сулимов
( - )
6 ans, 8 mois et 19 joursParti communiste de l'Union soviétique
Nikolaï Boulganine
(ru) Николай Александрович Булганин
( - )
1 an, 1 mois et 26 joursParti communiste de l'Union soviétique
Vasily Vakhrushev (en)
(ru) Василий Васильевич Вахрушев
( - )
10 mois et 4 joursParti communiste de l'Union soviétique
Ivan Khokhlov
(ru) Иван Сергеевич Хохлов
( - )
3 ans et 21 joursParti communiste de l'Union soviétique
Alexis Kossyguine
(ru) Алексей Николаевич Косыгин
( - )
5 ans, 8 mois et 14 joursParti communiste de l'Union soviétique
Boris Chernousov (d)
(ru) Борис Николаевич Черноусов
( - )
3 ans, 7 mois et 11 joursParti communiste de l'Union soviétique
Alexander Puzanov (en)
(ru) Александр Михайлович Пузанов
( - )
3 ans, 3 mois et 4 joursParti communiste de l'Union soviétique
Mikhail Yasnov (en)
(ru) Михаил Алексеевич Яснов
( - )
1 an, 10 mois et 25 joursParti communiste de l'Union soviétique
Frol Kozlov (en)
(ru) Фрол Романович Козлов
( - )
3 mois et 12 joursParti communiste de l'Union soviétique
Dmitry Polyansky (en)
(ru) Дмитрий Степанович Полянский
( - )
4 ans, 7 mois et 23 joursParti communiste de l'Union soviétique
Gennady Voronov (en)
(ru) Геннадий Иванович Воронов
( - )
8 ans et 8 moisParti communiste de l'Union soviétique
Mikhaïl Solomentsev
(ru) Михаил Сергеевич Соломенцев
( - )
11 ans, 10 mois et 27 joursParti communiste de l'Union soviétique
Vitalij Ivanovič Vorotnikov (en)
(ru) Виталий Иванович Воротников
( - )
5 ans, 3 mois et 9 joursParti communiste de l'Union soviétique
Alexander Vlasov (en)
(ru) Александр Владимирович Власов
( - )
1 an, 8 mois et 12 joursParti communiste de l'Union soviétique
Ivan Silaïev
(ru) Иван Степанович Силаев
(né en )
1 an, 3 mois et 8 joursParti communiste de l'Union soviétique
Parti communiste de la République socialiste fédérative soviétique de Russie
Boris Eltsine
(ru) Борис Николаевич Ельцин
( - )
7 mois et 9 joursSans étiquette

Notes et références

Notes

  1. Elle fut nommée jusqu'au « république soviétique de Russie » (Росси́йская Сове́тская Респу́блика), puis jusqu'au « république soviétique fédérative socialiste de Russie » (Росси́йская Социалисти́ческая Федерати́вная Сове́тская Респу́блика).

Références

  1. (ru) « Всесоюзная перепись населения 1989 г. » Recensement de la population de toute l'Union Soviétique de 1989 »], sur demoscope.ru, Демоскоп Weekly.
  2. Ludovic Royer, « De la Russie soviétique à la Russie de Poutine : l'évolution du pouvoir des régions », Hérodote, Éditions La Découverte, vol. 1, no 104, , p. 66-91 (lire en ligne, consulté le ).
  3. « Histoire de la Russie », sur kondratieff.org (consulté le ).
  4. Nina Bachkatov, « Dissolution chaotique de l’URSS », Le Monde diplomatique, , p. 5 (ISSN 0026-9395, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Portail République
  • Portail de l’URSS
  • Portail de la Russie
  • Portail du communisme
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.