Régiment de marche du Tchad

Le régiment de marche du Tchad est un régiment d'infanterie VBCI de l'Armée de terre française. Il appartient aux troupes de marine. Depuis le , il est implanté à Meyenheim, au sud de Colmar dans le Haut-Rhin, sur l'ancienne base aérienne 132.

Régiment de marche du Tchad

Insigne régimentaire du régiment de marche du Tchad

Création 1943
Pays France
Branche Armée de terre
Type Troupes de marine
Rôle Infanterie
Fait partie de 2e brigade blindée de la 3e division
Garnison Meyenheim au Quartier Colonel Dio
Ancienne dénomination Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad
Devise "Le régiment du serment"
Inscriptions
sur l’emblème
Koufra 1941
Fezzan 1942
Sud-Tunisien 1943
Alençon 1944
Paris 1944
Strasbourg 1944
Équipement VBCI
[1]

Véhicules Blindés de Combat d'Infanterie depuis 2011 (VBCI), Véhicules Blindés Légers de reconnaissance (VBL), Véhicules poids-lourd Renault (GBC), Postes de tir Milan, Postes de tir Eryx et de divers camions et véhicules tactiques.

Guerres Seconde Guerre mondiale
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Médaille militaire avec olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 puis aux
couleurs du ruban de la Croix de la Libération
Décorations Croix de la Libération[2]
Presidential Unit Citation
Croix de guerre 1939-1945
quatre palmes
Croix de la Valeur Militaire
une palme

Historique

Il est créé au Maroc en juillet 1943 à partir du personnel métropolitain du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad et des éléments métropolitains et européens ralliés en Afrique du Nord sous le commandement du colonel Dio. Il devient le régiment d'infanterie mécanisée de la 2e Division blindée, commandée par le général Leclerc. Par décision du , le régiment de marche du Tchad est proclamé « héritier des traditions du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad dans la continuation de l'action de guerre menée par les troupes coloniales. La croix de guerre avec deux palmes et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre sont ainsi conférées au drapeau du régiment de marche du Tchad »[3].

Il est appelé le « régiment du serment » à la suite de la promesse faite à Koufra le par le colonel Leclerc « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Effectivement, le régiment participa entre autres à la libération de Paris[4] puis à celle de Strasbourg[5].

En , la division fut transférée à Rabat au Maroc, où elle fut dotée d'armes en provenance des États-Unis: 280 blindés half-track, des camions Dodge, GMC, Brockway, Diamond et de nombreuses jeeps.

Le régiment est ensuite transféré en Grande-Bretagne sur différents navires, dont le Franconia (en), un paquebot réquisitionné. En attendant le débarquement, il est stationné et poursuit son entraînement autour de Hull[6].

Il débarque le 4 aout 1944, à proximité de Sainte Mère Eglise[7] et poursuit en participant à la libération d'Alençon notamment.

De nombreux républicains espagnols, anciens de la guerre civile espagnole, se sont engagés dans ce régiment. Ils étaient majoritaires dans le 3e bataillon (dit « le bataillon espagnol »)[8] et commandé par Joseph Putz, ancien brigadiste[9]. La 9e compagnie, commandée par le capitaine Raymond Dronne[10] était essentiellement constituée d'anarchistes espagnols, d'où son surnom « La Nueve »[11](soit le chiffre neuf en espagnol)[12]. Son fait d'armes le plus connu est d'être entrée la première à Paris, accompagnée d'un peloton de chars du 501e RCC, en [13], lors de l'épisode désormais appelé la Libération de Paris.

Il fut stationné à Pontoise (Val d'Oise - 95) de 1948 à 1968, puis à Bruyères le Châtel / Ollainville / Linas (camp dit de Montlhéry - Essonne - 91) jusqu'en 1996, garnison qu'il partageait alors avec le 121ème régiment de train et le 1er Rama (régiment d'artillerie de Marine, alors équipé en 155AUF1). Le 121ème était cantonné coté Linas, le 1er Rama au centre, et le RMT coté Bruyères, avec sur deux flancs le circuit autodrome de Montlhery, et la forêt du domaine départemental de la roche Turpin. L'ensemble, très boisé permettait de mener des périodes d'instruction en conditions. La garnison était particulièrement chargée de la protection du CEA de Buyères le Châtel. Les deux régiments de Marine accueillaient une population importante d'appelés en provenance de l'ouest (Bretagne et Normandie) et des DOM-TOM (la Réunion), idem au niveau des sous-officiers. Le quartier Koufra est nommé ainsi en référence au serment.

En 1997, le régiment est installé à Noyon, en Picardie.

En 2005, le RMT participe à l'opération "PAMIR XII" en Afghanistan au sein des forces de l'OTAN. En 2006, il est engagé au Liban au sein de la force intérimaire des Nations unies au Liban FINUL. En , le régiment a été projeté simultanément en Afghanistan (opération "PAMIR XIX") et au Liban (opération "DAMAN VI")[14].

En 2010, le régiment s'installe à Meyenheim, en Alsace, sur l'ancienne Base aérienne 132 Colmar-Meyenheim renommée Quartier Colonel Dio.

Le régiment aujourd'hui

Subordinations

Le régiment est subordonné à la 2e brigade blindée de la 3e division.

Il fait partie de la base de Défense de Colmar.

Composition

Le régiment compte dans ses rangs 1 000 militaires et civils. Il est composé d'une compagnie de commandement et logistique (CCL) les "Atlas", une compagnie d'appui (CA) les "aigles", de cinq compagnies de combat et d'une compagnie de réserve (9e compagnie).

  • La première compagnie de combat : les "cobras" du Tchad ;
  • La deuxième compagnie de combat : les "démons" du Tchad ;
  • La troisième compagnie de combat : les "scorpions" du Tchad ;
  • La quatrième compagnie de combat : les "dragons" du Tchad ;
  • La cinquième compagnie de combat : les "lynx" du Tchad ;
  • La neuvième compagnie de réserve : les "loups" du Tchad

Inscriptions sur son drapeau

Drapeau

Son drapeau reprend, fait peu commun dans l'Armée Française, trois noms de batailles auxquelles son régiment père, le Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad, a participé[17] :

Et pour y voir participé en propre :

Décorations

Insigne

« Fronton de porte mauresque d’or à l’inscription en capitales de gueules « TCHAD », surmontant une ancre du même sur champ d’azur, à la tige en forme de croix de Lorraine, chargée d’une tête contournée de chameau d’argent »

Projections extérieures

  • 2001 : Tchad
  • 2001 : Martinique
  • 2002 : Côte d'Ivoire
  • 2002 : Macédoine
  • 2003 : Kosovo
  • 2003 : République centrafricaine
  • 2004 : Kosovo
  • 2005 : Sénégal
  • 2005 : Afghanistan
  • 2005 : Guyane
  • 2005 : Côte d'Ivoire
  • 2006 : Liban
  • 2007 : Kosovo
  • 2007 : Côte d'Ivoire
  • 2007 : Sénégal
  • 2008 : Afghanistan
  • 2008 : Liban
  • 2009 : Kosovo
  • 2009 : Guyane
  • 2009 : Tchad
  • 2010 : Afghanistan
  • 2011 : Côte d'Ivoire
  • 2011 : Tchad
  • 2011 : Afghanistan
  • 2011 : République centrafricaine
  • 2012 : Liban
  • 2012 : Émirats arabes unis
  • 2013 : Qatar
  • 2013 : Émirats arabes unis
  • 2014 : Tchad et République centrafricaine
  • 2014 : SERVAL-BARKHANE Mali
  • 2014 : Nouvelle-Calédonie
  • 2014 : Tahiti
  • 2015 : EUFOR République centrafricaine
  • 2016 : SANGARIS République centrafricaine
  • 2017-2018 : BARKHANE Mali

Suite aux nombreux événements terroristes en France, l'hexagone est devenu un théâtre d'opération extérieur à part entière. Dans le cadre de l'opération sentinelle le régiment de marche du Tchad vient en appui des forces de l'ordre pour sécuriser le pays. Ainsi, il a été projeté dans le département des Pyrénées-Orientales[19], dans le Nord, à Paris, etc.

Chefs de corps

  • 1940/42 : Colonel Philippe Leclerc de Hautecloque ;
  • 1942/43 : Colonel François Ingold ;
  • 1943/46 : Colonel Louis Dio ;
  • 1946 : Commandant André Lavergne;
  • 1946/48 : Lieutenant-colonel Jean Fournier ;
  • 1948 : Lieutenant-colonel Jean Morvan ;
  • 1948 : Commandant Jean Beillard ;
  • 1949/51 : Commandant Marcel Dupin ;
  • 1951/52 : Lieutenant-colonel Roger Fournier ;
  • 1952/54 : Lieutenant-colonel Raymond Thiers ;
  • 1954 : Commandant Jacques Foubert ;
  • 1954/58 : Lieutenant-colonel Jean Bley ;
  • 1958/59 : Lieutenant-colonel Gustave Bouyer ;
  • 1959/61 : Commandant Francis Bourriquen ;
  • 1961/64 : Lieutenant-colonel Jean-Marie Héliot ;
  • 1964 : Lieutenant-colonel Paul Lartigues ;
  • 1964/66 : Colonel Jean Bellec, compagnon de la Libération ;
  • 1966/68 : Colonel Roger Ravel ;
  • 1968/70 : Colonel Michel de Boisset ;
  • 1970/72 : Colonel Michel du Payrat ;
  • 1972/74 : Colonel Paul Cavarrot ;
  • 1974/76 : Colonel Jean Muller ;
  • 1976/78 : Colonel Jean-François Gin ;
  • 1978/80 : Colonel Jacques Bouvet ;
  • 1980/82 : Colonel Jean Élie ;
  • 1984/86 : Colonel Gérard Roques ;
  • 1986/88 : Colonel Christian Vaganay ;
  • 1988/90 : Colonel Alain Cartron ;
  • 1990/92 : Colonel Jean-Louis Wintrebert ;
  • 1992/94 : Colonel Jean-Paul Richard ;
  • 1994/96 : Colonel Jean-Paul Michel ;
  • 1996/98 : Colonel Eric de Stabenrath ;
  • 1998/2000 : Colonel Philippe Bonnel ;
  • 2000/2002 : Colonel Michel Rochelet ;
  • 2002/2004 : Colonel Bertrand de Reboul ;
  • 2004/2006 : Colonel Thierry Ducret ;
  • 2006/2008 : Colonel Olivier de Cevins ;
  • 2008/2010 : Colonel Henry de Medlege ;
  • 2010/2012 : Colonel Philippe François ;
  • 2012/2014 : Colonel Aymeric Tardieu de Maleissye Melun ;
  • 2014/2016 : Colonel François Beaucournu :
  • 2016/2018 : Colonel Emmanuel Antoine
  • 2018/2020 : Colonel Patrick Lamiral
  • depuis 2020 : Colonel Renaud Merlin

Traditions

La fête des troupes de marine
Elle est célébrée à l'occasion de l'anniversaire des combats de Bazeilles. Ce village qui a été quatre fois repris et abandonné sur ordres, les et le .
"Et au Nom de Dieu, vive la coloniale"
Les marsouins et les bigors ont pour saint patron Dieu lui-même. Ce cri de guerre termine les cérémonies internes de la vie des régiments. Son origine est une action de grâce du Révérend Père Charles de Foucauld, missionnaire, voyant arriver à son secours les unités coloniales un jour où il était en difficulté avec une tribu locale.
De manière spécifique
Le régiment de marche du Tchad célèbre la victoire de Koufra, première victoire de la France libre le , jour du serment collectivement fait autour du général Leclerc, et acte fondateur de l'unité dans sa dénomination actuelle.

Personnalités ayant servi au Régiment de marche du Tchad

En tant qu'unité militaire décorée de la Croix de la Libération, le RMT a compté dans ses rangs 69 officiers, sous-officiers et hommes de troupe [20] faits Compagnons de la Libération à titre individuel parmi lesquels 12 sont morts pour la France

Les autres Compagnons de la Libération ayant combattu dans les rangs du RMT sont (par ordre alphabétique)

Sources et bibliographie

  • Erwan Bergot, La coloniale du Rif au Tchad 1925-1980, Presses de la Cité, 1982 (ISBN 978-2258010338)
  • Emmanuel Rigault, Le Régiment de Marche du Tchad (Koufra 1941-Sarajevo 1995), préface du général Massu, avec l'aide du fonds historique Leclerc, Imprimé par Sival-Mavit (Carcassonne), 1996
  • Les marsouins de Leclerc - de Koufra à Kaboul de 1941 à 2009, dessins de Pascal Pelletier, scénario de Paul-Louis Ameztoy, 2010 (ISBN 978-2-9537749-0-0)

Notes

  1. Les fantassins vont aller percevoir leur nouvelle monture chez les cavaliers.(VBCI)
  2. Histoire du RMT sur le site de l'Ordre de la Libération
  3. Extrait de la décision n° 31/CAB/MIL/2.G.
  4. Article du journal LE MONDE : Histoire d'un oubli - Ces espagnols qui ont libéré Paris
  5. (fr) « Le Régiment de Marche du Tchad prend garnison à Colmar », sur infos.fncv.com (consulté le )
  6. Evelyn Mesquida, op. cit., p. 43, 70 et 242
  7. « Témoignage de Louis Marti, 1er Régiment de marche du Tchad », sur Le forum du débarquement et de la bataille de Normandie, (consulté le )
  8. Evelyn Mesquida, op. cit., p. 21 et 268
  9. Evelyn Mesquida, op. cit., p. 128 et 131
  10. Détail des hommes de la Nueve, selon son Capitaine Raymond Dronne
  11. La Neuvième
  12. Allocution du Général Roquejeoffre quant au rôle des espagnols du Régiment de marche du Tchad
  13. La neuvième
  14. https://www.defense.gouv.fr
  15. [PDF]Carte district de Surobi
  16. Source journalistique
  17. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007
  18. Certains militaires ayant servi dans le régiment ont été par ailleurs à titre individuel également nommés Compagnon de la Libération, tels le colonel Jean Bellec et le lieutenant Roger Sinaud.
  19. « Opération sentinelle : renforts pour les Pyrénées Orientales », (consulté le )
  20. Liste détaillée sur le site de l'Ordre de la Libération,

Evelyn Mesquida, La Nueve,  : ces Républicains espagnols qui ont libéré Paris, Le Cherche Midi, 2011 (ISBN 2749120462), page 269

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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