Nikita Mikhalkov

Nikita Mikhalkov (en russe : Никита Михалков), né le à Moscou (alors en Union soviétique), est un réalisateur, acteur et producteur de films russe, fondateur, en 2002, du prix de l'Aigle d'or, décerné chaque année par le cinéma russe.

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Nikita Mikhalkov
Nom de naissance Nikita Sergueïevitch Mikhalkov
Naissance
Moscou, Russie
Union soviétique
Nationalité Soviétique puis
Russe
Profession Réalisateur, producteur de cinéma
Films notables Partition inachevée pour piano mécanique,
Les Yeux noirs,
Urga
Soleil trompeur
12

Biographie

Enfance

Né le à Moscou, Nikita Sergueïevitch Mikhalkov (en russe : Никита Сергеевич Михалков) est le frère du réalisateur Andreï Kontchalovski et le fils de Sergueï Mikhalkov, un poète soviétique célèbre, auteur des paroles de l'hymne de l'Union soviétique (sous Staline), ainsi que des paroles du nouvel hymne national de la Russie (à l'initiative de Vladimir Poutine).

Sa mère est l'écrivain Natalia Kontchalovskaïa. Il est le petit-fils du peintre Piotr Kontchalovski du mouvement Mir Iskousstva, et l'arrière-petit-fils du peintre Vassili Sourikov.

Carrière

Nikita Mikhalkov et sa fille Nadejda au festival de Cannes 2010.

Il étudie au Théâtre d'art de Moscou puis au Théâtre Vakhtangov. Alors qu'il est encore étudiant, il fait ses débuts au cinéma, à l'âge de 18 ans, dans le film Je m'balade dans Moscou réalisé par Gueorgui Danielia en 1963. Il apparaît aussi dans le rôle de prince Nelidov dans le film de son frère Nid de gentilhomme (1969) adapté du roman éponyme d'Ivan Tourgueniev.

Tout en poursuivant son métier d'acteur, il entre à l'Institut national de la cinématographie où il étudie la réalisation avec Mikhail Romm. Il tourne ses premiers courts métrages : Devochka i veshchi, And I Go Home et Une journée tranquille à la fin de la guerre(ce dernier étant son film de fin d'études). En 1974, il réalise son premier long métrage Le nôtre parmi les autres, un ostern dont il coécrit le scénario avec Édouard Volodarski. Influencé par la culture classique russe tout au long d'une œuvre marquée par des images fastueuses et épiques[1], il réalise Partition inachevée pour piano mécanique (1976), qui s'inspire de trois nouvelles et d'une pièce (Platonov) d'Anton Tchekhov. Le film remporte la Coquille d'or au Festival de Saint-Sébastien en 1977. En 1979, il réalise Quelques jours de la vie d'Oblomov, adapté du roman Oblomov d'Ivan Gontcharov, écrit en 1859. Mikhalkov est régulièrement ennuyé par la censure soviétique[2].

Après Cinq Soirées (1979) et La Parentèle (1981), il réalise Les Yeux noirs, inspiré de plusieurs histoires courtes de Tchekhov. Pour ce film, Marcello Mastroianni remporte le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1987. Avec Urga qui relate la rencontre entre un berger mongol et un camionneur russe, il reçoit le Lion d'or à la Mostra de Venise 1991. Anna 6-18 est un documentaire sur sa fille, de son enfance à l'âge adulte. Avec Soleil trompeur (1994), dont l'action se déroule pendant les Grandes Purges des années 1930 et dans lequel il se met en scène auprès d'Oleg Menchikov et de sa jeune fille Nadejda Mikhalkova, le réalisateur obtient le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1994 et l'Oscar du meilleur film étranger en 1995.

Il signe ensuite la réalisation du Barbier de Sibérie (1998), avec de nouveau Oleg Menchikov mais également Julia Ormond, ainsi que du remake de Douze hommes en colère de Sidney Lumet, transposé en Russie (12, 2007). En 2010, il présente en compétition au 63e Festival de Cannes Soleil trompeur 2, la suite de Soleil trompeur[2].

Parallèlement à sa carrière de réalisateur, Mikhalkov préside la Société des réalisateurs russes et dirige le Festival international du film de Moscou depuis 2000. Il est à l'origine de la création en 2002 de l'Aigle d'or récompensant le meilleur film russe (il remporte d'ailleurs ce prix en 2007 avec 12).

Situé à la droite extrême de l'échiquier politique, Mikhalkov est critiqué dans son pays et certains de ses pairs jugent son cinéma passéiste et esthétisant[2]. Son amitié affichée avec Vladimir Poutine lui vaut de nombreuses inimitiés dans le milieu culturel[3]. La présentation à Cannes de Soleil trompeur 2 en 2010 est suivie d'une polémique touchant le metteur en scène, accusé par 97 réalisateurs russes pétitionnaires de despotisme, de détournement des aides publiques et de trop grande proximité avec l'exécutif dans sa gestion de l'Union des cinéastes russes[4]. Il a également tourné une troisième suite au film. Pour le réalisateur dissident Andreï Smirnov, il s'agit de « deux films plus mauvais les uns que les autres ». Nikita Mikhalkov a répondu à la critique d'« aller se faire foutre »[5].

Lors de la cérémonie[Laquelle ?] des Jeux olympiques de Sotchi en 2014, Mikhalkov est choisi comme porte-drapeau de la délégation russe et réalise par ailleurs le film court projeté durant l'événement[réf. nécessaire].

Il possède la chaîne de télévision Besogon (Chasseur du diable), consacrée à sa promotion personnelle. Il y parle notamment des « mensonges de l'Occident ». Il possède également une fortune dans la vigne, l'immobilier, le matériel forestier et la production de diamants[5].

Directeur de l'Académie de l'art théâtral et cinématographique, il a démissionné en 2017 du Fonds de soutien au cinéma russe, critiquant son intrusion, selon lui, par des libéraux et « russophobes ». Par ailleurs, certaines personnes notent que son influence diminue dans les cercles du pouvoir poutinien[5].

Nikita Mikhalkov a refusé de mettre en œuvre un film ou une série dont le scénario suivant lui a été proposé : il consiste à réaliser, une série ou un film dans laquelle l'armée chinoise prend rapidement les territoires proches de la Chine qui sont convoités en Extrême-Orient russe. Il prend parti pour les mesures économiques et sociales mises en place par le gouvernement russe pour éviter une arrivée massive des Chinois de Sibérie, parce qu'il aime trop ses amis chinois pour les présenter comme de futurs réels envahisseurs dans une série imaginaire[6].

Filmographie

Courts métrages

Longs métrages[7]

Producteur

Acteur

Distinctions

Il est récipiendaire de plusieurs Ordres et décorations russes, parmi lesquels l'Ordre du Mérite pour la Patrie.

Il fait partie des huit porteurs du drapeau olympique à la Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 2014, le à Sotchi.

Notes et références

  1. Nikita Mikhalkov sur le site de l'encyclopédie Larousse, consulté le 01 juin 2014.
  2. Pierre Murat, « Nikita Mikhalkov : "Poutine, que vous méprisez tant, a rendu aux Russes leur dignité perdue" », Télérama, (lire en ligne).
  3. Cécile Vaissié, « Les milieux russes du cinéma et Nikita Mikhalkov : ce qui ne leur plaît pas », Le Monde, (lire en ligne).
  4. « Cannes: Mikhalkov répond à ses détracteurs par les chiffres », L'Express, consulté le 22 mai 2010.
  5. Pierre Avril, « Nikita Mikhalkov, le vieux lion du cinéma russe », Le Figaro Magazine, semaine du 22 septembre 2017, page 24.
  6. (ru) Никита Михалков, « Les Russes ont des sentiments de culpabilité; émission Bessogon TV/ "Бесогон TV" », Moscou, Телекомпания «Россия 24», официальный канал ВГТРК на Youtube, (consulté le ), (ru) Alexandre Khramtchikine/Александр Храмчихин, « ce qui pourrait être le 22 juin 2.0 », Сноб, sur www.snob.ru, (consulté le )
  7. Nikita Mikhalkov, biographie et filmographie sur le site Ciné Club de Caen
  8. (ru) Andreï Kolesnikov, « Михалков озвучил сроки начала съемок своего следующего фильма "Шоколадный револьвер" », sur planet-today.ru,
  9. « Sputnik France : actualités du jour, infos en direct et en continu », sur ruvr.ru (consulté le ).
  10. « Sputnik France : actualités du jour, infos en direct et en continu », sur rian.ru (consulté le ).

Liens externes

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