Marquisat de Groppoli

Le marquisat de Groppoli, entre la Toscane et la Ligurie, demeura de 1606 à 1774, la propriété directe de la famille Brignole, illustre famille patricienne de Gênes.

Marquisat de Groppoli

1577–1797

Informations générales
Statut Gouvernement seigneurial
Capitale Groppoli
Langue(s) Italien
Histoire et événements
1577 Dissociation du marquisat des terres des Cybo-Malaspina qui passe à la branche des Malaspina di Mullazzo
1592 Intronisation de Giulio Sale par le grand-duc de Toscane qui avait récupéré le marquisat à l'extinction des Malaspina di Mulazzo
1624 Intronisation d'Anton Giulio Brignole Sale
1748 - 1749 Le marquisat est occupé par les autrichiens alors même que le marquis Gian Francesco II est doge de Gênes et qu'il lutte contre eux
1749 Loi qui rattache les fiefs impériaux au grand-duché de Toscane, privant leurs seigneurs de tout pouvoir, les Brignole entrent en sécession
1774 Le grand-duché de Toscane parvient à récupérer le marquisat
1863 À la mort du marquis Antonio Brignole Sale, le titre n'est pas relevé et devient dormant

Entités précédentes :

  • Malaspina di Mulazzo

Entités suivantes :

Anton Giulio Brignole-Sale, par Anthony van Dyck en 1627
Giovanni Francesco II Brignole-Sale, doge de Gênes 1746-48, par Hyacinthe Rigaud en 1739
Rodolfo II Brignole-Sale, doge de Gênes 1762-64, par Giovanni Battista Chiappe
Anna Pieri, épouse du 9e marquis, par Anton von Maron en 1792

Il s'agit d'un fief impérial, fraction des terres des Malaspina de Mulazzo.

La commune couvrant une superficie de 12 km² et comptant seulement 700 habitants fut supprimée en 1860 et annexée à la commune de Mulazzo.

Les marquis de Groppoli

Fin 1577, le marquisat de Groppoli[1], propriété des Malaspina di Mulazzo est placé sous la protection du grand-duc François Ier de Médicis. En 1592, François Ier fait de Giulio Sale le nouveau marquis de Groppoli[2]. Les Brignole (Anton Giulio ayant épousé l'unique fille de Giulio Sale) s'assurent alors de pouvoir récupérer le marquisat, par dot.

En 1606, Anton Giulio Brignole Sale devient le premier marquis de Groppoli où il réside un temps. Le marquisat est géré à distance par des fonctionnaires des Brignole Sale, qui abusent quelquefois de leurs pouvoirs surtout au début du XVIIIe siècle. Les Brignole-Sale reçoivent l'investiture du grand-duc de Toscane.

Le marquisat devient de fait indépendant et ainsi rentre dans l'orbite de Gênes. Il est occupé de 1746 à 1748 par les Autrichiens, alors même que Gian Francesco II est doge à Gênes. En 1749, le doge Gian Francesco II Brignole Sale, rompant avec la politique de ses prédécesseurs, décide d'administrer directement ses possessions, y rendant lui-même la justice, c'est-à-dire qu'il tente de détacher le marquisat de la Toscane en refusant d'y appliquer la loi du grand-duché. À sa mort en 1760, son frère Ridolfo-Emilio Brignole-Sale hérite du marquisat et dès lors, le grand-duché de Toscane n'aura de cesse de vouloir récupérer Groppoli et sa région.

En 1773, les paysans de Groppoli, mécontents de la politique fiscale des Brignole-Sale se révoltent et assiègent le château du XVe siècle.

En 1774, quand le fils de Ridolfo-Emilio succède a son père, il est dépossédé de toute son autorité et de tous ses pouvoirs. Le marquisat est désormais administré directement par la Toscane.

Le marquisat disparaît finalement en 1797.

Liste des marquis de Groppoli

  • Giulio Sale, 1er marquis de Groppoli (????-1592-1607)

Giulio avait une fille et héritière nommée Geronima qui épousa son cousin germain Gio Francesco Brignole, Doge de Gênes[3]. Après la mort de Giulio Sale en 1607, le Grand-Duc de Toscane fit une seconde investiture du marquisat le . Conformément au testament de Giulio Sale, le reste se limita à la lignée masculine:

À partir de 1774, le marquisat est annexé au Grand-duché de Toscane, ne reste aux Brignole-Sale que le titre :

  • Anton Giulio III Brignole-Sale, 9e marquis de Groppoli (1764-1774-1802), fils du précédent
  • Ridolfo III Brignole-Sale, 10e marquis de Groppoli (1784-1802-1806-1832), fils du précédent, ordonné en 1806 et renoncé son titre
  • Antoine Brignole-Sale, 11e marquis de Groppoli (1786-1806-1863)[11], frère du précédent

Aux termes de la seconde investiture du (qui limitait le titre à la lignée masculine), le marquisat s'éteignit à sa mort. Cependant, aux termes de l'investiture initiale de 1592, le titre pouvait passer à travers la lignée féminine (le 2e marquis ayant réussi de cette manière). À la mort du 11e marquis, en 1863, la loi italienne aurait exigé que la succession au titre de sa fille Maria soit confirmée par le nouveau roi d'Italie. Comme Maria n'a pas fait cette demande, le titre est devenu dormant:

Maria a épousé Raffaele De Ferrari, duc de Galliera. À sa mort, la succession au titre est quelque peu obscure puisque son fils unique survivant, le célèbre collectionneur de timbres Philippe de La Renotière von Ferrary, a renoncé à ses titres. Cependant, il était illégitime (son père biologique était Emanuel La Rénotière von Kriegsfeld, qui l'avait ensuite adopté[13]) et sa mère ne tenta pas de l'investir avec le titre. Il apparaît alors qu’à la mort de la duchesse de Galliera en 1888, le titre de dormant est passé à John Dalberg-Acton, 1er Baron Acton, héritier à la ligne de la famille Brignole-Sale (le seul petit-fils de Pellina Brignole-Sale, sœur de le 11e marquis et épouse d'Emmerich von Dalberg, duc de Dalberg):

  • John Dalberg-Acton, 1er Baron Acton, 13e marquis de Groppoli (1834-1902), cousin du précédent
  • Richard Lyon-Dalberg-Acton, 2e Baron Acton, 14e marquis de Groppoli (1870-1924), fils du précédent
  • John Lyon-Dalberg-Acton, 3e Baron Acton, 15e marquis de Groppoli (1907-1989), fils du précédent

En 1946, le royaume d'Italie est remplacé par une république. En vertu de la Constitution italienne adoptée en 1948, les titres de noblesse ne sont pas reconnus légalement. Titre de courtoisie:

Notes et références

  1. http://www.archiwebmassacarrara.com/percorsi/groppoli.php
  2. Le titre a été attribué à «Giulio figlio di Niccolò Sale nobile genovese» et «ai suoi figliuoli descendenti maschi e femmine in infinito e alli suoi eredi e successori di qualunque sorte, ai quali avesse dato, donato o lasciato tanto per atti tra vivi che per ultima volontà, con questo però che uno solamente fusse il Marchese pro tempore e che il detto marchesato fusse sempre indivisibile e reservato all’Altezza sua serenissima e suoi successori nel Granducato il supremo e diretto dominio et altro» (à ses enfants et à ses descendants, hommes et femmes, pour toujours, ainsi que tous ses héritiers et successeurs, à qui il a donné, fait don ou légué entre vifs ou entre dernières volontés, avec toutefois une réserve, à savoir qu'un seul d'entre eux doit être le marquis pro tempore et ledit marquis doit toujours être indivisible et son Altesse sereine et ses successeurs au Grand-Duché ont une domination directe réservée et autres) http://www.archiviodistato.firenze.it/asfi/fileadmin/risorse/allegati_pubblicazioni_online/istituzioni_1/ist1_vivoli.pdf
  3. « BRIGNOLE SALE, Giovan Francesco in "Dizionario Biografico" »
  4. « BRIGNOLE SALE, Anton Giulio in "Dizionario Biografico" »
  5. « BRIGNOLE SALE, Giovan Francesco in "Dizionario Biografico" »
  6. « BRIGNOLE SALE, Anton Giulio in "Dizionario Biografico" »
  7. « BRIGNOLE SALE, Giovan Francesco in "Dizionario Biografico" »
  8. « BRIGNOLE SALE, Giuseppe Maria in "Dizionario Biografico" »
  9. Il est possible qu'à la suite du décès de Gian Francesco II, ses deux frères cadets, Giuseppe et Ridolfo se soient partagés ses biens. En effet, on sait que Ridolfo disputa à son frère plus âgé Giuseppe la possession du Palazzo Rosso à Gênes. Finalement ce palais revint à Giuseppe mais il est possible qu'en échange, celui-ci ait renoncé au marquisat de Groppoli. Cela est d'autant plus probable que Giuseppe n'avait qu'une fille unique, mariée au prince Honoré III de Monaco et que Giuseppe redoutait par-dessus tout que son détestable gendre (et amant de son épouse !) hérite de lui. De plus, depuis que le grand-duc avait aboli les fiefs impériaux, les Brignole étaient de fait en sécession vis-à-vis de leur suzerain et on peut raisonnablement imaginer qu'un ancien doge comme Ridolfo-Emilio ait eu le prestige et les appuis nécessaires pour faire durer cette situation quelques années de plus.
  10. « BRIGNOLE SALE, Rodolfo in "Dizionario Biografico" »
  11. « BRIGNOLE SALE, Antonio in "Dizionario Biografico" »
  12. « BRIGNOLE SALE, Maria, duchessa di Galliera in "Dizionario Biografico" »
  13. Dr Stanley M. Bierman, "Philippe Von Ferrary, a Vast Fortune in Search of Stamps", The American Philatelist, Vol. 101, No. 12, décembre 1987, p. 1145
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