Raisonnement fallacieux

Un raisonnement fallacieux est un raisonnement incorrect qui a pourtant une apparence de validité logique. On distingue généralement deux types de raisonnements fallacieux[note 1] : le sophisme, qui est une argumentation destinée à tromper autrui, et le paralogisme qui est une erreur de raisonnement involontaire[1]. Kant effectuait cette distinction dans son ouvrage Logique (1800) indiquant qu'un syllogisme erroné quant à sa forme[note 2] est un paralogisme quand il trompe son auteur, et un sophisme quand il vise à tromper autrui[2]. Le raisonnement visé est formellement le même que l'auteur trompe lui-même, ou qu'il mente en toute connaissance de cause. Cela rend difficile (voire impossible par le seul examen du raisonnement) de déterminer l'état d'esprit de l'auteur, et la distinction entre paralogisme et sophisme est parfois contestée[note 3].

La traduction en français du terme anglais fallacy est sujette à débat car bien que pouvant être traduit par « sophisme », le terme désigne aussi le paralogisme, lequel n'est pas volontaire[3]. Il est aussi parfois traduit par « raisonnement fallacieux[4] ».

Bibliographie

Notes et références

Notes

  1. au sens large du terme, c'est-à-dire illusoires. Cf. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Fallacieux » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. trugschluss en allemand, fallacy en anglais.
  3. Selon le sociologue Marc Angenot cette distinction est « simpliste » voire « spécieuse » : « Comment juger l'intention de tromper ? Les choses serait-elles moins graves si, avant de persuader à tort les autres, je m'étais persuadé moi-même de mes raisonnements fallacieux ? ». Cf. Marc Angenot, Dialogues de sourds : Traité de rhétorique antilogique, Fayard/Mille et une nuits, , 462 p. (ISBN 978-2-7555-0309-8, lire en ligne), p. 117

Références

  1. Guy Haarscher, Comme un loup dans la bergerie : Les libertés d'expression et de pensée au risque du politiquement correct, Editions du Cerf, , 128 p. (ISBN 978-2-204-10671-9, lire en ligne), p. 45.
  2. Dufour 2016 : « [Kant] supports a distinction between fallacy and sophism based on the will to deceive. In his Logic he writes: “A syllogism which, though it has the appearance of a right one for it, is false in point of form, is termed a fallacy (Trugschluss (fallacia)). A syllogism of that nature, when one deceives himself with it, is a paralogism (Paralogismus) 6 ; and when he endeavors to deceive others with it, a sophism (Sophisma)” (§ 90, p. 193). »
  3. Dufour 2016 : « The translation into French of the English word “fallacy” opens a discussion on the difference between fallacy and sophism in English. The two words are sometimes synonyms, but a difference is sometimes made on the ground that a sophism is deliberate and a fallacy is non-deliberate. »
  4. Céline POISSON et Charles S. PEIRCE, Abecedarium, Éditions de l'Éclat, , 380 p. (ISBN 978-2-84162-330-3, lire en ligne), p. 64
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