John Doe (Panama Papers)

John Doe est le pseudonyme du lanceur d'alerte des Panama Papers. En anglais, ce nom fait référence à l’homme de la rue. Cette personne a contacté le journal allemand Süddeutsche Zeitung en 2015.

Pour les articles homonymes, voir John Doe (homonymie) et Doe.

Synopsis

Premiers contacts

Transcription d'une conversation électronique entre Bastian Obermayer du Süddeutsche Zeitung et le lanceur d'alerte « John Doe », qui justifie son geste en écrivant « je veux rendre ces crimes publics. »

En 2015, un contact anonyme envoie un e-mail chiffré au journaliste Bastian Obermayer (en) du Süddeutsche Zeitung avec ces quelques mots : « Bonjour, ici John Doe[1]. Êtes-vous intéressés par des données[2] ? » Obermayer acquiesce. La suite du message se décline alors comme suit : « Il y a quelques conditions. Ma vie est en danger. Nous communiquerons de façon codée. Nous ne nous rencontrerons pas. Ce que vous publiez est votre affaire[3]. » À la question « Pourquoi faites-vous ça ? », John Doe répond : « Je veux que ces délits deviennent public[3] ... ». John Doe commence dès lors à transférer environ 11,5 millions de documents d'archives provenant du cabinet d'avocat panaméen Mossack Fonseca[4].

Contenu

Les documents fournis, remontant aux années 1970 et s'étendant jusqu'à fin de l'année 2015, représentent un total de 2,6 téraoctets de données. Le contenu, exceptionnellement massif, est alors rapidement partagé avec les rédactions de médias internationaux œuvrant dans plus de 80 pays par l'intermédiaire du consortium international des journalistes d'investigation[5] (ICIJ) basé à Washington[6]. Les premiers articles sont publiés le [7], accompagnés de 149 documents[8]. D'autres révélations suivront les publications initiales, l'intégralité des sociétés mentionnées par les documents devant être dévoilée d'ici [9].

Explication de sa démarche

Dans un manifeste envoyé au Süddeutsche Zeitung, John Doe indique avoir cherché à plusieurs reprises à contacter WikiLeaks pour lui transmettre les données obtenues, mais qu'il n'a jamais eu de réponse. Dans ce texte, intitulé « La révolution sera numérique », il critique notamment les excès du capitalisme et le contrôle de certains médias par de grandes fortunes. John Doe se dit aussi prêt à aider les autorités des pays intéressés pour d'éventuelles poursuites judiciaires basées sur les informations des Panama Papers, mais seulement si son statut de lanceur d'alerte est reconnu et lui assure une protection[10].

Notes et références

Sources

Références

  1. Paul Farhi, « ‘Hello. This is John Doe’: The mysterious message that launched the Panama Papers », Daily Mail, (lire en ligne)
  2. Megan Levy, « 'Interested in data?': Panama Papers leak began with message from 'John Doe », Sydney Morning Herald, (lire en ligne)
  3. Nathalie Versieux, correspondante à Berlin, « Hello, ici John Doe, êtes vous intéressés par des données ? », Libération « Panama Papers », (lire en ligne)
  4. (en) « The Panama Papers », Süddeutsche Zeitung, (consulté le )
  5. (en) « The Panama Papers », International Consortium of Investigative Journalists, (consulté le )
  6. (en) The Associated Press, « Trove of Data on offshore Accounts Prompts Probe, Questions », The New York Times, (consulté le )
  7. (en) Frederik Obermaier, Bastian Obermayer, Vanessa Wormer et Wolfgang Jaschensky, « About the Panama Papers », Süddeutsche Zeitung, (consulté le )
  8. (en) « Internal documents from Mossack Fonseca (Panama Papers) », DocumentCloud (consulté le )
  9. (en) « Data Methodology », International Consortium of Investigative Journalists, (consulté le )
  10. Maxime Vaudano et Jérémie Baruch, « Le lanceur d’alerte des « Panama papers » explique pour la première fois sa démarche », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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