Joë Hamman

Jean Hamman dit Joë Hamman, est un acteur, réalisateur, dessinateur et illustrateur français, né le à Paris[1] et mort le à Dieppe.

Joë Hamman
Joë Hamman vers 1910
Nom de naissance Jean Paul Arthur Hamman
Naissance
Paris 8e, France
Nationalité  Français
Décès (à 90 ans)
Dieppe, Seine-Maritime, France
Profession Acteur
Réalisateur
Illustrateur

Il est considéré comme l'un des créateurs, au début du XXe siècle, du « western français », avec son ami le réalisateur Jean Durand.

Biographie

Né en 1883 d’une famille bourgeoise (père expert en tableaux, mère ancienne demoiselle de compagnie de l'impératrice Eugénie), il est le petit-fils du peintre belge Édouard Hamman (1819-1888), expert en tableaux historiques. Sa grand-mère Louise-Jenny Audiat a été demoiselle de compagnie de l’impératrice Eugénie. Par sa mère, Virginie Protais, il est le petit-neveu du peintre Paul-Alexandre Protais (1825-1890), et descend de Jean-François Christophe (1772-1827), général de cavalerie, baron d'Empire.

Il côtoie dans son enfance de nombreux écrivains (Dumas fils, Maupassant, Feydeau) amis de ses parents. Il fait ses études à Paris et à Londres, puis entre aux Beaux-Arts.

Joë Hamman découvre sa vocation de cinéaste lorsqu'à douze ans, il assiste à l'une des projections d'Auguste et Louis Lumière au Salon indien du Grand Café, à Paris en [2]. À 21 ans en voyage d’affaires avec son père aux États-Unis, il découvre les Wild West Shows de Buffalo Bill avec qui il se lie d'amitié. De retour en France, Joë Hamman tourne des westerns (en tant qu'acteur[3] et réalisateur) dans la région parisienne (carrières d’Arcueil, bois de Meudon). Cow-boy en 1906 — le premier western selon lui[4] — et Le Desperado en 1907[5] sont tournés pour la firme Lux. Après sa rencontre avec le marquis de Baroncelli, il tourne ses films en Camargue, faisant appel au réalisateur chevronné Jean Durand. Il est l'un des pionniers du genre hors Amérique[2], le western français étant appelé « western-camembert »[6].

En 1921, il crée une société de production, Les Films Joë Hamman, et continue de réaliser des films jusqu'en 1937. Après la Seconde Guerre mondiale, sa carrière cinématographique dans le western est révolue, les films de western tournés aux États-Unis supplantant les films français. Il joue alors des petits rôles, notamment dans des ciné-romans[7], jusqu'en 1967[8].

Son nom apparaît aussi, à partir de 1941, dans des récits complets pour des bandes dessinées et un peu plus tard, aussi bien pour des articles que pour des illustrations, dans des illustrés pour la jeunesse tels que Pierrot, Coq hardi, Cœurs vaillants et même Tintin. Certaines sont conservées au Musée national de la coopération franco-américaine du château de Blérancourt.

Dessinateur et aquarelliste, Joë Hamman a également illustré, entre autres, Balzac, Perrault, Edgar Poe, le Satyricon, Les Mille et Une Nuits[6]...

Il fait partie du « cercle des Mortigny », fondé par Dimitri d'Osnobichine, en 1908 [9], qui regroupe de nombreux artistes et habitués de la vie parisienne : Paul Poiret, Bernard Boutet de Monvel, Pierre Brissaud, Georges Villa, Guy Arnoux, Lucien-Victor Guirand de Scevola, Joseph Pinchon, André Warnod, Pierre Troisgros, Jean Routier, Henri Callot, Pierre Falize, Pierre Prunier, cercle qui fonctionne jusque dans les années 1950[10].

Sous le nom de Joë Hamman, il a publié, en 1962, un livre autobiographique préfacé par Jean Cocteau, Du Far-West à Montmartre.

Filmographie

Tous les films de la période 1907 à 1914 sont des courts métrages, sauf mention contraire.

Acteur

Réalisateur

Illustrateur

Livres

  • Joë Hamman. Sur les pistes du Far-West, Paris : Les Éditeurs français réunis, 1961.
  • Joë Hamman. Du Far-West à Montmartre, un demi-siècle d'aventures, chez les Éditeurs Français Réunis, Paris, 1962.
  • Francis Lacassin. « Joë Hamman ou L'éternelle jeunesse du centaure » in Pour une contre-histoire du cinéma, Arles : Actes Sud ; Lyon, Institut Lumière, 1994, p. 127–135.
  • Francis Lacassin. À la recherche de Jean Durand, Paris : AFRHC, 2004. Préf. de Bernard Bastide.
  • Bernard Bastide. Aux sources du cinéma en Camargue : Joë Hamman et Folco de Baroncelli, Avignon, Palais du Roure, 2018.

Autres

Notes et références

  1. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 8e arrondissement, registre des naissances de 1883, acte n° 1441 (vue 29 / 31) avec mentions marginales de mariage et de décès.
  2. Éric Leguèbe, Confessions : Un siècle de cinéma français par ceux qui l'ont fait, Ifrane éditions, 1995
  3. Cavalier émérite, c'est un cascadeur professionnel reconnu.
  4. Joë Hamman, Du Far-West à Mont-Martre, Les Éditeurs Français Réunis,
  5. Le Desperado sur IMDb
  6. Anaïs Kien et Charlotte Roux, documentaire « Western Baguetti : l'Incroyable Histoire de Joe Hamman » sur France Culture, 26 juin 2012
  7. Catalogues des films racontés en photos dans les périodiques français des années 50-70.
  8. Joe Hamman, précurseur du western en France
  9. Les Modes, revue mensuelle illustrée des Arts décoratifs appliqués à la femme, février 1906 sur Gallica
  10. Bec et ongles, satirique hebdomadaire, 16 janvier 1932 sur Gallica

Voir aussi

Filmographie

  • Joë Hamman, le Français qui inventa le western, documentaire de Vincent Froehly, Supermouche productions, 2014, 52 min

Liens externes

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