Hiarbas

Hiarbas était à la fois un personnage mythologique de la mythologie romaine et un personnage historique, roi de Maurétanie.

Hiarbas
ⵀⵉⴰⵔⴱⴰⵙ
Titre
Roi de Numidie
En fonction depuis
Prédécesseur Gauda
Successeur Hiempsal II
Biographie
Origine Numide
Date de décès
Conjoint Prétendait épouser Elyssa

Dans la mythologie romaine

Dans la mythologie romaine, Hiarbas ou Iarbas (on dit aussi Iarbus et Iarbe[1]) était le fils de Jupiter et d'une nymphe du pays des Garamantes[2], une peuplade de l’ancienne Libye. Il aurait été dédaigné par la reine Didon, fondatrice mythique de Carthage, qui lui préféra Énée[3].

La légende de la fondation de Carthage retiendra le nom du roi des Maxitani, Hiarbas, qui prétendait épouser Elyssa pour sceller l’alliance entre les autochtones et les Tyriens fraichement débarqués sur le littoral africain[4].

D'un point de vue historique

Au plan historique, Hiarbas est le nom d'un roi de Maurétanie qui régna de 84-82 avant notre ère. C'est sans doute en référence à ce roi que le poète Ovide réinterprète le récit mythique. Selon lui, Iarbas, roi des Maures, se serait vengé du refus de la reine Élyssa (Didon) en envahissant son royaume[5]. Selon l'Histoire universelle de Justin, il était roi des Maxitains[6], peuplade d'Afrique du Nord désignée aussi par Hérodote sous les noms de Mazyes et Maces[7].

Notes et références

  1. Cette dernière appellation est celle utilisée par Jacques Delille dans sa traduction de l'Énéide (1804)
  2. Virgile, Énéide, IV, 198. « Ce fils d'Hammon et d'une nymphe enlevée au pays des Garamantes ». Texte sur Itinera electronica. D'après le texte de Virgile, la nymphe aurait aussi pu s'appeler Garamantis, mais « il n'est pas sûr que ce soit un nom propre car Garamantis est le féminin de Garamas (pluriel Garamantes). Cependant comme la mythologie résume sans cesse un peuple entier par un nom propre (...] rien n'empêche que Garamantis ne soit une personnification de tout le peuple Garamante. » Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne. Volume 54
  3. « Tu as dédaigné Iarbas et les autres chefs d'armées, que nourrit la terre d'Afrique, riche en triomphes. » Virgile, Énéide, IV, 36. Texte sur Itinera electronica
  4. Mansour Ghaki, La protohistoire en Tunisie, 2017, 6715-6724. https://www.academia.edu/34759052/La_protohistoire_en_Tunisie_Encyclop%C3%A9die_Berb%C3%A8re_XL_2017_6715-6724
  5. « Les Maures envahissent aussitôt ce royaume sans défenseur; le Maure Iarbas s'établit dans le palais qu'il vient de conquérir, et, se rappelant les dédains de la reine: "Je commande enfin, dit-il, dans cette chambre nuptiale, d'où Élissa m'a tant de fois repoussé!" » Ovide, Fastes, III, 552. Texte sur Itinera electronica
  6. « Déjà Carthage était riche et puissante, lorsque Hiarbas, roi des Maxitains, ayant appelé près de lui dix des principaux Carthaginois, leur demanda la main d'Elissa, sous menace de la guerre. » Justin, Histoire universelle, XVIII, 6.
  7. Hérodote, Histoire, livre IV, 191 : "A l'ouest du fleuve Triton, les Libyens laboureurs touchent aux Auséens ; ils ont des maisons, et se nomment Maxyes. Ils [...] ils se disent descendus des Troyens". Le rapprochement entre les "Maxitani" de Justin et les "Maxyes" d'Hérodote est opéré au XIXe siècle dans l'Encyclopédie nouvelle de Leroux et Reynaud, t.3, p.280 (article "Carthage") : Didon "fut aimée de Hiarbas, roi de Maxyes, ou Maxitans" ; https://books.google.fr/books?id=RQ9fAAAAcAAJ&pg=PA280&lpg=PA280&dq=hiarbas+roi+des+maxyes&source=bl&ots=ZjBzWsCh1J&sig=KspOBye9p-xu9LI5atzLloi7Hic&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjaxdnMgNbPAhUqD8AKHc7KDVIQ6AEILjAD#v=onepage&q=hiarbas%20roi%20des%20maxyes&f=false. Ces appellations ethniques sont à rapprocher de celle de Mashaoush mentionnée dans les inscriptions hiéroglyphiques, pour désigner les peuples libyens en guerre à peu près permanente avec les Pharaons. Selon certaines interprétations, Maxitani, Mazyes, Maces, Meshaouash, etc. seraient des transcriptions différentes d'un même vocable ethnique par lequel certaines tribus libyennes se désignaient pour se différencier d'autres peuples qui les entouraient. Ce vocable est encore en usage de nos jours sous la forme "Mazigh", pluriel de "Imazighen" (Imazigen signifie en langue berbère 'homme libre'). Sur le rapprochement de ces différents noms avec "Imazighen", voir J. Bérard page 77 ici : http://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1944_num_57_269_3017
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