Exposition universelle de 1937

L'Exposition universelle de 1937, officiellement Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne, qui se tient à Paris du 25 mai au 25 novembre 1937, est la première exposition organisée en France selon les règles de la Convention de Paris de 1928 sur les expositions internationales. C'est également le dernier événement de ce genre à avoir eu lieu à Paris.

Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne

Icône de l'exposition.
Général
Type-BIE Universelle
Catégorie Expo de seconde catégorie
Bâtiment Palais de Chaillot
Surface 101 hectares
Fréquentation 31.040.955 visiteurs
Tarifs 6 francs
Jours populaires : 3 francs
Jours de gala : 12 francs
Participants
Nombre de pays 54
Localisation
Pays France
Ville Paris
Site Palais de Chaillot, Champ-de-Mars, Seine
Coordonnées 48° 51′ 44″ nord, 2° 17′ 17,7″ est
Chronologie
Date d'ouverture
Date de clôture
Éditions Universelles
Précédente Exposition universelle de 1935 , Bruxelles
Suivante Foire internationale de New York 1939-1940 , New York
Éditions spécialisées
Précédente Exposition spécialisée de 1936 , Stockholm
Suivante Exposition Aéronautique Internationale de la ligue de défense aérienne de Finlande 1938 , Helsinki
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Paris

Organisation

Préparation de l'Exposition

Panorama sur le site de l'Exposition de 1937 depuis le palais de Chaillot.
Les pavillons du Troisième Reich (à gauche) et de l' URSS (à droite) se font face de part et d'autre de la tour Eiffel.

La loi du 6 juillet 1934 décide l'organisation d'une Exposition internationale à Paris. Le 19 juillet, Edmond Labbé est nommé commissaire général par le gouvernement français. Il a, parmi ses collaborateurs, Henri Giraud et Paul Léon. Edmond Labbé doit rassembler différentes propositions du Parlement français dans un projet d'Exposition cohérent. Il choisit de démontrer que l'Art et la Technique ne s'opposent pas mais que leur union est au contraire indispensable : « le Beau et l'Utile doivent être, dit-il, indissolublement liés ». Dans un contexte de crise économique et de tensions politiques internationales, l'Exposition de 1937 doit également promouvoir la paix : la couleur bleue doit dominer.

Le projet est, à l'origine, regardé comme modeste : l'Exposition s'installe principalement sur le Champ-de-Mars et dans les jardins du Trocadéro. Les terrains font l'objet de deux agrandissements successifs et s'étendent de l’esplanade des Invalides et du pont de l'Alma jusqu'à l'île aux Cygnes[1], avec des annexes prévues aux portes de l'ouest de Paris.

De l'avis des architectes modernes, la préparation de l'Exposition internationale pour 1937 avait été mal engagée, ce qu'avait exprimé Robert Mallet-Stevens en démissionnant du comité préparatoire. C’est l'arrivée au pouvoir du Front populaire qui relance la participation de l’avant-garde à cette manifestation, alors que le contexte politique international est préoccupant et que le retour à l’ordre stylistique triomphe. Mallet-Stevens, qui intervient pour soutenir à nouveau les tenants de l'architecture moderne au sein du comité d'organisation, se voit alors confier cinq pavillons. Outre deux pavillons significatifs de la politique du gouvernement : celui de la Solidarité nationale et celui de l’Hygiène, dont il organise l’accès par deux rampes majestueuses, le long de la Seine, trois autres bâtiments lui sont commandés par des établissements industriels et commerciaux : le Palais de l'Électricité et de la Lumière[2], particulièrement spectaculaire la nuit, le Pavillon du monopole des tabacs et allumettes (suivant affiche) et celui des Cafés du Brésil. Il conçoit également, avec les frères Martel, le Signal des Ciments français, qui prolonge leur expérience des arbres en ciment armé de l’Exposition de 1925.

André Devambez, L'Exposition de 1937, vue de la Tour Eiffel, 1937[3], musée des Beaux-Arts de Rennes.

La plupart des bâtiments sont temporaires, à quelques exceptions[4] :

En 1936, les mouvements sociaux nés du Front populaire entraînent de grands retards dans les travaux (sauf pour le pavillon de l'URSS) et de nombreux incidents sur les chantiers : grèves, blocages. L'ouverture est prévue symboliquement le 1er mai, date importante pour un gouvernement de Front Populaire. Tout retard ferait l'objet de moqueries de la part de la droite. Le gouvernement cherche un homme énergique pour la faire respecter : il nomme Max Hymans comme nouveau commissaire général. Il faut payer des sur-salaires pour faire travailler les ouvriers le soir et le dimanche. Max Hymans remplit sa mission, ce qui contribue à former sa réputation d'homme énergique. Certains des bâtiments ne sont pas terminés. D'autres, appelés à durer, ne le seront qu'après l'Exposition, sans que le public ne le remarque, comme le Palais d'Iéna, œuvre d’Auguste Perret, qui ne sera terminé qu'en 1946[5]. Le jour de l'ouverture, les deux pavillons principaux, qui se font face, sont terminés et reçoivent la médaille d'or de l'Exposition : celui de l'Allemagne du IIIe Reich et celui de l'URSS. Mais finalement l'Exposition ouvre le 25 mai, avec moins d'un mois de retard sur le calendrier prévu. Le Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl y est présenté en grande pompe et reçoit le prix du meilleur documentaire.

L'Exposition universelle de 1937 à Paris.

Plan général de l'Exposition

190 pavillons répartis en divisions étaient disposés entre la pointe de l'île aux Cygnes et la place de la Concorde, à cheval sur la Seine. L'entrée d'honneur se faisait par la place du Trocadéro. Des annexes existaient boulevard Kellermann, place de la Porte-de-Saint-Cloud et porte Maillot, reliées par un service de tramways[6].

États et territoires représentés

Les États souverains, la France et ses colonies, ainsi que des territoires placés sous mandat, disposent chacun d'un pavillon, pour un total de 55 bâtiments. Les sections étrangères se répartissaient dans les jardins du Trocadéro, autour des fontaines, et de l'autre côté du pont de l'Alma, aux pieds de la tour Eiffel et jusqu'à l'avenue bordant l’École militaire. Les colonies françaises sont regroupées sur l'île aux Cygnes. Un pavillon du « Comité de la Terre d'Israël » intitulé « Pavillon d'Israël en Palestine » et un restaurant roumain sont également présents.

« Cette rencontre est le dernier espoir pour la paix en Europe. Cinquante nations y sont représentées, mais l'image mythique de cette manifestation reste pour le monde entier celle de deux tours qui se font face : le pavillon de l'Allemagne hitlérienne et de la Russie stalinienne, chacune couronnée de motifs sculpturaux symboliques et agressifs : l'aigle nazi, et le couple de kolkhoziens brandissant la faucille et le marteau[7]. »

Principales réalisations françaises

Palais et pavillons

L'année de cette Exposition universelle est aussi celle des « grands travaux » de Robert et Sonia Delaunay, en même temps que celle des tensions sociales et internationales.

« L'Allemagne, l'URSS, l'Espagne, l'Italie, et même la France, se défient dans un concours de néo-classicisme grandiloquent, avec des bâtiments lourds et agressifs à l'opposé de l'objectif initial de l'Exposition qui était de regrouper tout ce qui unit les hommes et rien de ce qui les sépare[8]. »

Le palais de l'air.

La France n'est pas plus novatrice que les autres pays, à l'exception de quelques réalisations comme le Palais de l'air et le Palais des chemins de fer décorés par Robert et Sonia Delaunay, ainsi que le Pavillon de la lumière de Robert Mallet-Stevens[8] pour lequel Raoul Dufy réalise La Fée Électricité longtemps considéré comme le plus grand tableau du monde jusque dans les années 1970, en hommage aux pionniers de l'électricité. Un disjoncteur de 500 000 volts (record mondial de la puissance) a été installé devant la fresque[9].

Situé dans l'axe du champ-de-Mars, le pavillon de la lumière en ferme la perspective par un mur incurvé de six cents mètres carrés, dont la surface est recouverte de perles, ce qui permet, le soir, de projeter des films en Cinémascope dont le procédé est dû au professeur Henri Chrétien[9].

Léon Blum a voulu que l'avant-garde soit présente durant cette manifestation. Il confie la décoration du palais des chemins de fer et du palais de l'air à Robert et Sonia Delaunay à la condition qu'ils fassent travailler cinquante peintres chômeurs. L'entreprise, gigantesque, est constituée d'une peinture de 780 m2 pour le palais de l'air, et d'une composition de 1 772 m2 pour le palais des chemins de fer auxquelles s'ajoutent des bas-reliefs de couleur et un panneau de 150 m2. Réunis dans un garage de la porte Champerret, les artistes ont vécu et travaillé en commun. Il y a notamment Jean Bertholle, Léopold Survage, Pierre Hodé, Roger Bissière et Alfred Manessier[8].

Le pavillon de l'Éducation nationale était décoré d'une peinture de Gabriel Moiselet (1885-1961), L'Activité dans les écoles supérieures de jeunes filles, qui réalisa également le décor du Comité olympique.

Les décors muraux des pavillons

Pour le palais des chemins de fer, Robert et Sonia Delaunay exécutent plusieurs grandes peintures murales de 225 mètres carrés chacune[10], parmi lesquelles : Voyages lointains[11]. Sonia Delaunay a créé d'autres peintures monumentales de très grand format pour le palais de l'air, aujourd'hui conservées en Suède à Lund au musée des Esquisses, notamment Moteur d'avion et Hélice et tableau de bord ; elle obtiendra la médaille d'or[12]. De ses peintures monumentales, il reste également Portugal conservée à Paris au musée national d'Art moderne, dont un dessin, Étude pour Portugal, peinture murale, gouache sur papier, 38,5 × 93 cm, est également conservé au National Museum of Women in the Arts de Washington[13].

Robert Delaunay aborde ainsi l'art mural à grande échelle. Dès 1935, il avait été pressenti pour participer à cette gigantesque exposition, mais, contrairement à de nombreux artistes, il n'a fait aucun acte de candidature. L'attention a été attirée sur lui grâce à une exposition intitulée Revêtements muraux en relief et en couleurs de Robert Delaunay réalisée cette même année par la revue Art et Décoration. Il s'en explique dans la revue Commune : « Moi artiste, moi manuel, je fais la révolution dans les murs. En ce moment, j'ai trouvé des matériaux nouveaux qui transforment le mur, non seulement extérieurement mais dans sa substance même. Séparer l'homme de l'art ? Jamais. Je ne peux pas séparer l'homme de l'art puisque je lui fais des maisons[14]. » Pour la décoration du palais du chemin de fer, il reproduit à grande échelle son tableau Rythme sans fin, avec la volonté de mettre l'avant-garde à portée de tous[15].

Les travaux de Sonia et Robert Delaunay et des autres artistes ayant œuvré dans les deux pavillons ont été présentés au centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, qui conserve dix panneaux monumentaux et plusieurs dessins et maquettes des deux artistes[16], à l'occasion de la rétrospective Robert Delaunay tenue du au [17] et de l'exposition Sonia Delaunay au musée d'Art moderne de la ville de Paris du au .

Pour le théâtre de Chaillot, de nombreux panneaux muraux, toujours en place, furent également commandés aux artistes, notamment ceux de l'escalier du foyer confiés aux nabis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel.

D'autres furent commandés à Fernand Léger, qui en confiera la réalisation à grande échelle à son élève Asger Jorn.

Le pavillon des Temps nouveaux

Conçu par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, cet édifice n'avait aucun rapport avec l'architecture quelque peu « antiquisante » des pavillons de l'URSS, de l'Allemagne et même de certaines réalisations françaises parmi les plus spectaculaires. Le Corbusier avait proposé de construire en grandeur réelle une unité d'habitation pour trois mille habitants, permettant de montrer aux visiteurs toutes les techniques nouvelles en ce domaine (isothermie, insonorisation, chauffage…)[18]. Une telle réalisation ne pouvait être financée que si le bâtiment restait en l'état après l'Exposition et, de fait, se trouvait définitivement utilisé. Le Parlement et la direction générale des Beaux-Arts donna son aval au projet, mais se réserva le droit, en tant que propriétaire du terrain, de tout démolir après l'Exposition[19].

L'ambitieux projet fut réduit à un pavillon de toile, sorte de tente dite pavillon des Temps nouveaux[20], soutenue par des pylônes d'acier, et située sur un terrain annexe de la porte Maillot[19].

Centre régional

Le Centre régional, situé à l'ouest du Champ-de-Mars, sur le quai de Seine, entre l'île aux Cygnes et la tour Eiffel, regroupe les pavillons de vingt-cinq régions françaises.

Les panneaux de la fontaine du « pavillon landais » se trouvent square des Anciens-Combattants à Mont-de-Marsan.

Le peintre Yvan Gallé a décoré le pavillon de la région Poitou. Il orna le pavillon d'une monumentale huile sur toile de huit mètres sur deux, qui représente la côte Atlantique de Nantes à Bordeaux encadrée de deux galions[21] et intitulé logiquement La côte Atlantique[22]. Le tableau a été vendu en 2008 chez Drouot.

Pierre-Gaston Rigaud réalise la fresque Lot et Garonne - Gers avec son fils Jean pour le pavillon de Guyenne et de Gascogne et ils reçoivent une médaille d'or[23].

Le pavillon de la Normandie est dû, entre autres, au Dieppois Georges Feray et au Coutançais André Robinne.

Le pavillon de la Bretagne se trouve le long des berges de la Seine. Le bâtiment est dessiné par l'architecte rennais Charles Coüasnon[24]et la scénographie des salles est de Joseph Gauthier, Louis Garin, Jacques Motheau et René-Yves Creston. Le portail en ferronnerie par Edgar Brandt a été conservé et se trouve maintenant à Rennes, à l'entrée de la Chambre de métiers et de l'artisanat d'Ille-et-Vilaine[25]. Il accueille une mappemonde de faïence d'1,60 m de diamètre réalisée par René-Yves Creston.

Centre des métiers

Le Centre des métiers, situé à l'est du Champ-de-Mars, sur le quai de Seine à l'emplacement actuel du musée du quai Branly, regroupe :

Entreprises

Un grand nombre d'entreprises et de corporations françaises, publiques et privées, mais aussi étrangères, possèdent un pavillon :

Le planétarium

L'Exposition permet la construction du premier planétarium de France, alors que ce type d'installation existe depuis une dizaine d'années, par exemple à Stockholm ou Chicago. À la suite d'un débat portant sur son emplacement, il n'est finalement pas intégré au sein du complexe de pavillons mais positionné dans le parc d'attractions[26]. Il est dirigé par Reysa Bernson, une astronome ayant consacré une intense activité à l'éducation astronomique notamment de la jeunesse. Il accueille 800 000 visiteurs en six mois, et ce succès contribue à l'installation d'autres planétariums en France dans les années ultérieures[27].

Les pavillons étrangers

Pavillon de l'Allemagne

Le pavillon allemand.

Haut de 54 mètres, couronné d'un aigle tenant une croix gammée dans ses serres, le pavillon de l'Allemagne a été conçu par Albert Speer, architecte en chef du Parti nazi et futur ministre des Armements du Reich, et aménagé intérieurement par Woldemar Brinkmann. Il a fallu des tonnes de matériaux et un nombre impressionnant d'ouvriers allemands venus par trains entiers d'outre-Rhin pour construire ce mastodonte d'acier recouvert de pierre. Les maquettes du pavillon sont visibles sur le site de la médiathèque de l'architecture et du patrimoine de Paris[28].

« Comment imaginer, devant la pauvreté architecturale de ce néo-classicisme factice et grandiloquent que l'Allemagne était encore, il y a peu de temps, la patrie du Bauhaus[8]. »

« Le Pavillon du IIIe Reich est un des deux pavillons vedettes, énormes, qui se font face comme un défi : le pavillon de l'Allemagne surmonté d'un aigle énorme, livré aux mains de l'architecte Albert Speer en contradiction avec l'inventivité du Bauhaus[29], et le pavillon de l'URSS de Boris Iofane, prototype de l'architecte stalinien que domine un gigantesque couple musclé brandissant une faucille et un marteau[18]. »

Groupes sculptés

Devant le pavillon, deux ensembles de sculptures, l'un La Camaraderie à gauche et l'autre, La Famille à droite, sont les œuvres de Josef Thorak, Autrichien, sculpteur officiel du Reich[30]. Elles sont fondues en 1949[31].

Pavillon de l'Espagne

Le pavillon de l'Espagne restauré à Barcelone.

La présentation de Guernica a lieu dans le pavillon de la Seconde République espagnole, mais elle n'est pas célébrée comme une réussite. La réception de cette œuvre est fort mauvaise, car la plupart des œuvres récentes du peintre étaient inconnues du grand public. D'autre part, les dirigeants républicains espagnols jugeaient l'œuvre « anti-sociale, ridicule, et tout à fait inadéquate à la saine mentalité du prolétariat. Il fut même question de la retirer du pavillon. Elle fut jugée formaliste par les communistes[32]. ». Aragon fit état de sa réserve, et la pire critique vint de Clement Greenberg, alors marxiste : « cette immense peinture fait penser à un fronton portant une scène de bataille, qui serait passé sous un rouleau compresseur en mauvais état[33]. »

Calder expose devant Guernica une fontaine perpétuelle dans laquelle coule du mercure, actuellement conservée à la Fondation Miró, en hommage aux mineurs des mines de mercure de la ville espagnole d'Almadén qui résistaient alors au franquisme[34],[35]. Juan Navarro Ramón expose une toile intitulée Te vengaremos, aujourd'hui conservée au Musée d'art moderne de Barcelone. Joan Mirò, affirmera son opposition à Franco en réalisant un pochoir-affiche "Aidez l'Espagne", ainsi qu'un grand panneau intitulé "El Segador" (le Faucheur), incarnation de la révolte des paysans catalans[36].

Pavillon de la Finlande

Son concepteur est le designer Alvar Aalto[37]. Les architectes français collaborateurs d'Aalto sont : Albert Drouet[38] Alphonse Jouven[39], Bier et Éric Bagge[40]. Alvar Aalto fait partie avec Le Corbusier du congrès international d'architecture moderne (CIAM) qui se tient cette même année à Paris[19].

Pavillon d'Israël en Palestine

Pavillon d'Israël en Palestine[41].

Le pavillon du Comité de la Terre d'Israël, dont le fronton portait « Pavillon d'Israël en Palestine » présentait des documents sur la structure politique et sociale de la patrie juive de Palestine, sur le développement économique, l'agriculture, l'industrie, la vie intellectuelle, les recherches techniques et le tourisme. Il y était évoqué les figures de Lord Arthur Balfour, de Dizengoff, le fondateur de Tel Aviv, du baron Edmond de Rothschild et du poète Haïm Nahman Bialik[41].

Pavillon de l'Italie

« Il est construit dans le style d'un décor de cinéma pompeusement artificiel qui entend rappeler les fastes de la Rome antique[8]. »

On peut en voir plusieurs facettes sur le site de la médiathèque de l'architecture et du patrimoine[42]. Conçu par Marcello Piacentini, cette réalisation était, selon Hugo Delarbre, un succès en termes de propagande et un bel exemple de l'esthétique fasciste dans le style licteur[43]. Il est surmonté d'une statue équestre symbolisant le génie de l'Italie[44].

Pavillon du Japon

Le pavillon japonais, avec sa structure métallique légère ajourée de portiques et claustras élevée sur de fins pilotis et sa passerelle d'accès, a été réalisé par Junzō Sakakura, un disciple de Le Corbusier, qui deviendra le fer de lance du mouvement moderne au Japon, après avoir obtenu le Grand Prix de l'exposition pour ce pavillon national[45].

Pavillon de l'URSS

Il fait face au pavillon de l'Allemagne. On ne trouve, dans cette architecture, aucune trace de la période constructiviste russe. Le pavillon de l'URSS, long de 160 m, conçu par Boris Iofane[46] a une façade recouverte de marbre sur laquelle est inscrit « 1917-1937 » pour bien marquer que l'histoire de ce pays a commencé il y a vingt ans[8].

Le film soviétique Les Marins de Kronstadt de Efim Dzigan a reçu le grand prix de l'Exposition[47].

500 ouvrages sont exposés dans le pavillon, destinés à relayer l'idéologie soviétique dans les domaines économiques, technologiques, artistiques ou encore pédagogiques[48].

Statues

Restes des statues du pavillon soviétique.

Le pavillon de l'URSS est surmonté du groupe sculpté L'Ouvrier et la Kolkhozienne (taille 25 m) qui, après l'exposition, a été exposé sur un piédestal au Centre panrusse des expositions à Moscou. En 2007, le gouvernement russe décide de créer une reproduction du pavillon soviétique, en y replaçant la sculpture, reproduction inaugurée en 2009[49],[50].

Les statues en béton destinées à l'ornement du pavillon soviétique furent déplacées au château de Baillet, puis détruites pendant l'Occupation et les morceaux déposés après guerre dans la glacière du parc. Redécouvertes en 2004, elles sont restaurées et présentées au public en 2010 au parc de la Villette[51].

Congrès

Lors de l'Exposition se tient un Congrès international des activités féminines[52].

Les représentations de l'Exposition

L'Exposition est un moment attendu avec ferveur, si l'on en croit la presse de l'époque. Plusieurs numéros du magazine Regards en font leur sujet principal au printemps 1937 : la préparation de l'Exposition, de jour comme de nuit, fait ainsi la une et le sujet de plusieurs pages dans le numéro du 8 avril 1937. Il en est encore question dans celui du 15 avril. Le 20 mai 1937, Regards consacre à nouveau plusieurs pages à l'Exposition, présente les principaux bâtiments et offre un plan à ses lecteurs. L'Exposition fait encore la une du numéro suivant (27 mai 1937)[53].

Le cinéma n'est pas en reste : l'Exposition est le sujet d'un film sonore de 21 minutes produit par Les Films Populaires[54], à la teneur très politique sous couvert d'une présentation « touristique » des pavillons (l'aigle surmontant le pavillon allemand est montré comme le symbole de la menace hitlérienne, tandis que la statue équestre de Mussolini est tournée en ridicule). L'Exposition est encore au centre de deux films emblématiques du Front Populaire (Le Temps des cerises[55], de Jean-Paul Le Chanois, et Les Bâtisseurs[56], de Jean Epstein, sortis respectivement en 1937 et 1938), ainsi que de la comédie policière belge Les Gangsters de l'expo, d'Émile-Georges De Meyst (1937).

Vestiges de l'exposition

De nombreux vestiges de l'exposition subsistent, en France et à l'étranger[57].

Éléments architecturaux et urbains

Œuvres artistiques

Médaille en l'honneur de l'exposition universelle de 1937, musée de la Monnaie de Paris.

Notes et références

  1. « L'Exposition internationale de 1937 à l'Île des Cygnes », résumé d'un article de Philippe Virat in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Parisno 31.
  2. La lanterne présentée au sein du palais de l'électricité équipera le nouveau feu de Créac'h en 1939, qui devient alors le plus puissant du monde. C'est un feu à 2 éclats réguliers blancs 10 secondes, équipé en temps normal de lampes à incandescence de 3 000 W et pour les périodes de brume de 4 lampes à arc qui faisaient passer la puissance de 5 à 500 millions de candelas.
  3. Huile sur toile, 217 x 189 cm.
  4. Paris, Exposition internationale des arts et techniques de 1937, base Mémoire de la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, sur mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr.
  5. Le Palais d'Iéna deviendra le musée national des Travaux publics ; il est aujourd'hui le siège du Conseil économique, social et environnemental, après avoir été le siège de l’Assemblée de l’Union française, puis après 1958 celui de la Communauté française.
  6. Archives L'Illustration.
  7. Gilles Néret 1987, p. 61.
  8. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 358.
  9. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 359.
  10. Le Rider et al 1977, p. 141.
  11. « Voyage lointain » sur anetcha-parisienne.blogspot.fr.
  12. Damase 1991, p. 171.
  13. « Étude pour Portugal » sur nmwa.org.
  14. Commune, no 22, , p. 1125.
  15. Michel Hoog, dans Delaunay, Flammarion, p.91.
  16. Œuvres conservées à Paris au musée national d'Art moderne réalisées par Robert et Sonia Delaunay pour l'Exposition de 1937.
  17. Rétrospective Robert Delaunay et Exposition de 1937.
  18. Michel Ragon 1987, p. 27.
  19. Michel Ragon 1987, p. 28.
  20. Le pavillon des temps nouveaux
  21. Vestiges exposition internationale arts et techniques Paris 1937
  22. Tableau la côte Atlantique de Yvan Gallé à Drouot
  23. l'entrée des officiels et de PG Rigaud dans le pavillon
  24. Charles Coüasnon, sur INHA.fr.
  25. « Rennes portail de la Maison des métiers », sur collections.musee-bretagne.fr (consulté le ).
  26. Andrée Bergeron et Charlotte Bigg, « D’ombres et de lumières. L’exposition de 1937 et les premières années du Palais de la découverte au prisme du transnational », Revue germanique internationale, no 21, , p. 187–206 (ISSN 1253-7837, DOI 10.4000/rgi.1529, lire en ligne, consulté le ).
  27. Jean-Michel Faidit, « Reysa Bernson et son œuvre fondatrice pour les Planétariums en France », L'Astronomie - bulletin de la Société Astronomique de France, , p. 40-45.
  28. Vues du pavillon de l'Allemagne.
  29. L'école du Bauhaus, fermée par les Nazis en 1933 ; cette école avant-gardiste avait innové dans tous les domaines : peinture, architecture, design, son influence continua de se répandre dans les milieux d'avant-garde après 1933 Laclotte et Cuzin 1987, p. 58.
  30. La Camaraderie et La Famille par Josef Thorak.
  31. Frédéric Therin, « Les deux chevaux de la Chancellerie d'Hitler ont été retrouvés… », sur Le Point, (consulté le ).
  32. Pierre Daix 1995, p. 425.
  33. Clement Greenberg, (1993). The collected essays and criticism, volume 4 : Modernism with a vengeance, 1957-1969, University of Chicago Press, 1993, réédition 1995 John O'Brian, 358 pages, (ISBN 9780226306247), p. 236.
  34. Vestiges de l'Exposition universelle de 1937, en ligne
  35. (es) Alexander Calder
  36. Jacques Tiberi, « Portrait de la Catalogne, sous le pinceau de Joan Mirò », sur Le Zéphyr, (consulté le ).
  37. La maquette est visible sur le site de la médiathèque de l'architecture et du patrimoine Pavillon de la Finlande.
  38. Alber Drouet, sur AGORHA.
  39. « Alphonse Jouven », base Léonore, ministère français de la Culture.
  40. Éric Bagge sur AGORHA.
  41. Terre d'Israël (Palestine) sur le site des Expositions universelles.
  42. Le pavillon de l'Italie
  43. Hugo Delarbre 2012, p. 131-132.
  44. Hugo Delarbre 2012, p. 133.
  45. Junzô Sakakura, une architecture pour l'homme, exposition du 26 avril au 28 juillet 2017 à la Maison de la culture du Japon à Paris, site mcjp.fr.
  46. Pavillon de l'URSS sur culture.gouv.fr.
  47. « Les Marins de Kronstadt - 1936 », sur cinefiches.com (consulté le ).
  48. Benjamin Guichard, « Une archéologie du pavillon soviétique à l’Exposition universelle de 1937 », bulac.hypotheses.org, 6 octobre 2017.
  49. Restauration de l'ouvrier et la kolkhozienne sur acasculpture.blogspot.fr.
  50. Annonce de la restauration sur fr.ria.ru.
  51. Des héros soviétiques dans la glacière sur inrap.fr.
  52. Yves Verneuil, « La Société des agrégées, entre féminisme et esprit de catégorie (1920-1948) », Histoire de l’éducation, n°115-116, 2007, p. 195-224.
  53. Tous ces numéros sont consultables gratuitement sur Gallica.
  54. Le film, nommé Paris 1937, l'Exposition internationale des Arts et techniques, est visible en ligne sur le site de Ciné-Archives.
  55. Le Temps des cerises sur le site de Ciné-Archives.
  56. Les Bâtisseurs visible en ligne sur le site de Ciné-Archives.
  57. Vestiges de l'exposition de 1937, site vestiges-expositions.fr.
  58. Notice no 000SC020437, base Joconde, ministère français de la Culture.
  59. Exposition internationale (1937 ; Paris) 1937.
  60. « Les fontaines Landowski de la place de la porte de Saint-Cloud, à Paris », sur architecture-art-deco.fr, (consulté le ).
  61. « La renaissance des fontaines de la porte de Saint-Cloud », sur paris.fr, (consulté le ).
  62. Éric Le Mitouard, « Paris : la résurrection des splendides fontaines de la porte de Saint-Cloud », sur Le Parisien, (consulté le ).
  63. Aménagement du hall tronconique sur mediation.centrepompidou.fr.
  64. Rythmes sans fin au Centre Pompidou.
  65. Gilles Néret 1987, p. 240.
  66. ND-de-la-Salette, eglise-suresnes.org, consulté le 29 octobre 2018.
  67. « La statue monumentale de Notre-Dame de France », sur notre-dame-de-france.com, consulté le 29 octobre 2018.

Voir aussi

Ouvrages collectifs

  • Exposition internationale (1937 ; Paris), Exposition internationale. Paris, 1937 : Arts et techniques dans la vie moderne. Le Guide officiel, mai-novembre, Paris, Éditions de la Société pour le développement du tourisme, , 212 p., In-8 (OCLC 313880193, notice BnF no FRBNF33899352)
  • Jean-Louis Ferrier (dir.) et Yann Le Pichon (dir.), L'Aventure de l'art au XXe siècle, Paris, éditions du Chêne-Hachette, , 898 p. (ISBN 2-85108-509-3) préface de Pontus Hultén
  • Michel Laclotte, Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, Paris, Larousse, , 991 p. (ISBN 978-2-03-511307-8)
  • Sur les traces des Expositions universelles à Saint-Cloud, catalogue de l'exposition du musée des Avelines (25 mars au 31 mai 2009), Saint-Cloud, 2009

Autres

  • Sylvain Ageorges, Sur les traces des Expositions universelles de Paris-1855-1937, Éditions Parigramme, 2006
  • Pierre Daix, Dictionnaire Picasso, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 956 p. (ISBN 2-221-07443-2)
  • Jacques Damase, Sonia Delaunay, mode et tissus imprimés, Paris, Jacques Damase, , 176 p. (ISBN 2-904632-34-4)
  • Gilles Néret, L'Art des années 30 : peinture, sculpture, architecture, design, décor, graphisme, photographie, cinéma, Paris, Éditions du Seuil, , 248 p. (ISBN 2-02-009695-1)
  • Michel Ragon, Le Temps de Le corbusier, Paris, Hermé, , 219 p. (ISBN 2-86665-064-6) préface de Pontus Hultén
  • Pierre Francastel, Du cubisme à l'art abstrait, cahiers inédits de Robert Delaunay, Paris, École pratique des hautes études, , 408 p.
  • Georges Le Rider, Florence Callu, Jean Toulet, Sabine Coron, Sonia & Robert Delaunay : [exposition], Bibliothèque nationale, [Paris, 15 décembre 1977-29 janvier 1978], Paris, éditions de la Bibliothèque nationale de France, , 177 p. (ISBN 2-7177-1388-3)
  • Michel Hoog, Delaunay, Flammarion, coll. « Les maîtres de la peinture moderne », , 98 p.
  • (en) Guillaume Evrard, « Producing and Consuming Agricultural Capital: The Aesthetics and Cultural Politics of Grain Elevators at the 1937 Paris International Exposition », dans Robert J. Balfour (ed.), Culture, Capital and Representation, Basingstoke, Palgrave-Macmillan, (ISBN 978-0-230-29119-5, lire en ligne), p. 148-168
  • Hugo Delarbre, Construire l'Exposition de 1937, perception et réception de l'évènement au miroir de l'architecture, Grenoble, Université Pierre Mendès France, , 180 p. (lire en ligne)
  • Christian-Philippe Chanut, Histoire française des foires et des Expositions universelles, Paris, Baudouin, 1980

Articles connexes

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