Constantin Daniel Rosenthal

Constantin Daniel Rosenthal, né en 1820 à Pest, Autriche-Hongrie et mort le dans la même ville est un peintre et sculpteur roumain de l’empire austro-hongrois, d’origine juive, connu pour ses portraits et ses thèmes caractéristiques du nationalisme romantique. Il a participé à la révolution de 1848.

Biographie

Formation

Né dans une famille juive de marchands de Pest, alors dans l’empire austro-hongrois, il quitte la ville à 17 ans pour étudier à l’Académie des beaux-arts de Vienne, l’archéologie et le dessin ; il fait alors la connaissance du peintre roumain Ion Negulici, qu’il accompagne en Valachie.

Rosenthal arrive à Bucarest, la capitale de Valachie, vers 1842, où il reçoit probablement sa première commande d’une série de portraits de boyards. Il est introduit dans les cercles libéraux-radicaux par Negulici, et devient un proche de Constantin Alexandru Rosetti.

Peu satisfait avec sa technique, il part pour la France fin 1844, avec Rosetti et tout en suivant des cours d’art, il y participe aussi à des rencontres avec des étudiants vallachiens et moldaviens attachés à des idéaux nationalistes et radicaux[1],[2].

C’est probablement à cette époque qu’il peint un portrait collectif, qui subsiste seulement dans sa version lithographique, montrant Rosetti, Rosenthal et une troisième personne inconnue, Rosenthal s’étant peint avec un bonnet phrygien[3].

Révolution valachienne

Lithographe d’un portrait de groupe avec gauche : Rosenthal (portant un bonnet phrygien)

En 1846, il voyage en Angleterre, puis se rend à Budapest au début de 1847, et visite Mehadia pendant l’été, puis retourne à Bucarest. Rosenthal devient membre de la société secrète Frăţia (La Fraternité), qui se présentait comme un cercle littéraire, présidé par Iancu Văcărescu. Vasile Alecsandri lui commande un portrait d’Elena Negri d’après un daguerréotype. Il peint aussi le portrait d'Anica Manu, l’épouse de Agha Ioan Manu.

Lorsque la révolution roumaine de 1848 éclate, Rosenthal est épargné par la première vague de répression ordonnée par le prince Gheorghe Bibescu grâce à son passeport autrichien[4]. Le 18 juin 1848, lorsque le gouvernement provisoire prend le pouvoir, Rosenthal demande la citoyenneté valachienne (roumaine, de fai puisque le nouveau gouvernement vise à l’unification des deux principautés danubiennes ; la justification portée sur le document lui donnant le droit à la naturalisation est son talent et la part active jouée dans la révolution[5],[4].

Le gouvernement lui commande le dessin d’un arc de triomphe à Bucarest, destiné à marquer le triomphe de la révolution et probablement une Statue de la liberté (le dernier projet n’a survécu que dans une aquarelle de Theodor Aman[6],[7]).

Exil

La Roumanie révolutionnaire (portrait de Maria Rosetti)

Fin septembre, après l’intervention des troupes ottomanes contre la révolution, les plus radicaux sont arrêtés et déportés à bord de petites embarcations sur le Danube. Rosenthal demande publiquement à les rejoindre, mais on lui répond que la protection autrichienne s’applique encore à lui et malgré sa requête d’être traité en tant que valachien, on lui refuse la permission de monter à bord. Accompagné de l’épouse de Rosetti, Maria, il suit les bateaux depuis la rive de Giurgiu à Svinița, où ils convainquent le maire autrichien de désarmer les gardes ottomans et de libérer les prisonniers[8].

Rosenthal retourne alors à Pest-Buda, encore au milieu de la révolution, puis quitte pour Paris en 1850, joignant les exilés roumains dans leur travail de propagande. Ses plus célèbres peintures, deux allégories de la nation : România revoluționară (« Roumanie révolutionnaire », où est représentée Maria Rosetti)[9] et România rupându-și cătușele pe Câmpia Libertății (« La Roumanie brisant ses chaînes sur le champ de la liberté ») datent de cette période.

Persécution et assassinat

Sans argent, Rosenthal quitte Paris pour la suisse, et vit quelque temps à Porrentruy, puis Fribourg et Chur, au début de 1851. À Graz jusqu’en juillet, où il commence à retenir l’attention des critiques[10], il décide de retourner en Valachie dans une tentative de relancer le mouvement radical.

Ses plans sont divulgués par des espions de la Deuxième République française (déjà sous l’autorité du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte) ; les Autrichiens arrêtent le peintre lorsqu’il passe à Pest-Buda, pour « ses déclarations politiques imprudentes »[11]. Pressé de révéler ses connexions et refusant de parler, Rosenthal est torturé à mort ; son corps n’est jamais rendu à sa famille[11]. En 1878, Maria Rosetti écrit un article dans le magazine Mama și Copilul où elle fait l’éloge de son ami[12].

Peintures

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Constantin Daniel Rosenthal » (voir la liste des auteurs).

  1. Frunzetti 1955, p. 12.
  2. Scurtă istorie…, p. 63.
  3. Frunzetti 1955, p. 23-24, 31.
  4. Scurtă istorie…, p. 65.
  5. Frunzetti 1955, p. 17.
  6. Frunzetti 1955, p. 18.
  7. Scurtă istorie…, p. 66-67.
  8. Frunzetti 1955, p. 20.
  9. Frunzetti 1955, p. 22.
  10. Frunzetti 1955, p. 27.
  11. Frunzetti 1955, p. 28.
  12. (en) Ion C. Butnaru, The Silent Holocaust: Romania and Its Jews, Westport, Praeger/Greenwood, , p. 13.

Annexes

Bibliographie

  • (ro) Academia Republicii Popular Romîne, Institutul de Istoria Artei, Scurtă istorie a artelor plastice în R.P.R., volume II : Secolul XIX, Bucarest, Editura Academiei Republicii Romîne, , p. 61-68.
  • [(ro) Leagu Djuvara, Între Orient şi Occident. Ţările române la începutul epocii moderne, Bucarest, Humanitas, , p. 359-360.
  • (ro) Ion Frunzetti, Pictorul revoluţionar C.Rosenthal, Bucarest, Ed. de Stat pentru Literatură şi Artă, .

Liens externes

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