Claudia Cardinale

Claudia Cardinale (/klodja kaʁdinal/[alpha 1] ; en italien : /ˈklaudja kardiˈnale/[alpha 2]), est une actrice et mannequin italienne[1] francophone, née le à Tunis (Tunisie).

Pour les articles homonymes, voir Cardinale (homonymie).

Véritable sex-symbol des années 1960, elle a joué dans de nombreux films à succès, notamment dans les films Le Pigeon (1958), Le Guépard (1963) et Il était une fois dans l'Ouest (1968).

Biographie

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Jeunesse et débuts

Claude Joséphine Rose Cardinale[2] naît à Tunis à l'époque du protectorat français, dans un immeuble de l'avenue Jules-Ferry (aujourd'hui avenue Habib-Bourguiba), le « Foyer du combattant », derrière le quartier de la Petite Sicile. Son père, François, est ingénieur à la compagnie des chemins de fer de Tunis[3]. Elle est l'aînée d'une fratrie de quatre enfants avec Blanche, Bruno et Adrien élevés par sa mère Yolande Greco[3]. Ses grands-parents paternels et maternels sont originaires de Sicile[2].

Garçon manqué et enfant sauvage, elle est fascinée comme beaucoup d'adolescentes de sa génération, par Brigitte Bardot[3]. Elle étudie au lycée Cambon, rue de Marseille. Le sicilien est la langue parlée dans sa famille et le français la langue apprise pendant sa scolarité, de sorte que, bien qu'étant de nationalité italienne[1], elle n'apprend l'italien qu'à l'âge adulte, afin de pouvoir tourner[2].

Ses premiers contacts avec le cinéma ont lieu en 1955 à Venise, durant la Biennale, au cours d'un voyage qui lui a été offert après qu'elle a gagné, à 17 ans, l'élection de « la plus belle Italienne de Tunis », concours de beauté organisé par l'office du cinéma italien[2]. Cependant, désirant être institutrice, elle décline toutes les propositions qui lui sont faites et ne fait qu'une brève apparition dans un court métrage, Anneaux d'or[4] de René Vautier. Violée à l'âge de 19 ans[alpha 3], elle refuse de se faire avorter et c'est ce qui la pousse à s'engager dans le cinéma pour gagner sa vie et être indépendante dans le but de pouvoir élever son fils Patrick[1].

Ses véritables débuts dans un long métrage se font en 1958 dans Goha de Jacques Baratier et surtout Le Pigeon de Mario Monicelli, sous l'égide du producteur Franco Cristaldi, qu'elle épouse en 1966.

Révélation internationale (années 1960)

L'actrice lors du tournage de La Panthère rose (1963).

Dans les années 1960, on la retrouve à l'affiche de nombreux succès critiques et publics. De célèbres et nombreux réalisateurs tiennent à sa présence devant leurs caméras. Ce sont notamment Mauro Bolognini, Abel Gance, Luchino Visconti, Henri Verneuil, Philippe de Broca, Luigi Comencini, Federico Fellini, Blake Edwards, Henry Hathaway et Sergio Leone. Avec le drame La Fille à la valise de Valerio Zurlini, elle devient « la petite fiancée de l'Italie[5] ».

À cause de sa voix rauque et de son italien alors approximatif, l'actrice est systématiquement doublée dans ses films, jusqu'à Huit et demi[6]. Dans la version italienne originale du film Le Guépard, elle est doublée par Solvejg D'Assunta (it). Sur le tournage, Claudia Cardinale parle le français dans les scènes avec Alain Delon, l'anglais avec Burt Lancaster et l'italien dans ses autres scènes. Ces doublages ont eu une conséquence négative au début de sa carrière, car pour le film La Fille à la valise, elle reçoit le ruban d'argent de la meilleure actrice, qui lui est aussitôt retiré, le jury s'étant rappelé après coup que le règlement interdit aux lauréats d'être doublés[6].

Sa présence aux côtés d'Alain Delon dans Rocco et ses frères et dans Le Guépard de Visconti, et aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans Cartouche la font connaître du public français, alors que le succès aux États-Unis et la renommée internationale lui viennent en 1963 avec Huit et demi de Federico Fellini puis, en 1964, avec Le Plus Grand Cirque du monde d'Henry Hathaway ; ils se confirment en 1968 par Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone (où elle joue le rôle de Jill McBain).

Diversification et confirmation (années 1970-1980)

L'actrice, invitée de l'émission italienne Teatro 10, en 1971.

Les années 1970 et 1980 la voient alterner les rôles : réalisations italiennes avec Marco Ferreri, Luigi Comencini, Franco Zeffirelli, Marco Bellocchio, Luchino Visconti (sous la direction duquel elle a joué quatre fois) et surtout avec son compagnon (à partir de 1974), le réalisateur et scénariste Pasquale Squitieri ; réalisations françaises avec Christian-Jaque, José Giovanni, Michel Lang, Nadine Trintignant, Diane Kurys ou Robert Enrico ; réalisations internationales avec Jerzy Skolimowski, Mikhaïl Kalatozov, George Cosmatos, Alan Bridges, Werner Herzog ou Blake Edwards.

Sur le tournage difficile des Aventures du brigadier Gérard, elle empêche le renvoi du réalisateur polonais Jerzy Skolimowski en menaçant de quitter le film[7].

Durant les années 1970, elle se prête aussi à une parenthèse discographique qui lui vaut des succès discos en Europe et au Japon avec plusieurs passages télévisés et une large diffusion sur les ondes des radios périphériques en France de titres comme Love affair (classé no 16 au hit-parade), et Sun... I love you[8],[9] en 1977 et en 1978.

Seconds rôles (années 1990-2010)

À partir de la fin des années 1990, Claudia Cardinale réduit le nombre de tournages de films pour se consacrer davantage au théâtre ou à l'écriture.

Dans les années 2000, elle monte sur scène à Paris, interprétant, en 2000, La Vénitienne (anonyme du XVIe siècle) et Doux oiseaux de jeunesse de Tennessee Williams en 2005.

En 1993, elle est membre du jury de la sélection officielle au Festival de Cannes. Par ailleurs, à la Mostra de Venise 1993, elle reçoit un lion d'or saluant sa contribution au patrimoine cinématographique mondial. Cette année marque le début d'une succession de récompenses saluant l'ensemble de sa carrière cinématographique.

L'Italie continue à la saluer : elle reçoit en 1997 un David di Donatello, en 1998 un Prix Flaiano, en 2000 le ruban d'argent d'honneur du Syndicat national des journalistes cinématographiques italiens.

En 1999, elle donne la réplique à Hélène de Fougerolles et à Grégory Fitoussi dans le court-métrage de Félicie Dutertre et François Rabes Un café... l'addition.

Elle enchaîne avec des prix européens : en 2002, l'ours d'or d'honneur au Festival de Berlin mais aussi le prix Platinum du Viareggio EuropaCinema. En 2003, elle est lauréate du prix des acteurs européens au Festival du Film de Ludwigsburg.

Puis c'est la France qui prend le relais : en 2006, elle est lauréate du Prix Henri-Langlois puis en 2008 reçoit l'ordre national de la Légion d'honneur. En 2013, à la 18e cérémonie des prix Lumières 2013, elle est lauréate du prix pour l’ensemble de sa carrière. Son pays d'origine suit rapidement : en 2009, elle reçoit les insignes du grand cordon de l'ordre national du Mérite (Tunisie).

Jusqu'en 2015, elle reçoit une dizaine d'autres récompenses dans des festivals internationaux à travers le monde.

Elle continue de tourner, mais dans des productions beaucoup moins exposées médiatiquement, et souvent pour des seconds rôles.

Vie privée

L'actrice et Franco Cristaldi en 1965.

Après un viol, elle donne naissance discrètement à Londres à un garçon, Patrick, le , alors qu’elle est âgée de vingt ans. Son producteur, Franco Cristaldi, lui conseille de le faire passer pour son petit frère pour ne pas nuire à sa carrière[1],[10]. Alors que son fils a 6 ou 7 ans, elle révèle ce secret pesant à un journaliste[1],[alpha 4]. Le père lui aurait envoyé de nombreuses lettres, toutes déchirées par Cristaldi sans qu’elle le sache[1], et souhaitera des années plus tard le reconnaître, ce que Patrick refusera[1],[11].

Après un mariage malheureux de 1966 à 1975 avec Cristaldi (lequel a adopté Patrick[alpha 4]) qui organise lui-même la cérémonie[alpha 5] sans l'avertir[13], elle est la compagne de 1974 à 2011 du réalisateur Pasquale Squitieri (1938-2017), avec lequel elle a une fille, Claudia. Celle-ci aura un fils, Milo, avec l'artiste plasticien Samon Takahashi.

Les rumeurs sur sa relation, à l'époque, avec Rock Hudson sont en réalité fausses, l'actrice révélant plus tard avoir fait croire à cela pour protéger la carrière de l'acteur car l'homosexualité était plutôt mal perçue[1].

Prises de position

Claudia Cardinale a adopté des positions politiques de gauche et progressistes[réf. nécessaire].

Elle est engagée dans la lutte contre le sida, dans la défense des droits des femmes et des homosexuels. Elle apporte sa contribution à plusieurs causes humanitaires. En 1999, l'UNESCO la désigne « ambassadrice de bonne volonté »[réf. nécessaire].

En 2004, le président français Jacques Chirac la fait nommer présidente du comité créé en vue de la « panthéonisation » de l'écrivain George Sand (1804-1876) à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, ce qui ne se réalisera pas à cause de la forte mobilisation locale (elle est inhumée dans le Berry), nationale et même internationale contre ce projet[réf. nécessaire].

Elle est membre du comité de soutien à la candidature de la socialiste Anne Hidalgo aux élections municipales de 2014 à Paris[14].

Filmographie

Cinéma


Box-office

Film Années Réalisateurs Entrées
Il était une fois dans l'Ouest 1969 Sergio Leone 14 862 831 entrées
Les Centurions 1966 Mark Robson 4 294 756 entrées
Le Guépard 1963 Luchino Visconti 3 649 498 entrées
Cartouche 1962 Philippe de Broca 3 610 402 entrées
Austerlitz 1960 Abel Gance 3 452 012 entrées
Le Ruffian 1983 José Giovanni 3 392 258 entrées
Les Professionnels 1966 Richard Brooks 3 213 539 entrées

Télévision

Voix françaises

Alors qu'elle parle le français, il est arrivé à Claudia Cardinale de se faire doubler par d'autres comédiennes. Par ailleurs, dans sa jeunesse, ne parlant pas très bien italien, elle fut doublée par d'autres actrices dans la version italienne de ses films. Par exemple Le Guépard où sa voix est doublée par la comédienne Solvejg D'Assunta (it).

Théâtre

Distinctions

L'actrice recevant le Women's World Awards 2009 à Vienne, en Autriche.

Décorations

Récompenses

Nominations

Publication

Notes et références

Notes

  1. Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API.
  2. Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API.
  3. En effet son fils Patrick est né en alors qu’elle avait passé 20 ans depuis de la même année.
  4. Le documentaire d'Emmanuelle Nobecourt précise que c'est au printemps 1967, après son mariage avec Cristaldi fin 1966 à Atlanta, qu'elle fait cette révélation en appelant un journaliste, voir 42 min 30 s. Son fils est alors âgé de huit ans et vient d'être adopté par Cristaldi.
  5. L'union a lieu le à Atlanta dans l'État de Géorgie, aux États-Unis[12], mais elle ne sera jamais reconnue en Italie, Claudia Cardinale refusant sa validation.

Références

  1. Annick Cojean, « Claudia Cardinale : « Je n’ai eu, dans ma vie, qu’un seul homme » », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  2. Aliza S. Wong, Spaghetti Westerns. A Viewer's Guide, Rowman & Littlefield, , p. 118.
  3. (it) Claudia Cardinale et Anna Maria Mori, Io, Claudia. Tu, Claudia, Frassinelli, , p. 5.
  4. (en) Anneaux d'or sur l’Internet Movie Database.
  5. Olivier Rajchman, « Claudia Cardinale, belle du seigneur », sur lexpress.fr, .
  6. documentaire d'Emmanuelle Nobecourt.
  7. Jacques Déniel, Alain Keit et Marcos Uzal, Jerzy Skolimowski : signes particuliers, Gennevilliers/Crisnée (Belgique), Yellow Now, 2013?, 256 p. (ISBN 978-2-87340-321-8), p. 103.
  8. « 45 Tours : Love affair et Sun... I love you », sur encyclopedisque.fr (consulté le ).
  9. « Classement hit parade français : Love affair », sur infodisc.fr (consulté le ).
  10. (it) Claudia Cardinale, d'Anna Maria Mori, éd. Frassinelli, 1995, pages 33-4 (ISBN 978-88-7684-337-2)
  11. « Claudia Cardinale, violée et enceinte à 17 ans : elle se confie sur son secret », sur purepeople.com (consulté le ) — le titre de l’article contient une erreur grossière sur l’âge de l’actrice au moment de son viol car l’enfant est né alors qu’elle avait 20 ans passés.
  12. documentaire d'Emmanuelle Nobecourt, 42 min 30 s.
  13. (it) Claudia Cardinale et Anna Maria Mori, Io, Claudia. Tu, Claudia, Frassinelli, , p. 59.
  14. Bertrand Gréco et Gaspard Dhellemmes, L'Histoire secrète d'une élection capitale, éditions du Moment, 2014, page 154.
  15. Décret du 13 juillet 2019 portant élévation à la dignité de grand officier
  16. « Cardinale Sig.ra Claudia », sur quirinale.it, .
  17. « Décrets et arrêtés », Journal officiel de la République tunisienne, no 50, , p. 1628 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF], consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Référence littéraire

Liens externes

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