Boucle d'eau tempérée

Une boucle d'eau tempérée est un procédé technique utilisé dans le chauffage et la climatisation d'un groupe de bâtiments. Son principe consiste d'une part à utiliser le réseau primaire à température ambiante pour minimiser les pertes, et d'autre part à mutualiser les besoins en chaleur et en refroidissement de chaque bâtiment afin d'optimiser la consommation globale du groupe.

Historique

La boucle d'eau tempérée est un processus assez tardivement mis en œuvre. Ainsi, ce n'est qu'en 2017 que l'ADEME publie un avis technique sur cette technologie. À cette date, cette technologie est soutenue par le fonds « Nouvelles technologies émergentes ». Mais, en janvier 2019, la technologie est jugée assez mature pour être prise en charge par le fonds « chaleur ». L'intérêt que cette technologie suscite notamment dans les gros projets de bâtiments neufs ou réhabilités amène un succès assez rapide, avec un déploiement sur plusieurs chantiers, notamment en France[1].

Principe

La boucle d'eau tempérée, comme son nom l'indique, consiste en une circulation d'eau à température assez basse (10 °C à 25 °C). Les calories permettant d'atteindre cette température peuvent être d'origine géothermique, par forage, soit puisées sur l'eau de mer superficielle, soit encore d'origine anthropique (récupération de chaleur fatale industrielle ou d'incinération des ordures ménagères)[2],[3].

Contrairement à de nombreux projets classiques, la chaleur n'y est pas utilisée directement (on parle d'un système décentralisé) : la boucle d'eau tempérée sert de fluide primaire à des pompes à chaleur qui amènent les circuits secondaires (ceux situés à l'intérieur des bâtiments) à la température voulue pour le chauffage et éventuellement la production d'eau chaude sanitaire. Après passage dans la pompe à chaleur, la température de la boucle d'eau tempérée est abaissée ; mais cette eau plus froide est également utilisée comme fluide primaire pour des pompes à chaleur effectuant de la climatisation (notamment pour des centre de données, ou plus généralement des bâtiments tertiaires ayant des besoins en climatisation), qui élèvent la température de la boucle[2],[4].

Un des gros avantages de ce système est qu'il n'est plus nécessaire de calorifuger les conduites de la boucle d'eau tempérée, qui sont sensiblement à la même température que le sol dans lequel elles sont enterrées, d'où une importante économie[4]. Le rendement est également plus haut (il est proche de 100 % quand celui d'un réseau de chaleur à haute température dépasse rarement 85 %)[3]. Enfin, la décentralisation de la production de chaleur permet d'adapter la température de chaque réseau secondaire là où une boucle primaire chaude impose un seul régime de température[1].

Notes et références

  1. Sophie Fabrégat, « Boucle d'eau tempérée : produire de la chaleur et du froid au plus près des besoins », sur Actu-Environnement, (consulté le ).
  2. ADEME 2019, Introduction, p. 1.
  3. « Qu'est-ce qu'une boucle d'eau tempérée ? », Ecome, Haute performance énergétique utilisant les énergies renouvelables (consulté le ).
  4. Caroline Kim, « Bâtiment : les boucles d’eau tempérée plébiscitées pour le chauffage », La Gazette des communes, , p. 215-226 (lire en ligne).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • [ADEME 2019] Secteur boucles d'eau tempérée à énergie géothermique, ADEME, , 10 p. (lire en ligne)


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