Adam Didur

Adam Didur ( - ) est une basse polonaise de premier plan. Il a beaucoup chanté dans les maisons d'opéra européennes et joué au Metropolitan Opera de New York de 1908 à 1933.

Adam Didur
Surnom Adamo Didur
Naissance
Wola Sekowa, Autriche-Hongrie
Décès (à 71 ans)
Katowice,  Pologne
Activité principale Artiste lyrique
Basse
Formation Conservatoire de musique de Lemberg (Lviv)
Maîtres Walerian Wysocki, Franz Emmerich
Élèves Maria Foltyn, Jadwiga Lachetówna, Ira Malaniuk, Eugenia Zareska, Marian Nowakowski
Distinctions honorifiques Croix d'officier de l'Ordre de la Renaissance de la Pologne

Répertoire

Carrière

Adam Didur est né le à Wola Sekowa, près de Sanok (Galicie), en Autriche-Hongrie[2],[3],[4]. Il commence ses études de chant avec Walerian Wysocki, qui enseigne au Conservatoire de musique de Lemberg (l'actuelle Lviv), puis les termine avec Franz Emmerich à Milan[4]. Il y débute comme soliste dans la production de la Neuvième de Ludwig van Beethoven[5]. En 1894, il commence sa carrière à l'opéra en Méphistophélès dans le Faust de Gounod à Rio de Janeiro. Il passe les saisons 1899 à 1903 à l'opéra de Varsovie, où l'imprésario de La Scala de Milan, Giulio Gatti-Casazza, le remarque[6]. Après ses débuts à Milan dans L'or du Rhin en 1903, il y chante jusqu'en 1906 et fait le Covent Garden de Londres en 1905 et en 1914. Les Argentins l'entendent à l'opéra à Buenos Aires de 1905 à 1908. Il participe à la création de La figlia di Iorio d'Alberto Franchetti et à la première milanaise de La dame de pique de Tchaïkovski en 1906. Il débute en Amérique du Nord au Manhattan Opera House de New York en 1907, dans La Gioconda[7].

Le , il fait ses débuts au Metropolitan Opera dans le rôle de Ramphis de l’Aïda de Giuseppe Verdi, aux côtés d'Emmy Destinn, de Louise Homer, d'Enrico Caruso et d'Antonio Scotti, sous la direction d'un chef qui y fait aussi ses débuts, Arturo Toscanini[8]. En , il y joue le rôle-titre lors de la première américaine de Boris Godounov de Moussorgski, sous la direction d'Arturo Toscanini[9]. Il en sera le seul interprète aux États-Unis les huit premières années où l'opéra y sera représenté, avant que Fédor Chaliapine ne s'empare du rôle pendant la saison de 1922 et que Didur ne l'y joue qu'une autre fois. Il participe au Met aux créations mondiales de Königskinder (1910) et de trois opéras de Giacomo Puccini, La fanciulla del West (1910) et deux opéras d'Il trittico : Il tabarro (1918) et Gianni Schicchi (1918)[4]. En 1933, Didur y joue une dernière fois dans le rôle de Pistol du Falstaff de Verdi. En 25 ans, il y a abordé 59 rôles en 690 représentations[7],[6].

De retour en Pologne, il enseigne à Katowice et à Lviv, où il dirige plusieurs représentations d'opéra en 1938[4],[5]. En 1939, il allait prendre la direction de l'opéra de Varsovie, mais celui-ci est détruit par un bombardement[6]. En 1945, il monte une troupe d'opéra et fait représenter Halka de Moniuszko à Katowice[7]. Il achève sa carrière comme directeur du conservatoire local[6]. Il meurt chez lui le à Katowice[10].

Répertoire

Sa tessiture lui a permis de jouer les rôles de basse et des rôles de baryton dans des œuvres telles que celles de :

Famille

Didur s'est marié deux fois. Avec sa première femme, la chanteuse mexicaine Angela Aranda Arellano (1874-1928), il a eu cinq filles, dont deux sont devenues chanteuses, Olga et Marias, qui a fait carrière sous le nom de Mary Didur-Zawodska [4],[7]. Veuf, il épouse ensuite la ballerine française Marguerite Vignon le , mais il s'en sépare peu après[7],[11].

Héritage

La voix sonore au timbre sombre et très riche de Didur était à son mieux de la fin des années 1890 à la Première Guerre mondiale. Elle convenait particulièrement aux opéras italiens. Didur a fait de nombreux enregistrements mémorables d'airs d'opéra, qui ont été transférés sur CD[4]. Le , il recevait la Croix de chevalier de l'Ordre de la renaissance de la Pologne pour sa contribution aux arts[12].

Références

  1. Harold Rosenthal et [[John Warrack|John Warrack]], Guide de l'opéra, édition française réalisée par Roland Mancini et Jean-Jacques Rouveroux, 978 p. (ISBN 2-213-59567-4).
  2. Les ouvrages de référence parlent tantôt d'Adam, tantôt d'Adamo. Comme il a débuté à l'opéra en Amérique du Sud au sein d'une compagnie italienne en tournée, Adamo Didur est probablement le nom de scène sous lequel il s'est fait connaître.
  3. La plupart des ouvrages de référence donnent 1874 pour année de sa naissance, mais le 10 septembre 1918, il fait inscrire le 23 décembre 1873 comme date de naissance sur le certificat d'inscription du Selective Service System (voir la galerie de photos).
  4. (en) >Andrea Suhm-Binder[le lien externe a été retiré], « Didur, Adamo : Polish bass, 1874 - 1946 », sur cantabile-subito.de (consulté le ).
  5. (en) Stanley S. Sokol, Sharon F. Mrotek Kissane et Alfred L. Abramowicz, « Didur, Adam : Singer: 1874 - 1946 », dans The Polish Biographical Dictionary : Profiles of nearly 900 Poles who have made lasting contributions to world civilization, p. 95-96.
  6. Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale depuis 1900, sous la direction d'Alain Pâris, Paris, Laffont, 2004.
  7. Adam Didur : Basse noble Lyric bass.
  8. Peter G. Davis, « Echoes from Nights at The Opera-70 Years Ago; Complete operas on disk were a reality by 1908. Here's how they sounded. Echoes of Nights at the Opera-70 Years Ago », dans The New York Times, 29 septembre 1974, section HF, page 613.
  9. « Opera Novelty Next Week. American Premiere of « Boris Godounoff » Wednesday », dans The New York Times, 12 mars 1913.
  10. « « ADAMO DIDUR DIES; OPERATIC BASSO, 71; Creator of Title Role in 'Boris Godunoff' at Metropolitan Noted Also as an Actor Delighted World Audiences », dans The New York Times, 11 janvier 1946, p. 21. Consulté le 6 octobre 2011.
  11. Marries M Vignon, « Adamo Didur Marries. Metropolitan Opera Basso Weds Marguerite Vignon, Dancer », The New York Times,  : « Adamo Didur, basso of the Metropolitan Opera Company, and Miss Vignon, a ballet dancer, were married yesterday by General Sessions Judge Francis (Adamo Didur, basse de la Metropolitan Opera Company, et Mademoiselle Vignon, ballerine, ont été mariés par le juge des sessions générales Francis) ».
  12. Wacław Panek, Kariery i legendy: szkice o artystach polskiej sceny muzycznej, tome 2, 1988, p. 7.

Liens externes

  • Portail de l’opéra
  • Portail de la Pologne
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.