Église Saint-Cannat de Marseille

L’église Saint-Cannat se situe au 4, place des Prêcheurs, 13001 Marseille, à proximité du bas de la rue de la République. Elle a été fondée par les frères prêcheurs de l’ordre de Saint-Dominique. Elle est dédiée à saint Cannat évêque de Marseille, après 485-487, dont une localité du département porte le nom. Fête le 15 octobre.

Église Saint-Cannat
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Marseille
Début de la construction XVIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Autres campagnes de travaux Destruction d'une partie de la façade en 1926.
Style dominant Façade baroque tardif.
Protection  Inscrit MH (1926)[1].
Géographie
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Bouches-du-Rhône (13)
Ville Marseille (1er)
Coordonnées 43° 17′ 54″ nord, 5° 22′ 23″ est
Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône
Géolocalisation sur la carte : France

L’église Saint-Cannat a été inscrite Monument historique par arrêté du [1].

Depuis le , y est célébrée la divine liturgie de rite byzantin par la Métropole orthodoxe roumaine d'Europe occidentale et méridionale[2].

Origine

En 1524, à l’approche des troupes impériales commandées par Charles III de Bourbon, il fut nécessaire pour les besoins de défense de la ville de raser plusieurs constructions situées à l’extérieur des remparts dont le couvent des frères prêcheurs de l’ordre des dominicains. Le siège levé, ces religieux firent construire à l’intérieur de l’enceinte de la ville un couvent disparu lors de la construction de l’hôtel des postes en 1891 et une église. La première pierre fut posée le par Bernardin des Baux[3]. Afin de hâter la construction, le corps des notaires fit un don important. Malgré cela les travaux durèrent fort longtemps et l’église ne fut consacrée par Barthélemy Camelin, évêque de Fréjus, que le . La façade d’un style baroque tardif ne fut réalisée qu’en 1739 par deux artistes de grands talents : l’architecte Joseph Gérard et le sculpteur Antoine Duparc. Malheureusement, par mesure d’économie et afin d’éviter de réaliser des travaux de consolidation, une partie de cette façade fut détruite en 1926 car elle avait été ébranlée par les travaux de percement de la rue impériale, actuellement rue de la République. Ainsi le fronton représentant l’Annonciation sculpté par Duparc soutenu par quatre colonnes et ses pots à feu furent démolis. Seules subsistent huit colonnes doriques et à l'étage une petite balustrade incurvée et deux statues, sculptées par Duparc (mais actuellement en très mauvais état), représentant les papes dominicains : Pie V et Benoît XI.

Intérieur

Dans la nef de style gothique se trouvent :

  • une chaire à prêcher en noyer, sculptée entre 1689 & 1691 par le sculpteur marseillais Albert Duparc[4], avec des angelots soutenant l’abat-voix, ouvrage  Classé MH[5];
  • un somptueux maître autel à baldaquin en provenance de la Chapelle des Bernardines, réalisé en marbres polychromes par Dominique Fossati en 1755,  Classé MH[6]; derrière ce maître autel, un très grand tableau de 8 m. de haut et de 5 m. de large représentant Notre-Dame de la Paix,  Classé MH[7], peint en 1740 par Pierre BERNARD (Paris 1704 - Marseille 1777);
  • au-dessus de la porte principale, un buffet d'orgue en deux corps, œuvre du frère dominicain Jean-Esprit Isnard, daté de 1746,  Classé MH[8], encadré par un garde-corps en fer forgé et partiellement doré de Forty,  Classé MH[9].

De part et d’autre de la nef se trouvent sept chapelles collatérales, quatre à gauche et trois à droite, jadis destinées aux corporations:

  • dans la première chapelle à gauche en entrant se trouvent un baptistère en marbre blanc et une toile représentant le Baptême du Christ attribuée à Pierre Parrocel (1670-1739), tableau  Classé MH[10]; l’entrée de cette chapelle est fermée par une grille en fer forgé du XVIIIe siècle, utilisée sans doute en réemploi car les dimensions ne s’adaptent pas exactement à l’espace à clôturer, ouvrage  Classé MH[11];
  • dans la deuxième chapelle se trouve un autel en marbre blanc avec à l’intérieur de celui-ci, un Christ au tombeau par Simon;
  • la troisième chapelle, décorée de lambris en bois, ensemble  Classé MH[12], est celle des notaires qui se trouvait avant la Révolution dans l’église des Accoules; sous la Restauration les notaires transfèrent leur confrérie dans l’église des prêcheurs devenue église Saint-Cannat; au centre un tableau de Michel Serre représentant la Purification de la Vierge (ou Présentation de Jésus au Temple),  Classé MH[13];
  • dans la quatrième chapelle se trouve un tableau représentant la mort de saint Joseph;
  • dans la première chapelle en entrant à droite se trouve un tableau de Bronzet représentant la Vierge à l’Enfant et saint Dominique;
  • dans la deuxième chapelle, à droite, la Vierge à l’enfant et le Purgatoire de Michel Serre, tableau  Classé MH[14];
  • dans la troisième chapelle à droite Vierge à l’Enfant avec Saint Pierre.

Schéma de l'église

Schéma de l'église Saint-Cannat

Légende :

1- Maître-autel (Dominique Fossati). 2- Tableau de Notre-Dame de la paix (Pierre Bernard). 3- Orgue de chœur. 4- Statue de saint Cannat. 5- Statue de saint Dominique. 6- Tableau de la Vierge au rosaire (Bronzet ainé). 7- Tableau de la Vierge, de l'enfant et du Purgatoire (Michel Serre). 8- Tableau représentant la vision de saint Pie V. 9- Statue de sainte Thérèse de Lisieux (François Carli). 10- Grille du baptistère. 11- Fonts baptismaux. 12- Statue de Notre-Dame du Mont Carmel. 13- Tableau représentant le baptême du Christ (Pierre Parrocel). 14- Gisant du Christ (sculpture de Simon). 15- Tableau la Vision de saint Benoît (Jean-Baptiste de Faudran _ 1611-1669),  Classé MH[15]. 16- Boiseries. 17- Tableau de la purification de la Vierge. 18- Tableau de la mort de saint Joseph. 19- Tableau de la vision de saint Benoît. 20- Statue de sainte Anne et de la Vierge. 21- Autel de saint Cannat. 22- Chaire. 23- Bas relief. 24- Tableau de Jésus chassant les marchands du temple (Jouvenet). 25- Autel de saint Cécile. 26- Grand orgue de tribune. 27- Ferronneries de la tribune.

Bibliographie

  • André Bouyala d’Arnaud, Evocation du vieux Marseille, éditions de minuit, Paris, 1961, pages 124/128.
  • Jean-Jacques Gloton, Un paysage baroque, dans Marseille, la passion des contrastes, Pierre Mardaga éditeur, Liège, 1991, pages 85/88. (ISBN 2-87009-474-4)
  • Jean-Robert Cain et Emmanuel Laugier, Trésor des églises de Marseille : Patrimoine culturel communal, Marseille, Ville de Marseille, , 368 p. (ISBN 978-2-9535530-0-0), p. 111-117

Annexes

Références

Liens internes

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